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vendredi 25 septembre 2026

Jeudi 24 septembre, Paris : soirée Démocratie sous pression : dessiner pour résister

 

Le réseau de caricaturistes ‘Cartooning for Peace’, soutenu par Reporters sans frontières, présente, ce 24 septembre, son livre ‘Défendons la démocratie !’, au Théâtre de la Concorde, un livre comportant 150 dessins de presse. Le président du réseau dessinateur KAK (Patrick Lamassoure) anime la soirée consacrée à la défense de la démocratie et de la presse dans le monde. Une scène du ‘Dictateur’ de Charlie Chaplin est projetée : le texte de 1940 dit par le coiffeur imitant le dictateur qui se termine par « Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous ! » semble tellement d’actualité !

Le principal moment de la soirée est un court débat qui réunit, de gauche à droite, l’animateur Vladimir Vasak, le caricaturiste ivoirien Lassane Zohoré, le secrétaire général de la Fondation Jean-Jaurès et auteur du livre ‘La démocratie à l'état gazeux : Une histoire politique 1945-2025’, Gilles Finchelstein, la secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), Magali Lafourcade, le directeur général de RSF,  Thibaut Bruttin, le caricaturiste israëlien Kichka et la caricaturiste américaine Liza Donnelly.

Lassane Zohoré évoque le danger des menaces dont il a pris conscience en 2015. Thibaut Bruttin explique que de moins en moins de population vit sous un régime démocratique. Les accusations contre Donald Trump font l’unanimité. Le rôle du ‘droit’ pour protéger la démocratie est évoqué. Kichka souligne qu’en Israël, la régression démocratique a commencé par des attaques contre la séparation des pouvoirs. Pour Magali Lafourcade, quand une dictature s’installe, on fait taire la presse avant de faire taire l’opposition. Elle souligne le rôle historique de l’ONU sur les droits humains. Gilles Finchelstein se souvient de 1989 quand il était certain que les peuples voulaient la démocratie. Thibaut Bruttin remarque que les journalistes se battent toujours avec les mêmes convictions, ce qui remet en cause un ‘relativisme’ ambiant.

En arrière-plan, dix autres caricaturistes dessinent en direct. Les noms fournis sur le programme sont Chappatte (Suisse), Kroll (Belgique), Landschulz (Allemagne), Marie Morelle (France), Mykaïa (France), Piet (France), Plantu (France), Lars Refn (Danemark), Rodho (France), Sié (France), Truant (France), Urbs (France), Vadot (Belgique), Yas (France). Anne Savinel-Barras, la présidente d’Amnesty International France, vient conclure la soirée.

Régis Marzin

Paris, 25 septembre 2026


mercredi 23 septembre 2026

23 septembre 2023, Paris : événement de soutien à la CPI à l’Assemblée nationale

Alors qu’en Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump dit vouloir son « démantèlement », ce mercredi 23 septembre, entre 10h et 12h30, a lieu à l’Assemblée nationale un « événement » en soutien à la Cour pénale internationale. Il est organisé par le député Pouria Amirshahi et la députée européenne Chloé Ridel, très engagée en faveur de la CPI à Strasbourg. L’objectif est surtout de lancer un appel vers l’Union européenne pour la pousser à agir en soutien à la CPI. La principale invitée est la juge et vice-présidente de la CPI, Reine Alapini-Gansou. Interviennent, de gauche à droite, l’avocat Mourad Battikh, Pouria Amirshahi, Reine Alapini-Gansou, la présidente d’Amnesty internationale France, Anne Savinel Barras, Chloé Ridel et la chargée de plaidoyer de la Coalition pour la CPI (CICC), Zoé Paris.

Pouria Amirshahi annonce vouloir proposer le vote d’un texte à l’Assemblée nationale. Chloé Ridel rappelle comment Donald Trump a dès le début de son mandat en février 2025 décrété les premières sanctions, en raison de l’enquête de la CPI sur Gaza. Le Parlement européen a fini par voter une demande à la Commission européenne de mettre en œuvre le « règlement de blocage » et depuis la commission et le Conseil européen, divisé, n’ont pas bougé. Elle pense nécessaire une mobilisation citoyenne.

Reine Alapini-Gansou est l'une des 9 juges de la CPI sanctionnée par les États-Unis. Elle a été aussi condamnée par la Russie. Les sanctions dérangent dans l’utilisation des banques et cartes de crédit, mais « le moral est, selon elle, au beau fixe ». Elle voit l’attaque comme « un test de maturité » pour la CPI. Elle indique que l’enjeu va au-delà de la CPI sur le droit pénal international. Elle appelle à na jamais oublier les victimes.

Anne Savinel Barras condamne « la loi du plus fort et du plus riche ». Elle regrette que les diplomates européens aient privilégié un « dialogue diplomatique avec les USA » qui n’a pas réussi. Mourad Battikh rappelle l’acquis du Procès de Nuremberg. Il se scandalise que les juges de la CPI soient maintenant sur des listes avec des terroristes. Zoé Paris évoque le rapport de sa coalition pour la CPI sur les sanctions. Elle revient sur les attaques dramatiques contre les trois ONG palestinienne alimentant la CPI. Des Américains se sont vu menacés de 20 ans de prison en cas de travail pour ces ONG. Elle explique que les banques européennes craignent d’être elles-aussi sanctionnées. Elle insiste sur la nécessité de « l’activation du statut de blocage » européen.

Pendant le débat, les sanctions contre la Cour suprême brésilienne sont évoquées. Une association propose d’agir pour que la CPI obtienne le prix Nobel de la paix. Les menaces contre les enquêtes au Soudan sont signalées : il se devine qu’un plus des actions frontales contre la CPI, de plus nombreuses actions diffuses pourraient paralyser l’action de la cour. Quelques précisions sont apportées sur un éventuel blocage européen : des entreprises et en particulier des banques demanderaient de l’aide européenne contre des sanctions et la question serait aussi budgétaire. L’autonomie numérique européenne est envisagée.

Chistine Taubira arrive de l’aéroport pour l’événement. Elle prend la parole entre le débat et la conclusion. Tout à coup, le niveau du débat s’élève. Elle replace immédiatement la menace contre la justice internationale dans un cadre d’un conflit entre autoritarisme et démocratie, à l’échelle mondial. Selon elle, des « autoritarismes sont installés par des élections » et cela « questionne sur l’état du monde ». Elle juge que le fonctionnement de l’ONU, en raison du Conseil de sécurité et de son droit de véto depuis 1945, n’est pas démocratique. Pour elle, l’UE, après une perte de cohésion, « commence à avoir du mal sur sa légitimité », « la question existentielle est posée ». Elle espère que le gouvernement ne sera plus attribué à des « immatures » ou à des « enragés ». Elle appelle l’UE à un « sursaut » pour pouvoir « regarder les générations suivantes dans les yeux ».

En conclusion, Chloé Ridel envisage des manifestations si Trump sanctionne directement la CPI et pas seulement les personnes y travaillant. Elle espère que le prix Sakharov pour les droits humains du parlement européen ira à la CPI.

Régis Marzin

Paris, 23 septembre 2026

dimanche 20 septembre 2026

20 septembre 2026, Paris, manifestation contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre

 

Comme dans 97 villes, ce dimanche à Paris, entre République et Nation, a lieu une manifestation organisée par la LDH et Amnesty et 200 autres organisations signataires contre la « proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » adoptée par l’Assemblée nationale le 7 juillet. La pétition citoyenne signée par plus de 730 000 personnes contre la loi a été enterrée par l’Assemblée nationale.

Le défilé est fortement marqué à gauche. Ce sont surtout des jeunes entre 18 et 25 ans qui manifestent. Une nouvelle génération bat le pavé, ne faisant pas toujours preuve d’une modération adaptée dans leurs slogans. La chanson « la jeunesse emmerde le Front national » revient souvent. La question de l’extrême droite en 2027 semble être aussi à la base des motivations. Je ne serai pas surpris si d’autres manifestations suivaient.

Régis Marzin

Paris, 20 septembre 2026