lundi 31 août 2015

Dimanche 30 août, St-Denis, la guinguette climat

Ce week-end, au bord du canal de Saint-Denis, est installée une guinguette 'climat', dans laquelle sont prévues des "discussions de comptoir" sur l'agriculture urbaine et sur les jardins dans les villes. C'est organisé par le collectif Mund Gawi, "réunissant des associations concernées par les enjeux environnementaux afin de proposer une alternative  citoyenne et innovante à la COP21".
A la guinguette, on parle donc de climat (tiens! la veille, la ministre de l'écologie était en Afrique, partie saluer le petit Bongo), de transition énergétique, de graines, de bacs de plantations, de "petites initiatives cumulées", d' "échanges des expériences de voisinages", du "faire", c'est-à-dire du "fait-soi-même" (et de sensibilisation au symptôme, enfin non ! ... cela s'est juste une idée que j'ai eue en passant). 
Etant végétarien et non-violent, en arrivant, je ne suis guère convaincu par le tannage d'une peau de mouton même si cela se discute... et je n'en discuterai pas avec des personnes que je ne connais pas !
Il fait tellement chaud, qu'au bord du canal, je me sentirais presque en vacances, si cela avait un sens pour moi, avec une envie de ne rien faire pas trop longtemps . Je viens en curieux, un peu journaliste en week-end, pour le plaisir de bloguer ensuite, mais je ne suis sans doute pas le seul pour qui la limite entre activité de 'travail' et loisir est floue. Autour d'une table, une architecte présente un projet de jardin à Aubervilliers. Dans la conversation, il est question des producteurs, entrepreneur-se-s ou salarié-e-s et des bénévoles, qui ont parfois des difficultés à s'entendre sur des objectifs communs dans les jardins des villes. En remettant en cause les modes de vie, faut-il questionner aussi le salariat ? Sans doute... et pour que faire ensuite des idées des débats... Faut-il aussi questionner la perception du temps et la gestion présente des priorités dans toute perspective écologiste ?
Tout cela me rappelle le Festival des Résistances et des Alternatives de Paris, toute ma jeunesse !
Un peu plus tard, la guinguette se remplit, un groupe de cyclistes fluorescent-e-s vient d'arriver, et je file alors au bord du canal...

dimanche 30 août 2015

28 août 2015, Paris 19, Silhouette, c'est reparti !

Le festival Silhouette du 28 août au 5 septembre 2015 au Parc de la Butte du Chapeau Rouge, c'est reparti! D'abord avec le vendredi le groupe Baben Sissoko...
... puis les courts-métrages présentés par l'équipe du festival. Ce soir, j'ai aimé tous les films, les 7! J'ai préféré le premier, 'WHAT WE DID BEFORE WE DRANK COCOA TOGETHER' film tchèque d'Aramisova.
Le lendemain, 4 réalisatrices sont présentes Diana Munteanu (à gauche) auteure de 'DEUX RIVAGES', un conte métaphorique sur une migration, Céline Devaux (2e à gauche) auteure du 'REPAS DOMINICAL', un film qui parle d'homosexualité dans un contexte familiale très 'normal', sans doute mon film préféré parmi les 14 des deux premiers jours, Inès Loizillon (3e) auteure de 'KISS ME NOT', un très beau court tourné avec des ados, et Mélanie Tourneur (à moins que ce soit Eve Deroeck) (à droite) une des 2 auteures de 'LOOPER'.

dimanche 23 août 2015

23 août 2015, Penn ar bed, Gouel Lok Maze

Cette année à Lok Maze, les gens volent plus que de coûtume. Aux polochons,
...et au rugbi strobet aussi ! cela donne des photos très aériennes...

samedi 1 août 2015

1er août 2015, Paris : conférence sur Djibouti et les alternances en Afrique

Le porte-parole de la coalition de l'opposition djiboutienne Union pour le Salut National, Daher Ahmed Farah, en France depuis quelques semaines, était en conférence à la mairie du 2e arrondissement de Paris, le samedi 1er août, pour discuter avec la diaspora. Un autre intervenant, Me Zakaaria, a insisté sur le refus du 4e mandat présidentiel de Guelleh en 2016, dans un pays où la limitation du nombre de mandats a déjà été enlevée.
Le débat est aussi dans les couloirs. Pour 2016, une mascarade se prépare certainement, entre fichier électoral gonflé et bourrage d'urnes, et une urgence serait de parler du processus électoral, lui-même, s'il n'est pas possible d'empêcher le tyran de se présenter.
La communauté internationale et les ambassadeurs occidentaux écoutent mieux l'opposition depuis 2014, depuis, que celle-ci a réussi faire admettre officieusement l'honteuse inversion de résultat des législatives de février 2013, mais s'engagera-t-elle pour la démocratie dans ce pays où résident tant de bases militaires ? Dans un pays où la population est majoritairement de religion musulmane, pourquoi laisser un dictateur se confronter à la population et mettre un processus de démocratisation dans une voie sans issue ? La démocratisation de la Tunisie ne pourrait-elle pas servir de modèle ?
Les militaires français conservateurs et enfermés dans des habitudes accepteront-ils de ne plus collaborer avec un dictateur ancien style et à son clan affamé de l’argent des loyers des bases? Le ministre de l’Afrique Jean-Yves Le Drian, pour qui « la stabilité des pays hôtes est primordiale », et qui voit cette stabilité dans la "coopération en matière de défense avec le gouvernement djiboutien" issu d'élections aux résultats inversés, a-t-il vérifié s’il y a, comme au Tchad, de la corruption de fonctionnaires français en retour, qui pourrait être un frein à des évolutions politiques également positives pour la politique française ?
Comme au Gabon, et dans plusieurs autres pays, il serait également important que l'ONU, l'OIF, l'Ue et l'Ua, s'engagent dans un accompagnement technique et politique du processus électoral de bout en bout, pour éviter une fausse élection qui deviendrait ensuite une source de tensions grandissantes.
Régis Marzin, article écrit le 4.8.15

vendredi 31 juillet 2015

31 juillet 2015, Paris, Gabon : conférence du président du Front uni de l'opposition

Ce vendredi 31 juillet, à Paris, dans un hôtel proche de Montparnasse, une conférence du Président du front Uni de l’opposition, également Président de l’Union du Peuple Gabonais, Jean de Dieu Moukagni Iwangou, est brillamment organisée par Réagir, association de la diaspora Gabonaise à Paris, entre autres autour de Bruno Ondo, Gloria Mika, ou les journalistes actuellement exilés à Paris, Jonas Moulenda et Désiré Ename.
Jean de Dieu Moukagni Iwangou revient d’une semaine aux Etats-Unis, où une délégation de 8 personnes de l’opposition gabonaise a été invitée par le Département d’Etat. Le Front Uni rencontre maintenant régulièrement les diplomates américains et européens. L’ambassadeur des USA ne souhaitant « soutenir seulement un changement par les urnes », le président du Front uni, par ailleurs juriste, a imposé à l’ordre du jour des discussions à Washington l’« empeachment », la destitution bien connue outre-atlantique dont il avait été question pour le président Nixon. En l’occurrence, il s’agirait d’aller jusqu’au bout de l’affaire de l’Etat civil et de la situation administrative du président gabonais, accusé de faux et usage de faux lors de sa candidature à la présidentielle en 2009, dans la fourniture d’un acte de naissance. Jean de Dieu Moukagni Iwangou a lui-même saisi la Haute Cour de justice gabonaise en novembre 2014.
A Washington, l’organisation non gouvernementale, National Democratic Institute (NDI, Institut National Démocratique pour les Affaires Internationales), a été proposé pour une « supervision » de la présidentielle de 2016, six mois avant les élections, pour suivre la révision de la liste électorale avec biométrie, la campagne, et le processus électoral jusqu’à la publication des résultats. Le NDI intervient rarement en Afrique francophone, et dans les 20 ex-colonies françaises, n’est sans doute intervenu qu’à Madagascar en 2006 et à la présidentielle de fin 2013 aux côté de l’Union européenne et de l’Organisation internationale de la Francophonie. Cela pose donc d’autres questions sur la probabilité d’un accompagnement international mixte technique et politique de bout en bout du processus électoral.
Après 42 ans de pouvoir de la famille Bongo, évoquant l’avis de diplomates français insistant eux-aussi sur « un changement qui ne pourrait venir que des élections »,  Jean de Dieu Moukagni Iwangou indique que « le bulletin de vote ne permet pas d’aboutir », parce que de « bout en bout, le processus est sous contrôle », en particulier la révision des listes électorales qui seront mal faites par le ministre de l’intérieur, et le résultat qui sera validé par une Cour constitutionnelle dirigée par la mère d’Ali Bongo. Le plaidoyer d’une « nouvelle élite formée à la bonne gouvernance » continue pour tenter d’obtenir un processus électoral dans des « standards internationaux ». Quelques allusions à la possibilité d’une voie insurrectionnelle rappellent les accents du Congrès de l’opposition pour l’alternance à Paris du vendredi 5 décembre 2014, juste après la chute de Blaise Compaoré.
Jean de Dieu Moukagni Iwangou pose des conditions pour un « dialogue inclusif » voulu par l’Onu, la prise en compte de 2 questions préjudicielles. Le Front Uni demande, primo, que le dialogue soit arbitré par une « autorité de médiation » composée de l’ONU, l’Ue et l’Ua, secundo, que soit discuté la situation administrative du chef de l’Etat actuel, soit, selon le document ‘Agenda cadre’ distribué avec le dossier de presse, à l’aide d’une « clause attributive de compétence au bénéfice d’une juridiction internationale », soit à l’aide de « modes alternatifs de règlement des conflits, notamment la médiation, la conciliation, et l’arbitrage ».
Selon le président du Front, la destitution est un devoir et la résistance constitutionnelle un droit. Pendant le débat avec la salle, Jean de Dieu Moukagni Iwangou répond à une question sur l’éventualité d’un boycott, que le Front uni participera à toutes les élections, mais prévoit que « le régime sera destitué » et que la « destitution s’ouvrira sur une transition puis une réforme de la constitution, avec retour à une élection à deux tours, à une limitation du nombre de mandats, et une biométrie électoral » correcte. En réponse à la question du candidat unique du Front, il affirme que les 27 membres du Front peuvent proposer des candidats et que le Front souhaite une élection à 2 tours.
Sur la relation avec le gouvernement français, il revient sur l’épisode de l’acte de naissance des archives de Nantes, qui fait qu’Ali Bongo doit toujours montrer la preuve de sa nationalité.
Devant une diaspora gabonaise parisienne militante contre la dictature, si tout n’a sans doute pas pu être dit sur la stratégie de l’opposition, la conférence de presse organisée par Réagir a permis de bien éclaircir certains points. L’effet de la chute de Blaise Compaoré a maintenant presque disparu. La perspective d’une nouvelle élection organisée par un régime dictatorial très peu soutenu par la population se rapproche. Ali Bongo ne semble pas capable de faire autre chose que de préparer une nouvelle mascarade électorale. Cet enjeu de la fin de la dictature gabonaise, emblématique de la Françafrique, révèle aussi les hésitations de la communauté internationale à soutenir la qualité des processus électoraux en Afrique et à s’engager concrètement pour la démocratisation du continent.
Compte rendu rédigé le 4.8.15

samedi 25 juillet 2015

24 juillet 2015, Paris, Beauté Congo

Avec un ami, nous étions ce vendredi à l'exposition "Beauté Congo 1926-2015 Congo Kitoko" à la Fondation Cartier. En remontant dans le temps, pour suivre l'histoire de la peinture congolaise, je me suis senti rapidement très à l'aise. 
Une première partie est contemporaine: l'essentiel des œuvres sont dans un style très réaliste sur la forme et assez imaginatif sur le contenu, les symboles, et plein de fantaisie. Les messages sociaux et politiques sont assez nombreux, le plus souvent au travers d'évocations indirectes. A l'opposé, le parcours de découverte de l'art de Kinshasa surtout se termine par de l'art très naïf du début de XXe siècle. Il y a quelques photos et sculptures, de la musique à écouter. La curiosité est éveillée devant un ensemble très original. Au milieu, se découvrent quelques artistes abstraits, mais l'abstraction ne se retrouve pas dans la période récente. L'appel à une interprétation subjective complexe est bien moins présent qu'avec des peintres abstraits. C'est peut-être aussi cela qui donne une impression très agréable de simplicité et de légèreté, en plus des couleurs vives fréquentes et des images gaies. Cela laisse une impression globalement positive.
Connaissant la misère du pays et l'absence de bonne gouvernance, comment alors ne pas se souvenir de mon ami, paysan et militant congolais Victor Nzuzi, qui parcourait il y a quelques années les villages du bas-Congo avec des peintures faites par un de ses amis et qui représentaient des sujets politiques importants, comme la dette, le pillage des ressources naturelles, la présence des armées étrangères, ... pour les expliquer aux villageois. A-t-on fait un jour meilleur usage de la peinture ?
Comme photographe et blogueur, je ne veux pas me contenter de renvoyer à des reproductions, de révéler quelque chose de trop, et une vidéo sur le peintre Chéri Samba me donne l'occasion d'évoquer tout de même la peinture qui m'a le plus plus, celle d'un adulte téléphonant et écrivant sur un papier dans le ventre de sa mère. Félicitations à la Fondation Cartier !

lundi 20 juillet 2015

19 juillet 2015, Auber Jazz Day, Beltuner

Après minuit, sur la place de la mairie et de l'église, à la fin de la superbe et joyeuse journée de concerts Auber Jazz Day : Beltuner, avec Johann Riche à l'accordéon, sublime et endiablé. Pour la première fois je vois la foule dansante et heureuse, ici ! Merci !

mercredi 15 juillet 2015

14 juillet 2015, Paris 18e, Bal des migrants en lutte

Halle Pajol, rue Pajol, 18e, 14 juillet 2015, 21h30. Campement des migrants expulsés du boulevard de La Chapelle le 2 juin 2015. 
Il était annoncé un bal et une conférence de presse, mais je n'ai pas vu de conférence de presse. Dommage! car des explications sont régulièrement nécessaires pour comprendre l'évolution de la situation. Est-ce que ce campement très précaire risque de durer tout l'été ? Est-ce qu'il y a des menaces de nettoyage de la place ? Comment évolue la situation au niveau logement ? Comment évolue les demandes d'asile ? Quelles sont les spécificités des traitements administratifs liées aux nationalités d'origine? Est-ce que les campeurs restent surtout ou uniquement érythréens ? avec quelques soudanais ?
Comme journaliste spécialisé en politique africaine, je suis intéressé par l'ensemble du parcours des migrants, en tenant compte des causes des départs, donc des situations nationales générant les migrations. Pour l'Erythrée, la pire dictature en Afrique, difficile de savoir ce que les politiques pourraient faire, car la situation est bien bloquée. Au minimum, dans ces conditions, le gouvernement français pourrait afficher une solidarité avec les migrants. Soutenir des opposants comme le propose le journaliste-blogueur Léonard Vincent serait aussi nécessaire.
Ce qui est simplement visible ce sont quelques dizaines de matelas, 40 ou 50, et la mobilisation de soutiens du quartier ou d'ailleurs. Plusieurs groupes de musiques se sont déplacés. Le bal finit avec de la musique choisie par les campeurs. Certains dansent et vivent ce soir-là un moment de bonheur au milieu de la galère. Alors, je ne me sens pas de faire des photos simplement et j'improvise en vitesse quelques clichés avant de partir.

jeudi 9 juillet 2015

9 juillet (28 juin) 2015, Aubervilliers, ouverture sauvage des bouches à incendie

Dans l'après-midi du 28 juin, je suis passé près d'un jet d'eau sauvage Avenue de la République à Aubervilliers. Comme il y avait foule, dont des adultes autour d'enfants se baignant, j'ai eu peur de prendre des photos de trop près et je suis parti très vite. Puis, je n'en ai pas fait un article de blog ne sachant pas vraiment que conclure sur l'incivilité, le gaspillage, l'absence d'esprit écologique et la gravité de ces faits. J'ai aussi remarqué que les jets d'eau du parc de Stalingrad, où jouent d'habitude les enfants, étaient fermés, ce jour-là et cette semaine là.
Aujourd'hui, trouvant dans ma boite aux lettres, un message du maire Pascal Beaudet "Déclaration du maire suite aux ouvertures sauvages des bouches à incendie", il me semble utile de publier une photo, qui donne une idée du problème! La mairie a porté plainte fort justement.

lundi 29 juin 2015

28 juin 2015, Plaine Saint-Denis, le Bal étoilé

Je ne sais pourquoi, je me suis mis en tête de faire des superpositions à la prise de vue de manière systématique pendant ce concert de fin de saison de la Belle Etoile. Sans doute est-ce à cause de la fête de la musique où j'avais commencé, avec Sans Plomb 95. Au théâtre de la Compagnie Jolie Môme, les éclairages et la disposition de la scène n'étaient pas simples, cela m'a poussé à trouver une manière de compenser l'angle de prise de vue et les couleurs dominantes des projecteurs. La beauté de la scène en bois dans une superbe salle m'a aussi inspiré. Il s'agissait aussi de mettre en cause la photo 'portrait' en souvenir ou utile. Pendant le concert, je me suis soudain souvenu de la fin de mon inspiration en 2005 quand j'avais presque abandonné la technique au moment du passage au numérique. Bref ! Après un tri de beaucoup de photos ratées, voilà le résultat de l'expérience pendant un très beau concert :
Marjolaine
 Tango Léon
La Vache.
Les photos n'expriment pas vraiment la musique, un peu, mais pas trop. Ce n'est pas vraiment expressionniste. Il manque certains musiciens et le public, que je ne voulais surtout pas déranger.

dimanche 28 juin 2015

27 juin 2015, Aubervilliers, projection-débat sur l'Afrique du Sud

Qui connaît l'histoire de l'ANC avant Mandela ? L'universitaire et documentariste américano-malien Cherif Keita explique que Mandela lui-même connaissait mal l'histoire de la création de son organisation. Cherif Keita est venu à Aubervilliers, dans le théâtre des Frères Poussières, présenter son dernier film sur Nokutela Mdima Dube, 'Remenbering Nokutela'. Le film forme avec deux précédents, un documentaire sur le premier président de l'ANC en 1912, John Dube, et un autre sur le rôle de missionnaires américains, une trilogie. 
Nokutela Mdima Dube était la première femme de John Dube et a participé avec lui à la création d'une école professionnelle pour femme. Elle était enseignante et chanteuse de chorale. Le documentariste a employé une méthode originale pour un documentaire: après avoir fait des recherches, il s'est filmé discutant des recherche avec la famille, créant lui-même une nouvelle histoire, aboutissant à un hommage émouvant. 
Au-delà de son sujet de départ, le thème est sans doute aussi celui de la réappropriation d'une mémoire populaire entre personnages historiques, difficulté sociale et répression intellectuelle. A la domination de l'apartheid est venu s'ajouter l'exclusion sociale et une certaine domination sexiste patriarcale, sans doute secondaire mais néanmoins présente. Nokutela Mdima Dube aura été effacée des livres scolaires même dans les écoles pour filles noires, parce qu'elle était femme d'un leader, sans enfant, et elle-même victime de l'apartheid social, politique, et intellectuel. Cela m'évoque des censures sur le passé qui existent ailleurs en Afrique en raison des dictatures, en particulier au Cameroun.
Pendant le débat, auquel participe aussi Lazare Ki-Zerbo, le documentariste rappelle le rôle de quelques missionnaires américains protestants dans le début de la lutte de libération. Ces missionnaires ont parié sur l'éducation d'une élite noire et les ont aider à aller faire des études aux USA. Entre autres, c'est ainsi que John Dube a pu partir étudier aux USA, et que sa femme l'a suivi au USA pour récolter des fonds pour créer une école.
En discutant avant le film avec Cherif Keita, sur les liens entre Afrique du Sud et USA, je remarque qu'il y a une manière américaine de combattre le racisme avec l'idée de "races" existantes (en anglais et en français, deux mots avec deux signifiés différents), et un manière plus répandue en France de le combattre en soulignant l'inexistence de race. Je souligne que la conception américaine introduit un cercle-vicieux qui grandit dans le temps, et reflète cependant une réalité de perception des populations, en partie inconsciente. N'étant pas très au fait de la situation en Afrique du sud, je pensais surtout à cela en raison des débats délicats qui fleurissent en ce moment sur les manières de mener la lutte contre le racisme.

27 juin 2015, Aubervilliers et Plaine-St-Denis : Feria de la Plaine

Qu'est-ce que la Feria de la Plaine ? Le quartier à la limite entre Aubervilliers et la Plaine Saint-Denis est en pleine révolution urbanistique. Les logements neufs remplacent progressivement les entrepôts, maisons et bâtiments en mauvais état. Au milieu de ce décor, trois fêtes sont ensemble pour faire une seule grande fête: la kermesse de l'école primaire Maria Casares, ce magnifique et un peu bizarre bâtiment neuf, la fête de la Maison de l'Espagne, et la fête du quartier Landy-Plaine, Marcreus, Pressensé, côté Aubervilliers. 
Il y a 3 scènes pour les spectacles, plein de jeux pour les enfants, beaucoup de stands, où les enfants peuvent peindre ou faire des T-shirts. Je remarque un petit terrain couvert de gravillon, avec une petite scène en bois, qui sert à de l'animation, à quelques dates dans l'année. Des femmes et des filles sont en costume de flamenco. La fête a les couleurs de l'Espagne et de l'Afrique. Une association tente de rénover un grand hangar, 'El hogar de los espanoles', en face de la Maison de l'Espagne, dans la même cour, au 10 rue Christine Garcia. Le lieu contient un superbe théâtre bien patiné.
En fin d'après-midi, je découvre le groupe Bobo Foly, du percussionniste Boubacar Dembélé jouant aussi avec Amadou et Mariam et habitant le quartier. Le groupe joue un style de musique originaire du Mali, du Burkina Faso et de la Côte d'Ivoire, avec 2 bafafons (diatonique) et 3 autres percussions, un style très subtil marqué par la personnalité des balafons.

lundi 22 juin 2015

21 juin 2015, Paris, Fête de la musique

Impression fête de la musique, Paris, Max Dormoy, Shakirail. Groupe Sans Plomb 95. Je suis vraiment content de découvrir ce groupe, et ensuite, vient Joujou et là je ne peux pas prendre de photos parce que ça va trop vite et que l'image ne pourra pas suivre, ne pourra pas exprimer l'impression...

samedi 20 juin 2015

20 juin 2015, Aubervilliers, sitar et tabla

Latif Khan au tabla et Denis Teste à la sitar, invités par le Théâtre de la Commune, pour un concert hippie 'peace and love'.

dimanche 7 juin 2015

7 avril 2015, Aubervilliers, Palestine ! concert Osloob et Naïsam

Festival Ciné-Palestine au Grand Bouillon Aubervilliers : lecture de poèmes par Olivia Elias et une autre artiste, slam, puis concert de la flûtiste Naïsam Jalal et du 'beatmaker' palestinien Osloob. Ce fût un très bon concert et un plaisir comme photographe.

jeudi 4 juin 2015

2 juin 2015, Aubervilliers, Théâtre de la Commune 2015 2016

La pièce d'actualité "81 avenue Victor Hugo" avec les sans papiers sans logement ayant attiré mon attention sur le théâtre de la Commune, je me suis rendu à la présentation de la saison 2015-2016. Marie-José Malis et Frédéric Sacard étaient sur scène avec leur art de la représentation pour rendre passionnantes des informations que l'on aurait pu se contenter de lire sur le programme papier. 
Il s'agissait aussi pour Marie-José Malis de parler à son public après une première année comme directrice, à partir de quelques doutes et surtout de ses convictions artistiques et parfois politiques. Refus du "Paternalisme à parler des choses sans y croire", "hospitalité à l'impossible", "pouvoir de transformation de la société", "contre le théâtre de la déploration", "géants de la montagne et massacre des comédiens"... je n'ai pas tout compris. 
Plus que le discours, la présence des sans-papiers sans logement est venu donner corps au message. La délégation est venu annoncer que la préfecture avait accepté la régularisation de l'ensemble du collectif du 81 avenue Victor Hugo, suite à la pièce de Théâtre. Moins chanceux, le jour-même, porte de la Chappelle d'autres sans-papiers, dont une partie d'érythréens, étaient évacué de leur campement. La pièce de théâtre sera joué au festival d'Avignon au début d'une tournée inattendue.
Des lycéen-e-s et avec leurs professeurs sont également venu-e-s témoigner de leur plaisir à participer  à des activités, à "parler pour agir", avant que ne soit listé l'ensemble des spectacles, tous géniaux, prévues pendant la saison prochaine: 9 spectacles produits ou coproduits, 23 spectacles contre 15 l'année précédente, en 183 représentations. 
Le plus étonnant sera sans doute dans les Pièces d'actualités: un spectacle sur le thème de l'Europe joué dans les appartements des volontaires, ou Hamlet dans le kébab de l'avenue de la République avec retransmission en direct dans un MK2 parisien. Trois œuvres seront plus sociales et politiques et évoqueront la mondialisation économique, "la classe ouvrière invisibilisée" qui fabrique les produits industriels au Bangladesh ou ailleurs, ou le G8 de Gennes en 2001. Une autre accueillera un TOhu BOhu d'acteurs professionnels en situation de handicap. 
Le lieu accueillera aussi les séminaires philosophiques d'Alain Badiou et des débats organisés en partenariat avec Médiapart. 
Pour finir, Jack Ralite est venu présenté un projet de 50e anniversaire du théâtre, dans un discours brillant, applaudi par toute la salle, à en oublier "la tendance actuelle à s'opposer aux autres et à se désespérer".

jeudi 28 mai 2015

28 mai 2015, une bande dessinée à lire: la machine à influencer

Je viens de lire cette excellente bande dessinée traduite de l'américain "La machine à influencer, une histoire des médias", de Brooke Gladstone, assistée du dessinateur Josh Neufeld, sortie en 2014. Elle raconte l'histoire des media depuis les Acta diurna de Jules César. L'auteur par un grand nombre d'exemple explique l'importance des media dans l'histoire. A lire !
Il y a un chapitre que je trouve particulièrement juste et intéressant, c'est celui sur les biais des journalistes. Brooke Gladstone a répertorié :
- le biais commercial, assez évident, l'information qui se vend bien, 
- le biais catastrophiste, la concentration des regards sur les grands drames, 
- le biais immobiliste, la préférence inconsciente pour le maintien du statu-quo,
- le biais de l'accès aux sources, parce que les portes sont souvent fermées,
- le biais visuel, l'obsession des images, et l'effacement des faits sans images,
- le biais narratif, dans la volonté de décrire des histoires avec des débuts et des fins,
- le biais d'impartialité, mais souvent l'apparence de la neutralité est totalement fausse, comme par exemple quand un journaliste parle d'une actualité dans une dictature sans faire la différence avec une démocratie, comme souvent à propos des élections "mascarade".
Elle insiste sur les guerres pendant lesquels les biais s'accumulent. Depuis, j'ai trouvé cinq autres biais:
- le biais nationaliste, entre autres, dans le filtrage de l'actualité internationale en fonction des thèmes prioritaires au niveau national, d'une manière récurrente, qui fait, par exemple, exagérer l'importance des acteurs de son pays,
- le biais du négatif permanent, le fait que le traitement plus fort de l'actualité négative empêche la prise en compte par les journalistes des actualités positives, en particulier, les progrès dans l'organisation internationale dans la prévention (est-ce que les media parlent assez des efforts internationaux contre les famines, contre les guerres? Il y a eu beaucoup de progrès depuis 15 ou 20 ans sans que cela ne se voit assez).
- le biais de l'accumulation des faits et des détails, quand la multiplication des détails cache l'absence d'analyse, 
- le biais littéraire, le fait de ne traiter les informations dans un style d'écriture agréable au lecteur en éliminant les données chiffrées, les calculs, les tableaux, les classifications et les listes, pour arriver à des textes littéraires, agréables à lire mais qui ne permettent pas la meilleure compréhension,
- le biais de la corruption, quand des journalistes reçoivent de l'argent pour mentir, par exemple pour dire du bien de dictatures, ou intervenir dans un processus historique à un moment clé avec un mensonge stratégique.
A compléter...

jeudi 21 mai 2015

17 mai 2015, St-Denis, Fête de l'insurrection gitane

J'avais un très bon souvenir de la Fête de l'insurrection gitane de 2014, et j'y retourne malgré quelques doutes préalables en lisant le programme des débats. L'an passé, le sociologue Eric Fassin avait présenté son livre "Roms et riverains.Une politique municipale de la race", qui m'avait fait réagir sur les risques de l'utilisation performative du terme "race", en français utilisé comme en anglais. Ce dimanche, j'arrive à l'heure des débats, et je n'ai pas la chance de voir des groupes de musiques qui me détende. 
Le premier débat est sur le féminisme, et je n'ai pas pris de notes. Ce débat m'a déçu, limite agacé. J'entends le terme 'race', en français, qui revient plusieurs fois avec la certitude de leurs existences. Une universitaire américaine parle de la "communauté noire" là-aussi avec une vision américaine historique et culturelle, qui m'évoque une perception divisée et figée dans ses divisions de la société qui pourrait être en lien avec une perception rêvée ou mythologique, d'une unité africaine originelle qui mélangerait des fantasmes sur la couleur de la peau et sur une identité culturelle en Afrique. Peut-être ?. Dans tous les cas, l'Afrique que je connais est culturellement riche, diverse, autant que peut-être l'Europe, et les migrant-e-s gardent leur diversité; ce n'est pas le regard déformant et simplificateur qui est souvent posé sur eux et elles qui détermine leur 'identité'. Cela me rappelle aussi la difficulté de certain-e-s à comprendre la diversité culturelle en Europe. Une intervenante se présente comme victime sociétale stigmatisée comme "non-blanche, arabe, femme, musulmane". Quelle victimisation secondaire ?
Le seconde débat 'colonialisme et génocide' est plus intéressant mais ne correspond pas vraiment au titre. Richard Wagman intervient en premier pour l'Union juive française pour la paix (UJFP).  Saïd Bouamana définit un "culturalisme" comme un "mode de hiérarchisation qui a remplacé le racisme devenu inacceptable". Pour lui, "l'Etat racialise la société", et "racialisation et culturalisme visent noirs, arabes et musulmans", "nous" dit-il. Eric Fassin a peut-être un peu changé d'éléments de langage: il parle de politique de racialisation, et pas de politique de la race comme dans le titre de son livre en 2014. Lui aussi utilise le terme de 'culturalisme'.
Dans un texte de Saïd Bouamama, Jessy Cormont, Yvon Fotia extrait du "Dictionnaires des dominations" il y a une explication: "Le culturalisme contemporain tend donc à se transformer en idéologie de la domination : la vision culturaliste contemporaine tend à produire l’autre en le réduisant à une différence non pas biologique mais culturelle [1 : Ce qui n’exclut pas une biologisation de la culture, par l’essentialisation qui accompagne souvent cette projection.] Ce qui n’exclut pas une biologisation de la culture, par l’essentialisation (...)"; La culture est un facteur explicatif majeur (éventuellement masqué), mais elle est aussi une forme euphémisée de la biologie, parce qu’elle est figée, voire naturalisée. Et puisque la culture est un facteur figé, elle n’est pas susceptible de modifications, d’influences, de formes composites, de formes nouvelles et émergentes, et les formes culturelles sont renvoyées à leur origine culturelle – ce qui exclut toute invention culturelle qui fait du neuf avec du vieux, voire même éventuellement du neuf avec du neuf."
L'historienne Sarah Carboma parle de "production de savoir racisé" de "savoir occidentalo-centré", de "rromophobie" ou de "tziganophobie". Son intervention est presque incompréhensible tellement elle enchaîne les termes universitaires abstraits, elle ne semble pas se rendre compte du cadre du débat. Elle se reprend ensuite dans le débat pour expliquer le passage au XVe siècle d'une "alterité" et d'une "adnormativité"(?) à une "extériorité". Elle l'explique encore mieux dans le texte 'Identité versus épistémologie romani. Entre essentialisme et universalisme' : "La modernité a abolit un groupe de distances, considéré comme révocables, mais en fait bien utile car indirectement protecteur. A l’époque médiévale, l’ « Autre » n’empêchait pas l’intégration. Il est donc aisé de comprendre pourquoi apparaît la question de l’identité. D’abord comme la réaction à une dissolution du tissu social, la disparition des points de référence traditionnels, l’émergence du concept de normativité garante de la centralité de l’État et de l’organisation politique ainsi que l’apparition du concept occidental et moderne d’individualité. La cristallisation des identités romani en Europe s’opère justement à ce moment précis. Juste à l’interstice de ce que Michel Foucault appela la première « césure épistémologique » opérée en Occident et qui caractérise le passage de l’époque médiévale à l’époque moderne." Elle dit à St-Denis qu'au XVe siècle on est pas de l'âge de l'interprétation (herméneutique) à l'âge de raison à l'époque sont arrivés en Europe, et s'est créé "un rapport en miroir négatif".
Enfin, après avoir pris comme exemple la loi contre le foulard pour parler des discrimination systémique, Saïd Bouamama parle à la fin du débat de "blanchité" : "l'enfant est intégré dans la blanchité" et il y a "transmission du stigmate xénophobe". 
Pour conclure et ne rien conclure... et pour ceux et celles qui ont tenu jusqu'à là - des articles comme celui-ci j'en écrirai pas tous les jours - ce soir, j'étais dans une librairie et j'ai ouvert un livre et j'ai lu cette phrase d'un jeune sociologue qui a été avec des étudiant-e-s de St-Denis observer les bourgeois dans le VIIIe à Paris : "Les races existent, sociologiquement et pas biologiquement, parce que le racisme fait qu'elles existent." Est-ce que cela a un rapport ? Peut-être bien... Ainsi, des "races" "existeraient" pour le sociologue, mais est-ce que ce n'est pas le sociologue qui existe parce qu'il manipule des concepts qui confortent la perception d'une division des populations sur laquelle se fonde son travail et sa propre existence de chercheur ? Je suis sans doute incapable de conclure quoique ce soit à part des doutes sur un certain nombre de concept. Je me demande s'il n'y a pas parfois des cercles vicieux. Et dire que j'étais parti à la Fête de l'insurrection gitane pour écouter de la musique et surtout ne pas réfléchir. 

samedi 16 mai 2015

16 mai 2015, Aubervilliers, le 81 avenue Victor Hugo

Samedi 16 mai, Aubervilliers, Théâtre de la Commune.Débat après la pièce "81 avenue Victor Hugo" avec les 8 acteurs, le metteur en scène, Olivier Coulon-Jablonka, les 2 co-écrivains de la pièce, Barbara Métais-Chastanier et Camille Plagnet, et Stefan Le Courant, anthropologue chercheur sur les sans-papiers. 
81 avenue Victor Hugo est une adresse connue à Aubervilliers, celle de Pole Emploi, celle d'un site fermé par l'administration il y a plus d'un an. Alors qu'ils et elles s'étaient fait-e-s expulser de précédents squats de logement, des sans-papiers s'étaient retrouvé-e-s à la rue au printemps 2014. Un jour, ils et elles ont trouvé l'ancien local de Pole Emploi ouvert. Ils et elles sont depuis 72 à y habiter. Le tribunal vient de décider qu'ils et elles pouvaient y rester un an de plus.
La pièce rapporte les témoignages réels des voyages puis d'une partie des difficultés des sans-papiers. Un seul acteur évoque la Françafrique et les raisons politiques exogènes et raisons économiques des migrations. Le tract parle de migrants de Côte d'Ivoire, et il y aurait tant à dire sur la politique française catastrophique dans ce pays dans les années 2000.
Le débat permet ensuite de parler des sans-papiers en général, du groupe présent et de la pièce. Stefan Le Courant insiste sur les arrestations régulières jusqu'à 100 000 pour 6 000 expulsions, sur les effets de la vie sans papiers : la perte de repères, l'incompréhension de la logique de l'Etat, le doute de tout même avec les proches, l’hyper-vigilance et le stress, l'omniprésence de l'argent pour trouver des solutions. Il évoque aussi le travail dans la restauration, la sécurité, le bâtiment, domaine où le travail n'est pas délocalisable.
La troupe de théâtre a rencontré en octobre novembre 2014 des habitants du 81 avenue Victor Hugo. Quelques-uns se sont portés volontaires pour être comme des porte-paroles du groupe au travers du théâtre, pour continuer la lutte collective, pour les papiers et le logement. Il n'y a pas eu de femmes parce qu'à l'automne, elles étaient peu nombreuses dans le lieu et parce qu'elles avaient plus de difficultés à se rendre disponibles. La pratique du théâtre a donné confiance aux acteurs, mais les autres dans le squat restent avec leur peur.
La question de la mise en scène du parcours de migration pose question aussi. Est-ce des "aventures" vers des "destins" ? qui sortent des spectateur-trice-s d'une routine ? Il y a aussi des éléments vécus pas facilement transposables en langage théâtral.
Le théâtre de la Commune, pourtant Scène nationale, a pu accueillir cette pièce grâce aux Pièces d'actualité, un espace plus libre de programmation, parce que, sinon, les programmations sont faites sur un an, et qu'il faut donc en général 2 ans entre le démarrage d'un travail et le passage sur scène.
Alors que je sais que le ministre de l'intérieur est parti au Niger pour parler des migrations et que l'Union européenne décide d'une force navale au large de la Libye (EUNAVFOR Med confirmée le 18 mai), je ne préfère pas intervenir sur la relation entre politique intérieure et politique étrangère française, parce que les témoignages des migrants sont personnels et peu liés à des questions de politiques générales et que dans le public, il y a quelques personnes avec des positions caricaturales dénonçant le "grand capital" responsable de tous les maux de la terre!
En sortant, parlant avec une amie, je me demande si le théâtre peut aider à sortir de la théâtralisation des rapports humains, au-delà du spectacle qui renvoie plutôt chacun à son individualité, en particulier dans une ville qui souffre d'absence de lieux de dialogue et de rencontre, comme un media peut paradoxalement permettre de rapprocher.

16 mai 2015, Aubervilliers, Johann Riche

Ali et Johann Riche de Belthuner au Grand Bouillon le samedi 16 mai 2015. Il manque un peu de public, quel dommage, parce que c'est tellement beau!

dimanche 3 mai 2015

3 mai 2015, Paris, journée mondiale de la Liberté de la Presse

J'ai besoin de sortir de chez moi, de lever la tête du guidon... j'arrive avec un ami blogueur au concert de Reporters Sans Frontières pour écouter un peu de musique et discuter. Je ne connais pas les noms des groupes. Nous nous retrouvons assez vite au village de la presse à faire le point sur la liberté de la presse au Togo, au Tchad ou ailleurs, avec les responsables de RSF et quelques journalistes.
Quand débute un nouveau concert, je remarque une silhouette que je connais bien, un style de tenue de guitare que j'ai déjà apprécié: bon sans mais c'est bien sûr! Je prends en photo les mains de Peter à la gratte, dans Hollysiz, vu par le caméraman de BFM. Excellent groupe! Excellent concert ! 
Et voilà que pour finir la journée, nous nous retrouvons assis à une table avec le fils d'Aimé Césaire, dans une discussion très sympathique! Etonnant!
Quand je reviens chez moi, bien fatigué, le téléphone sonne aussitôt: au Togo, les sites internet d'opposition ont été coupés au moment de l'annonce des résultats frauduleux de l'élection présidentielle ! Il faut d'urgence contacter RSF. C'est incroyable! le dictateur togolais a osé s'attaqué à l'internet libre dans son pays, le jour même où se fêtait dans le monde entier la Liberté de la Presse! Lui aussi est un humoriste confirmé! La pause musicale fût de courte durée.

vendredi 17 avril 2015

16 avril 2015, Aubervilliers, dette et extractivisme

Décidément, çà bouillonne d’idées ! Après l’excellent rendez-vous avec Y’en a marre la semaine dernière, voici que le Grand Bouillon propose une rencontre avec Nicolas Sersiron, président du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) - France et auteur du livre « Dette et extractivisme », un livre sorti il y a 5 mois.
Avant la discussion, le film « Kel dette ? » de Michel Crozas, sur les rappeurs du Sénégal et la dette, est un peu daté et simple, bien que très sympathique et intéressant sur la musique. Entre 2005 et 2012, des associations ont beaucoup demandé l’aide des musiciens pour faire passer des messages à un plus large public, et c’était le cas du CADTM à l’époque du Forum Social Mondial de Dakar en 2011. Cela a assez bien fonctionné à l’époque. Ce qui est intéressant, c’est de retrouver dans le film le rappeur Fou malade qui était là dans le café une semaine plus tôt.
Du coup, entrainé par Nicolas Sersiron, le débat prend tout de suite un peu de hauteur et de profondeur historique. Il nous explique d’abord ce qu’est l’extractivisme, un « pillage des ressources humaines, naturelles et financières », dont la source remontre 400 ans en arrière, dans une première expansion du commerce européen à l’époque de la conquête de l’Amérique. Il retrace rapidement son parcours, passant par les massacres d’indiens, « génocide » sur certaines îles comme Haïti, l’esclavage, l’indépendance des USA, restants liés à l’Europe, puis un XIXe siècle la conquête de tous les continents, l’avènement de la société de consommation, jusqu’à l’utilisation maximale de la dette odieuse illégitime à partir de 1945 et surtout 1960.
Selon lui, La dette a remplacé les armées coloniales. Entre 1945 et 1960, la Banque Mondiale a commencé a prêté à des pays pas encore indépendants, qui sont devenu indépendants directement endettés. Quelque dizaines d’années de néocolonialisme plus tard, les dettes des pays du sud on servi à imposer, le libre échange, défavorable au pays pauvres, sous la pression des Plans d’ajustement structurel, qui ont fait baisser les budgets de l’éducation et de la santé. Les remboursements en devise ont aussi obligé l’installation de l’exportation des ressources naturelles et l’installation de l’agriculture d’exportation, alors que des pays comme la France écoulaient après 1945 des surplus agricoles. Aujourd’hui un pays comme la Tunisie, qui a chassé son dictateur est encore face à une dette odieuse qui l’oblige à des contorsions.
Le point de vue est vraiment synthétique et les quelques débatteur-se-s autour de la table ont plein de questions, par exemple sur la dette publique en France, en Grèce, les dettes des villes et des individu-e-s. Entre 2007 et 2012, la dette publique française est passé de 1200 à 1800 milliards, les banques ont été sauvées mais les Paradis fiscaux et judiciaires aussi, et le monde compte « 300 milliardaires de plus par an ». Aubervilliers avec les tontines chinoises ou le refus d’emprunter aux banques pour cause de religion musulmane,  est aussi évoqué.
J’avais remarqué avec le film « La fin de lapauvreté », de Philippe Diaz, beaucoup projeté par le CADTM, que ce n’était pas évident d’encaisser le choc d’une analyse sur plusieurs siècles, sans doute parce que l’idée que le monde n’a pas pris la bonne direction depuis longtemps nous plonge dans des abimes de questionnement sur ce qu’il faudrait faire.
Le débat se termine sur l’agriculture et l’alimentation. Nicolas Sersiron dénonce le fléau de l’agriculture productiviste, qui est un « non-sens » et provoque un « maximum de morts », en raison de la destruction de l’agriculture paysanne dans les pays pauvres, l’effet de serre, la faim et la malnutrition, la mal-bouffe et les maladies qui en découlent. Les paysan-ne-s sont entrainé-e-s par l’utilisation d’engrais dans le modèle productiviste (je remarque que certain-e-s démarrent leur profession en s’endettant) puis, tout en devenant patron-ne d’une ferme, sont comme salariés d’une entreprise, d’une grande chaîne, dans laquelle ils ou elles ne sont que des maillons, « extracté-extracteur ».
Je propose quelques nuances sur le néocolonialisme : un modèle initial de 1960 dans les ex-colonies françaises a divergé surtout à partir des années 2000. Des responsabilités se sont partagées, et les efforts et les luttes des africains pour sortir du piège de la dette ou du néocolonialisme ont parfois portés des fruits. Cela conduit à parler aussi des « classes moyennes » en Afrique, et dans les pays riches...
La chaleur de cette fin de journée de printemps, digne du réchauffement climatique, nous aide à nous rassurer avant de partir. La discussion a du mal à s’arrêter, et nous finissons sur l’éloge du régime végétarien !

mercredi 8 avril 2015

8 avril 2015, Aubervilliers, Y'en a marre !

Ce mercredi, au Grand bouillon à Aubervilliers, dans le cadre du festival Banlieues Bleues 2015, le rappeur Fou Malade, qui était il y a quelques semaines retenu prisonnier par Joseph Kabila au Congo Kinshasa, est venu présenter le mouvement sénégalais Y'en a marre. Il est accompagné de la réalisatrice du documentaire "Quitte le pouvoir", Aida Grovestins.
Le documentaire projeté avant la discussion raconte le rôle de Y'en a marre pendant la crise électorale sénégalaise en 2012. A l'époque, le conflit dans une démocratie à peu près correcte en Afrique avait surpris tout le monde. Je n'avais fait attention qu'à la volonté de Wade de baisser de 50 à 25% le pourcentage de vote pour être élu. Si cela n'était pas là une attaque de la démocratie ! Je n'avais pas cru que cela puisse se réaliser, c'était trop énorme et cela n'existait nul par ailleurs. J'avais alors pensé que cela reflétait surtout la volonté de Wade de fixer un rapport de force favorable dans les affaires de corruption concernant son clan après une probable défaite.  
En regardant le film, je comprends que Wade avait en réalité réussi à imposer sa participation au vote pour un 3e mandat, en argumentant hypocritement que la limite était apparue après sa première élection en 2000. Ainsi, s'il n'avait pas réussi à imposer les 25% il avait tout de même réussi à bafouer la constitution sur la limitation du nombre de mandats présidentiels, précédents en cela, Blaise Compaoré, Joseph Kabila, Sassou Nguesso ou Pierre Nkurunziza.
Je remarque grâce au film que les sénégalais-es parlaient déjà de "coup d'Etat constitutionnel". Wade a réussi ce coup d'Etat constitutionnel en focalisant l'attention internationale sur l'histoire des 25%. Par la suite, obtenant 34% au premier tour, il n'avait pas dépassé ces 34% au second tour. Il n'y a pas de mot pour dire le contraire de démocratisation, cela pourrait être un néologisme comme "ditctatorisation". Au moins 34% des électeur-trices sénégalais-es acceptaient la "ditctatorisation". L'expression "coup d'Etat constitutionnel" est maintenant au centre de la communication de la campagne Tournons la page. 
Dans le film, on voit aussi Y'en a marre qui appelle à ne pas voter Wade. Un ami spectateur demande à Fou malade si, alors, Y'en a marre soutenait Macky Sall qui doit certainement avoir lui-même des défauts. Je confirme ici : le grand démocrate Macky Sall a, par exemple, expulsé le blogueur tchadien Makaila Nguebla sous pression du dictateur sanguinaire, grand ami de Jean-Yves Le Drian, Idriss Déby. Sale histoire ! Je prends la parole pour préciser que c'est la constitution sans laquelle il n'y a pas de démocratie que défendaient les activistes sénégalais, et non un politicien en particulier.
Fou malade raconte aussi le soutien apporté par Y'en a marre et Balai citoyen à Filimbi (coup de sifflet), mi-mars à Kinshasa, et explique les filimbistes sont encore emprisonnés. Entre autres, Fred Bauma de la Lucha et Filimbi, Sylvain Saluseke de Filimbi, l'informaticien Yves Makwambala, et depuis le 7 avril Francis Omekongo, le concepteur du logo de Filimbi, sont emprisonnés sans que leur avocat puisse les voir. Depuis des mois, Joseph Kabila est face à une contestation de sa dictature qui met en évidence la vrai nature de son régime. Dans les dictatures fortes comme dans les démocraties africaines fragilisées, la population est les jeunes en particulier s'organisent ou essayent de le faire malgré la répression, et Y'en a marre est disponible pour venir discuter sans "donner des leçons" et pour "apprendre" des autres. Fou malade conclut qu' "une nouvelle génération" veut "bouger pour une transformation globale de l'Afrique".
Article écrit et publié le 12 avril 2015.

lundi 6 avril 2015

6 avril 2015, Paris, les malheurs du Gabon

Ce lundi 6 avril, je suis allé à la conférence "La Françafrique au Gabon, conséquences sociales et économiques d'un pillage érigé en système" alors que je suis vraiment trop fatigué pour suivre correctement. La soirée est organisée par Thomas de Survie dans le cadre d'une tournée en France du syndicaliste Marcel Libama de la « Dynamique Unitaire ».  Les autres intervenants sont les journalistes fuyant la répression Désiré Ename et Jonas Moulenda et le célèbre Marc Ona, de passage à Paris pour Tournons la Page. Il est question des luttes syndicales, des crimes rituels, de la corruption, de l'argent du pétrole, des français au Gabon, de la biométrie de la société française Gemalto en 2013 payée très cher pour très peu de résultats, et de la multitude d'affaires qui affaiblissent correctement "le petit" Ali Bongo en ce moment... à suivre jusqu'à la présidentielle en 2016... Le "petit" pourrait perdre pour de bon si ça continue...
Petit article publié le 13.4.15

jeudi 2 avril 2015

2 avril 2015, Saint-Denis, à propos des Biens mal acquis

A peine 15 jours après la fin de mon exposition photo à Folies d'encre à Saint-Denis, je retrouve la librairie pour une rencontre avec Julien Sole et Xavier Harel sur les "Les bien Mal acquis" autour de la revue dessinée numéro 7 dans le cadre du Festival Hors limite. C'est une nouvelle fois une ambiance très sympathique pour un débat qui devient vite passionnant. La libraire qui a connu François-Xavier Verschave s'intéresse à la Françafrique depuis longtemps.
Le journaliste Xavier Harel est connu pour ses livres, "Afrique pillage à huis clos", en 2006, sur le pétrole, surtout au Congo-Brazzaville, et "Le scandale des Biens Mal Acquis", avec Thomas Hofnung, en 2011. Il a écrit le scénario d'une partie de la revue dessinée numéro 7 sur la Françafrique et les dictateurs, pour le dessinateur Julien Sole. Il résume l'histoire des Biens mal acquis, pour expliquer le contexte du scénario de la bande dessinée, en repartant du rapport du CCFD de 2009 rédigé par Jean Merckaert et Antoine Dulin.
Cela me permet de témoigner sur le partage des rôles au départ vers 2007 entre le CCFD-Terre solidaire entre CCFD et l'association Survie. J'oublie de dire que ce partage des rôles a été discuté au sein d'une plateforme associative parisienne, la "plateforme citoyenne France-Afrique" très active entre 2006 et 2008, environ. Le but était bien de s'attaquer à des acteurs français et africains de la Françafrique et pas seulement aux dictateurs. La disparition de Survie dans la poursuite des plaintes et le suivi par Sherpa et Transparency international a sans doute fait oublier l'importance de Survie dans la problématisation initiale d'une médiatisation des Biens mal acquis, qui connaîtra ensuite un énorme succès et aura un grand impact politique. Des activistes comme Marc Ona et Grégory Mintsa, pour le Gabon, se sont aussi beaucoup impliqués. 
Aujourd'hui, la relation entre les Etats français et équato-guinéen a été profondément atteinte par l'affaire, et la justice n'a pas encore abordé sérieusement le Congo-Brazzaville et le Gabon.
Comment parler de tout cela sans revenir sur le financement des partis politiques et personnalités en France par les dictateurs africains et le poids qui persiste d'un potentiel de chantage. Cela renvoie un moment le débat sur l'évolution de la Françafrique, un sujet qui me tient à cœur. Comme l'affaire des Biens mal acquis a elle-même réussi à affaiblir la françafrique, celle-ci a continué de se transformer: par exemple, les dictateurs ont continué de s'autonomiser et de s'éloigner d'un modèle initial néocolonial resté très stable entre 1960 et 2000, ou encore le marché du pétrole et le lien entre ressources naturelles et politique française ont aussi changé. J'insiste sur la nécessité de bien savoir si l'on parle de "la politique française en Afrique" ou de la "Françafrique", parce qu'une confusion à ce niveau ne permet pas de se mettre d'accord sur un bilan. Le débat autour de la table de Folies d'encres devient alors un peu polémique. Au moins une personne doute que les citoyens 'africains' puissent réussir à sortir leur pays du néocolonialisme. La discussion continue avec plus de précision dans le choix des mots.
Après les BMA, on peut sans doute considérer les élections en Afrique comme un second thème "levier" contre la françafrique. Un effet "levier" se dit d'une action après réduction thématique à un domaine précis qui permet d'agir sur la structure globale. En 2015, le thème de la limitation du nombre de mandats des présidents africains, choisi par la campagne Tournons la page est un nouvel exemple d' "effet levier".
J'ai bien sûr résumé la soirée en mettant l'accent sur ce qui m'avait le plus intéressé. Avec un petit effort de synthèse, on finit par comprendre que si la Françafrique recule, c'est parce que des gens s'activent à la faire disparaître.
Article écrit et publié le 11 avril 2015.

mercredi 1 avril 2015

1er avril 2015, Paris, Tournons la page ! le rapport

1er avril 2015: Tournons la page ! Pas de démocratie sans alternance ! Après le lancement du plaidoyer début février, la campagne Tournons la page prend de l'ampleur et publie son rapport ‘En Afrique comme ailleurs, pas de démocratie sans alternance’. Lire l'article sur le blog Regard * Excentrique. (article ajouté le 5 avril 2015)

mardi 31 mars 2015

Mardi 31 mars, Paris, conférence sur le Burkina Faso

La conférence ‘Insurrection populaire et transition: Quels changements ?’ au siège du Parti communiste français est organisée par la Fondation Gabriel Péri. La section française du Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples (MBDHP-SF) et des peuples a ‘coorganisé’ la soirée selon son président, Didier Ouedraogo.
Piégé par l’horaire de 18h assez rare, j’arrive très en retard à la fin de la première partie ‘L’insurrection populaire et les enjeux de la transition’ où interviennent Newton Ahmed Barry, le rédacteur en chef de L’Evénement, et Nacanabo Sagado, du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC). La chercheuse Lila Chouli anime ce panel. Il est question d’un « coup d’Etat militaire » qui aurait pris le dessus sur l’insurrection selon les deux intervenants, parce que le choix qui a prévalu était celui de « l’armement le plus fort ». Pour Nacanabo Sagado, « les élections ne sont pas le but de la transition ». Selon lui, il s’agit de faire partir les anciens du système toujours là, surtout les militaires, et de ne pas faire de « trêve sociale ». Il va jusqu’à dire « une insurrection populaire est possible », signifiant là son insatisfaction de la révolution-insurrection de fin 2014. Pour Newton Ahmed Barry aussi, « l’insurrection a abouti à un coup d’Etat militaire ». Lui constate qu’il y a deux sociétés civiles, celle, « traditionnelle, absente de l’insurrection », autour des « syndicats qui essayent de revenir » et « celle autour des jeunes, étudiants et du Balai citoyen ».
Je ne pensais pas en arrivant être confronté à cette thèse du « coup d’Etat militaire », qui ne paraît très réductrice. Vérification faite, elle semble surtout très influencée par une certaine vision de la politique burkinabé, une vision proche de celle du Parti communiste révolutionnaire voltaique (PCRV), marxiste léniniste. Les liens entre MBDHP et PCRV sont connus. Les critères marxistes léninistes pour juger d’une révolution sont sans doute plus exigeants en termes de ‘ménage à faire’. Ce qui est surprenant, c’est que la conférence au siège du PCF n’ait pas permis de mieux équilibrer différents points de vue. Le refus d’une trêve sociale pendant la préparation des élections d’octobre 2015 est intéressant, mais cela ne règle pas le débat d’une légitimité du pouvoir pour prendre des décisions pour le long terme.
Le deuxième panel, animé par le blogueur tchadien, Makaila Nguebla, s’intitule « Des répercussions régionales et continentales de la révolte » et réunit Laurent Bigot, ancien du Ministère des affaires étrangères français, dégagé par Laurent Fabius pour avoir prévu en 2012 la chute de Blaise Compaoré, et Albert Bourgi.
Laurent Bigot tient un discours optimiste sur un « long et profond mouvement vers la démocratie », autour des mobilisations citoyennes des jeunes en Afrique, qui me rappelle celui de la campagne Tournons la Page. Pour lui, en plus de l’accès à l’information, une source de changement provient du fait que la population des villes devient majoritaire par rapport à celle des campagnes. Sur le Burkina, il insiste sur la volonté populaire de justice. A la question du public de savoir quel sera le prochain président à tomber, il répond sur le Togo de manière approximative et un peu méprisante pour l’opposition politique, semblant cautionner quelques opinions subjectives. Il suggère que Faure Gnassingbé pourrait gagner l’élection en 2015 sans être capable de finir ensuite son mandat dans un pays « sans soupape ».
Albert Bourgi explique, lui, les conséquences géopolitiques de la disparition de Blaise Compaoré. Il retrace rapidement un historique très lourd. Selon lui, les présidents voisins doivent « mieux dormir maintenant », car il était « l’homme de tous les coups tordus ». Il ajoute que « Blaise Compaoré allait toujours dans le sens de Paris », prenant alors comme exemple la Côte d’Ivoire. Pour Makaila Nguebla Idriss Déby remplace Blaise Compaoré au niveau de l’influence française. Le débat encombré de poncifs est ensuite assez décevant. Il se termine sur l’espoir de Laurent Bigot d’une « diplomatie française » qui, un jour « ferait le choix des peuples », un choix qui serait « bon pour l’économie ».
Article écrit et publié le 6 avril 2015.