lundi 18 septembre 2017

16 et 17 septembre 2017, Fête de l'humanité : manifestation contre les dictatures au Togo et en Afrique

La mobilisation continue à Paris pour le départ de Faure Gnassingbé. Une manifestation principale avait de nouveau lieu à Bastille le samedi 16. Les opposants togolais battaient aussi le pavé de la Fête de l'Humanité à plusieurs reprises ce week-end pour informer le public de la fête et les militants des autres stands du Village du monde. 
Les manifestations menées tambour battant par Raymond Ayivi, étaient panafricaines et insistaient sur d'autres dictatures en Afrique, au Tchad, au Congo Brazzaville, à Djibouti ou ailleurs. 
La Fête de l'Humanité revenait aussi sur le Burkina Faso avec un débat du Village du Monde sur Thomas Sankara, le samedi à 18h, intitulé « Thomas Sankara : 30 après son assassinat hommage à l’homme intègre ». Ce débat était animé par la journaliste de l'Humanité, Rosa Moussaoui et avait comme intervenants Bruno Jaffré, biographe de Sankara, et Aly Traoré et Drissa Sow du Balai citoyen. Bruno Jaffré présentait également son nouveau livre, 'Thomas Sankara, la liberté contre le destin', un recueil de discours publié aux éditions Syllepse, au village du livre.
Cette mobilisation qui revenait sur la révolution de 2014 a Ouagadougou a aussi été l'occasion de discuter sur le lien entre le Togo et le Burkina Faso. Avant octobre 2014, le Balai citoyen s'était déplacé dans tous le pays et avait organisé des projections et débat pour discuter de Sankara et de la situation bloquée en dictature. En 2017 au Togo, c'est cette démarche d'information qui a été reprise par le Parti national panafricain (PNP) mené par Tikpi Salifou Atchadam, pour casser le blocus informationnel au Centre et au Nord du Togo. Elle a permis de faire sortir les populations dans la rue le 19 août 2017, faisant ainsi basculer l'équilibre politique du Togo.
En outre, Blaise Compaoré en janvier 2000 avait été obligé d'enlever la limitation du nombre de mandats de la constitution, mais il s'était imposé en 2005 pour un 3e mandat puis en 2010 pour un quatrième sans respecter l'ajout de la limite. Ce scénario, évidemment, les togolais n'en veulent pas, et personne n'en voudra sans doute ! C'est ce qu'ils sont venu crier haut et fort à la Fête de l'Humanité.
Régis Marzin, 18 septembre 2017

dimanche 10 septembre 2017

9 septembre 2017, Paris - Togo : manifestation pour le départ de Faure Gnassingbé

Je me rends ce samedi à Bastille pour une seconde manifestation des démocrates togolais. Le mot d'ordre est maintenant d'exiger la démission de Faure Gnassingbé. Au retour, j'écris un article d'analyse pour mon blog R*E terminé le lendemain. Régis Marzin, 10 septembre 2017.

mercredi 6 septembre 2017

6 septembre 2017, Paris - Tchad : contre-sommet à la conférence des bailleurs

De 2012 à mai 2017, les dirigeants socialistes français, focalisés sur le Mali, fortement influencés par l’Etat-major de l’armée française, se sont appuyés sur le dictateur tchadien Idriss Déby, sans faire pression pour obtenir des progrès sur l’état de droit et le processus de démocratisation. En 2016, Idriss Déby a inversé le résultat de la présidentielle dans le silence de son allié français et de l’Union européenne. Le seul acquis depuis début 2016 pourrait être une légère baisse du niveau de répression alors que les leaders de la société civile et de partis politiques continuent pourtant d’être emprisonnés. C’est pourquoi, le devenir de la relation franco-tchadienne a été, dès le début quinquennat d’Emmanuel Macron, identifiée comme un marqueur probable de continuité ou de changement de politique du nouvel exécutif français dans sa relation avec les dictatures africaines.
En France comme au Tchad, l’annonce de la conférence des bailleurs de fonds des 6, 7 et 8 septembre a été interprété comme une affirmation de continuité de l’alliance française avec le dictateur. La société civile tchadienne a dénoncé l’organisation de la conférence qui risque de conduire à un « surendettement sans amélioration des conditions de vie de la population tchadienne », et a envoyé à Paris, Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l'Homme (CTDDH) et membre du Mouvement d'Eveil Citoyen (MECI). La diaspora tchadienne de Paris a organisé un contre-sommet dans un grand hôtel du centre parisien, le Normandy hôtel. Mais Mahamat Nour Ibedou a été bloqué sur le trajet en Ethiopie et n’a pu participé.
L’illustre blogueur Makaila Nguebla a présenté la conférence et les 3 panels, sur l’économie, la mauvaise gouvernance et les atteintes aux droits humains, et sur la relation politique entre la France et le Tchad. En introduction, Antoine Bangui, ministre entre 1962 et 1972, décrit la crise permanente du Tchad, la replace dans son historique, et rappelle que les efforts sont inutiles, tant qu’aucune alternance n’est possible, dans le déni sur l’absence de démocratie « avec des complicités étrangères ».
Lors du premier panel, l’activiste Thomas Dietrich explique la situation économique du Tchad, les pires indicateurs, la « manne pétrolière dilapidée », la mauvaise gestion, l’agriculture abandonnée, la santé et l’éducation méprisées, le plan National de Développement (PND) rédigé par un cabinet extérieur méconnaissant le pays. Françoise Wasservoegel, à partir de l’exemple du Mali, conclut à l’impossibilité pour la population de surveiller l’emploi des financements et de lutter contre la corruption. Bessane Darnace accuse les créanciers de l’Etat tchadien d’être derrière la conférence pour être remboursés et dénonce la construction des éléphants blancs.
Dans la 2e partie, Nadjo Kaïna, du mouvement citoyen Iyina, de passage à Paris, décrit la répression actuelle, revient sur son emprisonnement pendant 21 jours pendant lesquels il a subi le supplice du piment. Delphine Lecoutre, au nom de la campagne Tournons la page, retrace un historique des atteintes aux droits humains depuis 1990. Selon elle, Idriss Déby n’a plus d’argent pour corrompre et a remplacé la corruption par la répression autour la présidentielle de 2016. Selon Tahirou Hissein Daga, il est impossible de développer au travers de l’aide, alors que les jeunes ne peuvent participer. Le 5e intervenant, Djibrine Kirarch rappelle qu’il s’agit du 3e appel à l’aide international.
Je participe au troisième panel. Le premier intervenant, Laurent Duarte de Tournons la page parle de la continuité qui s’installe entre Hollande et Macron, évoque le fait que Déby a menacé de se retirer du G5 Sahel, et s’inquiète de l’influence grandissante de l’Allemagne dans des buts économiques. Julien Moisan, salarié de l’association Survie, maintenant très spécialisée sur l’armée française, pense que « dans la lutte contre le terrorisme, les dirigeants français, en diabolisant un tiers, priorise les relations et s’autorise les relations avec les dictatures ». Selon lui, « l’enjeu est de pouvoir critiquer la lutte contre le terrorisme qui accompagne un renforcement du régime tchadien ». Delphine Lecoutre évoque les manœuvres d’Idriss Déby qui a fait du Tchad « une puissance de circonstance ».
Mon intervention commence sur les élections au Tchad et en Afrique et termine sur l’analyse de l’évolution de la politique française. Le coup d’Etat électoral d’avril 2016 au Tchad a été l’un des 4 de l’année 2016, année des coups d’Etat électoraux en Afrique, plus précisément année des inversions de résultats de présidentielle. Le silence international a duré jusqu’au 4e, celui du Gabon, quand l’Ue a enfin protesté. Ces pays sont maintenant face à l’organisation des législatives, aux résultats plus difficiles à inverser.
La conférence des bailleurs de fonds arrive au moment où le président tchadien, qui accumule 5 présidentielles au processus électoral détourné depuis 1990, n’a plus aucune légitimité à gouverner, entre présidentielle au résultat inversé et report anticonstitutionnel des législatives. Et c’est à ce moment que le pouvoir français lui fait un cadeau, en le sortant de la banqueroute, comme le souligne International Crisis Group, et en lui assurant la poursuite du financement de ses actions militaires régionales sur le Nigéria ou le Mali, en justifiant ce sauvetage budgétaire par des discours sur les actions de développement incertaines dans le contexte politique actuel précaire du Tchad.
Cette action de sauvetage aurait nécessité une prise en compte globale de l’ensemble des problèmes du Tchad, dans l’écoute de la société civile et des opposants démocrates, mais elle est, au contraire, faite sans exigence de progrès, sans exigence de dialogue inclusif nécessaire au Tchad. Silence et mépris s’accumulent envers les démocrates, quand le seul interlocuteur reconnu reste le président actuel qui n’a jamais été élu.
Paris est soutenu dans cette action par l’Union européenne, qui augmente son aide de 550 Millions d’Euros sur 5 ans sans exigences de contreparties sur l’Etat de droit, la gouvernance, les processus électoraux. Emmanuel Macron essaye de gommer les divergences avec l’exécutif européen en associant les priorités françaises et européennes au niveau régional autour de Libye et du Mali. Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian reprenne la structure de l’alliance sous Hollande en incluant Idriss Déby dans les opérations de contrôle migratoire avec le HCR au sud de la Libye, en plus des services rendus au Mali.
Il se profile une sorte d’échange : après ces services rendus, le dictateur a de bonne chance d’obtenir de nouveau une absence de soutien français à la démocratie et un recul européen sur ces mêmes points. Aucune contrepartie sur le processus de démocratisation n’est discutée ni lors du sommet des bailleurs, et ne le sera sans doute suite au sommet. La confusion entre la fonction présidentielle et la personne physique ‘Idriss Déby’ semble continuer puisque, comme lors de la présidentielle de 2016, il n’y a pas de critiques des conséquences des alliances militaires et sécuritaires dans l’impossibilité de démocratiser le Tchad. Il devient ainsi probable qu’en échange de ses services, Jean-Yves Le Drian et Emmanuel Macron ne demanderont rien à Idriss Déby concernant la qualité du processus électoral des législatives. Pire, le doute s’insinue concernant l’Ue.
Pourtant, l’exemple récent du Kenya, où l’on a observé un certain échec des missions d’observation, y compris occidentales, montre qu’il devient difficile de parler de maintien de la paix en Afrique sans envisager le contrôle sérieux des processus électoraux. Si la position de Macron et Le Drian n’évolue pas, elle restera obsolète et très critiquée par la jeunesse africaine. Au final, pour l’instant, avec un soutien qui se renouvèle à Idriss Déby et l’accent mis sur le développement dans le Sahel, Macron et Le Drian restent dans la fausse « approche globale » déjà proposée par François Hollande, une approche à deux domaines, « Paix et sécurité » et « développement », dans laquelle manque la « démocratie et l’état de droit » nécessaire à la véritable approche globale.
Régis Marzin
Ecrit et publié le 8 septembre 2017

dimanche 3 septembre 2017

2 septembre 2017, Paris, Togo : la colère et le ras-le bol gagnent Paris

Le 19 Août 2017, le jeune parti politique PNP, le Parti National Panafricain de Tikpi Atchadam, appelait les populations togolaises à des manifestations à Lomé, Anié, Sokodé, Kara et Bafilo. La répression a fait au moins 7 morts (vidéo), la plupart à Sokodé, ville de plus de 100 000 habitant-e-s du Centre du Togo. La responsabilité des morts est attribuée au Colonel Yark Damehane, actuellement ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, déjà connu pour sa participation aux massacres de 2005 quand il fut accusé de torture par l’OMCT.
La coalition CAP 2015 autour de l’ANC et de son leader, Jean-Pierre Fabre, a le 22 août rejoint le PNP « en vue d’une mobilisation encore  plus forte  pour la libération du peuple togolais de la situation d’esclavage que lui impose le régime RPT/UNIR depuis plus d’un demi-siècle » et « pour mettre fin au régime RPT/UNIR ». Ils ont été rejoints le 23 par le groupe des 6 (partis) dans un appel à manifester les 30 et 31 août, puis les 6 et 7 septembre.
Pour Jean-Pierre Fabre et l’ANC ou CAP 2015, le ton a vraiment changé. Quelques jours auparavant, également le 19 août, au Gabon, Jean Ping avançait lui aussi vers la tension en disant : « À partir de ce jour, je ne vous retiens plus. En conséquence, je demande aux populations et à tous les Gabonais de la diaspora de se lever comme un seul homme pour marquer solennellement mon arrivée au pouvoir. » Un an après la seconde inversion de résultat de présidentielle d’Ali Bongo, le Togo rejoint-il le Gabon dans une résistance active à la dictature ?
Les 2 pays ont quelques points communs : la monarchisation des régimes dictatoriaux, la durée de plus de 50 ans sans alternance ni de président ni de parti depuis 1967, ou encore, la quantité d’inversions de résultats de présidentielles depuis 1990, 3 au Gabon (1993, 2009, 2016), 4 au Togo (1998, 2003, 2005, 2010) sur au minimum 12 répertoriées en Afrique. Par ailleurs, avec simultanément l’annulation de la présidentielle au Kenya, est-ce que quelque chose est en train de changer sur les processus électoraux en Afrique ?
Le retour à la constitution de 1992 pour le Togo, au-delà du respect de l’Accord politique global de 2006, signifierait l’application immédiate de la limitation du nombre de mandats. En cours de 3e mandat de Faure Gnassingbé, l’opposition togolaise se sent maintenant légitime pour demander, comme le font les congolais en RDC, le départ de leur chef d’Etat pour entrer dans une période de transition vers la démocratie. Cette hypothèse est optimiste, mais Faure Gnassingbé a constamment refusé d’appliquer l’accord de 2006 qui aurait déjà dû le faire partir au bout de 2 mandats, et il a déjà inversé deux résultats de présidentielle.
Le changement actuel est que la contestation ne se limite plus au Sud du Togo et a gagné le Centre. Depuis plusieurs décennies, le régime des Gnassingbé a tenté d’enfermer les togolais-es du Centre et du Nord dans un statu quo politique mêlant sous-développement, limitation des transports, censure maximale de l’information et fraudes massives aux élections. Une prise de conscience des populations du centre et du nord d’avoir été, au final, victime des manipulations d’un clan prédateur des richesses, pourrait maintenant être difficile à gérer pour le pouvoir.
Les togolais-es se mobilisent aussi à Bruxelles et à Strasbourg. Le reste du vieux réseau datant de Louis Michel y est peut-être encore actif. Le directeur Afrique du SEAE, le belge Koen Vervaeke affiche malheureusement,  en particulier sur twitter, une certaine proximité et familiarité avec le pouvoir togolais.
A Paris, la manifestation était organisée par le Conseil Mondial de la Diaspora Togolaise (CMDT), mené par son président, Raymond Ayivi, avec le soutien d’autres organisations de société civile proche de l’opposition démocratique, telle que Synergie Togo. Elle a rassemblé près d’un millier de personne, rappelant ainsi les manifestations de 2005. Un an de mobilisation des gabonais-es sur Paris a donné l’exemple. D’autres rendez-vous sont prévus à partir du 6 septembre.
Régis Marzin, 
3 septembre 2017

mardi 29 août 2017

29 août 2017, Paris : en passant par le Ministère des affaires étrangères

L’après-midi "Je rencontre un ambassadeur" m’a permis pour la première fois de mettre un pied dans le MAE et de voir des personnes dans le IN alors que travaille dans le OFF, de voir la surface des choses à défaut de mieux, de ressentir un peu l’ambiance. C’était une promenade de fin d’été, parce que le rendez-vous était plutôt axé sur les étudiant-e-s parisien-ne-s et pas sur les journalistes.
Il y avait des débats dans des salons intitulés « confidences d’ambassadeurs ». J’ai manqué Christophe Guilhou sur Djibouti. Romain Nadal ne parlait plus d’Afrique mais du Vénézuela. Hélène le Gall ne parlait plus non plus d’Afrique et se dépatouillait face aux questions du public comme : « Accepteriez-vous d’être ambassadrice à Daesh ? Puisque vous avez accepté d’être ambassadrice en Israël qui a chassé les palestiniens ? ».
Sur l’Afrique, j’ai pu écouter quelques minutes Evelyne Decorps, ambassadrice au Mali, ex-ambassadrice au Tchad entre 2013 et 2016. La consigne était de parler du métier plus que des sujets de fond. Alors elle ne disait pas grand-chose à part qu’elle invite les ONG dans les cocktails et n’a pas besoin de les voir en réunion trop souvent.
La contrainte de ne pas parler des sujets importants rappelait celle du métier de diplomate, d’accepter tout sans broncher, ou presque. Je me suis dit que je la voyais tout à fait dans le rôle qu’elle a eu plusieurs années au Tchad, pendant les années de réhabilitation d’un des pires dictateurs d’Afrique. Oui, à l’écouter, je la voyais bien parlant décomplexée avec Idriss Déby du Mali et de la Centrafrique, ou de la présidentielle en avril 2016. Une inversion de résultat, ce n’est pas très important pour une diplomate chevronnée, capable de tout encaisser sur les processus électoraux en Afrique. Naïvement, je me suis demandé si elle avait encore conscience des choses, du décalage entre les faits et une éthique politique normale.
Passons sur les fausses confidences à la française et les marivaudages de salons parisiens ! Je n’étais pas initié, et je n’avais pas droit aux primeurs des réactions après le discours présidentiel du matin axé sur la Libye et le Mali, où l’on pouvait peut-être, selon mes hypothèses et déductions rapides, comprendre que les miliciens libyens qui empêcheront les européens de bloquer humainement les flux migratoires auront peut-être un jour des problèmes, une fois que la pression remontera du Niger et du Tchad.
Le vrai programme, c’était 3 conférences : ‘Le multilatéralisme peut-il encore préserver la paix ?’, ‘Avec le Brexit, quel avenir pour l’Union Européenne ?’, et ‘La cyberguerre aura-t-elle lieu ?’. La conférence qui me concernait était celle sur l’Onu et le maintien de la paix, avec Alexis Lamek le représentant permanent de la France auprès de l'ONU, Véronique Roger-Lacan, ambassadrice, représentante permanente auprès de l’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Christian Bader, ambassadeur en République centrafricaine. Le cinéaste Eric Rochant était aussi sur le plateau.
Christian Bader a parlé d’ « échec » du maintien de la paix de l’Onu en Centrafrique, et d’un besoin d’« adapter les moyens », de « faire évoluer les missions de l’Onu ». Il a indiqué que « l’appréciation de la crise en Centrafrique n’avait pas été correctement faite avant d’intervenir, au niveau répartition des richesses, pouvoir, religions…». Faut-il le croire puisque la Centrafrique était sacrifiée pour agir au Mali pendant l’alliance entre Hollande et Déby en 2013 ? Ensuite, Sangaris a bien sûr « évité le bain de sang et (permis) un processus démocratique ».
Il admet une « dimension sous-régionale » et que « les voisins étant partie prenante de la crise et une partie de la solution ». Cependant, le diplomate m’a semblé un peu indécis sur la suite, sur les moyens à mettre en œuvre pour empêcher le pays de sombrer de nouveau. Il a parlé du besoin d’une armée nationale, mais n’a pas parlé de désarmement, alors que le programme de DDR (Démobilisation, désarmement, réinsertion) allait être lancé le lendemain. Etait-il en attente d’instruction plus précise de Jean-Yves Le Drian ou de l’Elysée ? ou n’était-ce pas l’endroit pour parler de l’essentiel ?
Véronique Roger-Lacan a rappelé que l’OSCE intervient plus sur l’Ukraine et dans les relations avec la Russie, elle s’est plainte que « les russes utilisent notre argent (le budget de l’OCDE) pour décortiquer les actions de sécurités internationales ».  Eric Rochant a proposé de parler de « désidéoligisation et de complexification des conflits ».
Alexis Lamek a précisé que tous les pays n’était pas au même niveau d’ambition et que la Russie était opposée à de bonnes opérations de la paix. Par ailleurs, il a parlé d’Antonio Guterres comme du meilleur Secrétaire général de l’Onu, se préparant « à faire ressembler l’Onu à un gouvernement », alors que « le temps est venu pour des réformes » favorable aux émergents, Brésil, Inde et pays d’Afrique.


La troisième table-ronde sur la cyberguerre était également intéressante. Entouré des ambassadrices en Estonie, Claudia Delmas-Scherer, et en Ukraine, Isabelle Dumont, l’ambassadeur chargé de la cyber-diplomatie et l’économie numérique, David Martinon, a redit ses inquiétudes devant la « cyberguerre froide actuelle, pour l’instant sans victime, multipolaire, en affrontement direct au travers de mercenaires ». Même si le « naming et le shaming est embarrassant », il a été discrètement question de la Russie et un peu de la Chine, et, le diplomate a, en conclusion, évoqué « les options de sanctions en réflexion actuellement ».
J’étais venu pour essayer d’entendre parler de l’Afrique et j’ai compris que les diplomates étaient en ce moment surtout inquiets en raison des relations tendues avec la Russie, même si cela n’est discuté qu’à mots couverts, et des difficultés de fonctionnement du Conseil de sécurité des Nations-Unies, aggravées par l’arrivé de Donal Trump. La Centrafrique était finalement le seul pays africain mis en exergue sérieusement et sur lequel quelques messages ont été communiqué publiquement mais sans approfondir.
Régis Marzin,
Écrit et publié le 3 septembre 2017

lundi 3 juillet 2017

2 juillet 2017, Paris, Djibouti : conférence autour de l’USN

Ce dimanche, a lieu à la mairie du 2e arrondissement de Paris, une commémoration de 40 ans de répression à Djibouti, à laquelle j’ai été invité à intervenir par l’Union pour le Salut National et son représentant en France, Maki Houmed-Gaba. Arrivé tard dans cette journée, concentré sur mon intervention, je ne suis pas en mesure de faire un compte-rendu et j’évoque ici uniquement mon message.
Je parle dans le dernier panel, modéré par l’illustre blogueur tchadien Makaila Nguébla, sur les élections à Djibouti et en Afrique. Je commence par replacer la situation djiboutienne dans le contexte électoral africain. 2016 a été l’année des coups d’Etat électoraux en Afrique, avec 4 inversions de résultats de présidentielles, au Congo Brazzaville, à Djibouti, au Tchad et au Gabon. L’inversion de résultat à Djibouti est passée inaperçue parce que le processus électoral a été détourné et quasiment détruit en amont. Les djiboutiens ont majoritairement boycotté le scrutin mais celui-ci a tout de même eu son résultat inversé.
Je rappelle la règle : « Il ne s’observe pas de présidentielle correcte en dictature sans une transition vers la démocratie préalable », et il n’y a eu que 3 exceptions, au Ghana en 2000, au Kenya en 2002, deux cas de limitations à 2 mandats acceptées, puis en Gambie fin 2016, grâce à une intervention militaire extérieure.
Depuis 1990, pour 120 élections présidentielles, concernant 70 chefs d’Etat en dictature stable, il y a eu 25 élections boycottées, soit 20,83%, 62 processus détournés en amont sans boycott, soit 51,67%, 10 mascarades le jour du vote, soit 8,33%, et seulement 12 coups d’Etat électoraux ou inversion de résultat à la compilation des procès-verbaux et à la publication des résultats, soit 10%. L’élection d’avril 2016 à Djibouti fait partie de ces 12 dernières, bien que la destruction en amont du processus électoral ait été beaucoup plus visible.
Je reviens ensuite sur les responsabilités internationales, françaises et européennes à partir des législatives de 2013, en résumant mon étude d’analyse du processus électoral djiboutien du 5 juillet 2016, pour arriver au blocage de la situation actuelle dans l’indifférence internationale.
Comme au Congo Brazzaville, le président djiboutien n’a pas essayé de de donner l’apparence d’une démocratie formelle, il a voulu montré son mépris de la démocratie, sa capacité à écraser l’opposition et sa capacité à neutraliser les interventions étrangères en faveur de la démocratie. Il a profité de la complicité de l’Union africaine au travers d’une fausse mission d’observation.
Déplaçant le débat sur le plan sécuritaire, Ismaïl Omar Guelleh a utilisé à partir de mi-2015 la mise en concurrence entre français, américains et chinois pour se placer en position d’arbitre pouvant choisir ses partenaires sans subir de pressions. La présence chinoise, nouvelle, introduite juste au bon moment pour faire un effet maximum, lui redonne du souffle.
En décembre 2015, IOG a utilisé l’attentat du Bataclan à Paris pour réprimer juste après son opposition sachant que le gouvernement français tombait dans une obsession sécuritaire. Il a aussi habilement profité que la politique africaine était en France passée des mains du ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, à celles du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.
Au niveau européen, il y a des divergences entre le parlement européen qui soutient au maximum les démocrates djiboutiens, le SEAE plus réaliste dans une approche globale équilibrée sur plusieurs pôles, et les dirigeants des Etats européens. Un processus autour de l’accord de Cotonou n’a pas été enclenché par l’Union européenne. La CPI n’a pas non plus joué son rôle à Djibouti.
Pendant le débat, nous revenons en particulier sur l’Union africaine et l’Union européenne. Un plaidoyer vers l’Ua est sans doute nécessaire, mais il est impossible d’estimer quand il pourrait porter des fruits. La relation entre l’Ue et l’Ua va aussi évoluer, en particulier lors des renégociations sur l’Accord de Cotonou d’ici 2020.
L’année 2016 a été désastreuse au niveau des élections en Afrique. Après les inversions de résultats des présidentielles, les crises électorales perdurent dans l’organisation des législatives, en particulier en Afrique centrale. Une mascarade électorale aura lieu au Congo Brazzaville le 17 juillet, et les législatives djiboutiennes pourraient avoir lieu en février 2018. Dans ces deux pays, le processus de démocratisation est totalement à l’arrêt et les dictateurs ne laissent aucune marge de manœuvre. Le constat est amer mais nécessaire.
Régis Marzin, 3.7.17

jeudi 22 juin 2017

22 juin 2017, Plaine St-Denis, musique mixte à la MSH

Pour oublier la chaleur, je me glisse à la Maison des Sciences de l'Homme, où a lieu un concert de l'atelier de composition de l'Université Paris 8. Tout le monde semble un peu fatigué, pas par la fête de la musique de la veille, mais par une nuit de canicule incroyable. 
Quatre musicien-ne, de l'ensemble Sillages, interprètent les morceaux de 14 étudiant-e-s de licence, Master et doctorat en "composition instrumentale et mixtes". Musique mixte signifie musique électronique et interprétation sur scène synchronisées. L'expression de musique contemporaine est aussi employée par les professeurs. La formation et la recherche se font dans la création.
Par ailleurs, le son est aussi parfait ou presque. J'avais su lors d'un autre concert que cette salle comporte un système d'enceintes spécialement adapté à la musique informatique, dans lequel le son numérisé se réparti constamment vers les enceintes au travers d'un réseau local et au travers de trames dans un protocole adapté. 
Neuf compositeurs utilisent les logiciels du Mac installé au milieu du public, sans quasiment rien toucher. Tout est déjà enregistré. Ils et elles surveillent et gardent un œil sur les partitions. Concernant le résultat niveau musique, j'ai un avis mitigé, certains morceaux me plaisent et d'autres non. Ce sont des étudiant-e-s de haut niveau qui doivent aussi gérer des contraintes, par exemple, en n'ayant pas vraiment le choix des instruments, je suppose, alors que la création est facilitée par une plus grande liberté.
Régis Marzin, 22 juin 17, 19h27

dimanche 18 juin 2017

17 et 18 juin 2017, Montreuil, Festival Ta Parole

Cette semaine à Montreuil et le week-end, à la Parole errante, se déroule la 15ème édition du Festival Ta Parole. Le plus célèbre des lieux militants d’Ile-de-France est en danger, après le décès d’Armand Gatti. Fin 2017, l’administrateur qui travaillait avec le metteur-en-scène partira. Un collectif se bat pour que la Parole errante puisse conserver son âme actuelle. Un combat de plus à suivre…
Le samedi, en arrivant, j’écoute Camille Hardouin. La chanteuse est tellement heureuse d’être là, qu’elle a noté sur son bras les noms de tous les bénévoles à remercier, en commençant par Roxanne et Nicolas qui font la programmation.
La Green Box est une roulotte de « philosophes saltimbanques » dans ‘l’Homme qui rit’, un texte de Victor Hugo qui a marqué Florent Vintrigner à ses débuts au Théâtre du fil, avant La Rue Kétanou. Le compositeur est sur scène avec Benoît Laur aux percussions, au banjo et à la guitare et avec Arnaud Viala au son et à « la réalisation sonore ». Tous les textes sont de Victor Hugo. Le spectacle est un petit bijou de perfection sereine.
Comment ne pas être pris par un peu de nostalgie en retrouvant Christophe Miossec sur scène, quand on l’a suivi à la bretonne sur les premiers albums ? Le style est toujours celui d’une musique qui hésite à accélérer vers le rock bruyant pour mieux laisser la place au texte.
Le dimanche, je démarre avec Barbara Weldens, dont j’apprécie certaines paroles féministes. Un moment, elle se lance dans le public, y chante debout sur une chaise, y fait même une pause pour écouter ses deux acolytes. La photo n’est pas nette mais comme j’apprécie ce moment.
Mon côté Punk, c’est encore un ancien de la Rue Kétanou, Mourad Musset accompagné deux autres chanteur-se-s, Loraine Ritmanic et un troisième larron à l’humour détonant. Il fait chaud alors, de plus en plus chaud et quand le show se termine sur « C’est mon côté punk », l’ambiance explose.
Christian Olivier arrive ensuite et repose l’ambiance en démarrant calmement par quelques textes bien sentis. Malgré les reprises des Têtes raides, on comprend vite que cela n’a rien à voir. « Il y a beaucoup de guitares et peu de chanteurs » Les guitaristes sont Daniel Jamet, souvenez-vous, de la Mano Negra, de Desert Rebel, de Pause, à gauche, et Pierre-Antoine Combard, alias Peter, à droite. Il y a aussi à la basse Pilou Basset, et à la batterie, je ne sais pas… Comment dire ? J’aime bien cette musique, çà décolle vraiment à la fin… et cette modeste photo brute de fonderie commence à exprimer quelque chose de la hauteur de la chose.
Quand on sort ensuite de la salle, il devrait faire nuit, mais non. Dans la cour pleine de paille, voilà les Balochiens, qui sont un moment accompagné-e-s par Lise Martin. On touche sans doute alors à l’esprit du festival, entre les crêpes, la bière et cette année, les frites. Les spectacles se terminent en douceur après une édition musicalement très riche.
Régis Marzin,
Article écrit et publié le 20 juin 2017

samedi 17 juin 2017

17 juin 2016, Paris, Gabon et Congo Brazzaville au Trocadéro

Ce samedi, au Trocadéro à Paris, gabonais-es et congolais-es manifestent les un-e-s à côté des autres sur le parvis. Les gabonais-e-s, sur la photo, qui y viennent chaque samedi depuis septembre, dansent avant de partir une nouvelle fois vers l'ambassade du Gabon.
Les congolais-es sont moins nombreux-ses malgré la gravité de la situation. L'intensité du conflit dans le Pool augmente depuis quelques jours et la mascarade électorale des législatives du 16 juillet se rapproche. La Fédération de l'opposition congolaise et son représentant Joseph Ouabari Mariotti "dénoncent les élections et le système électoral, le recensement pas refait, le découpage électoral déséquilibré, le fichier électoral incorrect", parce que Denis Sassou Nguesso va "désigner les députés". Le boycott sera donc maximum. 
Joseph Ouabari Mariotti précise que "Denis Sassou Nguesso est dans une logique de consolidation de son coup d'Etat électoral, commencé par le référendum, qui passe par le hold-up et qu'il essaye de terminer par le leg du pouvoir à son fils Denis Christel Sassou Nguesso, ce qui ne se fera jamais". Sassou favorise son fils surnommé "Kiki" aux dépends de son parti, le PCT, en mettant en avant le réseau associatif de ce fils. Il continuera pendant les sénatoriales et les élections locales.
En ce moment, les congolais sont également scandalisés par la "position" des Nations-Unies, qui est apparue lors de l'interview par RFI du représentant spécial du secrétaire général des Nations-unies pour l'Afrique centrale, le Guinéen François Louncény Fall. Celui-ci a évoqué 81 000 déplacés dans le Pool, sans parler d'action urgente nécessaire de l'Onu. Il a surtout critiqué les opposants en considérant que "Chaque fois qu’un gouvernement tend la main à l’opposition pour le dialogue, il faudrait que l’opposition saisisse cette occasion", ce qui est scandaleux de la part d'un envoyé de l'Onu, comme l'a justement remarqué la coalition congolaise de la société civile Tournons la Page.
François Louncény Fall est par ailleurs l'ancien Ministre des affaires étrangères d'Alpha Condé entre 2012 et 2016. Au Congo Brazzaville, Alpha Condé est considéré comme un grand ami de Sassou Nguesso. Comme lors du massacre et du coup d'Etat électoral, quand Abdoulaye Bathily représentait l'Onu et n'a rien fait, Onu et Ua sont actuellement très favorables au dictateur le plus violent des 20 ex-colonies françaises. Le Congo Brazzaville est abandonné à son sort, tandis que la production de pétrole continue.
Régis Marzin, écrit et publié le 19 juin 2017

mercredi 31 mai 2017

31 mai 2017, Aubervilliers, les balles du 14 juillet 1953

Daniel Kupferstein, également auteur de 2 documentaires sur le 17 octobre 1961 et sur le massacre de la station de métro Charonne le 8 février 1962, vient à Aubervilliers pour présenter son livre et son documentaire sur un massacre méconnu à Paris, celui du 14 juillet 1953 lors d’une manifestation du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, parti politique du leader algérien Messali Hadj. J’arrive après le débat à la librairie, pour voir le film « Les balles du 14 juillet 1953 » et je ne peux pas faire de photos.
Le 14 juillet 1953, la manifestation est organisée avec le soutien du PCF et de quelques associations comme le Mouvement de la paix. Les revendications concernent la guerre en Indochine, les arrestations de membres du PCF en France, et, pour l’Algérie, la libération de Messali Hadj, l’égalité entre français et algériens, les élections en Algérie. Elle rassemble essentiellement des algériens, des syndicalistes et des communistes. Quand la partie algérienne du cortège est arrivée Place de la Nation, les CRS ont ouvert le feu, avec des pistolets, faisant 7 mort et 50 blessés. Un des morts était un ouvrier de la CGT, Maurice Lurot, dont la famille s’est battue, en vain pour obtenir justice. Le documentaire présente longuement les 6 victimes algériennes.
Le préfet de police responsable est Jean Baylot, un ancien résistant, qui « a réintégré de nombreux policiers révoqués en 1945 » et a reconstitué la Brigade nord-africaine. Le Ministre de l'Intérieur des gouvernements Joseph Laniel, du 28 juin 1953 au 18 juin 1954, Léon Martinaud-Déplat, du Parti radical-socialiste, a défendu les CRS en parlant de légitime défense. Le reportage de Daniel Kupferstein rappelle les faits sans aucun rapport avec de la légitime défense. La justice mène ensuite une fausse investigation sur une prétendue « rébellion ». Un procès a lieu en 1957, reprenant uniquement la version policière.
Suite à ce massacre, les cortèges ouvriers seront interdits à Paris. Les manifestations du 1er mai ont disparu entre 1954 et 1968. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques en sortira affaibli et une partie supplémentaire des militants algériens pour l’indépendance se tournera vers la lutte armée. La désillusion sur l’obtention de l’indépendance par la voie pacifique avait commencé après les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en mai 1945, et s’accélérera alors en 1953. Le MTLD se scindera en deux fin 1953 et définitivement en août 1954.
Une banderole attire mon attention. Ce 14 juillet les manifestants avait écrit « Assez de trucages électoraux ». Le 11 avril 1948, ont eu lieu des élections pour le deuxième collège de l'Assemblée algérienne, 60 députés sur 120 élus par 1 300 000 citoyens « de statut musulman». Les fraudes électorales, des bourrages d’urnes surtout, et 8 personnes tuées par les forces de l’ordre ont fait scandale. Les partis algériens, le MTLD n’a eu que neuf députés et l'UDMA de Ferhat Abbas huit, alors que les « deux mouvements avaient obtenu un très grand nombre de voix aux élections municipales de 1947 ». L’assemblée en était ressorti dominée par les « béni-oui-oui ». Les fraudes continueront en 1954.
Ainsi l’expérimentation des fraudes électorales par les français en Afrique a commencé le 11 avril 1948 en Algérie. Daniel Kupferstein me précise que « la démocratie était intolérable pour les colons ». Le janvier 1948, en Inde mourrait Gandhi qui lui avait exigé à la fois l’indépendance et la démocratie, ce qu’il avait obtenu le 15 août 1947, mais cela n’a rien à voir…
Régis Marzin, 
écrit et publié le 6.6.17