mardi 24 juillet 2012

24 juillet 2012, Paris Quartier d'été au Parc de Belleville

J'ai trop de mal à faire des photos à l'ancienne, style scènes de rue insolite. Cela demande une patience infinie que je n'ai pas. Ici, je discute avec un ami pendant un concert de quartier d'été, un groupe de rock américain assez bon, mais qui joue dans un cadre qui ne colle pas, j'ai l'impression, alors j'oublierais assez vite ce concert pendant cette journée où seule compte la lumière du soleil, enfin !

lundi 23 juillet 2012

22 juillet 2012, Sundyata à Auber Jazz Day

Après le débat avec les guinéen-ne-s, le concert de Gaël Faye à la Villette, me voici chez moi, à la mairie, où a lieu un festival Auber Jazz Day, organisé par un Bruno, un voisin. J'écoute le concert de Sundyata qui découvre le public d'Aubervilliers. Cette ville est parfois étrange: le public a fait un cercle a 10m de la scène et n'ose pas s'approcher comme dans une boom d'étudiant-e-s des années 50. Et finalement à la fin du concert, le chanteur de Sundyata arrive enfin à faire avancer la petite foule qui se met à danser. C'est tout le contraire de Brest où j'ai grandi, où ça chauffe tellement plus vite, et je trouve cela bizarre, le manque de naturel, la peur réciproque. Et c'est un très bon groupe, pourtant!

22 juillet 2012, concert de Gaël Faye à la Villette

Je retrouve sur une grande scène et devant des milliers de personne, Gaël Faye et Edgar, que j'ai connus dans le groupe de slammeur Chant d'Encre, dans lequel était aussi mon ami Apkass. Tous les deux sont aussi dans Milk Coffee and Sugar Ca fait vraiment plaisir des les voir là, eux qui sont souvent venus soutenir des luttes africaines. C'est un concert de Gaël Faye ici sur la photo. J'aurais pu réussir une meilleure, mais, pendant que je m'éclatais à prendre ces photos, bien discret car la scène est très haute, un type de la sécurité du parc est venu pour m'empêcher, et me dire de reculer de 2 mètres, alors que j'étais dans la zone du public: cet 'abruti' a inventé un règlement anti-photographe comme s'il était dans une dictature, comme s'il était encore au bon vieux temps du sarkozysme paranoïaque. Bon passons... Plus sérieusement, je crois deviner que cette personne est marquée par une culture dans lequel le rapport à l'image est autre et qu'il a cru bien faire, c'est dommage. Les photographes doivent vraiment se faire respecter car leur travail n'est pas toujours bien accepté.

22 juillet 2012, Paris, Guinée Conakry de mal en pis !

C'est un des premiers jours de l'été réel, et, je me retrouve à suer dans une salle de conférence trop petite avec 250 personnes alors que j'aurais bien voulu profiter du soleil. La conférence est organisée par la "Communauté Guinéenne de France". Quand je croise l'opposition à un régime politique africain, j'essaye de comprendre en quoi cette opposition est démocratique et sincère. Le président Alpha Condé en arrivant au pouvoir bénéficiait d'une image positive parce qu'il était un vieil opposant d'une vieille dictature. Au contraire, certaines personnalités qui ont participé à l'ancien système se retrouvent aujourd'hui à dénoncer le risque d'un glissement vers une nouvelle dictature. J'écoute attentivement Sidya Touré de l'Union des Forces Républicaines (UFR) et ancien premier ministre entre 1996 et 1999. Les accusations portent sur l'organisation du processus électoral, le refus d'organiser correctement des législatives, et la corruption qui semble se développer rapidement avec de nombreuses grosses affaires dans ce pays très riche en matière première. Au niveau des droits humains, cela n'est pas non plus brillant, des manifestants ont été tués par les forces de sécurité pendant les marches de l'opposition. C'est par l'analyse comparée des discours des opposants avec ceux d'autres pays, que finalement, je peux déduire le niveau de sincérité. Plus le temps passe sans que la transition démocratique ne se termine, sans qu'un parlement ne devienne le centre de la vie politique assurant la transparence et l'équilibre des forces, plus le gouvernement et l'opposition sont face à leurs responsabilités. Manifestement, l'opposant historique Alpha Condé n'est pas à la hauteur de la tâche et s'embourbe dangereusement, avec un gros risque de dégénérescence de la situation globale du pays. Ce même temps permet à une opposition de préparer une alternance. Une société civile organisée serait nécessaire pour qu'une critique extérieure plus neutre aide à comprendre et trouver des solutions.

dimanche 8 juillet 2012

8 juillet 2012, Aubervilliers, le mur du son

Grâce au festival Rhizomes, je peux une nouvelle fois faire le voyage depuis Stalingrad vers Aubervilliers en péniche, enfin presque! puisque qu'il y a trop de monde au départ et qu'avec mes ami-e-s nous avons du faire l'essentiel de la ballade à pied le long du canal, ce qui finalement était aussi très agréable. Après avoir entendu Yom et Wang Li sur 3 chansons dans la péniche, arrivé au parc Eli Lotar, nous écoutons un morceau de musique expérimentale qui aurait certainement plu à Thurston Moore, "le mur du son" d'Antoine Dumont, avec Baptiste Chatel. J'aime bien ce son. La journée se termine sur le concert de Maloya de Lindigo, le ciel se dégage de nouveau et un peu de soleil fait du bien.

jeudi 5 juillet 2012

5 juillet 2012, Paris, les media français rencontrent la société civile gabonaise

La rencontre entre la société civile gabonaise réunie dans le mouvement 'Cà suffit comme cà!' et les media s'est bien déroulée: 7 ou 8 télés et de nombreuses radios, de nombreux journaux étaient présents ce midi au rendez-vous proposé par Survie, Sauvons les riches, GreenPeace et 'Cà suffit comme cà!'. Le porte-parole en ce jour de 'Cà suffit comme cà!', Georges Mpaga a pu expliquer la demande à François Hollande de dénoncer la dictature gabonaise, de plus en plus répressive, et d'aider à relancer la démocratisation du Gabon, actuellement dans une impasse totale après les dernières élections truquées et boycottées. Il est question maintenant de l'organisation d'une Conférence Nationale Souveraine au Gabon pour relancer la démocratisation. Au retour à mon bureau, je trouve une dépêche assez minable de l’Élysée, qui ne dit pas grand chose, et ne montre aucun signe de volonté de définir une politique claire et ferme. François Hollande est déjà connu pour son ignorance de l'Afrique, en cas d'absence de maîtrise d'un dossier, pourquoi ne s'abstient-il pas où n'attend-t-il pas? Veut-il tout gâcher ? Veut-il imiter Sarkozy dans le mépris des peuples africains? A ce jeu-là, cela devrait évidemment se retourner contre lui. Il est temps qu'il s'explique sur sa politique étrangère africaine et arrête de naviguer à vue. Cette semaine, le mouvement 'Cà suffit comme cà!' a cependant pu rencontré des dirigeants du PS ou des conseillés. La contestation prend de l'ampleur. 64 744 personnes ont aussi dénoncé la visite du dictateur africain par la pétition de l'association Survie. Le gouvernement américain quand il avait reçu le despote avait ensuite dû reculer et se justifier, il en sera certainement bientôt de même pour François Hollande, sinon cela lui collera pour le reste de son mandat, car les peuples africains n'oublieront pas une trahison de plus. Attention!

mercredi 4 juillet 2012

4 juillet 2012, tout le Gabon à Paris !

La fin de la Françafrique est un processus plein de surprises. C'est contre toute attente que le dictateur gabonais déjà adoubé par le grand roi Nicolas, vient cette semaine chercher les bonnes grâces de François II. Il vient se plaindre que personne ne l'aime, depuis qu'il a sans faire exprès inversé les résultats de l'élection présidentielle de 2009 à son avantage. Mais quelle mouche a piqué François d'accepter de recevoir Ali au lieu de s'occuper du Mali comme tout le monde, certainement une erreur sur son agenda, bien heureusement sans rapport avec la Somalie. Du coup, le tout Paris underground s'agite à l'heure gabonaise. De nombreux résistants africains gabonais sont à Paris pour venir battre le fer tant qu'il est encore chaud, dont Georges Mpaga, et Bruno Ondo, du mouvement "Ça suffit comme çà!" qui participent ce soir à une conférence de presse organisé par le Front de Gauche. Demain, cela continue avec Survie, Sauvons les riches, et GreenPeace et toujours "Ça suffit comme çà!" qui ont donné rendez-vous avec les media pour fêter la fin de la Françafrique, que François, bon prince, devrait proposer à Ali. En attendant, la pétition de Survie a déjà atteint cette nuit les 40000 signatures pour souhaiter la bienvenue à Ali et ses amis.

lundi 2 juillet 2012

1er juillet 2012, Aubervilliers, fête des associations

En descendant cet après-midi, je tombe directement dans la fête des associations d'Aubervilliers. Il y a évidemment tous les stands des associations et de nombreuses animations, dont les fameux "souffleurs" qui racontent des poésies dans les oreilles, et un mur d'escalade pour les enfants. Il y a 4 ou 5 ans, quand je passais dans les stands de cette fête, je ne voyais pas bien quoi y trouver qui me corresponde. Je me rends compte que je comprends mieux la ville maintenant, parce que j'ai organisé certains événements ou juste participé, et aussi parce que je connais mieux l'Afrique. Je discute dans quelques stands, par exemple dans celui du projet de "café culturel" qui voudrait créer un café associatif : l'idée est beaucoup d'ouvrir un lieu pour les femmes et les familles, parce que tous les bars et café d'Aubervilliers ne sont souvent remplis que d'une grande majorité d'hommes. Ça ne serait pas uniquement cela. je trouve l'idée très bonne, même si je n'aurais pas vu les choses de cette manière. A suivre...

vendredi 29 juin 2012

28 juin 2012, Paris, débat sur "l'histoire populaire des sciences"

Après un passage éclair dans une exposition dans le 6e, je viens a pied à la au CICP, à la conférence-débat de Clifford D. Conner, auteur d' "Une histoire populaire des Sciences" aux Editions l'Echappée, qui a été traduit par un de mes amis. Cet américain met "des gens ordinaires, des travailleurs et travailleuses, dans le développement des sciences" (Howard Zinn), le regard historique permet de réfléchir à la science actuelle très influencé par la finance. Cela me fait réfléchir sans que je sache bien dans quelle direction et pourquoi... Le débat permet aussi de parler d'écologie, de lutte contre les OGM, ... à suivre sans doute...

vendredi 22 juin 2012

22 juin 2012, Paris, manifestation Sauvons le Togo

Une deuxième manifestation du Collectif Sauvons le Togo à Paris est organisée devant l'ambassade du Togo à Paris. Une soixantaine de togolais-es se sont rassemblé-e-s pour soutenir le mouvement de libération au Togo contre la dictature du clan Eyadéma-Gnassingbé, contre l'organisation d'élections législatives truquées, contre la répression honteuse qui sévit actuellement à Lomé et depuis hier dans d'autres villes du Togo. Le régime est à bout de souffle mais est capable de violences pour se maintenir. Les discussions portent beaucoup sur les positions de la 'communauté internationale', à Paris, à Bruxelles ou ailleurs, qui devraient enfin soutenir correctement les démocrates en lutte, à Lomé et dans toute l'Afrique. Un communiqué du Collectif Sauvons le Togo à Paris est lu en fin de manifestation. Comme le Togo est actuellement le seul pays où la dictature pourrait tomber par des élections, le pays est stratégique pour le processus de démocratisation de tout le continent. Des actes de soutien forts sont attendus.

21 juin 2012, Paris 18e, Insult Reason au Shakirail

Merci à François et à l'association Curry Vavart pour l'organisation de ce concert au Shakirail. Comme l'an passé, je fais au plus simple pour cette fête de la musique en allant dans ce lieu à Marx Dormoy. J'y découvre Insult Reason un groupe qui met le public en furie, joyeusement, gaillardement. Insult Reason, c'est Thomas de Pourquery (saxophone, voix), Sylvain Daniel (basse électrique), David Aknin (batterie). J'ai déjà vu David Aknin quelque part: en cherchant sur le net je trouve que ca doit être avec Rodolphe Burger, d'ailleurs il y a une très grande maîtrise dans Insult Reason et c'est une musique très cérébrale tout en étant énergique. Un type se lève de son fauteuil roulant pour danser tellement il est heureux ! La lumière est presque impossible pour les photos, mais ça n'a pas d'importance.

mercredi 20 juin 2012

20 juin 2012, Paris, manifestation Sauvons le Togo

Au Togo, pour vaincre la dictature qui compte se maintenir par une fausse démocratie, la société civile et les partis démocrates et d'oppositions véritables ont créé le Collectif 'Sauvons le Togo'. Les manifestations du collectif, pour riposter aux tentatives de l'état togolais d'organiser des élections législatives truquées à l'automne, en particulier par un découpage électoral favorable au parti au pouvoir, ont rassemblé 300 000 personnes à Lomé la semaine dernière. Depuis la répression du pouvoir tente d'empêcher les manifestations, en s'attaquant aux principaux leaders, en utilisant la justice. On retrouve à l'action certains éléments célèbres dans les répressions précédentes et en particulier dans des affaires de torture. Le collectif à Paris organise une première manifestation devant l'ambassade du Togo dans le 17e. Une trentaine de personnes sont là, et une seconde manifestation plus importante aura lieu au même endroit vendredi à 17h. Le collectif commence à s'organiser et à se structurer sur Paris pour soutenir la lutte à Lomé. La mascarade de 2010 avait démoralisé une grande partie de la diaspora. La dictature togolaise est pourtant l'une des seule qui pourrait tomber grâce à des élections. La position de la diplomatie française est très attendue sur ce dossier togolais: Hollande et ses ministres vont-ils enfin tourner la page des compromissions passées avec les dictatures en soutenant franchement la démocratisation ? Une réaction officielle ferme serait urgente pour aider les populations togolaises, elle permettrait aussi de faire comprendre aux peuples africains victimes des tyrans qu'une nouvelle politique française est en train de se mettre en place.

dimanche 17 juin 2012

16 juin 2012, Montreuil, 2e journée du festival Ta Parole

La veille, c'étaient surtout les chanteuses. Aujourd'hui, voilà les chanteurs, et toujours sur une programmation plus rock que les années précédentes, avec plus de guitares, pour mon plus grand plaisir: Nicolas Ducron, Fatras, Babel, Batlik (photo 1), ...
... et pour le final, R-Wan (photo 2), et DJ la Teuf. Une belle journée de très bons concerts pour oublier un printemps nuageux et pluvieux.

samedi 16 juin 2012

15 juin 2012, Montreuil, Ta Parole

Ce soir en concert à ta Parole à la Parole Errante: Dine et Déon, puis Nicolas Joseph et Yas & the Lightmotiv (photo 1) ...
puis Melissmel (photo 2) , et enfin les Garçons Trottoirs.

dimanche 10 juin 2012

9 juin 2012, des anges dans l'église Saint-Eustache

Quoi de plus normal que de croiser des anges volant dans une église! Merci aux danseuses de la Cie Retouramont pour ce moment de rêverie inattendu pendant la création chorégraphique et musicale de Léonid Karev et de Fabrice Guillot, et merci à l'organiste.

9 juin 2012, Montreuil, colloque sur l'Afrique centrale

Ce colloque, à la Casa Poblano à Montreuil, intitulé "L'impasse des transitions démocratiques en Afrique: le cas de l'Afrique centrale" est sans doute le meilleur événement des diasporas africaines à Paris auquel j'ai pu participer. Il a été organisé par l’Union des Populations du Cameroun (UPC), le Mouvement pour la Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), l’Union du Peuple du Gabonais (UPG), le Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie –Djibouti (FRUD), le Conseil National pour le Changement et la Démocratie - Tchad (CNCD). Parmi les intervenant-e-s figurent Martin Ziguélé, à gauche sur la photo du haut, ex Premier ministre de Centrafrique, dirigeant du MLPC, Bruno Ben Moubamba, membre de la direction de l'UPG (Gabon), à gauche sur la photo du bas, Acheikh Ibn Oumar, ex Ministre des Affaires Etrangères du Tchad, Coordinateur-adjoint CNCD, Mohamed Kadamy, dirigeant du FRUD (Djibouti), Henda Diogène Senny, Secrétaire général LPC-Umoja (Ligue Panafricaine Congo-Brazza), et Augusta Epanya de l’UPC (Cameroun) qui modère avec brio le débat avec la salle. Ce débat est d'un très bon niveau, et permet d'envisager une suite, un autre colloque, et un travail collectif autour de l'Afrique centrale. Concernant l'Afrique francophone, la démocratisation avance en Afrique de l'Ouest, mais reste bloquée en Afrique centrale, où les dictateurs verrouillent toujours tout, au Gabon, au Tchad, en Centrafrique, au Congo-Brazzaville, au Cameroun. Bien qu'aucune stratégie ne puisse être définie face à cet état des faits très violent, il y a de grands espoirs de progrès. Les organisateur-trice-s réfléchissent à une organisation collective pour la suite. Il est bien sûr question des responsabilités françaises dans le verrouillage actuel très lié à l'historique de la Françafrique. Que va devenir avec Hollande la politique française ? la Françafrique? le rôle des multinationales françaises comme Aréva ou Total ? Quelle peut-être l'action des diasporas pour imposer un renversement du soutien de la diplomatie française en faveur des démocrates africains ? Il est aussi beaucoup question de la qualité des dirigeants et des programmes politiques africains, sur lesquels les débats sont quasi-impossibles dans les dictatures actuelles. Martin Ziguélé, en tant qu'ancien Premier ministre de Centrafrique parle des erreurs dans son propre bilan. Des jeunes politiciens comme le gabonais Bruno Ben Moubamba souhaite qu'une nouvelle classe politique puisse émerger et proposer une alternative au système actuel à l'état français dans un nouveau "partenariat": même les questions militaires peuvent être traitées de manière réaliste avec l'ex-puissance coloniale, et ce partenariat peut aussi concerner les affaires militaires après la fin des dictatures, avec des formations militaires, en réclamant aussi la fermeture de la base militaire française au Gabon.

mercredi 6 juin 2012

6 juin 2012, Paris 14e, la maison des Thermopyles

Enfin ! La voilà ! La fameuse maison des Thermopyles, notre pension de famille pour les sans-logis, issue d'une longue lutte d'urbanisme au départ pour aménager ce petit bout de quartier selon le désir des habitants. L'association Pension de Famille à Bauer Thermopyles Plaisance a créé ce projet, a organisé sa mise en oeuvre aux côtés de la mairie et de Paris Habitat, et cela a pris une dizaine d'années, avec un premier projet architectural entre 2004 et 2008 abandonné et ce deuxième projet qui aboutit enfin sans trop de délai. Les ouvriers de l'entreprise de bâtiment sont encore là à terminer alors que les 2 premiers résidents sont déjà là. Les 3 salarié-e-s et des bénévoles motivé-e-s sont en train de monter les meubles, un gros boulot pour commencer, qui se fait avec l'aide du quartier. L'idée est évidemment que la solidarité n'est pas qu'une affaire d'institution mais qu'elle se vit au quotidien dans son quartier en se rencontrant. Bravo ! Bravo Sabine surtout ! Victoire ! Et ce n'est que le début d'une nouvelle histoire !

lundi 4 juin 2012

2 juin 2012, St-Ouen, exposition "Culture rrom en résistance"

Cette semaine, j'expose à la médiathèque Persépolis à Saint-Ouen: "Culture rrom en résistance en Seine-Saint-Denis" qui retrace en particulier l'histoire des rroms du Hanul de Saint-Denis, et de leurs jeunes danseurs et danseuses. Ce samedi, la troupe Chave Sumnakune vient faire le spectacle. Ensuite, nous nous retrouvons sur la mezzanine pour parler de l'histoire du Hanul avec Saimir Mile de la Voix des Rroms et Misha l'animateur de Chave Sumnakune. Pendant ce petit débat, j'observe les enfants qui courent et crient devant mon exposition, avec quelques parents. Ils et elles se reconnaissent, et tout le monde est très heureux, moi-aussi, en me disant que les photographies prennent sens. J'ai aussi été cette semaine au nouveau campement à la limite de la Courneuve, toujours à Saint-Denis, pour le visiter une première fois. C'est un grand contraste entre ce bonheur et la dureté de la vie pour ces enfants et adolescent-e-s.

dimanche 27 mai 2012

26 mai 2012, Paris, concert Ahmed Cissé, Auber, Concert Zao

Je retrouve Ahmed Cissé que j'aime beaucoup au Shakirail, à Marx Dormoy. Vers la fin du concert, je sens bien que l'ambiance de Ouaga arrive enfin jusqu'à nous... Après le concert, je demande à Ahmed qu'est qui fait qu'il se sent vraiment comme à Ouaga. Ahmed joue avec des musiciens pro qui s'adaptent à tout. Quand on se sent vraiment à Ouaga, c'est que les musiciens comprennent vraiment tout de suite ce qu'il veut faire, et que le public comprend aussi. Avec Ahmed et son saxophoniste, je discute un peu aussi du Mali, puis, des espoirs de temps meilleurs pour les artistes ici en France.
Je rejoins Aubercail à pied pour le dernier concert de Casimir Zao. Il y a de nouveau des burkinabés, qui viennent endiabler la scène, en particulier, Mamadou Koné.
A partir de là, la chaleur monte et je commence à me sentir à Brazzaville, ce qui fait que ce soir je suis venu à pied de Ouaga à Brazzaville. A la fin du concert, on discute un peu du Burkina, du Congo-Brazzaville, de la situation politique là-bas.

samedi 26 mai 2012

25 mai 2012, Raoul Petite au festival Aubercail

Ce concert de Raoul Petite, c'est mon cadeau d'anniversaire juste à coté de chez moi, à l'Espace Fraternité d'Aubervilliers. Le concert d'Askehoug est déjà très bon. Après le concert à Brest, c'est la 2e fois que je revois Raoul Petite. Quel sera l'effet sur mes neurones ?
Un effet catastrophique, si j'en crois les images que je trouve ensuite dans mon Nikon. Je suis tombé dans tous les pièges, les pièges du spectacle, de mes hormones, de ma fonction de photographe... J'aurais voulu être invisible et capter un peu de mystère, mais non. Et comme je suis heureux !

lundi 14 mai 2012

13 mai 2011, ateliers d'artistes de Belleville

Je n'étais pas allé aux portes ouvertes des ateliers d'artistes de Belleville depuis très longtemps. La ballade avec un ami a été des plus agréables. Ici c'est une installation de Lika Kato dans la crypte de l'église Notre Dame de la Croix.
Un peu plus tard, au parc de Belleville on tombe sur une foule, très jeune, que des étudiant-e-s ou presque. Il y a une sono en haut, mais qui n'intéresse pas tant que çà toutes ces personnes plutôt occupées à boire des bières. Je ne sais pas ce qui les a amené-e-s ici. Est-ce un rendez-vous 'facebook' ?
Bien plus intime et agréable, est, un peu plus tard, ce boeuf rue des Cascades. Je reconnais juste Johann Riche de Beltuner.

samedi 12 mai 2012

11 et 12 mai, Saint-Denis, Ecritures En Migration(s)

C'est un grand bonheur pour moi ce week-end parce que je reprends les expositions après 7 ans d'arrêt ! Il m'a fallu tout réapprendre pour passer de l'argentique au numérique. J'expose avec 7 autres artistes au colloque "Ecritures en migration(s), Histoires d'écrits, histoire d'exil" à l'université de Saint-Denis. Le colloque est organisé par des doctorantes, et l'exposition par mon ami Henri surtout. J'expose surtout des photographies sur les rroms, qui racontent mes rencontres avec des personnes de ce peuple depuis quelques années. Je fais la connaissance des thésard-e-s et universitaires, des autres artistes. La photo au dessus est celle de Félix dans son tableau recréant l'atmosphère d'une chambre de foyer pour migrants.
La fac est aussi très animée le vendredi: les étudiant-e-s encerclent le Conseil d'Administration pour essayer d'empêcher le "vote des statuts pour la constitution d'un Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur avec l'université de Nanterre" nommé Paris Lumière, dont le siège serait à Paris, qui fonctionnerait sur les budgets des 2 facs. Le vote est fait dans la précipitation avant la formation d'un nouveau gouvernement. Le nouvel établissement très virtuel s'affranchirait de la démocratie qui existe dans chacune des universités. Ces universités pourraient beaucoup y perdre. Cela ressemble bien à un acte typique de l'époque sarkozienne méprisante pour le monde intellectuel. Il est urgent que cela s'arrête. Les policiers sont entrés dans la fac, un étudiant est au commissariat, la fac est ensuite fermée, et les organisatrices du colloque ont dû négocier pour que le colloque puisse continuer normalement et que le vernissage de l'exposition puisse continuer. Solidarité avec les étudiant-e-s !

dimanche 6 mai 2012

6 mai 2012, Sarko est mort ! Vive les Producteurs de Porcs !

Que faire un soir comme celui-ci ? Après avoir vérifié à 20h que Sarkozy avait bien perdu, j'ai marché jusqu'au métro. Autour de la station Aubervilliers-4 chemins, vers 20h30, étaient rassemblées quelques centaines de personnes, quasiment que des hommes, jeunes, sans doute beaucoup d'Afrique du nord, peut-être surtout la dernière vague tunisienne et égyptienne. Je ne préfère pas sortir mon appareil photo. Au milieu de la route, c'est surtout viril, dangereux et pénible: des zozos font du rodéo scooter et des accélérations de voitures. Une voiture fait 3 fois un cercle dans le carrefour et fonce dans le boulevard. La voilà 50 m plus loin, nez-à-nez avec une voiture de police qui l'arrête. 200 ou 300 hommes courent vers la scène:je vois la voiture de police reculer à toutes pompes. Pourtant le conducteur de la voiture était très dangereux. Une telle haine de la police s'est accumulée, et la xénophobie pendant la dernière période de la campagne électorale n'a pas arrangée les choses. Je file à Stalingrad voir les Producteurs de Porcs, une valeur sûre, même pour un végétarien, un groupe qui s'éclate à fond les manettes sur des reprises comme les Ramones. Il y a même Didier Wampas qui vient chanter aux côtés du président de Groland : il y a des moments comme çà ou tout vous paraît agréable à entendre.

6 mai 2012, François Hollande président : vieilles photos de 2009

Le slogan, c'est aujourd'hui "Sarko c'est fini". Voilà donc François Hollande. Ainsi, avec les clichés de la Fondation Abbé Pierre, cela fait déjà 2 fois que je le croise avec mon appareil. Je me souviens des photos du 21 juillet 2009, à côté de l'Assemblée Nationale. Il était venu assez simplement discuter et avait écouté correctement avant de répondre. Nous étions dans une manifestation pour dénoncer le soutien des autorités françaises au dictateur Paul Biya, avec Survie et le CODE, avec quelques journalistes.

mardi 1 mai 2012

1er mai, Paris, manifestation entre Denfert et Bastille

Il y a une certaine gaieté dans l'air malgré les revendications à défendre. A cette manifestation du 1er mai, on sent l'espoir d'être débarrassé dans 5 jours d'un président. Communiquant à l'endroit et penseur à l'envers, soi-disant écoutant et protégeant quand il semait la zizanie et structurait au profit des plus forts, imposant une vision monarchiste à contre-courant de l'histoire, asséchant et épuisant l'intelligence collective du parlement, brutalisant le monde intellectuel avec son populisme simplificateur, sa perversion à reprendre les discours de haine, et de construction d'ennemis intérieurs, pour combler l'absence de pensée économique, sa xénophobie comme suite de l'inconscient colonial, il restera comme le symbole d'une médiocrité obscurantiste acceptée par une majorité mais imposé au forceps à une époque où la pensée se libérait des idéologies. Il a traumatisé, bousculé une société fragile et doutant d'elle-même pour se présenter dans le rôle du père-sauveur sur la scène de son spectacle. La République est passée tout près d'un gouffre, pas à cause de lui, certes, mais il a pris sa part. Il est maintenant poursuivi par les journalistes pour sa collaboration avec le tyran Khadafi, et, tou-te-s ceux-celles qui ont souffert à cause de lui, n'auront pitié de lui, lui, qui est encore jeune et pas encore assez vieux comme l'était son prédécesseur, une fois sa partition terminée. Il ne lui restait qu'à essayer de bluffer son monde dans un numéro acrobatique, finissant par ressembler au vieux Wade, qui a instrumentalisé les élections au Sénégal pour tenter d'arrêter les sanctions de la corruption.

samedi 28 avril 2012

28 avril 2012, Pantin, théâtre de rue "Une cerise noire"

" Bien sûr c'est devenu le cinémascope / Mais ça remue toujours et ça galope / Et ça reste encore comme autrefois / Rempli de cow-boys sans foi ni loi / Et de justiciers qui viennent fourrer / Leur grand pied dans le plat. Gare, gare, gare, gare, Gary Cooper / S'approche du ravin d'enfer / Fais attention pauvre crétin / Car Alan Ladd n'est pas très loin / A cinq cents mètres il loge une balle / Dans un croûton de pain." Boris Vian, "le cinémascope". Je n'avais jamais vu ce genre de pièce de théâtre, où un film se tourne en direct. Je me suis laissé emporté : il suffisait que ça coure dans tous les sens à un rythme effréné et que l'image soit en noir et blanc. J'y étais avec un ami, il ne le dira jamais, mais il adore cela lui aussi. C'était le spectacle "Une cerise noire" de B.Afnaïm par la Compagnie "La Française de Comptages" au stade Sadi Carnot à Pantin.

28 avril 2012, honneur aux femmes comoriennes à Aubervilliers

Cet après-midi au cinéma Le Studio d'Aubervilliers est dédié aux femmes comoriennes, artistes, auteurs de documentaires ou de films. C'est organisé par le réseau Karthala, réseau de solidarité surtout professionnel des comorien-ne-s, qui a pris le nom du principal volcan de l'archipel. 3 films y sont projetés: "OmniMom", de Sania Chanfi, petit reportage photographique intimiste très inspiré, "La résidence Ylang-ylang", de Hachimiya Ahamada, court métrage en 35mm superbement réalisé sur les maisons vides des exilé-e-s aux Comores, et "La départementalisation de Mayotte", de Mamaye Idrisse et François Lathuillière. Cela commence par une lecture de Touhfat Mouhtare auteur du recueil de nouvelles « Ames suspendues » (ci-dessus). Les films inspirent assez peu Élisabeth Guigou en campagne dans la circonscription qui somnole à côté du maire. Tou-te-s les 2 ne resteront pas au débat, et c'est dommage car l'on aura pas leur avis sur l'épineux problème de la départementalisation de Maoré/Mayotte. L'île colonisée a été volée par le gouvernement français, lors du referendum de 1975, vol incompris par une majorité de français-se-s toujours très nationalistes et piégée--s par les propagandes séculaires. J'interviens dans le débat pour souligner un aspect très bien évoqué dans le documentaire: les graves dangers que fait naître une xénophobie entre maorais-es et les autres comorien-ne-s, construite artificiellement par l'état français à l'image de ce qui se passe en Europe. Actuellement à Maoré/Mayotte, plusieurs logiques totalement inconciliables se confrontent dans le réel des habitants, les discours et la logique de l'état essayent de rendre légitime un bricolage instable qui risque de s'écrouler, en arrosant d'argent une économie sous perfusion coloniale et en soumettant la population à une propagande fortement teintée de nationalisme aveugle, surtout sous le mandat de Sarkozy. Le résultat est kafkaïen comme le prouve les milliers de noyé-e-s des visas Balladur-Pasqua depuis 1995. Mais comment est-ce possible que ce scandale continue ?
Sur la photo: Hachimiya Ahamada à gauche, Sania Chanfi, à droite.

vendredi 27 avril 2012

27 avril 2012, Paris, Nicolas Joseph aux 3 Baudets

Après l'accordéon de Beltuner, celui de Sévane de Lavache, voici enfin celui de Nicolas Joseph, avec tous les ami-e-s de Ta Parole, de la Menuiserie ou d'ailleurs, qui l'entourent ce soir-là. Belle soirée, même si la salle est un peu trop bien rangée à mon goût, et que la configuration, la couleur rouge partout, les projecteurs, m’empêchent d'être vraiment inspiré pour de la photo.

dimanche 15 avril 2012

15 avril 2012, Nantes, Eva Joly avec les grèvistes de la faim contre l'aéroport

Depuis quelques jours, l'installation d'un campement sur la pelouse près des tramways interpellent les Nantais (plus d'info). Michel Tarin et Marcel Thébault, 2 paysans luttant depuis 40 ans contre un 2e aéroport à Notre-Dame-des-Landes et contre leurs expulsions en sont à leur 5e jour de grève de la faim. Comment peut-on vouloir construire un aéroport à notre époque ? Le projet est obsolète dans l'esprit. Le maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, veut un aéroport international pour que la ville reste dans les grandes villes françaises et européennes. Il y aurait d'autres manières de faire plus judicieuses. En cas de victoire de l'alliance PS et Europe Ecologies les Verts, ce dossier sera une épine délicate à enlever. Ce projet d'aéroport illustre l'idéologie de la croissance et la méconnaissance des contraintes écologiques qui feront débat dans l'avenir. Eva Joly vient apporter son soutien. Le contexte électoral apporte un peu d'opportunités de se faire entendre même si les débats de fonds sont étouffés par l'obsession de l'alternance. Le départ de Sarkozy est tellement attendu que, pour l'instant, il satisferait déjà beaucoup de monde.

samedi 7 avril 2012

Samedi 7 avril 2012, Paris, Contre l’arbitraire du pouvoir

En cette période électorale où les yeux se rivent sur les sondages, tout le monde n'oscille pas entre fatalisme agressif et optimisme inassumable. L'éditeur La Fabrique propose un bilan politique accompagné de propositions en sortant le livre "Contre l’arbitraire du pouvoir", et organise à La Générale un après-midi de débats en trois panels. Des associations soutiennent l'événement en participant au débat et en tenant des tables de presses.
“Justice police : même combat ?” avec Matthieu Bonduelle, juge d'instruction, Felix Boggio Éwanjé-Épée, Antoine Comte, avocat, Gilles Sainati, Jérôme Vidal en modérateur, éditeur. Ce débat me semble intéressant, une bonne synthèse sur le sécuritaire qui a servi de bâton au sarkozisme pour abrutir le monde intellectuel français pendant 5 ans.
“L’exception à l’échelle internationale” avec Rony Brauman, Géraud de la Pradelle, juriste, Karine Parrot, juriste, Denis Sieffert en modérateur, journaliste. Ce débat est très décevant, mal ficelé, mal problématisé, et ce n'est pas une surprise car plus personne en France ne semble rien comprendre à la politique internationale (!?). William Bourdon est absent et c'est très dommage car il aurait pu tempérer le pessimisme de Géraud de la Pradelle sur la droit et la justice internationale en recul depuis 2006. Rony Brauman est sans doute égal à lui-même. En cette date de commémoration du déclenchement du génocide des Tutsi du Rwanda, il est le seul (avec Antoine Comte en conclusion) a évoquer le génocide en une phrase sans aucun respect : il renvoie en parlant du démarrage du génocide dos à dos les 2 camps en conflits à l'époque, selon lui, si l'on s'en tenait à la logique du droit "les deux camps pouvaient être cloués au pilori des droits de l'homme". Ni la salle, ni Géraud de la Pradelle, ancien président de la Commission d'Enquête Citoyenne sur le génocide ne se décident à répondre à cette piteuse provocation, qui ternit pourtant très symboliquement l'événement.
“Ils nous protègent” avec Roland Gori, psychanalyste, collectif des 39, Evelyne Sire-Marin, Syndicat de la Magistrature, Paul Machto, psychiatre psychanaliste, Carlo Santulli, juriste, Eric Hazan en modérateur. Je trouve ce débat plus axé sur la psychiatrie, la psychanalyse très intéressant. Antoine Comte conclut brillamment la journée, les discours synthétique et généraux réussis sont rares, et il faudrait donc saluer cet effort de la part de La Fabrique et de l'avocat porte-parole.