Hier, il y avait 15 000 personnes à Paris, en solidarité avec Gaza et la Palestine. Il doit y avoir environ 250 personnes devant la mairie d'Aubervilliers pour une manifestation très courte en soirée ce mardi. La présence de nombreux élu-e-s, la plupart Front de Gauche, se remarque, et et les tracts de la campagne Boycott, Désinvestissements, Sanctions. Je ne reste pas
mardi 15 juillet 2014
vendredi 11 juillet 2014
9 juillet 2014, Paris 10e, la jeunesse pour la vérité maintenant !
Le Mouvement Antiraciste Européen EGAM a invité les jeunes à la mairie du 10e pour le lancement de la campagne « Génocide contre les Tutsi : la vérité, maintenant ! ». Après une tribune publiée dans des journaux, une délégation s'est rendue fin juin au Rwanda pour les commémorations des 20 ans des massacres de Bisesero et a décidé d'agir dans la durée.
Participeront à la campagne les Jeunes Socialistes France, les Jeunes Démocrates, les Jeunes Ecologistes, le Mouvement des Jeunes Communistes de France, les Jeunes Radicaux de Gauche, la Fédération Indépendante et Démocratique, Lycéenne – FIDL, SOS Racisme, l’Union des Etudiants Juifs de France – UEJF, l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance Jeunes – UGAB Jeunes, l’Union Nationale des Etudiants de France – UNEF, l’Union Nationale Lycéenne – UNL, les Jeunes Socialistes Belgique, Durde !, Romani Criss, Youth Initiative for Human Rights Serbia – YIHR et Ibuka France.
La grande salle est pleine, au moment où débute la vidéo sur le voyage de la délégation. Arrivant un peu en retard, je manque, au début de la conférence, la prise de parole de l'ancien militaire de l'opération Turquoise Guillaume Ancel.
Les intervenant-e-s représentant toutes les organisations se succèdent au micro, présentant chacun un sujet.
Benjamin Abtan, le président d'EGAM, commence par présenter les objectifs principaux de la campagne: lutter contre le négationnisme, dans une "dynamique qui ira jusqu'à la fin", exiger des "discours clairs", l'ouverture totale des archives, une commission d'enquêtes parlementaire comme en Belgique, des lieux de mémoire. Pour lui, l'enjeu est aussi dans le rapport à l'Afrique, au niveau de la constitution française et de l'action face aux choix des dirigeants.
Un responsable de l'Association des Etudiants Rescapés du Génocide (AERG) intervient en visioconférence depuis Kigali.
Pour les Jeunes Socialistes, Laura Slimani raconte la commémoration des massacres à Bisesero. Les objectifs de Turquoise sont aujourd'hui en question à cause de l'inaction de l'armée française fin juin 1994. Elle évoque les "personnalités socialistes encore vivantes" qui jouent encore un rôle.
Pour SOS Racisme, Blaise Cueco explique le passage de la délégation à Murambi, où Turquoise avait installé son QG. Selon lui, la légion d'honneur de Péan ou l'annulation de la visite de la ministre de la justice française à la commémoration du 7 avril 2014 sont choquantes aussi en raison d'un silence et un isolement qui persistent là-bas.
Un représentant de Youth Initiative for Human Rights Serbia intervient à distance et fait le lien avec le négationnisme sur Srebenica en Serbie.
Pour les Jeunes écologistes, Nina Lejeune insiste sur la nécessité d'ouvrir les archives, militaires et autres, et d'avoir une autre politique qui mette fin au pillage des ressources naturelles.
Noam Meghira de l'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) demande un Mémorial à Paris pour le dialogue des mémoires.
Noam Meghira de l'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) demande un Mémorial à Paris pour le dialogue des mémoires.
Le responsable international de l'Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), Habib Gniengue insiste sur l'importance du dialogue entre jeunesse rwandaise et française.
Patrick de Saint-Exupéry intervient comme journaliste et expert de ce dossier. Il souligne que la vérité et le retour à la simplicité des propos doivent servir de base à une nouvelle relation entre les deux pays.
Marian Mandache de Romani Criss intervient en visioconférence pour parler du génocide des Rroms.
Sélim Alexandre Arrad-Baudean, président des Jeunes Radicaux de gauche, propose pour la campagne d'interpeller les élu-e-s et d'informer les militant-e-s.
Eliott Pavia de l'Union Nationale Lycéenne (UNL) fait part du scepticisme des jeunes rwandais exprimés à l'Université de Kigali. Quels poids auront les jeunes français-ses alors que des génocidaires sont encore en liberté en France ?
Le représentant de la Fédération Indépendante et Démocratique, Lycéenne (FIDL), dont j'ai manqué le nom (Steven Nassiri peut-être) souhaite que la FIDL aille maintenant demander que les programmes scolaires soient modifiés pour apprendre aux lycéen-en-s la véritable histoire du génocide, alors que pour l'instant celui-ci est à peine cité.
Alain Ngirinshuti vice-président d'Ibuka France regrette la régression de 2014 au niveau du gouvernement français.
Toujours par internet, Yannick Piquet, pour les Jeunes Socialistes Belgique, raconte les effets très positifs de la commission d'enquête et des excuses officielles en Belgique pour enlever la "chape de plomb".
Thomas (Moïc?) responsable international des Jeunes communistes exprime sa conviction que le futur ne peut s'envisager que par la connaissance du passé: "il faut une prise de conscience pour analyser". Il dénonce le "colonialisme et la Françafrique" qui continuent, ce qui fait toussoter l'animateur. Ainsi, peut-il aussi souligner d'autres horreurs de l'histoire toujours très peu reconnues, comme la guerre française au Cameroun entre 1955 et 1971.
L’intervenante de l'Union Générale Arménienne de Bienfaisance Jeunes parle de la division artificielle entre Hutus et Tutsi, de la nécessité de vivre ensemble entre victime et bourreaux, des séquelles psychologiques, et de la transmission des traumatismes d'une génération à une autre, un point qu'elle précisera pendant le débat. Une seconde personne venue pour le génocide arménien remarque que la vérité permettait de faire progresser la démocratie en Turquie et que le combat pour la vérité sur le Rwanda fait partie d'un "combat universaliste européen".
Pendant le débat, quelques associations disent un mot, le MRAP, la LDH, Survie. Pierre Tartakowski pour la LDH parle de "rapport corrompu au pouvoir et à la démocratie". Un président d'honneur de la Communauté rwandaise de France remarque que la vérité est déjà connue sur la collaboration française avec les génocidaires, que "la complicité est politique", et qu'il faut maintenant l' "aveu de la complicité". Un des fils du politicien Ibni Oumar Mahamat Saleh assassiné par Idriss Déby en 2008 évoque le besoin de justice partout en Afrique. Un représentant de la ville de Dieulefit, qui a inauguré une stèle, et est l'unique ville ayant un jumelage avec une ville au Rwanda se pose des questions sur le peuple français qui pourrait ne pas accepter la vérité. Julien Moisan, responsable des campagnes à Survie, souligne que la demande ouverture des archives ne doit pas laisser croire que la complicité de génocide n'est pas déjà avérée. Selon lui, la question est maintenant de "déterminer le degré de complicité et le rôle des acteurs". Il évoque en particulier les livraisons d'armes.Laura Slimani remarque que des accusations sont énoncées sans que l'on puisse facilement savoir si elles sont vraies ou fausses. Dans le doute, beaucoup d'accusations circulent, et la vérité complète est indispensable.
Benjamin Abtan conclut sur les événements de la campagne à venir et en donnant rendez-vous début avril 2015 au Rwanda pour un second voyage plus étoffé où seront aussi conviés des politiques.
Benjamin Abtan conclut sur les événements de la campagne à venir et en donnant rendez-vous début avril 2015 au Rwanda pour un second voyage plus étoffé où seront aussi conviés des politiques.
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dimanche 6 juillet 2014
6 juillet 2014, Paris, Ezza au festival Rhizomes
Cette année la pluie perturbe les concerts du festival Rhizomes qui doit abandonner les parcs et se déplacer dans des salles. Le concert d'Ezza, groupe de musique touareg a lieu au Grand parquet au lieu d'être à côté au jardin d'Eole ou au square Rachmaninov. Sur la photo, c'est Goumour Oumar Adam, guitariste et chanteur. Je ne sais pas si le style est issu d'une tradition musicale ou juste inspiré de précédents groupes, mais le musicien venu du Niger, arrive très bien à transmettre par la musique et le chant quelque chose de son vécu ou d'une réalité
sociale et culturelle.
La veille, alors que je discutais d'un autre groupe, j'entends que la "musique traditionnelle n'existe pas" ou qu'au contraire "il n'y a que des musiques traditionnelles" et qu'un classement de la musique couramment utilisé est marquée par une "vision ethnocentriste". Cela m'a fait réfléchir sur le terme "ethnocentrisme". Existe-t-il une région du monde qui ne soit pas issue d'une histoire de ses ethnies et qui puisse être considérée comme source homogène d'un regard vers le reste du monde ? Le terme n'est-il pas lui-même formé à partir d'une surestimation d'une dimension ethnique dans des pays ayant subi une domination et d'une sous-estimation d'une autre dimension ethnique historique dans des pays puissants, et paradoxalement négativement performatif, portant inconsciemment un déni de d'une histoire plus complexe, géographiquement, culturellement, philosophiquement, politiquement, économiquement. Il me semble que la "vision ethnocentriste du monde" existe encore moins que les musiques traditionnelles, même si le poids de la tradition dans les musiques n'est pas aussi important qu'il n'y paraît.
mercredi 25 juin 2014
25 juin 2014, Paris 18e, Rwanda : Dieu en voyage
J'avais vu le film « Le jour où Dieu est parti en voyage » à sa sortie au cinéma, et je me précipite pour le revoir au centre Barbara, à la Goutte-d'or, accompagné d'une musique jouée en direct par les élèves de l'école Atla. Les jeunes musicien-ne-s jouent 2 fois et un débat est organisé entre les 2 projections-concerts, avec l'actrice du film, Shanel (Ruth Nirere), un historien de l'art, Nathan Rera, et le réalisateur, Philippe Van Leeuw. Je croise Jeanne, une rescapée, dont l'histoire personnelle rappelle celle du film. Shanel termine le film sur un chant a capela magnifique. En plus d'être l'actrice du film, elle fait partie des musicien-ne-s. Après la fin tragique du film et ce chant, l'émotion est très forte. A ce moment, la lumière est belle, aussi, mais ce n'est sans doute pas le moment de risquer de déranger avec l'appareil photo.
Elle est sortie de derrière l'écran, comme si elle sortait de l'écran. Ce soir, la fiction et le réel se sont rejoint. Elle a chanté ce qui pouvait être dans son esprit quand la caméra fixait son regard, ou plutôt, non, peut-être un contraire, une inversion du désespoir, ou la suite disant la distance et le travail du temps. C'est peut-être parce qu'il y a eu le cheminement d'image en image qu'est arrivée la chanson chantée de cette manière-là, maintenant, dans cette salle de la goutte-d'or.
Elle est sortie de derrière l'écran, comme si elle sortait de l'écran. Ce soir, la fiction et le réel se sont rejoint. Elle a chanté ce qui pouvait être dans son esprit quand la caméra fixait son regard, ou plutôt, non, peut-être un contraire, une inversion du désespoir, ou la suite disant la distance et le travail du temps. C'est peut-être parce qu'il y a eu le cheminement d'image en image qu'est arrivée la chanson chantée de cette manière-là, maintenant, dans cette salle de la goutte-d'or.
Le vécu des rescapé-e-s du génocide est sans doute hors de portée de ma compréhension, je perçois juste une capacité à dépasser un deuil dans une expression artistique, qui reste encore mystérieux. Ma raison me renvoie en vain aux responsabilités politiques, parce que penser les violences extrêmes des foules ou le dépassement des traumatismes personnels est difficile.
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mardi 24 juin 2014
24 juin 2014, Paris, conférence sur la Centrafrique
Le Parti Communiste Français (PCF) et le Comité d'Action pour la Conquête de la Démocratie en Centrafrique (CACDCA) organisent une conférence intitulée "Ingérence, partition ou souveraineté et solution de progrès ? Quel avenir pour la République Centrafricaine ?" avec de gauche à droite, Dominique Watrin, sénateur, François Passema,
Président du CACDCA, Dominique Josse, responsable Afrique du PCF, Lydia Samarbakhsh,
responsable des relations internationales du PCF, Michèle Demessine, Sénatrice ,
membre de la commission des affaires étrangères et de la défense, Lydia Samarbakhsh,
responsable des relations internationales du PCF (le reporter Pierre Barbancey est excusé).
Dominique Josse anime de débat et revient sur l'opération Sangaris pour 'éviter le pire', en restant dans une logique 'coloniale', sans politique, sous-entendue, sérieuse et assumable.
Michèle Demessine commence par préciser qu'elle est à l'écoute des propositions, et, cela me semble une position normale d'élu-e-s: faute de temps, les élu-e-s ne peuvent suivre l'actualité africaine au rythme des journalistes ou des associations. La sénatrice est rentrée pessimiste d'une délégation en avril en RCA à la vue de l'absence totale d'Etat.
François Passema précise que les centrafricains ont demandé une intervention pour sauver "un peuple en danger". Il pense que la France doit réparer après 50 ans de responsabilité historique. Il réclame un déploiement des forces militaires françaises, africaines, et de l'armée centrafricaine, une fois reconstituée, dans les 16 préfectures. Selon lui, le conflit religieux n'existait pas et est arrivé du Soudan et du Tchad. Il passe également du temps à critiquer les politiciens centrafricains issus du système dictatorial et se montrant dans les media pour essayer de conquérir le pouvoir. Il insiste sur la reconstruction des services publics et propose une "compagnie centrafricaine de gestion des mines et des forêts".
Lydia Samarbakhsh s'exprime sur le poids des dictatures en Afrique centrale soutenues depuis Paris, la position atlantiste de la politique française, dans le choix d'assurer la sécurité de l'Europe, et la conception 'militarisée' de la politique française.
Dominique Watrin est peu convainquant. Il commence par faire une erreur sur l'affaiblissement des Etats en Afrique centrale susceptibles de subir des coups d'Etat. Seul l'Etat centrafricain est faible, car, au contraire, la majorité des Etats dictatoriaux sont forts, militairement, bien qu'incapable de répondre aux besoins des populations.
Pendant le débat avec la salle, le rôle prépondérant de Déby dans la crise et les compromissions du gouvernement français par rapport au dictateur tchadien sont rappelés. Un intervenant centrafricain dans la salle souligne les responsabilités centrafricaine et le fait que les "musulmans étaient martyrisés". Le mot semble fort, parce
que, plutôt, avant la Séléka, ils et elles étaient considéré-e-s comme
étranger-ère-s et qu'il y avait un conflit sur le contrôle de
l'économie.
Des propositions sont abordées : une conférence internationale, réunissant au-delà des pays d'Afrique centrale (CEEAC), une assemblée nationale constituante, la construction d'une démocratie locale autant qu'une élection présidentielle, d'une redéfinition de la transition. Le rapport d'International Crisis Group et ses recommandations pour une transition vers la démocratie sont évoqués. Il est aussi question du "vivre ensemble" entre musulman-e-s et autres centrafricain-e-s.
Des propositions sont abordées : une conférence internationale, réunissant au-delà des pays d'Afrique centrale (CEEAC), une assemblée nationale constituante, la construction d'une démocratie locale autant qu'une élection présidentielle, d'une redéfinition de la transition. Le rapport d'International Crisis Group et ses recommandations pour une transition vers la démocratie sont évoqués. Il est aussi question du "vivre ensemble" entre musulman-e-s et autres centrafricain-e-s.
Le débat se termine sur des points de vues contradictoires sur la demande d'intervention française: dans le public, certain-e-s souhaitent que rien ne soit demandé aux dirigeants français en raison de la Françafrique, ou il est au contraire question de l'exigence d'un suivi international plus sérieux pour éviter la poursuite des massacres et de la guerre, en concertation entre gouvernement français, Union européenne, ONU, sachant que le gouvernement français, sans pression, en restera à un minimum de soutien d'une transition démocratique réelle. Evidemment, il y a consensus sur l'impossibilité d'organiser une élection présidentielle en février 2015: est-ce que le calendrier venu de Laurent Fabius n'est pas un gage donné aux voisins dictateurs pour les rassurer sur le fait que la crise centrafricaine ne servira pas de levier pour promouvoir et débloquer la démocratie en Afrique centrale?
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dimanche 22 juin 2014
22 juin 2014, Aubervilliers, Fête des assos
Je vais tranquille à la fête des associations d'Aubervilliers, cet année, préférant discuter que faire des photos. Il y a de la danse et de la musique, et je vois plein d'enfants et d'ados heureux-ses. Tant mieux! Je retrouve aussi toutes les associations liées aux migrants et aux 4 coins du monde, les associations sur l'environnement, les jardins comme l'an passé. Je me demande comment pourrait s'améliorer le mélange et le dialogue des cultures. A la fin, je n'ai aucune photo jolie, si ce n'est celles d'ami-e-s. Du coup, voici une photo sans intérêt juste pour illustrer ma discussion avec l'association la plus originale du jour, l'Association pour un Collège Coopératif et Polytechnique à Aubervilliers. L'idée m'intrigue, et, je discute assez longtemps avec une professeur enthousiaste.
Est-ce que l'idée est d'ouvrir un collège ou aussi d'améliorer des collèges existants ? Quel est la différence entre 'coopératif' et 'autogéré' ? Est-ce que les enfants et parents d'élèves consulté-e-s iront dans les directions espérées par les initiateur-trice-s ? Est-ce que ce n'est pas vouloir aller trop vite en réfléchissant sur une école 'idéale' ? Quelle spécificité 'géographique' dans une ville 'pauvre'? En acceptant l'idée d'une impasse socio-politique comme compris dans les "villes en transitions", quelle école pour quelle société et métier ? Est-ce que l'école apprend une obéissance utile ? Est-ce qu'une catégorie intellectuelle en pensant ainsi ne s'isole pas ? Est-ce que le rêve le plus répandu n'est pas d'oublier une perception de pauvreté perçue comme stigmatisante pour essayer de ressembler à un imaginaire 'inverse' riche et conventionnel ? Face à tant de questions, est-ce que les débats et le processus qu'ils engagent ne sont pas essentiels ? Est-ce que dans cette ville, il n'y a pas encore plus qu'ailleurs de questions sans réponse ?
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dimanche 15 juin 2014
14 et 15 juin 2014, Montreuil, Festival Ta Parole
Le festival Ta Parole symbolise-t-il le début d'un été ? J'ai loupé les jours précédents, et, quand j'arrive ce samedi, à la Parole Errante, à Montreuil, je retrouve des ami-e-s bénévoles. Le premier concert vient de commencer: Radio Elvis.
Je ne le sais pas encore: j'aimerai tous les concerts. L'avantage en écrivant cet article, c'est que je ne vais pas prendre la peine de dire pourquoi. Faites-moi confiance s'il-vous-plait ! A ta Parole, la prog' est excellente.
Eskelina est arrivé de Suède il y a 8 ans, et vient enrichir la chanson francophone.Je ne le sais pas encore: j'aimerai tous les concerts. L'avantage en écrivant cet article, c'est que je ne vais pas prendre la peine de dire pourquoi. Faites-moi confiance s'il-vous-plait ! A ta Parole, la prog' est excellente.
Dans la cour, pendant 2 jours, ce sont les Cotons-Tiges qui officient, qui occupent le terrain à caque pause. Au début , une chanson paillarde m'évoque "les femmes du bus 678", selon le contexte, l'humour est plus ou moins drôle. Petit à petit, un dialogue s'établit entre le public et les 3 musiciens, et moi, je dois reconnaître leur talent.
Musicalement, j'aime beaucoup "3 minutes sur mer".
Un intermittent explique la lutte autour de l'accord de l'Unedic qui justifie l'annulation de nombreux événements.
Nevché vient de Marseille avec ses textes engagés...
... avant l'ironie grinçante et la philosophie sociale tranquille de Zoufris Maracas, qui soulèvent le public. Hein ! Comment? Mais oui! Exemple, il blague: "est-ce qu'il y a des bretons dans la salle ? parce qu'avec eux, à 50, on dirait qu'ils sont 5000", et ça marche ! Les textes sont très bons, c'est pour cela.
Le dimanche, la chanson française redémarre avec Richard Desjardins, qui déclame aussi des poésies. Il a le contact facile et l'humour décapant qui n'épargne ni le vatican ni la mecque.
Titi Zaro ce sont deux musiciennes de la réunion, multi-instrumentistes, qui composent des morceaux sur la base d'une musique traditionnelle.
La percussionniste de Titi Zaro chante ensuite avec René Lacaille, chanteur de maloya détendu qui évoque ses 60 ans de carrière ! La philosophie est plus dans la musique.
Dès qu'HK entre sur scène avec ses saltimbanks, c'est l'euphorie. L'ambiance se réchauffe en moins de 10 seconde. C'est aussi un plaisir de photographe d'essayer de saisir les mouvements des musiciens et chanteurs déchaînés. Saïd de Map est là aussi. C'est mon meilleur concert d'HK et les saltimbanks, groupe que j'ai déjà entendu plusieurs fois. L'an passé, ta Parole finissait en douceur, et cette année, ça finit en furie, avec le public sur la scène.
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vendredi 30 mai 2014
30 mai 2014, Paris, Djibouti dans l'impasse
Un avocat et militant des droits humains djiboutien important est de passage à Paris. Me Zacharia, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) est accueilli dans une conférence de presse en son honneur par l'Union du Salut National. Maki Houmed-Gaba, le représentant de l’USN en France répond également aux questions de la salle. La situation est bloquée depuis l'inversion du résultat des législatives de février 2013, des manifestations sont régulières. DAF, Daher Ahmed Farah, en est à sa 17e arrestation arbitraire, et d'autres opposants à la dictature purgent des peines de prisons longues. La répression ne fait qu'augmenter depuis janvier 2014, alors que le régime accumule de signes de soutien des occidentaux en accueillant toujours plus de bases militaires. La Chine aussi y vient. D'autres intervenants participent également aux débats, comme indiqué dans le compte-rendu de la conférence.
Je pose une question sur les médiateurs extérieurs qui interviennent au niveau des discussions avec ou pressions sur le dictateur IO Guelleh, pour aller vers des réformes constitutionnelles qui permettraient une alternance politique. La réponse concerne plus précisément l'inversion du résultat de 2013. Selon le représentant de l'USN, l'Union européenne a demandé au gouvernement de Djibouti de justifier du résultat officiel en publiant les procès verbaux, mais Djibouti ne répond pas à l'Union européenne, évidemment ! L'Union européenne soutient plus ou moins maintenant l'USN dans sa réclamation sur les législatives. Une manifestation devrait avoir lieu à Bruxelles en Juin pour réclamer plus de soutien. Il est aussi plusieurs fois question de la présence militaire dans le pays. Elle justifierait de s'impliquer face à la survivance d'un régime qui ne tient que par le soutien occidental et par le loyer des bases militaires, française et américaine en premier lieu.
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jeudi 29 mai 2014
25 mai 2014, Paris, colloque sur le génocide des Tutsi du Rwanda
Le mois d’avril 2014 a montré une « bascule »du côté de la vérité
contre le négationnisme surtout grâce à l’expression et au travail des
journalistes qui se sont majoritairement placé-e-s du côté d’une
dénonciation des acteurs français. Le Mémorial de la Shoah participe activement à la
20e commémoration du génocide des Tutsi du Rwanda.L’enjeu se porte plus que jamais sur la vérité et
la justice sur la participation française dans le génocide, aussi, la
collaboration avec l’association des rescapés Ibuka France permet d’aborder très largement l’implication
française. Après un colloque en mai 2013, le colloque du 25 mai 2014 "1994 :
Le génocide des Tutsi au Rwanda. Les grands témoins" rassemble une grande partie des meilleurs spécialistes
du dossier.
Panel 1: de gauche à droite: Richard Mugenzi, Jean-François Dupaquier, Florent Geel, et sur la photo, Bernard Kouchner et Patrick de
Saint-Exupéry.
Quand j’arrive à 11h10, Bernard Kouchner vient de prendre la parole : j’ai manqué les
interventions de Patrick de Saint-Exupéry et de Richard Mugenzy. René
Degni-Segui, ex rapporteur de l’ONU, indiqué ‘sous-réserves’ au programme n’est
pas à la tribune. A cette tribune, auprès de Patrick de Saint-Exupéry et Bernard
Kouchner, se trouvent aussi Jean-François Dupaquier et, l’animateur, Florent
Geel de la FIDH.
L’ancien président de Médecins Sans Frontières et
ministre raconte son expérience sur le terrain, sa volonté d’une intervention
humanitaire. Il explique ses discussions avec Roméo Dallaire, dont les 400
hommes au service de l’ONU auraient pu arrêter une grande partie des massacres.
Bernard Kouchner aurait voulu que les massacres soient empêchés aux barrages :
« il fallait tirer ». Il relate ses divergences avec Kagamé sur le
sauvetage de l’hôtel des 1000 collines, sur les priorités dans les groupes à
sauver. Il explique avoir voulu impliquer Mandela, fraichement libéré et arrivé
au pouvoir, d’où son voyage avec Mitterrand en Afrique du sud (juillet), un
échec. Avant Turquoise, il a vu à Juppé et l’a poussé à intervenir, il a vu
deux fois Mitterrand, lui demandant aussi d’intervenir. « On ne nous
croyait pas, il y avait une propagande avec une inversion des rôles »,
précise-t-il. Mitterrand lui a dit : « vous exagérez ».
Selon lui, « Balladur et Léotard ne voulaient pas d’une
intervention ». Il dit être allé parler sur la Radio 1000 collines, la
voix des génocidaires, « parler au milieu des assassins ». Il
explique qu’avec l’ambassadeur Gérard Larome, il a essayé de convaincre Kagamé
d’accepter Turquoise. Il n’avait pas prévu que Turquoise aiderait la fuite des
génocidaires : « J’en ai reparlé à François Mitterrand »
souligne-t-il, d’un air désabusé. Un moment, il dit aussi : « j’ai
marché dans la bouilli », évoquant les cadavres sur le sol.
Bernard Kouchner parle de la suite, des 20 ans,
depuis. Il y avait un « bloc incessible », avec la procédure du juge
Bruguière, une « cécité sinon complicité ». Ensuite, ministre, il a
« créé le pôle du TGI ». « Le quai d’Orsay était
prudent, avec Bruguière, il y avait déjà les mandats ». Par Rose
Kabuye, il y a eu l’accès au dossier, et on comprend pour le MAE aussi :
« nous n’avions pas accès au dossier ». Le MAE
« négociait », puis il y a eu la rencontre Sarkozy – Kagamé. Pour
lui, « la justice change plus ou moins, et le pôle génocide était la seule manière d’avancer ». Il évoque
la séparation judiciaire, exécutif, législatif qui empêche de parler :
« on se tait ». Alors, un journaliste dans la salle, Alain Frilet,
l’interrompt, et lui dit que certains parlaient mais qu’il n’y avait pas d’
« écoute ». Alors, l’homme politique se met en colère :
« J’ai pas parlé… c’est pas assez tôt ! », et il se calme
aussitôt, dit qu’il ne faut « pas confondre » (les périodes ?).
Puis, il revient sur les 20 ans, sur l’accusation de Kagamé de
« participation » pendant l’ « organisation ». Il
indique « on l’a démontré, la
participation dans l’organisation ». Il reste nerveux, parle vite, ma
prise de note peut comporter un décalage avec les mots exacts. Ensuite, il
indique « Taubira devait y aller ». Parlant des « erreurs
politiques de François Mitterrand », selon lui, « il ne se rendait
pas compte » de la situation réelle, telle que l’on l’a comprend
maintenant. « L’honneur de l’armée n’est pas attaqué » car il y avait
« des ordres ». Mitterrand était focalisé sur « Fachoda »,
« l’erreur est politique et pas militaire ». « Les belges ont
fait un débat au parlement » alors que rien n’a été fait en France. Il y a
des « documents ». Il insiste sur un point : « Il faut que
l’on révèle qui a donné les ordres à
Bisesero ». Il rappelle qu’il
« a proposé un Tribunal Russel », précise qu’il y a des « ordres
auxquels des militaires ont participé aussi ».
Quelques personnes du public, se sont permis de
l’interrompre, avec un ton ou des sous-entendus accusateurs. Par exemple,
quelqu’un lui parle des « protections » au niveau des ministères, et
il réplique « le MAE n’a pas fait grand-chose, mais il s’est protégé
aussi ». Il a répondu chaque fois, et il conclut par « je suis prêt à
me faire engueuler une autre fois ». Est-ce que le niveau de colère
instantané ne correspond pas au niveau de son « curseur » dans les
révélations ? Un peu de colère signifie qu’il ne dira que ce qu’il pense
être bon de dire. Par rapport au colloque il y a un an, il y a un chemin de
parcouru. Au colloque du 26 janvier 2014, déjà, il avait
commencé à être plus précis. Il reste dans la salle, cette fois.
Panel 2: de gauche à droite :Alain Verhaagen, Alain
Frilet, Wolfgang Blam, Boubacar Boris Diop.
Les « grands témoins » suivants
s’installent ensuite autour de l’animateur : Alain Frilet,
ancien grand reporter, de Libération : Wolfgang Blam, médecin
de coopération allemande, Alain Verhaagen, ancien de MSF
Belgique au Rwanda en 1994, et l’écrivain sénégalais Boubacar
Boris Diop.
Je viens quelques jours avant de voir un
documentaire dans lequel Wolfgang Blam témoignait sur un
génocidaire en France. L’homme n’a pas beaucoup témoigné, encore, il parle avec
un peu d’émotions des 6 semaines de génocide qu’il a vécu. Il présente d’abord
le contexte, évoque les années précédentes : « il y avait des
attentats et massacres tous les ans. Au niveau de la communauté internationale,
avec les accords d’Arusha, on nous faisait entrer dans un piège. »
Il raconte le début du génocide. Sur le coup d’état,
il explique que les membres de l’opposition était visé, par exemple, un de ses
collègues médecin, qu’il a été obligé de cacher. Ce n’est qu’après une semaine
qu’il a comprit que les Tutsis était visés et que ce n’était pas seulement un
coup d’Etat. A Kibuyé, les Tutsi ont été rassemblés dans un stade, il fallait
leur fournir de l’eau et des toilettes. Il a commencé à reconnaître une manière
de faire un bouc émissaire comme les nazis. Après une semaine, le vendredi, il
y a eu un premier massacre dans une école, il est allé avec une
ambulance : les morts étaient tués par machette, massue, grenade ou
fusils. Il a compris que d’être médecin pouvait être compris comme être
« complice », donc « dangereux ». Puis le samedi, il y a eu
un massacre à l’église, et le mardi après-midi et le mercredi matin, le grand
massacre du stade. L’aide humanitaire ne suffisait plus, il fallait
« analyser pourquoi la situation ». Wolfgang Blam résume ainsi
les 3 premières semaines : 1 semaine de regroupement, entassement, 1
semaine de grands massacres, puis 1 semaine de petits massacres. Pour les petits
massacres, il donne les exemples de la famille d’un de ses collègues et de la
famille de sa femme. Il est parti quand il n’y avait plus personne qu’il
connaissait à protéger. Il dit « J’ai vu des enfants qui tuent des
enfants, des femmes qui tuent des femmes ». Il s’interroge sur la mémoire,
et l’oubli, le lien aux émotions.
Alain Verhaagen était pour Médecin
sans frontière Belgique au Rwanda pendant le génocide. Lui a au contraire
énormément témoigné déjà, en particulier dans des procès en Belgique. Il a
voulu montré que le génocide était prémédité et pas né d’une colère spontanée. Il
raconte le négationnisme en Belgique, surtout des universitaires, mais aussi
d’un lobby religieux parce que les politiciens chrétiens belges étaient proche
d’Habyarimana. Heureusement, à partir de 1990 le gouvernement belge avait
changé de position et des journalistes ont travaillé sérieusement sur le
génocide.
Il raconte comment, au moment de Turquoise, des
hélicoptères ont tirés sur le campement de MSF Belgique, malgré les drapeaux.
Comme je suis assis derrière Bernard Kouchner, je le vois et l’entends réagir
négativement à cette histoire.
Alain Verhaagen souhaite montrer des photos des
massacres, des corps, il insiste sur les corps tétanisés, morts de peur. Il
montre les corps dans une église tués par des grenades à fragmentation lancé
par un trou dans le mur. Il dit qu’il a compris qu’ « édulcorer les
images », c’était aussi par « intérêt ». Bernard Kouchner quitte
vers ce moment son siège et sans doute la salle. Alain Verhaagen décrit
l’organisation des Interhamwés, de la garde présidentielle, et des gendarmes.
Il évoque un « caractère ‘pilleux’ », un
« conditionnement » lié à la religion, le principe d’obéissance à
l’autorité. Selon lui, une autre preuve du caractère « non spontané »,
s’observe dans un
choix laissé à des femmes par les Interhamwés,
celui d’être violée (un enfant ‘Hutu’ naitrait d’un père ‘Hutu’ et une mère ‘Tutsi’)
ou d’être mutilée (ne plus pouvoir avoir d’enfant (‘Tutsi’)).
Boubacar Boris Diop parle de la difficulté en Afrique de s’informer sur le génocide. Lui, a compris
pendant un voyage au Rwanda en 1998. Selon lui, « un poids néocolonial
pèse toujours sur la presse africaine ». L’arrivée au pouvoir de Mandela
attirait toutes les intentions. Réagissant à une question d’Alain Frilet, il
lâche « la Françafrique est plus complexe : la gestion des élites est
une des composantes, avec des ONG, des écrivains, des journalistes, il y a une
gestion de proximité ». .. Il y a aussi «l’auto-racisme, dans la
légitimation de ce qui a servi à vous soumettre».
Panel 3 : de gauche à droite :
Jean-Pierre Chrétien, Stéphane Audouin-Rouzeau, Marie-France Cros.
Après une courte pause pour le repas, le colloque
reprend sur le racisme. Aussitôt, je doute de la pertinence du terme
‘racisme’ : le mot n’est-il pas employé en ce moment exagérément ?
S’il n’est pas question de ‘races’, s’il est question d’ ‘ethnies’
artificiellement créés à partir de classes sociales, figées par des cartes
d’identité, pourquoi parler de ‘racisme’ ?
Jean-Pierre
Chrétien parle de la « cristallisation d’un racisme », d’un
« génocide résultat d’un projet raciste, projet résistible, pas
inévitable. » Il préfère, plutôt qu’un exposé, un récit personnel de sa
lutte sur le sujet. Entre 1990 et 1993, il a vu venir le génocide, il y a eu des
alertes : après le massacre de Bugesora, il y a eu une forte réaction au
Rwanda, et une mission d’enquête associative, le passage à la télévision de
Jean Carbonare. Il a contacté par courrier Kofi Yamgnane et Jean Auroux, qui n’ont jamais répondu. La MIP de 1998 a parlé d’une
« course contre la montre entre la
logique de démocratisation et la logique du racisme ». D’ailleurs, le
16 avril, Hubert Védrine a réutilisé l’expression « course contre la
montre ». Pendant le génocide, l’information était surtout « comme un
disque rayé », les « media reprenant des éléments de langages »,
comme « guerre interethnique ou reprise de la guerre civile ». On
parle de 100 jours, mais « la grande masse des morts, c’est avril ». Libération
a parlé de génocide de 26 avril et le Monde le 30 juin. Il a lui-même inventé
l’expression de « nazisme tropical ».
Avec la MIP de 1998, il y a eu des
« auditions sans assez d’enquêtes », et un « rapport
négocié ». Ensuite, est venu l’occultation avec Péan et Bruguière,
avec une « volonté de disqualifier les chercheurs, qui continue
aujourd’hui ». En 2014, c’est « une nouvelle vague de déni », en
atteste le rapport du 6 avril 2014 sur le
site de la fondation Mitterrand (6 avril, Le rôle de la France au Rwanda en 1990-1994: des accusations infondées) ou un
texte de la Fondation Jean Jaurès (13 mars, Rwanda: Bisesero, étude de cas)
Marie-France
Cros a couvert le Rwanda avant le génocide pour la Libre Belgique. Après un
article critique, le régime rwandais l’a invité pour la pousser vers sa
propagande. La répression était forte, et les témoins devaient prendre des
précautions pour parler de la dictature. Des opposants mourraient parfois dans
des accidents de voiture. Les déplacements étaient contrôlés, ce qui est resté
encore un peu. Les avocats n’existaient pas, il y avait des personnes avec des
licences de l’Etat qui pouvaient perdre leur licence.Selon elle « le racisme le plus visible était
celui des missionnaires ». Il y avait un « paternalisme belge »,
pas d’impérialisme comme pour les français. La société était très hiérarchisée.
« Une mise en scène du régime se faisait dans le sens de la simplicité, ce
qui plaisait au milieu catholique. Habyarimana était soutenu en Belgique par
les partis chrétiens, surtout par les flamands. Elle a failli perdre le dossier
sous la pression de « chrétiens ».
Selon elle « le racisme le plus visible était celui des missionnaires ». Il y avait un « paternalisme belge », pas d’impérialisme comme pour les français. La société était très hiérarchisée. « Une mise en scène du régime se faisait dans le sens de la simplicité, ce qui plaisait au milieu catholique. Habyarimana était soutenu en Belgique par les partis chrétiens, surtout par les flamands. Elle a failli perdre le dossier sous la pression de « chrétiens »
Selon elle « le racisme le plus visible était celui des missionnaires ». Il y avait un « paternalisme belge », pas d’impérialisme comme pour les français. La société était très hiérarchisée. « Une mise en scène du régime se faisait dans le sens de la simplicité, ce qui plaisait au milieu catholique. Habyarimana était soutenu en Belgique par les partis chrétiens, surtout par les flamands. Elle a failli perdre le dossier sous la pression de « chrétiens »
Panel 4 : de gauche à droite : Philibert
Gakwenzire, Marcel Kabanda, Hélène Dumas
Un deuxième panel intervient sur le ‘racisme’.
L’historienne Hélène
Dumas propose son analyse très bien ancrée dans la culture et la langue
rwandaise. Selon elle, il y avait une « puissance performative des discours », les paroles étaient en
eux-mêmes des actes forts. Le registre religieux a été utilisé. Les lieux ont
été pensés, des lieux de cultes ont été choisis. « 40% des victimes »
sont décédées dans des lieux de cultes, et le clergé a aussi participé.
« Les Tutsi étaient renvoyés vers un monde non-chrétien, vers une « bestialité
diabolique ». Dans les villages, existaient des lieux nommés CND (Conseil
National pour le Développement), où se regroupaient des Tutsi pour se protéger,
alors, ces regroupements étaient interprétés comme des signes d’alliance avec
le FPR. Des cadavres ont été jetés dans des latrines. Le vocabulaire de la
chasse et de l’élevage a été employé pour animaliser, cependant le terme
Inyenzi (cafards) avait pris un sens plus guerrier comme synonyme de soldat du
FPR. Une langue du génocide est apparue. Le corps a aussi été décrit pour
justifier la cruauté puis des violences. Sans doute, que l’hypothèse théorique
de violences d’autant plus fortes que la
différence physique est faible pour créer une différence et justifier des actes
est à considérer. « L’ennemi est créé par la souffrance, le corps de
l’ennemi est créé par la cruauté. » Elle prend des exemples : un cœur
de femme ou un cerveau d’étudiante en médecine montrés ! Il y avait
« une exhortation à retrouver une langue ‘Hutu’ », « une
séparation des ‘histoires’ », un mythe de « retour à la pureté
originelle ». Elle évoque aussi le pillage.
Philibert
Gakwenzire est un jeune historien rwandais. Il a étudié sur une région la
genèse du génocide depuis 1959, dans les massacres du début de l’indépendance.
Il parle d’ « exportation des massacres », des « viols vus comme
des faits mineurs ».
Panel 5 : de gauche à droite : Richard Mugenzi, Raphaëlle Maison,
Jean-François Dupaquier, Yves Ternon.
Pour commencer, Jean-François Dupaquier commence par rectifier ou compléter le
titre de cette partie du colloque : la France… on parle « une trentaine de personnes » en
réalité. Ce correctif n’est pas anodin, et je suis d’accord.
Yves Ternon
présente le rôle de la France, dans un résumé d’une efficacité et d’une
précision de métronome. Depuis des années, j’ai été à beaucoup de débats,
et je n’ai jamais entendu une synthèse aussi claire. Travaillant moi-même sur
des textes de synthèses, j’ai remarqué que la commémoration a provoqué ce besoin
de sortir des détails et des affaires pour récapituler l’ensemble de la
participation française à partir des points essentiels. Quand c’est Yves Ternon
qui le fait, c’est un historien de renom, reconnu, qui le fait, et l’auteur de
‘L’État criminel. Les génocides au XXe siècle’, le fait au Memorial de
la Shoah.
Yves Ternon fixe le cadre : les
indépendances, puis la Françafrique.
Dès 1981, François Mitterrand est sensible à ‘Fachoda’. Habyarimana devient un
bon élève de la Françafrique et en parallèle, la politique française commence à ignorer la politique du dictateur
rwandais concernant les 340 000 réfugiés Tutsi hors du Rwanda. Avec le
discours de la Baule, du 20 juin 1990, le discours officiel devient « le soutien des régimes qui développe
la démocratie », et c’est exactement l’inverse qui se fait au Rwanda, et
surtout à partir de l’attaque du FPR du 1er octobre 1990.
Avec Noroît, le 8 décembre 1990, la désinformation
est déjà là. 30 personnes représentent la France, surtout l’Elysée et le MAE
avec les ambassades. Les « techniques de la guerre révolutionnaire »
(de Trinquier, à Muchielli) sont reprises, et la collaboration avec les
services secrets rwandais démarre. Le FPR est vu comme terroriste. FerdinandNahimana intoxique avec sa « théorie du complot ».
« Les dirigeants français sont convaincus des
théories racistes ». Malgré les alertes, comme celle de la publication des
‘10 commandements’, « l’armée française, l’Elysée, l’ambassadeur Martre,
sont incapables de prévoir l’extermination » (erreur sur Martre et Galinié). Il y a une « accélération de la
désinformation, et cette désinformation est acceptée par les dirigeants
français, puis développée. » « Le colonel Galinié commandant Noroît
est inquiet et il est remplacé par le Cussac, qui lui adhère » à la
désinformation. Avec la « propagande noire », les accusations en
miroir, la désinformation augmente encore, mais l’officier français adhère. Il
y a les « messages imaginaires » du FPR que raconte Richard Mugenzi.
« Hubert Vedrine est le principal manipulateur » avec comme autre
décideurs « l’amiral Lanxade, Bruno Delaye, et François Mitterrand
malade ». Il y a « une aide militaire en même temps que l’acceptation de
la menace du génocide ». Après le « Le rapport de Bagosora sur
l’Ennemi intérieur », « militaires et politiciens le considère comme
possible ».
En 1992, c’est la création des Interhamwés et de
la coalition extrémiste CDR, de l’Akazu, du rezo 0, puis arrive le massacre de
Bugesera. L’autre versant, avec la fatigue et le refus de la guerre, ce sont
les négociations à Arusha. Le CDR, essaye de détruire le processus. « A
des barrages, des soldats français livrent des Tutsi », « les
militaires apprécient l’expérimentation ». En Juin 92, le COS et la DRM
sont créés, puis les DAMI sont renforcés. « Fin 92, début 93, la mission
Fidh, Eric Gillet, HRW, Alison Desforges, Survie, Jean Carbonare dénonce
la désinformation et les massacres ». Jean Carbonare passe sur France 2.
En février 93, il y a 250 morts à Gisenyi et l’offensive du FPR. C’est l’époque
où « Stefen Smith est ‘retourné’, avec plein d’autres ». Le 29 mars
1993, le PS perd les élections législatives, Balladur, Juppé, Léotard arrivent
au pouvoir. En août 93, les accords d’Arusha sont signés. Les 21 octobre au
Burundi, l’assassinat du Président Melchior Ndadaye provoque des
massacres de Tutsi. L’armée française quitte en décembre 93.
Yves Ternon en arrive au génocide. Il
retrace les faits : Bruno Delaye accuse le FPR. L’ambassadeur Marlaud
réunit des génocidaires juste avant la formation du gouvernement (GIR), alors
que « des négociations auraient pu avoir lieu avec des opposants ».
« A l’ONU, la France demande le retrait de la MINUAR ». Le 27 avril,
des membres du GIR sont reçus à L’Elysée, venant pour « recevoir des
armes ». « L’achat des armes est maquillable facilement ». La
désinformation continue. Il y a une peur d’une intervention de l’Afrique du
Sud. Le colonel Rosier qui prépare Turquoise est aussi en contact avec un génocidaire, le lieutenant-Colonel Anatole Nsengiyumva (à
vérifier). Le 23 juin, arrive des forces pour une guerre. Puis à Bisesero,
« Marin-Gillier découvre les survivants », et « l’appel à l’aide est
ignoré par le colonel Rosier ».
« La responsabilité est écrasante » conclut l’historien.
Une remarque se glisse sur la
naïveté de Bernard Kouchner par rapport à Mandela …
Raphaëlle Maison, juriste, intervient sur les progrès de la recherche et l’état des connaissances. Elle souhaite
que les universitaires travaillent ensemble. Elle commence par dresser la liste
des universitaires écrivant sur le sujet, remarquant qu’il y a plus de travail
sur les suites du génocide et le négationnisme, et que les progrès sont venus
des journalistes, et des associations, dont elle dresse aussi une liste. Il est
d’abord question des universitaires et de la volonté, en tant que tel-le-s, de
faire face à la participation des acteurs français dans le génocide. Selon
Raphaëlle Maison, le risque actuel est que les universitaires ne remplissent
jamais leur rôle dans l’élucidation. Elle ajoute, que le manque de lien entre
les différents domaines est un frein : « étude de l’histoire politique,
étude coloniale, étude des doctrines militaires, de l’espionnage, de la Françafrique »,
devraient être entrepris, et, pour l’instant le manque de travail dans l’ensemble des disciplines fait
blocage. Selon elle, les universitaires ne produiront pas la même chose que la
justice. Le rapport au savoir est en jeu comme avec la guerre d’Algérie et
Vichy.
Elle aborde ensuite la
« complicité de génocide ». Elle rappelle un passage du livre de
David Servenay et Gabriel Périès, « Une guerre noire », le fait que
Quilès et la MIP ont permis d’éviter le TPIR. Il y a un risque de « disculpation pénale ».
Elle résume à son tour les
faits :
-
90-93 : le soutien
politico-militaire dans la guerre civile, sous les formes de la formation des
FAR et des forces de l’ordre, les livraisons d’armes (et un 4e
point). Dans les négociations d’Arusha, en parallèle, un engagement militaire, qui fait que la neutralité n’est
pas présente.
-
les questions de
l’attentat de l’avion et du meurtre de deux gendarmes
-
la formation du GIR
-
pendant Amaryllis, les
abandons, la non-intervention, les livraisons d’armes
-
pendant la suite du
génocide : le soutien diplomatique au GIR, la tendance à ‘rétablir un
équilibre’ selon le g.al Quesnot, le rôle de Paul Barril et le rôle d’éventuels
mercenaires
-
pendant Turquoise :
les 27-30 à Bisesero et la fuite des génocidaires aux Zaïre, les exactions
donnant lieu à enquêtes pénales
-
les positions par rapport
au TPIR
-
les suites de la relation
France-Rwanda
-
le négationnisme
Pour elle, « la
collaboration » est plus à relier à la « politique coloniale »,
aux « massacres coloniaux », à une « politique africaine
secrète, en petit cercle ». Elle propose pour l’ouverture des archives, un
« groupe de recherche pluridisciplinaire. », qui puisse
« identifier les sources, les travaux » et viser une « première
évaluation universitaire ».
Jean-François Dupaquier souligne
que beaucoup de documents sont déjà disponibles chez les journalistes, et que
c’est la classe politique qui est dans « un refus et une
incapacité », il demande s’il faut « une nouvelle initiative
citoyenne, ou un tribunal Russel pour dépasser le refus de la classe politique ».
Raphaëlle Maison,
« partagée », répond qu’en théorie, une « enquête
parlementaire » serait adaptée. Elle insiste sur la nécessité pour les
universitaires d’ « imposer la thématique ».
Jean-François Dupaquier préfère
ensuite revenir sur le témoignage de
Richard Mugenzi, qui a déjà parlé le matin. Il le questionne alors en
direct.
JFD : « Est-ce que vous
avez-vu Paul Barril et ses mercenaires ? » RM : « Paul barril était
à Gisenyi en 94 et un peu partout au Rwanda. Il avait pris la relève de
Noroît » (à partir du 15 décembre 93, 23 coopérant était aussi restés)
« J’ai vu Barril avec Nsengiyumva dans le camp de Gisenyi » (Nsengiyumva
commandant la région de Gisenyi, près de Goma) « Les mercenaires sont
restés ». « Je l’ai vu déjà en 91 avec un petit groupe de
mercenaires, c’était un ami de l’Alliance » « Je l’ai vu 2 fois, une
première fois avec des mercenaires en 91, pas des soldats français, une 2e
fois en 94, avec une trentaine de mercenaires. Au camp de Butotori (?), les
mercenaires faisaient de la formation commando, amphibie, du zodiac. C’était
des mercenaires, car ils ne portaient pas de bérets rouges, avaient des bérets
noirs et des uniformes sans insignes ».
JFD : « (Quelle était la
relation entre) Nsengiyumva, le chef du renseignement militaire et les gradés de
Turquoise ? » RM : « La relation était
très rapprochée ». « Il y avait un français avec le chef des
FAR » (phrase à vérifier) « Nsengiyumva est parti à Goma en Juin, et a été
nommé responsable de la coordination avec Turquoise, puis il est revenu à
Gisenyi. »
JFD : « … les fausses
interceptions (du FPR) ? » (de mémoire, à vérifier, JFDupaquier
demandait si les fausses interceptions avaient pour objectif d’intoxiquer
l’armée française) :
« … pour l’armée française, je ne sais pas. On a continué l’intoxication
jusqu’à la fin. Les militaires français n’étaient pas tellement manipulés,
plutôt complice. Ce sont les français qui nous ont appris, le quadrillage et le
contrôle, les accusations. Ils sont
complices et pas manipulés ».
Panel 6 : de gauche à droite :
Yann Jurovics et Marcel Kabanda.
Yann
Jurovics, universitaire, a été juriste au TPIR. Il intervient sur la
justice. Il parle d’un « TPIR prioritaire sur la juridiction nationale,
pas comme pour la CPI ». Il évoque l’inertie de la justice, les
organisations criminelles selon le tribunal de Nuremberg (article 9). Comme le
TPIR a prouvé l’existence d’un plan génocidaire, seul le lien avec le plan est
à démontrer. Ainsi, pour Simbikangwa, le juge s’est basé sur le TPIR avant de
fixer les responsabilités individuelles. Il existe un « enjeu de qualification »,
« le génocide en droit français étant différent du génocide selon la
convention de 1948. » Ce qui compte c’est « l’intention criminelle et
pas le nombre de morts». Le racisme en droit se définit par « une
négation de la singularité et de l’égalité ». Au racisme, s’ajoute
« la politique discriminatoire, et la politique de crime
génocidaire ». Il signale que les massacres des juifs avaient commencés en
Allemagne avant le génocide lui-même. Selon lui « le plan génocidaire,
lui-même », est « une organisation criminelle » . Pour la complicité,
on distingue « les planificateurs, les bourreaux, et l’ensemble de l’aide,
dans un même plan, par une participation à degrés divers », et « le
juge qualifie par la peine ». Pour une complicité, « le chef
d’accusation, c’est le génocide, et pas la complicité ». Il signale que
« Nuremberg n’était pas rétroactif, malgré une appellation nouvelle »
(se basant sur des lois allemandes), et il y a eu « cristallisation et pas
nouveauté ». Selon lui, a propos de la lenteur, « la justice est en
échec face à la réalité criminelle ». Pour les nazis, ont été jugés 22
personnes a Nuremberg et 6000 autres, à Arusha au TPIR, 80 personnes, avec 2
millions de procédure dans les Gacaca pour 1 millions de personnes. Il conclut
sur une « justice de symbole », ce qui provoque une réaction négative
dans le publique, que je partage.
Et le colloque se termine par une
question du public sur les réparations
aux rescapés, avant les remerciements.
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samedi 24 mai 2014
24 mai 2014, Paris, manifestation pour le logement dans le 93
" En Seine Saint Denis les expulsions, ça suffit ! " tel est le mot d'ordre de la manifestation de ce samedi pour le logement, de la Porte de la Villette vers le ministère de l'intérieur, à l'appel de Droit au Logement et de nombreuses autres organisations. Dans le cortège figurent en bonne place les expulsé-e-s d'Aubervillliers, du 19 passage de l'avenir et du 22 rue colonel Fabien. Quelques familles rroms sont là aussi, et le cortège est clos par quelques soutiens politiques surtout libertaires.
Je passe à la manifestation avant d'aller faire un tour à Bagnolet au Festival des résistances et des alternatives. L'ambiance est morose avant les élections européennes. Je discute avec une une amie. L'idée me revient que la montée du Front National correspond aussi à la perte d'influence des partis de gouvernement PS et UMP et à une confusion des valeurs des paroles et des actes. Il y a 20 ans, le FN était encore associé à la collaboration sous Vichy et surtout la guerre d'Algérie. En avril 2014, on parle plus du PS et de l'UMP mouillés par la politique française au Rwanda entre 1990 et 1994 de collaboration avec des génocidaires. De même, si la collaboration avec les dictatures africaines avait diminué, cela aurait limité la confusion, mais en 2013, le gouvernement est retourné aux poncifs de la Françafrique sous l'influence d'une armée, elle-même proche de l'extrême droite. Comment ne pas voir la confusion dans une hiérarchie des positions en lien avec le racisme et les crimes? La création de bouc émissaire était aussi auparavant très associée à l'extrême-droite, mais RPR puis UMP ont imité, avant que le PS ne suive dans la xénophobie d'Etat. Le nivellement s'est fait depuis des années par le bas.
Tant que le débat général sera focalisé sur la montée d'un populisme raciste et xénophobe, il sera sans doute difficile pour des sans logis de se faire entendre.
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lundi 19 mai 2014
18 mai 2014, Aubervilliers, campement suite à une expulsion
En rentrant à pied de la Fête de l'insurrection gitane à Saint-Denis, je passe par un campement soutenu par Droit au Logement, sur l'avenue Roosevelt, à 300m de la mairie. Cinq familles avec 8 enfants et des personnes seules, au total 43 personnes, qui habitaient au 19 passage de l'avenir ont été expulsées le matin du 7 mai. Quelques personnes du 22 rue colonel Fabien, en difficulté depuis septembre 2013, les ont rejoints. Au total 75 à 80 personnes sont concernées. Certaines personnes ont été relogées, mais selon le tract, 30 étaient à la rue.
Le DAL dénonce la multiplication des expulsions sans relogement depuis le changement de préfet du 93 et demande l'application des lois par le préfet Galli. D'autres revendications figurent également sur un tract : arrêt de toute expulsion sans relogement, application du Droit à l’hébergement jusqu’au relogement, et de la loi de réquisition, respect de la loi DALO et de la circulaire qui suspend les expulsions de prioritaires DALO, en attendant leur relogement, baisse des loyers, des charges et de l’énergie, et arrêt des coupures, des moyens financiers suffisants
pour réaliser massivement des logements sociaux, ...
Pour les élu-e-s municipaux-ales Front de Gauche qui viennent de remplacer les élu-e-s PS et Verts, n'est-ce pas là un test?
Le samedi 24 mai à 14h, une manifestation spéciale Seine-saint-Denis partira de la Porte de la Villette pour aller vers le Ministère de l'intérieur.
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dimanche 18 mai 2014
17 et 18 mai 2014, St-Denis, fête de l'insurrection
La dernière fête de l'insurrection gitane à Saint-Denis avait été organisée en 2010, triste année pour les Rroms en France. La date du 16 mai correspond au 70e anniversaire d'une véritable insurrection gitane, en 1944, dans un camp de concentration nazi. Cette année, l'événement arrive aussi quelques semaines après une période d'instrumentalisation politique honteuse, cette fois locale, au moment de la campagne des municipales. Le samedi soir, des concerts ont duré tard dans la nuit. D'autres spectacles et débats ont repris sur la place entre la basilique et la mairie ce dimanche.
Je retiens surtout de cette journée le débat qui présente deux ouvrages, Avava Ovava et "Roms et riverains. Une politique municipale de la race" d'Eric Fassin. Le sociologue présente son livre, je suis d'accord avec l'essentiel de son discours sauf sur l'expression 'politique de la race', il n'arrive pas à me convaincre sur cette expression que je trouve même dangereuse pour la lutte de soutien aux Rroms. N'est-elle pas aussi performative? Si les races humaines n'existent pas au sens biologique qui constitue la référence en France, pourquoi insister sur ce vocabulaire à la manière des anglophones qui utilise un concept différent pour le signifiant 'race' (en anglais). Je crois plutôt qu'il est important de signifier et différencier les agressions et discriminations en fonction des causes, la xénophobie, le rejet des modes de vie différents et alternatifs, les stratégies électorales s'appuyant sur des boucs émissaires, pour les Rroms, ou, justement, un racisme issu du colonialisme et du néocolonialisme pour les sans-papiers d'origine africaine.
En travaillant sur le génocide des Tutsi du Rwanda et sur les massacres en Centrafrique, je me suis rendu compte de l'importance de la maîtrise du vocabulaire pour limiter ou arrêter la haine et les violences. Ainsi, en Centrafrique, les massacres depuis décembre 2013 ont des causes dans un conflit au niveau des religions, des nations et chefs militaires, et dans les réseaux économiques correspondants. Un ennemi minoritaire a été dans un excès "inventé" comme "ennemi" par une majorité à l'intersection des imaginaires religieux, et nationaux, et d'un partage de richesses, qui correspondait à une réalité. Des commerçants en grande partie 'musulmans' et pour beaucoup venus du Tchad s'enrichissaient depuis plusieurs années dans le diamant et d'autres commerces, puis suite à la prise du pouvoir de rebelles se disant musulmans, les amalgames et la violences ont démarré un processus d'engrenages de la haine et des vengeances. Cette exemple est juste un exemple de construction identitaire d' "ennemi" (au sens employé par l'armée rwandaise ou les services secrets rwandais préparant le génocide avant 1194), sans imaginaire ni raciste ni ethnique.
Cette remarque étant faite, le débat est très intéressant. Selon Eric Fassin, la politique actuelle identique de Sarkozy et Valls pousse vers un rejet, qui devient identitaire. Se ressentent de plus en plus français-es ceux et celles qui rejettent des catégories stigmatisées. Une identité en France se modifie. Il s'agirait alors d'une construction ou d'un ressenti en négatif, rien de nouveau, mais l'accentuation d'un phénomène ancien.
Une intervenante répond aussi à une question sur l'homosexualité et les luttes féministes dans les groupes rroms. Les difficultés sociales, la violence psychologique extérieure se répercutent et accentuent des violences internes. Si je comprends bien ce qui a été dit très brièvement, certains hommes se sentant dévalorisés à l'extérieur peuvent chercher à retrouver une posture hiérarchique qui leur est plus favorable à l'intérieur.
Une intervenante répond aussi à une question sur l'homosexualité et les luttes féministes dans les groupes rroms. Les difficultés sociales, la violence psychologique extérieure se répercutent et accentuent des violences internes. Si je comprends bien ce qui a été dit très brièvement, certains hommes se sentant dévalorisés à l'extérieur peuvent chercher à retrouver une posture hiérarchique qui leur est plus favorable à l'intérieur.
Et la fête reprend après le débat avec un concert et la danse. Dans la musique, les gestes, les costumes, me semblent se mélanger des 'origines' culturelles, secondaires. Je pense à l'Espagne, la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie. Mais faut-il penser une ou des identités, sous-identités, au risque de les mettre dans des cases mal définies et trop étroites, alors que la vie est tourbillonnante comme la grande robe blanche de la danseuse ?
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Saint-Denis
dimanche 11 mai 2014
11 mai 2014, Saint-Denis, les affiches des Beaux-arts d'Istanbul
Quand j'arrive à l'Attiéké à Saint-Denis, le graphiste Sébastien Marchal finit d'installer son exposition juste avant le vernissage. Il a participé à Istanbul à un atelier avec 15 étudiant-e-s des Beaux-arts. Toutes les affiches sont faites à la main avec ciseaux et photocopies. C'est assez difficile de retrouver et comprendre les symboles de chaque image. Il y a un effet global de l'expo, les affiches vont très bien avec le reste du lieu, et d'ailleurs un AG commence à la fin du vernissage. Le squat 'centre social autogéré', risque une expulsion et une manifestation est prévue le 17 mai à 13h30.
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mercredi 30 avril 2014
29 avril 2014, Aulnay-sous-bois, Tiken Jah Fakoly
Tiken Jah Fakoly est en tournée pour son nouvel album 'Dernier appel', qui sortira le 10 juin, et il est ce soir avec une dizaine de musiciens au Cap à Aulnay-sous-bois. La salle est normalement bien accessible en transport en commun, mais le fameux RER B a plus d'un tour dans son sac, et nous arrivons trempés pour les dernières chansons ! Alors que je suis fan!
Tiken Jah Fakoly est interviewé par Max Savi Carmel. Il évoque, entre autres, le changement progressif de l'Afrique, la démocratisation, la Françafrique qui perdure, la nécessité d'unité africaine, l'agriculture, l'éducation, ... patient ou impatient, optimiste dans tous les cas.
dimanche 27 avril 2014
27 avril 2014, Aubervilliers, Ferrat à Aubercail
Jean Ferrat est à l'honneur au cinéma le Studio pour le début du festival Aubercail. L'événement commence par un documentaire de Madamie Boussaid qui présente l'avis d'habitant-e-s d'Aubervilliers sur l'artiste, dont Didier Daenincks ou Jack Ralite. Ce documentaire est admirable car il est fait pour une information locale tout en étant de très bonne qualité. C'est assez rare.
J'avais des mélodies de ma jeunesse en mémoire et je l'avais un peu oublié. Je découvre que Jean Ferrat était très engagé politiquement, proche de ce qu'il désigne lui même comme la classe ouvrière ou les "exploités", qu'il est venu en 1965 dans la ville pour inaugurer une tour, ou qu'il se sentait souvent proche du parti communiste tout en étant très critique, par exemple sur le printemps de Prague. Ainsi, ses positions ne sont pas sans lien avec l'histoire de la ville, et, on sent que le public est très sensible, que cela correspond à u un public, assez âgé, venu nombreux.
Puis le chanteur Alain Hiver 'interprète' pendant plus d'une heure les plus grands succès du chanteur. Ce concert très simple, dans une ambiance intimiste face au parc a quelque chose d'unique, comme le film avant, dans l'adéquation des message, au lieu, et aux personnes. Les générations, le temps disparaît, l'impression de nostalgie du début laisse place à une bonne humeur philosophique.
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