mardi 29 août 2017

29 août 2017, Paris : en passant par le Ministère des affaires étrangères

L’après-midi "Je rencontre un ambassadeur" m’a permis pour la première fois de mettre un pied dans le MAE et de voir des personnes dans le IN alors que travaille dans le OFF, de voir la surface des choses à défaut de mieux, de ressentir un peu l’ambiance. C’était une promenade de fin d’été, parce que le rendez-vous était plutôt axé sur les étudiant-e-s parisien-ne-s et pas sur les journalistes.
Il y avait des débats dans des salons intitulés « confidences d’ambassadeurs ». J’ai manqué Christophe Guilhou sur Djibouti. Romain Nadal ne parlait plus d’Afrique mais du Vénézuela. Hélène le Gall ne parlait plus non plus d’Afrique et se dépatouillait face aux questions du public comme : « Accepteriez-vous d’être ambassadrice à Daesh ? Puisque vous avez accepté d’être ambassadrice en Israël qui a chassé les palestiniens ? ».
Sur l’Afrique, j’ai pu écouter quelques minutes Evelyne Decorps, ambassadrice au Mali, ex-ambassadrice au Tchad entre 2013 et 2016. La consigne était de parler du métier plus que des sujets de fond. Alors elle ne disait pas grand-chose à part qu’elle invite les ONG dans les cocktails et n’a pas besoin de les voir en réunion trop souvent.
La contrainte de ne pas parler des sujets importants rappelait celle du métier de diplomate, d’accepter tout sans broncher, ou presque. Je me suis dit que je la voyais tout à fait dans le rôle qu’elle a eu plusieurs années au Tchad, pendant les années de réhabilitation d’un des pires dictateurs d’Afrique. Oui, à l’écouter, je la voyais bien parlant décomplexée avec Idriss Déby du Mali et de la Centrafrique, ou de la présidentielle en avril 2016. Une inversion de résultat, ce n’est pas très important pour une diplomate chevronnée, capable de tout encaisser sur les processus électoraux en Afrique. Naïvement, je me suis demandé si elle avait encore conscience des choses, du décalage entre les faits et une éthique politique normale.
Passons sur les fausses confidences à la française et les marivaudages de salons parisiens ! Je n’étais pas initié, et je n’avais pas droit aux primeurs des réactions après le discours présidentiel du matin axé sur la Libye et le Mali, où l’on pouvait peut-être, selon mes hypothèses et déductions rapides, comprendre que les miliciens libyens qui empêcheront les européens de bloquer humainement les flux migratoires auront peut-être un jour des problèmes, une fois que la pression remontera du Niger et du Tchad.
Le vrai programme, c’était 3 conférences : ‘Le multilatéralisme peut-il encore préserver la paix ?’, ‘Avec le Brexit, quel avenir pour l’Union Européenne ?’, et ‘La cyberguerre aura-t-elle lieu ?’. La conférence qui me concernait était celle sur l’Onu et le maintien de la paix, avec Alexis Lamek le représentant permanent de la France auprès de l'ONU, Véronique Roger-Lacan, ambassadrice, représentante permanente auprès de l’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Christian Bader, ambassadeur en République centrafricaine. Le cinéaste Eric Rochant était aussi sur le plateau.
Christian Bader a parlé d’ « échec » du maintien de la paix de l’Onu en Centrafrique, et d’un besoin d’« adapter les moyens », de « faire évoluer les missions de l’Onu ». Il a indiqué que « l’appréciation de la crise en Centrafrique n’avait pas été correctement faite avant d’intervenir, au niveau répartition des richesses, pouvoir, religions…». Faut-il le croire puisque la Centrafrique était sacrifiée pour agir au Mali pendant l’alliance entre Hollande et Déby en 2013 ? Ensuite, Sangaris a bien sûr « évité le bain de sang et (permis) un processus démocratique ».
Il admet une « dimension sous-régionale » et que « les voisins étant partie prenante de la crise et une partie de la solution ». Cependant, le diplomate m’a semblé un peu indécis sur la suite, sur les moyens à mettre en œuvre pour empêcher le pays de sombrer de nouveau. Il a parlé du besoin d’une armée nationale, mais n’a pas parlé de désarmement, alors que le programme de DDR (Démobilisation, désarmement, réinsertion) allait être lancé le lendemain. Etait-il en attente d’instruction plus précise de Jean-Yves Le Drian ou de l’Elysée ? ou n’était-ce pas l’endroit pour parler de l’essentiel ?
Véronique Roger-Lacan a rappelé que l’OSCE intervient plus sur l’Ukraine et dans les relations avec la Russie, elle s’est plainte que « les russes utilisent notre argent (le budget de l’OCDE) pour décortiquer les actions de sécurités internationales ».  Eric Rochant a proposé de parler de « désidéoligisation et de complexification des conflits ».
Alexis Lamek a précisé que tous les pays n’était pas au même niveau d’ambition et que la Russie était opposée à de bonnes opérations de la paix. Par ailleurs, il a parlé d’Antonio Guterres comme du meilleur Secrétaire général de l’Onu, se préparant « à faire ressembler l’Onu à un gouvernement », alors que « le temps est venu pour des réformes » favorable aux émergents, Brésil, Inde et pays d’Afrique.


La troisième table-ronde sur la cyberguerre était également intéressante. Entouré des ambassadrices en Estonie, Claudia Delmas-Scherer, et en Ukraine, Isabelle Dumont, l’ambassadeur chargé de la cyber-diplomatie et l’économie numérique, David Martinon, a redit ses inquiétudes devant la « cyberguerre froide actuelle, pour l’instant sans victime, multipolaire, en affrontement direct au travers de mercenaires ». Même si le « naming et le shaming est embarrassant », il a été discrètement question de la Russie et un peu de la Chine, et, le diplomate a, en conclusion, évoqué « les options de sanctions en réflexion actuellement ».
J’étais venu pour essayer d’entendre parler de l’Afrique et j’ai compris que les diplomates étaient en ce moment surtout inquiets en raison des relations tendues avec la Russie, même si cela n’est discuté qu’à mots couverts, et des difficultés de fonctionnement du Conseil de sécurité des Nations-Unies, aggravées par l’arrivé de Donal Trump. La Centrafrique était finalement le seul pays africain mis en exergue sérieusement et sur lequel quelques messages ont été communiqué publiquement mais sans approfondir.
Régis Marzin,
Écrit et publié le 3 septembre 2017

lundi 3 juillet 2017

2 juillet 2017, Paris, Djibouti : conférence autour de l’USN

Ce dimanche, a lieu à la mairie du 2e arrondissement de Paris, une commémoration de 40 ans de répression à Djibouti, à laquelle j’ai été invité à intervenir par l’Union pour le Salut National et son représentant en France, Maki Houmed-Gaba. Arrivé tard dans cette journée, concentré sur mon intervention, je ne suis pas en mesure de faire un compte-rendu et j’évoque ici uniquement mon message.
Je parle dans le dernier panel, modéré par l’illustre blogueur tchadien Makaila Nguébla, sur les élections à Djibouti et en Afrique. Je commence par replacer la situation djiboutienne dans le contexte électoral africain. 2016 a été l’année des coups d’Etat électoraux en Afrique, avec 4 inversions de résultats de présidentielles, au Congo Brazzaville, à Djibouti, au Tchad et au Gabon. L’inversion de résultat à Djibouti est passée inaperçue parce que le processus électoral a été détourné et quasiment détruit en amont. Les djiboutiens ont majoritairement boycotté le scrutin mais celui-ci a tout de même eu son résultat inversé.
Je rappelle la règle : « Il ne s’observe pas de présidentielle correcte en dictature sans une transition vers la démocratie préalable », et il n’y a eu que 3 exceptions, au Ghana en 2000, au Kenya en 2002, deux cas de limitations à 2 mandats acceptées, puis en Gambie fin 2016, grâce à une intervention militaire extérieure.
Depuis 1990, pour 120 élections présidentielles, concernant 70 chefs d’Etat en dictature stable, il y a eu 25 élections boycottées, soit 20,83%, 62 processus détournés en amont sans boycott, soit 51,67%, 10 mascarades le jour du vote, soit 8,33%, et seulement 12 coups d’Etat électoraux ou inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats, soit 10%. L’élection d’avril 2016 à Djibouti fait partie de ces 12 dernières, bien que la destruction en amont du processus électoral ait été beaucoup plus visible.
Je reviens ensuite sur les responsabilités internationales, françaises et européennes à partir des législatives de 2013, en résumant mon étude d’analyse du processus électoral djiboutien du 5 juillet 2016, pour arriver au blocage de la situation actuelle dans l’indifférence internationale.
Comme au Congo Brazzaville, le président djiboutien n’a pas essayé de de donner l’apparence d’une démocratie formelle, il a voulu montré son mépris de la démocratie, sa capacité à écraser l’opposition et sa capacité à neutraliser les interventions étrangères en faveur de la démocratie. Il a profité de la complicité de l’Union africaine au travers d’une fausse mission d’observation.
Déplaçant le débat sur le plan sécuritaire, Ismaïl Omar Guelleh a utilisé à partir de mi-2015 la mise en concurrence entre français, américains et chinois pour se placer en position d’arbitre pouvant choisir ses partenaires sans subir de pressions. La présence chinoise, nouvelle, introduite juste au bon moment pour faire un effet maximum, lui redonne du souffle.
En décembre 2015, IOG a utilisé l’attentat du Bataclan à Paris pour réprimer juste après son opposition sachant que le gouvernement français tombait dans une obsession sécuritaire. Il a aussi habilement profité que la politique africaine était en France passée des mains du ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, à celles du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.
Au niveau européen, il y a des divergences entre le parlement européen qui soutient au maximum les démocrates djiboutiens, le SEAE plus réaliste dans une approche globale équilibrée sur plusieurs pôles, et les dirigeants des Etats européens. Un processus autour de l’accord de Cotonou n’a pas été enclenché par l’Union européenne. La CPI n’a pas non plus joué son rôle à Djibouti.
Pendant le débat, nous revenons en particulier sur l’Union africaine et l’Union européenne. Un plaidoyer vers l’Ua est sans doute nécessaire, mais il est impossible d’estimer quand il pourrait porter des fruits. La relation entre l’Ue et l’Ua va aussi évoluer, en particulier lors des renégociations sur l’Accord de Cotonou d’ici 2020.
L’année 2016 a été désastreuse au niveau des élections en Afrique. Après les inversions de résultats des présidentielles, les crises électorales perdurent dans l’organisation des législatives, en particulier en Afrique centrale. Une mascarade électorale aura lieu au Congo Brazzaville le 17 juillet, et les législatives djiboutiennes pourraient avoir lieu en février 2018. Dans ces deux pays, le processus de démocratisation est totalement à l’arrêt et les dictateurs ne laissent aucune marge de manœuvre. Le constat est amer mais nécessaire.
Régis Marzin, 3.7.17

jeudi 22 juin 2017

22 juin 2017, Plaine St-Denis, musique mixte à la MSH

Pour oublier la chaleur, je me glisse à la Maison des Sciences de l'Homme, où a lieu un concert de l'atelier de composition de l'Université Paris 8. Tout le monde semble un peu fatigué, pas par la fête de la musique de la veille, mais par une nuit de canicule incroyable. 
Quatre musicien-ne, de l'ensemble Sillages, interprètent les morceaux de 14 étudiant-e-s de licence, Master et doctorat en "composition instrumentale et mixtes". Musique mixte signifie musique électronique et interprétation sur scène synchronisées. L'expression de musique contemporaine est aussi employée par les professeurs. La formation et la recherche se font dans la création.
Par ailleurs, le son est aussi parfait ou presque. J'avais su lors d'un autre concert que cette salle comporte un système d'enceintes spécialement adapté à la musique informatique, dans lequel le son numérisé se réparti constamment vers les enceintes au travers d'un réseau local et au travers de trames dans un protocole adapté. 
Neuf compositeurs utilisent les logiciels du Mac installé au milieu du public, sans quasiment rien toucher. Tout est déjà enregistré. Ils et elles surveillent et gardent un œil sur les partitions. Concernant le résultat niveau musique, j'ai un avis mitigé, certains morceaux me plaisent et d'autres non. Ce sont des étudiant-e-s de haut niveau qui doivent aussi gérer des contraintes, par exemple, en n'ayant pas vraiment le choix des instruments, je suppose, alors que la création est facilitée par une plus grande liberté.
Régis Marzin, 22 juin 17, 19h27

dimanche 18 juin 2017

17 et 18 juin 2017, Montreuil, Festival Ta Parole

Cette semaine à Montreuil et le week-end, à la Parole errante, se déroule la 15ème édition du Festival Ta Parole. Le plus célèbre des lieux militants d’Ile-de-France est en danger, après le décès d’Armand Gatti. Fin 2017, l’administrateur qui travaillait avec le metteur-en-scène partira. Un collectif se bat pour que la Parole errante puisse conserver son âme actuelle. Un combat de plus à suivre…
Le samedi, en arrivant, j’écoute Camille Hardouin. La chanteuse est tellement heureuse d’être là, qu’elle a noté sur son bras les noms de tous les bénévoles à remercier, en commençant par Roxanne et Nicolas qui font la programmation.
La Green Box est une roulotte de « philosophes saltimbanques » dans ‘l’Homme qui rit’, un texte de Victor Hugo qui a marqué Florent Vintrigner à ses débuts au Théâtre du fil, avant La Rue Kétanou. Le compositeur est sur scène avec Benoît Laur aux percussions, au banjo et à la guitare et avec Arnaud Viala au son et à « la réalisation sonore ». Tous les textes sont de Victor Hugo. Le spectacle est un petit bijou de perfection sereine.
Comment ne pas être pris par un peu de nostalgie en retrouvant Christophe Miossec sur scène, quand on l’a suivi à la bretonne sur les premiers albums ? Le style est toujours celui d’une musique qui hésite à accélérer vers le rock bruyant pour mieux laisser la place au texte.
Le dimanche, je démarre avec Barbara Weldens, dont j’apprécie certaines paroles féministes. Un moment, elle se lance dans le public, y chante debout sur une chaise, y fait même une pause pour écouter ses deux acolytes. La photo n’est pas nette mais comme j’apprécie ce moment.
Mon côté Punk, c’est encore un ancien de la Rue Kétanou, Mourad Musset accompagné deux autres chanteur-se-s, Loraine Ritmanic et un troisième larron à l’humour détonant. Il fait chaud alors, de plus en plus chaud et quand le show se termine sur « C’est mon côté punk », l’ambiance explose.
Christian Olivier arrive ensuite et repose l’ambiance en démarrant calmement par quelques textes bien sentis. Malgré les reprises des Têtes raides, on comprend vite que cela n’a rien à voir. « Il y a beaucoup de guitares et peu de chanteurs » Les guitaristes sont Daniel Jamet, souvenez-vous, de la Mano Negra, de Desert Rebel, de Pause, à gauche, et Pierre-Antoine Combard, alias Peter, à droite. Il y a aussi à la basse Pilou Basset, et à la batterie, je ne sais pas… Comment dire ? J’aime bien cette musique, çà décolle vraiment à la fin… et cette modeste photo brute de fonderie commence à exprimer quelque chose de la hauteur de la chose.
Quand on sort ensuite de la salle, il devrait faire nuit, mais non. Dans la cour pleine de paille, voilà les Balochiens, qui sont un moment accompagné-e-s par Lise Martin. On touche sans doute alors à l’esprit du festival, entre les crêpes, la bière et cette année, les frites. Les spectacles se terminent en douceur après une édition musicalement très riche.
Régis Marzin,
Article écrit et publié le 20 juin 2017

samedi 17 juin 2017

17 juin 2016, Paris, Gabon et Congo Brazzaville au Trocadéro

Ce samedi, au Trocadéro à Paris, gabonais-es et congolais-es manifestent les un-e-s à côté des autres sur le parvis. Les gabonais-e-s, sur la photo, qui y viennent chaque samedi depuis septembre, dansent avant de partir une nouvelle fois vers l'ambassade du Gabon.
Les congolais-es sont moins nombreux-ses malgré la gravité de la situation. L'intensité du conflit dans le Pool augmente depuis quelques jours et la mascarade électorale des législatives du 16 juillet se rapproche. La Fédération de l'opposition congolaise et son représentant Joseph Ouabari Mariotti "dénoncent les élections et le système électoral, le recensement pas refait, le découpage électoral déséquilibré, le fichier électoral incorrect", parce que Denis Sassou Nguesso va "désigner les députés". Le boycott sera donc maximum. 
Joseph Ouabari Mariotti précise que "Denis Sassou Nguesso est dans une logique de consolidation de son coup d'Etat électoral, commencé par le référendum, qui passe par le hold-up et qu'il essaye de terminer par le leg du pouvoir à son fils Denis Christel Sassou Nguesso, ce qui ne se fera jamais". Sassou favorise son fils surnommé "Kiki" aux dépends de son parti, le PCT, en mettant en avant le réseau associatif de ce fils. Il continuera pendant les sénatoriales et les élections locales.
En ce moment, les congolais sont également scandalisés par la "position" des Nations-Unies, qui est apparue lors de l'interview par RFI du représentant spécial du secrétaire général des Nations-unies pour l'Afrique centrale, le Guinéen François Louncény Fall. Celui-ci a évoqué 81 000 déplacés dans le Pool, sans parler d'action urgente nécessaire de l'Onu. Il a surtout critiqué les opposants en considérant que "Chaque fois qu’un gouvernement tend la main à l’opposition pour le dialogue, il faudrait que l’opposition saisisse cette occasion", ce qui est scandaleux de la part d'un envoyé de l'Onu, comme l'a justement remarqué la coalition congolaise de la société civile Tournons la Page.
François Louncény Fall est par ailleurs l'ancien Ministre des affaires étrangères d'Alpha Condé entre 2012 et 2016. Au Congo Brazzaville, Alpha Condé est considéré comme un grand ami de Sassou Nguesso. Comme lors du massacre et du coup d'Etat électoral, quand Abdoulaye Bathily représentait l'Onu et n'a rien fait, Onu et Ua sont actuellement très favorables au dictateur le plus violent des 20 ex-colonies françaises. Le Congo Brazzaville est abandonné à son sort, tandis que la production de pétrole continue.
Régis Marzin, écrit et publié le 19 juin 2017

mercredi 31 mai 2017

31 mai 2017, Aubervilliers, les balles du 14 juillet 1953

Daniel Kupferstein, également auteur de 2 documentaires sur le 17 octobre 1961 et sur le massacre de la station de métro Charonne le 8 février 1962, vient à Aubervilliers pour présenter son livre et son documentaire sur un massacre méconnu à Paris, celui du 14 juillet 1953 lors d’une manifestation du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, parti politique du leader algérien Messali Hadj. J’arrive après le débat à la librairie, pour voir le film « Les balles du 14 juillet 1953 » et je ne peux pas faire de photos.
Le 14 juillet 1953, la manifestation est organisée avec le soutien du PCF et de quelques associations comme le Mouvement de la paix. Les revendications concernent la guerre en Indochine, les arrestations de membres du PCF en France, et, pour l’Algérie, la libération de Messali Hadj, l’égalité entre français et algériens, les élections en Algérie. Elle rassemble essentiellement des algériens, des syndicalistes et des communistes. Quand la partie algérienne du cortège est arrivée Place de la Nation, les CRS ont ouvert le feu, avec des pistolets, faisant 7 mort et 50 blessés. Un des morts était un ouvrier de la CGT, Maurice Lurot, dont la famille s’est battue, en vain pour obtenir justice. Le documentaire présente longuement les 6 victimes algériennes.
Le préfet de police responsable est Jean Baylot, un ancien résistant, qui « a réintégré de nombreux policiers révoqués en 1945 » et a reconstitué la Brigade nord-africaine. Le Ministre de l'Intérieur des gouvernements Joseph Laniel, du 28 juin 1953 au 18 juin 1954, Léon Martinaud-Déplat, du Parti radical-socialiste, a défendu les CRS en parlant de légitime défense. Le reportage de Daniel Kupferstein rappelle les faits sans aucun rapport avec de la légitime défense. La justice mène ensuite une fausse investigation sur une prétendue « rébellion ». Un procès a lieu en 1957, reprenant uniquement la version policière.
Suite à ce massacre, les cortèges ouvriers seront interdits à Paris. Les manifestations du 1er mai ont disparu entre 1954 et 1968. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques en sortira affaibli et une partie supplémentaire des militants algériens pour l’indépendance se tournera vers la lutte armée. La désillusion sur l’obtention de l’indépendance par la voie pacifique avait commencé après les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en mai 1945, et s’accélérera alors en 1953. Le MTLD se scindera en deux fin 1953 et définitivement en août 1954.
Une banderole attire mon attention. Ce 14 juillet les manifestants avait écrit « Assez de trucages électoraux ». Le 11 avril 1948, ont eu lieu des élections pour le deuxième collège de l'Assemblée algérienne, 60 députés sur 120 élus par 1 300 000 citoyens « de statut musulman». Les fraudes électorales, des bourrages d’urnes surtout, et 8 personnes tuées par les forces de l’ordre ont fait scandale. Les partis algériens, le MTLD n’a eu que neuf députés et l'UDMA de Ferhat Abbas huit, alors que les « deux mouvements avaient obtenu un très grand nombre de voix aux élections municipales de 1947 ». L’assemblée en était ressortie dominée par les « béni-oui-oui ». Les fraudes continueront en 1954.
Ainsi l’expérimentation des fraudes électorales par les français en Afrique a commencé le 11 avril 1948 en Algérie. Daniel Kupferstein me précise que « la démocratie était intolérable pour les colons ». Le janvier 1948, en Inde mourrait Gandhi qui lui avait exigé à la fois l’indépendance et la démocratie, ce qu’il avait obtenu le 15 août 1947, mais cela n’a rien à voir…
Régis Marzin, 
écrit et publié le 6.6.17

samedi 27 mai 2017

27 mai 2017, Aubervilliers, il était une fois l’esclavage

Ce samedi 27 mai, à l’Embarcadère, le service de la Vie associative et des Relations internationales d’Aubervilliers organise une journée sur l’esclavage. En arrivant, dans le hall, au milieu d’autres expositions, je discute de Ouidah, et de la mémoire de l’esclavage au Bénin, comme je connais un peu le Bénin.
Une première conférence a pour thème ‘L'esclavage dans le monde aujourd'hui, l'exemple de la Mauritanie’. Le chercheur Daouda Ndiaye reprend la problématique à partir de la structure de la société Soninké, organisée en classes, avec une noblesse de chefs de villages et de savants, des castes de métiers, et des familles dépendantes des familles de noblesses. L’esclavage dans lequel les maîtres avaient tous les droits, a été supprimé en 1970, mais la dépendance est restée après cette étape d’affranchissement. La loi n’est pas bien appliquée. Dans le lien traditionnel, l’entraide est obligatoire, les familles restent proches. Waly Diawara, de l’Association Ensemble pour l'Espoir et le Développement (EED) complète les explications. Dans certains cas, les anciens esclaves et maîtres ne se parlent plus. Il n’y a pas de mariages entre castes. Il y a une division ethnique qui s’ajoute. L’Etat a créé une agence pour lutter contre les séquelles, Tadamoun, qui s’attaque à la pauvreté. Daouda Ndiaye me précise ensuite, qu’il y a des élections locales mais que l’ordre ancien se perpétue, quand les élus sont ‘nobles’ et très rarement des familles d’esclaves. Selon lui, les mentalités n’évoluent pas assez, et il y a un problème de société. Comme j’insiste un peu sur l’absence de démocratie en Mauritanie, il reconnaît que la citoyenneté est aussi mal comprise au niveau national.
Après un court-métrage, et un film de bilan historique parrainé par l’Unesco, le second débat rassemble Marcel Dorigny, historien spécialise de l’esclavage, Huguette Marcelin, originaire d’Haïti, Dominique Sopo de SOS-Racisme, et l’animateur Alphonse Karim, du cinéma le Studio.
Marcel Dorigny est passionné. Il démarre sur la révolte de St-Domingue entre 1891 et 1803 quand 500 000 esclaves ont pris les armes. Il n’y avait alors que 600 000 esclaves aux USA. Les français ont accordé l’abolition pour éviter une conquête anglaise. Ce fût la seule insurrection victorieuse. Cela me rappelle le film « Queimada », ce chef d’œuvre, une fiction dans laquelle on devine que des esclaves libérés transformés en ouvrier agricoles pouvaient ensuite rapporter autant d’argent aux propriétaires et aux investisseurs dans le sucre. En Amérique du sud, l’esclavage est resté après les indépendances. Lors du débat avec la salle, l’historien précise que l’esclavage sous l’empire romain n’était pas « racialisé », alors que « l’esclavage colonial est racialisé ». Il estime à 13 millions le nombre de personnes transportés dans la traite atlantique, en s’appuyant sur des archives des sociétés d’assurances à Londres, en évaluant à 5 ou 6 fois plus le nombre de morts autour du commerce avant les départs, soit 70 millions de morts. Dans son « Atlas des esclavages », bourré de cartes et de graphique, se remarque un graphique des quantités de personnes annuellement transportées sur plusieurs siècles, on remarque les guerres en Europe qui limite le commerce. Il n’y a pas d’archives pour la traite « arabo-musulmane » qui a déporté entre 8 et 13 millions de personnes.
Huguette Marcelin précise quelques faits sur Haïti et remercie Christiane Taubira, dont la loi de 2001 a permis la reconnaissance de l’esclavage en crime contre l'humanité. Dominique Sopo intervient sur le racisme. Selon lui, pour justifier l’utilisation, on a construit une théorie raciale. Il constate qu’en 2017, lors de la cérémonie du 10 mai, il y avait « des blancs dans la tribune et des noirs en bas ». Il regrette que Jean-Marc Ayrault ait été nommé à la tête d’une Fondation sur l’esclavage à la place d’une personne concernée.
Carlos Semedo, le directeur de la Vie associative et des Relations internationale conclut en souhaitant aller plus loin. Il propose de renouveler ce rendez-vous tous les ans.
Régis Marzin
Article écrit et publié le 6 juin 2017

samedi 15 avril 2017

15 avril 2017, Bonneuil-sur-Marne : Tchad : 25e anniversaire de l’UNDR

Anniversaire du parti politique tchadien Union Nationale pour la Démocratie et le Renouveau, parti de Saleh Kebzabo. Je suis présent uniquement à la fin de l’événement. J’interviens rapidement sur le bilan africain de 2016, l’année des coups d’état électoraux.
En 2017, Tchad et Gabon se retrouve dans des positions différentes pour aborder la question des législatives : après les coups d’Etat électoraux, l’opposition tchadienne menée par Saleh Kebzabo exige dialogue et législatives rapides, quand, l’opposition gabonaise menée par Jean Ping rejette le faux dialogue et s’interroge sur la perspective des législatives, la population considérant que les législatives risquent de ‘valider’ le coup d’Etat électoral de 2016. La différence entre les deux pays vient aussi des différents niveaux de violence atteint pendant les coups d’Etat électoraux, en raison du massacre au Gabon.
Régis Marzin
Article écrit et publié le 20 avril 2017

jeudi 13 avril 2017

13 avril 2017, Paris, Afrique : 1ere approche du bilan du quinquennat

Ce jeudi 13 avril, je suis invité par la commission Transnationale d’Europe Ecologie Les Verts à parler de « la politique africaine de la France durant le quinquennat de François Hollande ». J’interviens comme journaliste dans le premier panel, avec Félix Blanc, qui est enseignant-chercheur à l’EHESS et a contribué au « Livre Vert de la Défense » (Sénat / EELV, 2014) et Julie Owono d’Internet sans frontières. La modératrice est Elise Lowy, déléguée aux relations internationales du bureau exécutif d’EELV.
Le second panel est ensuite dédié aux cas de Djibouti, du Gabon, du Tchad et du Congo Brazzaville, avec pour intervenants Maki Houmed-Gaba, représentant en France de l'Union pour le Salut National (de Djibouti), Makaila Nguebla, le célèbre blogueur tchadien et Benjamin Moutsila, de la Fédération des Congolais de la Diaspora (Congo B), et le modérateur Régis Essono, responsable du groupe Afrique EELV également mobilisé sur le Gabon.
J’interviens en premier sur le bilan de François Hollande. Je commence par préciser les phases. On ne peut comprendre la politique française en Afrique sans voir le lien avec la seconde phase du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Sous Sarkozy, il y a eu d’abord la période Kouchner au Ministère des affaires étrangères de 2007 à 2010, puis le passage d’Alain Juppé du ministère de la défense au MAE, avec, alors, les interventions militaires en Libye et en Côte d’Ivoire, qui ont replacé l’armée française au centre du jeu politique après une période de retrait. Donc en 2012, Hollande et le gouvernement ont récupéré un processus de revalorisation de l’armée française déjà fortement engagé, qu’ils n’avaient ensuite qu’à poursuivre, d’une autre manière.
La première phase a été courte : mi-2012 à fin 2012, une période d’indécision avec des signaux positifs sur la démocratie. Puis à partir du voyage de Déby à Paris en décembre 2012, jusqu’à mi-2014, s’est déroulé la phase liée à la guerre au Mali, où l’influence de l’armée française a déséquilibré la politique française, où la démocratie a été oubliée, ce qui a permis aux dictateurs des ex-colonies d’en profiter. A partir de mi-2014, quelques mois après le remplacement de l’Amiral Guillaud par le général de Villers comme chef d’Etat-major de l’armée, les excès ont été gommés, et la politique s’est partiellement rééquilibrée, sans arriver pour autant à un discours correct sur la démocratie. Le pire venait d’être évité en Centrafrique en obligeant Déby à laisser la place aux forces de l’Onu et c’est aussi très important de souligner ce qui a failli arriver. Puis, le gouvernement a fait preuve d’un certain suivisme sur la crise des constitutions dans les Grands lacs, en participant correctement sur la RDC et le Burundi, mais le soutien à Sassou en octobre 2015 sur le référendum est resté comme la pire erreur. La forte mobilisation sur le climat a suivi et concerne fortement l’Afrique. En 2016, année de 4 coups d’Etat constitutionnel, l’exécutif français a finalement choisi de ne pas s’engager pour la démocratie, comme le reste de la communauté internationale.
Un autre point de vue consiste à constater qui ont été les décideurs de la politique française pendant 5 ans. L’étude détaillée de la participation française au génocide du Rwanda a permis de comprendre un peu mieux ce que peut-être un fonctionnement en « cercle restreint », sans vouloir en comparer les effets. Les principaux décideurs ont été autour de François Hollande, le Ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, et son chef de cabinet, Cédric Lewandowski, le Ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, puis Jean-Marc Ayrault, et leurs directeurs Afrique, Jean-Christophe Béliard, puis Rémi Maréchaux en 2016, les conseillers à l’Elysée, Hélène Le Gal et Thomas Mélonio, les chefs d’Etat-major, l’Amiral Guillaud, puis en 2014 le Général de Villiers, et le chef d’Etat-major particulier du président, le Général Puga, remplacé mi-2016 par le Général Rogel. Le parlement français s’est contenté de suivre le mouvement en proposant quelques bons rapports.
En fin de mandat, Hollande assume son non-engagement pour la démocratie, en parlant de sécurité et de développement en oubliant la démocratie. D’un point de vue théorique, l’ « approche globale » en 3 pôles, ‘Paix et sécurité’, ‘Economie et développement, ‘Démocratie et droits humains’ est pourtant acceptée et a été appliquée en Centrafrique et en RDC. La question qui se pose en France est la capacité d’équilibrer les 3 pôles si l’influence de l’armée est forte. Sous Hollande, cela n’a pas été équilibré du tout. Cela a fragilisé l’approche européenne à ce niveau. Au pire, le danger serait que l’Union européenne s’habitue à ce déséquilibre en France et s’en accommode au point de vouloir utiliser les forces françaises comme son bras armé sans exiger d’effort du gouvernement français sur la démocratie en Afrique. Ce déséquilibre a par ailleurs participé à scinder en deux la gauche et la droite du PS et à affaiblir l’alliance de gouvernement avec les Verts.
Pourtant, les socialistes avaient une solution évidente à appliquer en Afrique, celle de participer à exiger fermement une augmentation de la qualité technique des processus électoraux, sans concession pour les fraudeurs. L’influence des militaires français et l’alliance avec Idriss Déby ont empêché le débat à ce niveau. Le gouvernement français s’est coupé des sociétés civiles et des démocrates africains.
L’année 2016, année des coups d’Etat constitutionnel aboutit sur la crise des législatives d’Afrique centrale. La position européenne critique sur le Gabon montre en négatif la mauvaise position française. Le PS n’avait sans doute pas de recul sur l’histoire des élections en Afrique depuis 1990. Le génocide des Tutsis du Rwanda en 1994 a fortement terni de bilan de François Mitterrand mais a aussi caché l’arrêt brusque vers 1994-1995 du lancement d’un processus de démocratisation continental rapide entre 1990 et 1994. Le PS aurait sans doute eu à faire un travail de deuil sur sa participation historique ambivalente dans les années 90 avant de revenir au pouvoir en 2012.
Ayant assez développé ma partie, je résume la suite de la conférence plus rapidement. Félix Blanc souligne le rejet de la jeunesse africaine, et revient sur la coopération militaire, le redéploiement, avec 10 000 soldats actuellement, le poids du ministre augmenté par exemple par la cosignature rétablie par Hollande des ordres par Ministre de la défense.
Julie Owono explique que la politique française a été décevante concernant la défense des libertés sur internet. Le gouvernement a mis l’accent sur les aspects économiques en réaction au recul de la présence française, sans constater que la liberté économique est impossible sans liberté politique. Lors des élections, les coupures d’internet se sont multipliées, parfois, alors que des gens se faisait massacrer. Elle souligne aussi le risque au niveau de la perception des jeunes. Elle insiste sur la coupure actuelle au Cameroun anglophone, puis précise que la coupure d’internet est une spécialité des pays francophones.
Un court débat permet de parler de l’élection française de 2017. Je suppose que la question des élections en dictature ne tardera pas à revenir sur le devant de la scène, en particulier en Afrique centrale, et qu’un nouveau gouvernement français va devoir se positionner plus clairement. En particulier, il faudra observer comment évoluera la position française en vue des législatives au Tchad. L’alliance avec le dictateur-fraudeur peut-elle perdurer ? Les effets négatifs de cette alliance ont déjà été bien analysés. Une question qui se pose dans le contexte actuel est aussi de savoir si le point de vue des partis politiques compte face à l’appareil d’Etat, puisque les partis politiques seront plus nombreux à l’Assemblée et que le débat pourrait s’approfondir.
Pendant le seconde panel, sur le Gabon, Régis Essono souligne qu’après 8 mois, Hollande n’a rien dit, ce qui place les français « à la croisée des chemins », « à devoir décider si la France est du côté de la démocratie ou du côté de ses intérêts ».
Sur le Congo Brazzaville, Benjamin Moutsila, rappelle ce qui s’est passé en octobre 2015, quand le gouvernement congolais a fait des affiches avec la phrase de Hollande sur la constitution. Hollande n’a ensuite rien dit sur la cinquantaine de morts qui ont suivi, ce qui a évoqué les « massacres à huis-clos des années 1997-2000 ». Il explique qu’il y a actuellement des morts en forêts dans le Pool.
Sur Djibouti, Maki Houmed-Gaba de l’USN revient sur les 6 bases militaires dont dépend son pays. Il y a « un mauvais mariage avec la France, qui s’est aggravé ». Les bases militaires servent aussi à enregistrer les communications au Soudan, en Erythrée, au Yémen, en Arabie saoudite. Les loyers des bases ne sont pas redistribués. 60% de la population est au chômage, 40% dans une « pauvreté absolue ». En 2013, le résultat des législatives a été totalement inversé, au bout d’un moment l’ambassadeur de France a demandé la publication des procès-verbaux, mais quand Guelleh a refusé, il n’a pas insisté, puis cet ambassadeur trop exigent a été retiré avant le coup d’Etat électoral d’avril 2016. Maintenant, « la France est dépassée par son propre jeu, avec la base militaire chinoise et une économie qui tourne sans la France ».
Sur le Tchad, Makaila Nguebla est lui aussi très critique, car « Hollande est arrivé après le printemps arabe, puis s’est embourbé dans un certain strabisme, en ne soutenant pas la société civile, les journalistes, les démocrates neutralisés ». Les élections fraudées ont eu lieu au nez et à la barbe de Hollande. Paris ne s’est pas indigné des exactions de son allié. Le Drian est devenu l’ami de Déby. Les tchadiens ont été « humiliés ». Selon lui, au lieu de croire que Déby est indispensable à la lutte contre le terrorisme, les français et européens devraient s’appuyer sur la société civile et les media libres. Voir aujourd’hui Le Drian avec Macron l’inquiète alors que cela devrait poser problème aux électeurs.
Régis Essono conclut sur le mauvais calcul à court terme du soutien aux dictatures par le biais sécuritaire, alors que les dictatures alimentent les flux migratoires et sont un facteur de violence. Puis Lucie Schmidt de la Fondation pour l’Ecologie politique souligne l’importance des « lanceurs d’alertes » et le besoin d’« une démocratie réelle ».
Régis Marzin, 
article écrit et publié le 20 avril 2017