La fête orientale organisée par l'association Art d'ici et d'ailleurs à l'Espace Fraternité d'Aubervilliers est la suite de la soirée 'Orient de velours' de février 2013. Avec la soirée africaine la veille, le Festival au féminin, il y a peut-être une sorte de double Journée internationale des droits des femmes de l'Espace Fraternité, pas par le choix des artistes sur scène, qui sont plus masculins ce soir, 3 sur 4, mais pour le public venu pour danser, qui est, lui, à 90% féminin. Dans cette ville, est-ce si souvent que l'ambiance se lâche ainsi sans aucun blocage ? Il y a un moment de la musique iranienne, mais nous sommes loin des pressions décrites dans le film "En secret" de Maryam Keshavarz. Le lieu joue pour beaucoup dans le bonheur qui se dégage une nouvelle fois : la scène est très proche du plateau de danse et les musiciens et chanteur-se-s descendent facilement, il est possible de venir leur parler. Pourtant, je suis fatigué ce soir et mes photos ne sont pas très bonnes. Je ne veux et ne peux d'ailleurs pas déranger les danseuses. Les chanteur-se-s sont Camille Nassim (chant, Liban), Mohamed Abdi (chant populaire marocain appelé Chaâbi), Samira Cherraj (chant, la présidente d'Art d'ici et d'ailleurs), Cheb Walid (chant, Algérie). Tou-te-s sont accompagnés par les musiciens
de l'association, et la danseuse Chocolaata intervient plusieurs fois. Malheureusement la présidente d'Art d'ici et d'ailleurs, très émue, nous annonce à la fin que son association pourrait quitter Aubervilliers et ne plus pouvoir continuer les spectacles ici. Quel dommage!
samedi 15 mars 2014
vendredi 14 mars 2014
14 mars 2014, Aubervilliers, Festival International au Féminin
Je voudrais remercier tous les musiciens qui ont brillamment assuré pendant le Festival International au Féminin à l'Espace Fraternité d'Aubervilliers, pendant la partie concert avec Adama Coulibali, les jeunes chanteuses et danseuses 'mandingues', Assi Diabaté, Ina Baba Coulibali et Fantani Touré. Cette photo est prise pendant le concert d'Ina Baba Coulibali, que j'avais déjà photographiée en mars 2013. Je remarque l'instrument que je retrouve ensuite sur le net : il s'agit du n'koni c'est-à-dire l' "instrument mélodique d'origine peulhe, utilisé depuis l'antiquité par cette ethnie", le "luth de la tradition mandingue classique ... instrument roi par excellence de la musique classique mandingue". Je le remarque aussi parce que la guitare électrique, trop expressive, a du mal à trouver une place harmonieuse dans certains morceaux traditionnels, et parce que je sens le potentiel impressionnant de cet instrument qui existait plusieurs siècles avant la guitare électrique.
Je n'ai pas pu venir pour la partie débat à 18h sur le mariage forcé et les violences faites aux femmes. La journée est organisée par des malien-ne-s d'Aubervilliers. Sans doute, y-a-t-il moins d'euphorie que lors du festival en mars 2013, juste après les combats au Mali. Je quitte la salle après les remerciements à toutes les armées africaines. Le point de vue ne tient compte que de l'avis de la population d'un seul pays, c'est dommage, car les violences contre les femmes ne doivent pas faire oublier les violences des nombreuses dictatures 'amies de la France', qui ont toutes tenté de redorer leur blason au travers du conflit malien. Même si ce n'est pas le sujet de la soirée, la question n'est pas négligeable, à moins de feindre que les avis de l'armée française et des dirigeants socialistes soumis à son influence comptent plus que la réalité africaine.
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mardi 11 mars 2014
11 mars 2014, Saint-Denis, le jeu dangereux du PS face aux Rroms
N'est-il pas normal de voir la médiocratie gagner les couches locales du PS quand ce parti devient une coquille vide, sans idée, spécialisé dans la quête et la conservation du pouvoir? Heureusement, ce n'est pas le cas partout : à Aubervilliers, la liste PS et vert-e-s a au moins le courage de faire un grand nombre de propositions qui élève le débat, même si l'on peut douter de la faisabilité dans une ville très pauvre. Mais, à Saint-Denis, le candidat PS semble avoir choisi le niveau des pâquerettes et des polémiques stériles pour essayer d'aller gagner les voix xénophobes. A moins qu'il ait été trompé par une lecture excessive de tracts nimbistes dégénérescents dans la haine de voisinage.
L'Etat ne tient pas ses promesses depuis la circulaire d'août 2012 qui n'est pas appliquée comme le dénonce le Secours Catholique. Le gouvernement a des difficultés dans plusieurs domaines, et Valls, Ayrault et Hollande sont responsables d'une nouvelle dérive au niveau national. Jouer avec le feu en poussant discrètement l'UMP vers le FN est à double tranchant, à une époque où l'égoïsme est de plus en plus un marqueur anthropologique, quand tous les espaces physiques et mentaux sont pensés au travers de la propriété, quand, parfois, dans l'inconscient collectif, les débats sur des progrès possibles de la société sont remplacés par une recherche de boucs émissaires. Il serait pourtant facile de voir que les Rroms apportent une diversité de points de vue philosophiques, que la manière de les considérer reflète aussi l'état des mentalités et le niveau d'intégration et de désintégration sociale, de capacité à vivre solidairement. Saint-Denis a besoin des Rroms et surtout du dialogue avec eux-elles!
Le candidat PS, Mathieu Hanotin, a saisi le tribunal d’instance pour tenter faire radier 48 noms de rroms du campement du terrain Voltaire, dit les "rroms du Hanul", des listes électorales, par 48 recours en référé, contestant « le caractère individuel de ces inscriptions » et considérant qu’elles ont été réalisées « à la frontière ténue
de la légalité ». Constatant cette attaque sans rapport avec la réalité, les rroms et leurs soutiens organisent sur le campement une conférence de presse.
5 journalistes sont là pour comprendre le malentendu transmis par le candidat PS, qui n'a jamais pris le temps de venir visiter le campement, et étale son ignorance du dossier. Il a mélangé les chiffres en parlant par exemple d'un terrain prévu pour 76 personnes alors que le terrain est prévu pour 55 familles. A quoi bon corriger toutes les informations fausses propagées pour des raisons électoralistes. 'Calomniez! calomniez! il en restera toujours quelque chose!'.
Le candidat PS traite de"bidonville aussi indigne de la condition humaine que dangereux pour ses occupants", un campement qui est un projet unique de collaboration entre des familles rroms organisées, des associations et soutiens, la mairie, et des services de l'Etat. Il a été construit avec des efforts pour aller vers le dialogue, un partenariat, de la responsabilité de part et d'autre, même si rien n' a été simple et ne sera simple. Ce projet, soutenu aussi par la Voix des rroms comme progrès par rapport aux villages d'insertion, est unique au niveau national, et, malgré les efforts qui restent à faire pour améliorer, Saint-Denis
peut être satisfait du processus qui a permis d'arriver jusque là, en comparaison avec ce qui se passe ailleurs. Il est plus facile de détruire que de construire patiemment. Et risquer de détruire un projet pour une raison électorale et pour s'attaquer au bilan d'un concurrent Front de Gauche montre un certain mépris. Il y a ici des dyonisiens habitant la ville depuis 14 ou 15 ans, dont les enfants vont à l'école, certain-e-s arrivant au lycée ou au bac, qui sont électeur-trice-s, heureux-ses de voter, qui ne vivent pas dans un "bidonville", parce qu'il y a eu depuis des années un long travail de partenariat avec les familles du Hanul, qui n'a pas toujours été simple, ce qui implique d'en parler correctement et de ne pas le menacer sans faire de propositions pour une meilleure installation. Si M Hanotin souhaite s'opposer à la "misère humaine" et se battre pour "la dignité pour tous", peut-être devrait-il commencer par aller parler avec les habitant-e-s du campement pour connaître l'histoire, les chiffres et la vérité, et faire des propositions concrètes. Il a été invité à venir pendant la conférence de presse.
"Il y a deux situations, ceux qui sont aidés par nécessité et ceux qui sont aidés par volonté" dit Gari, l'un des intervenant-e-s. Les soutiens bénévoles aident courageusement les adultes qui parlent mal français, ne sont pas familiers des papiers et procédures administratives, à faire des démarches, pour la santé, l'école, l'emploi, et le vote. Il ne s'est rien passé d'anormal dans l'aide à l'inscription sur la liste électorale. C'est un non événement dans le monde difficile de la solidarité. On l'aura compris, l'événement est plutôt dans la 'société du spectacle' politique, et, là, cela ne brille ni par la créativité ni par le respect.
"Il y a deux situations, ceux qui sont aidés par nécessité et ceux qui sont aidés par volonté" dit Gari, l'un des intervenant-e-s. Les soutiens bénévoles aident courageusement les adultes qui parlent mal français, ne sont pas familiers des papiers et procédures administratives, à faire des démarches, pour la santé, l'école, l'emploi, et le vote. Il ne s'est rien passé d'anormal dans l'aide à l'inscription sur la liste électorale. C'est un non événement dans le monde difficile de la solidarité. On l'aura compris, l'événement est plutôt dans la 'société du spectacle' politique, et, là, cela ne brille ni par la créativité ni par le respect.
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vendredi 7 mars 2014
7 mars 2014, Aubervilliers, Souad Massi et Eric Fernandez
Le spectacle s'intitule "Chœurs de Cordoue". Sur wikipedia, je lis que Souad Massi fait de la "musique arabo-andalouse" avec "des textes très personnels, souvent empreints de poésie et de nostalgie". Je crois que c'est très berbère et très gitan, mais je ne comprends pas les paroles des chansons, malheureusement. Çà change tout pour moi. Comment deviner les origines des mélanges sans accès au texte? sans compréhension du lien entre le fond et la forme ? Une grande partie des spectateurs-trice-s comprennent beaucoup mieux que moi. La nouvelle salle de l'Embarcadère, en format gradin, est pleine. La musique étant plus calme, il n'y a pas autant de youyou qu'avec Idir en novembre. J'apprécie le côté gitan du guitariste Eric Fernandez avec la danseuse de flamenco Sabrina Romero, parce que cela m'est plus familier suite à mon exposition sur la culture rrom. Je reste sur la balustrade et j'aurais voulu être plus prêt, mais la disposition de la salle ne facilite pas une approche discrète de photographe. Cela ne me permet pas techniquement de faire des bonnes photos : comme disait Robert Capa «Si ta photo n’est pas assez bonne, c’est que tu n’étais pas assez près». Il faut savoir apprécier tout le plaisir des contraintes et de la patience. Est-ce qu'une certaine froideur qui vient de l'espace architectural ne symbolise pas le froid que je ressens dans le mélange des cultures à Aubervilliers, quand l'expression naturelle laisse place à une observation des autres un peu timide ?
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samedi 22 février 2014
22 février 2014, Paris, Djibouti - conférence USN
L'Union de salut national est la coalition de l'opposition à la dictature djiboutienne. Son représentant en France Maki Houmed-Gaba (USN/ARD) organise une conférence de presse. Il a à sa droite Ahmed Hachin-Loïta (USN/UDJ), et à sa gauche, Saïda Barreh-Falcou (USN/PND). Maki Houmed-Gaba précise le contexte historique depuis les années 70, puis en arrive aux sujets principaux, l'inversion du résultat des législatives de 22 février 2013 et l'évolution de la situation jusqu'à ce premier anniversaire.
L'USN affirme son "esprit de responsabilité" dans la situation bloquée, très tendue, parce que, comme le signalait le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique à l'Union européenne, "Aucune dictature n’a jamais reconnu volontairement avoir inversé le
résultat d’un scrutin parce que cette reconnaissance mettrait les
responsables face à la vérité et la justice". Les négociations depuis février 2013 portent donc sur la publication des résultats par bureau de vote, et l'acceptation par Guelleh de la véritable assemblée, avec les vrai-e-s député-e-s élu-e-s, comme sur les réformes politiques nécessaires pour garantir des processus électoraux sans fraude. La répression étant très forte depuis 1 an, et surtout ces dernières semaines, la fin de cette répression, la libération des prisonniers politiques revient continuellement: je comprends que les prisonniers ne doivent pas être des otages dont la libération déterminerait l'issue ou le déroulement de négociations, ce qui sur le terrain est très délicat !
Dès mars 2013, l'USN a proposé des négociations à Guelleh, tout en demandant une médiation internationale. 4 réunions ont eu lieu entre mi août 2013 et mi-septembre 2013, sans que Guelleh ne lâche rien. Le 1er Février 2014, le dictateur, a accepté une réunion puis de
premières concessions sur des réformes futures, non écrites. Il est soupçonné de "jouer" en acceptant des concessions sur des points secondaires, pour satisfaire 'communauté internationale' concernée et soigner son image. Début avril, Guelleh est attendu à Bruxelles au sommet Afrique-Europe alors que son bilan est lourd à porter. Le 6 février, l'USN a reprécisé par écrit ses revendications.
Mais Djibouti est aussi un lieu militairement stratégique pour les armées occidentales, qui ont considéré jusqu'à présent Djibouti comme une zone militaire, et récemment de plus en plus avec l'opération Atalante contre la piraterie, et Guelleh profite de la dépendance des occidentaux à ce niveau. L'USN souhaite qu'avec la démocratie et l'alternance, Djibouti reste une place importante pour la préservation de la paix, au travers de la présence des troupes militaires dans les bases française, américaine, allemande, italienne et japonaise. La démocratie et les droits humains ne doivent pas être sacrifiés pour la paix, comme l'a indiqué le Parlement européen le 4 juillet 2013.
Ahmed Hachin-Loïta constate l'amélioration progressive de ses relations avec l'Union européenne et avance aussi maintenant dans ses contacts avec l'Union africaine. La question des sanctions contre le régime djiboutien est évoquée rapidement.
Maki Houmed-Gaba et Ahmed Hachin-Loïta rappellent que la lutte de l'USN, suite à une question sur le FRUD, mouvement armée très actif dans les années 90 aujourd'hui quasiment disparu, qui a eu un rôle historique important y compris dans des avancées de démocratisation, mais dont les méthodes aujourd'hui ne correspondent en rien au souhait de la population djiboutienne et à la situation géopolitique. Les manipulations des dictateurs pour rester au pouvoir au travers des divisions ethniques sont évoquées concernant les Afars et des Somalis. Le modérateur du débat, Makaila Nguebla explique l'importance de l'analyse des 'instrumentalisations des leviers identitaires' qu'il soient ethniques ou religieux.
La manifestation du 21 février à Djibouti a été interdite, et elle s'est
dispersée en petites manifestations. La tension est actuellement très
forte, les risques de violence sont élevés. La population souffre de cette
crise comme de la gestion du pays par le clan de Guelleh, et
s'impatiente malgré la peur. La tension pourrait donc encore grandir.
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jeudi 20 février 2014
19 février 2014, Aubervilliers, a propos de la pacification de l'Algérie
Ce jeudi, à la Librairie Les Mots passants, à Aubervilliers, est organisée une soirée de la Semaine Anticoloniale. Nils Andersson présente le livre "La Pacification" recueil de témoignages sur six années de violence de l'armée française pendant la guerre en Algérie, signé Hafid Kermane. Nils Andersson a été le premier éditeur de l'édition suisse fin 1960. Les témoignages avaient été rassemblés minutieusement par le FLN. Parmi eux se trouvaient les premiers faits de torture de Jean-Marie Le Pen.
Nils Andersson raconte la guerre contre-révolutionnaire, la transmission des pouvoirs de police à l'armée. La torture était un système et non de simples bavures. Dix ans après la Gestapo en France, des officiers torturés ont eux-aussi torturé. Après les massacres de Sétif le 8 mai 1945, qui a ont beaucoup marqué les algérien-ne-s, le pouvoir français s'est retrouvé encore plus accusé au niveau international de trahison des valeurs de la lutte anti-nazi, et cela a joué pour l'indépendance. Par contre, peu de français-es ont compris.
D'après lui, la guerre a fait entre 300 000 et 400 000 morts algériens (et non pas 1 million comme cela a parfois été dit), et 30 000 morts parmi les appelés. L'éditeur évoque les camps de regroupements très méconnus, dans lesquels se sont entassés 1 million de personnes: des milliers d'enfants y sont morts des mauvaises conditions et surtout de faim. Michel Rocard a évoqué jusqu'à 500 enfants par jour ! au total "200 000 personnes et en majorité des enfants".
Aujourd'hui encore, en plus des choix politiques, les questions de fonctionnement de l'Etat français, armée, police, magistrature, politiciens, pendant la guerre d'Algérie ne sont pas réglées. Pourtant, le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 prouve que les dysfonctionnements ont perduré.
Le débat va un moment sur les ambiguïtés du PCF qui en 1954-56 protestait avant de trouver un compromis en faveur d'une 'paix' plutôt que de l'indépendance, la direction se mettant en contradiction avec l'engagement de nombreux militant-e-s jusqu'au massacre de Charonne. Les étudiants en raison du service militaire se sont retrouvés les mieux informés et ont informé à leur tour: l'UNEF et le GMA sont les 2 seules organisations des 2 pays a avoir communiqué ensemble solidairement.
Puis le débat se porte aussi sur la situation de l'Algérie actuellement et le néocolonialisme en Afrique. Si l'histoire de la guerre française au Cameroun entre 1955 et 1970 commence à s'éclaircir, Nils Anderson remarque qu'au Niger les français ont interdit le parti indépendantiste Sawaba et mis fin au multipartisme en 1959. Il précise aussi que les 8 années de guerre ont fait que le néocolonialisme n'a pas touché l'Algérie.
Nils Andersson raconte la guerre contre-révolutionnaire, la transmission des pouvoirs de police à l'armée. La torture était un système et non de simples bavures. Dix ans après la Gestapo en France, des officiers torturés ont eux-aussi torturé. Après les massacres de Sétif le 8 mai 1945, qui a ont beaucoup marqué les algérien-ne-s, le pouvoir français s'est retrouvé encore plus accusé au niveau international de trahison des valeurs de la lutte anti-nazi, et cela a joué pour l'indépendance. Par contre, peu de français-es ont compris.
D'après lui, la guerre a fait entre 300 000 et 400 000 morts algériens (et non pas 1 million comme cela a parfois été dit), et 30 000 morts parmi les appelés. L'éditeur évoque les camps de regroupements très méconnus, dans lesquels se sont entassés 1 million de personnes: des milliers d'enfants y sont morts des mauvaises conditions et surtout de faim. Michel Rocard a évoqué jusqu'à 500 enfants par jour ! au total "200 000 personnes et en majorité des enfants".
Aujourd'hui encore, en plus des choix politiques, les questions de fonctionnement de l'Etat français, armée, police, magistrature, politiciens, pendant la guerre d'Algérie ne sont pas réglées. Pourtant, le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 prouve que les dysfonctionnements ont perduré.
Le débat va un moment sur les ambiguïtés du PCF qui en 1954-56 protestait avant de trouver un compromis en faveur d'une 'paix' plutôt que de l'indépendance, la direction se mettant en contradiction avec l'engagement de nombreux militant-e-s jusqu'au massacre de Charonne. Les étudiants en raison du service militaire se sont retrouvés les mieux informés et ont informé à leur tour: l'UNEF et le GMA sont les 2 seules organisations des 2 pays a avoir communiqué ensemble solidairement.
Puis le débat se porte aussi sur la situation de l'Algérie actuellement et le néocolonialisme en Afrique. Si l'histoire de la guerre française au Cameroun entre 1955 et 1970 commence à s'éclaircir, Nils Anderson remarque qu'au Niger les français ont interdit le parti indépendantiste Sawaba et mis fin au multipartisme en 1959. Il précise aussi que les 8 années de guerre ont fait que le néocolonialisme n'a pas touché l'Algérie.
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dimanche 9 février 2014
Du 2 au 9 février 2014, Paris, Festival Bobines Sociales
Le festival Bobines Sociales a lieu le week-end à l'Hermitage, à Ménilmontant. La soirée du samedi présente au travers de 3 documentaires, une suite de luttes politiques violentes. Le documentaire 'Ni travail, ni famille, ni patrie' de Mosco Boucault raconte les combats des résistants des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) à Toulouse pendant la seconde guerre mondiale. Ces résistants étrangers, par exemple juifs polonais, furent très actifs, secrètement en ville, d'une manière très différente de la résistance dans le maquis. Le film se termine en expliquant comment cette résistance des étrangers a ensuite été occultée.
Le 2e documentaire 'GARI!' de Nicolas Réglat (sur la photo entre 2 organisateurs-trices), raconte la lutte armée anti-franquiste en 1974, des GARI (Groupes d'action révolutionnaire internationalistes), basés à Toulouse aussi, et raconte précisément l'enlèvement du banquier Angel Baltasar Suarez. L'étrangeté du film vient du fait qu'en 1981, les membres du commando arrêtés pour cet enlèvement ont été acquittés par la justice. 33 ans plus tard, le décalage historique au niveau enquête de police et justice est bien visible. Le point de vue est loin d'être neutre, sur une organisation également liée à Jean-Marc Rouillan, il montre la piètre organisation et positive globalement le point de vue des acteurs-trices. Si le documentaire est bien réalisé, il sort la lutte d'un contexte plus large: quelques temps avant la démocratisation de l'Espagne, la méthode utilisée en France par les GARI avait-elle un sens dans le contexte espagnol? J'en doute. En plus de mon refus de principe de toute violence, cela m'évoque en contrepoint surtout la désorganisation que provoque la violence dans les mouvements non-violents qui sont plus efficaces. Cela pose aussi la question de la forme des documentaires si des propos ont une cohérence interne et seulement interne qui les rend lisibles, alors qu'ils sont éloignés de la légalité et de tout ce qui y affère, comme s'il s'agissait d'une fiction. Ou alors se pose la question de la relation entre histoire et justice ?
Le 3e documentaire 'Les insurgés de la terre' de Philippe Borrel explique la répression aux USA des soi-disant 'eco-terrorristes'. On y entend un activiste condamné à 23 ans de prisons pour un incendie, en raison du Patriot act ! Comme le FBI ne trouvait pas de terroristes musulmans aux USA après le 11 septembre, la logique politicienne a tenté de se justifier en inventant des dangers, en les exagérant. Le film lui-même ne s'éloigne pas assez pas des simplifications des témoins propres à une culture de la communication américaine.
Globalement, les 3 films proposent un aperçu de variations de perception de la violence au travers de quelques histoires particulières, sans pouvoir à être cohérent, le sujet étant trop vaste. Sans considérer des qualités de réalisation, le documentaire 'Ni travail, ni famille, ni patrie' de Mosco Boucault me paraît sur le fond être le seul à posséder une maturité tenant compte d'un contexte politique et historique, le recul aidant sans doute.
Le 2e documentaire 'GARI!' de Nicolas Réglat (sur la photo entre 2 organisateurs-trices), raconte la lutte armée anti-franquiste en 1974, des GARI (Groupes d'action révolutionnaire internationalistes), basés à Toulouse aussi, et raconte précisément l'enlèvement du banquier Angel Baltasar Suarez. L'étrangeté du film vient du fait qu'en 1981, les membres du commando arrêtés pour cet enlèvement ont été acquittés par la justice. 33 ans plus tard, le décalage historique au niveau enquête de police et justice est bien visible. Le point de vue est loin d'être neutre, sur une organisation également liée à Jean-Marc Rouillan, il montre la piètre organisation et positive globalement le point de vue des acteurs-trices. Si le documentaire est bien réalisé, il sort la lutte d'un contexte plus large: quelques temps avant la démocratisation de l'Espagne, la méthode utilisée en France par les GARI avait-elle un sens dans le contexte espagnol? J'en doute. En plus de mon refus de principe de toute violence, cela m'évoque en contrepoint surtout la désorganisation que provoque la violence dans les mouvements non-violents qui sont plus efficaces. Cela pose aussi la question de la forme des documentaires si des propos ont une cohérence interne et seulement interne qui les rend lisibles, alors qu'ils sont éloignés de la légalité et de tout ce qui y affère, comme s'il s'agissait d'une fiction. Ou alors se pose la question de la relation entre histoire et justice ?
Le 3e documentaire 'Les insurgés de la terre' de Philippe Borrel explique la répression aux USA des soi-disant 'eco-terrorristes'. On y entend un activiste condamné à 23 ans de prisons pour un incendie, en raison du Patriot act ! Comme le FBI ne trouvait pas de terroristes musulmans aux USA après le 11 septembre, la logique politicienne a tenté de se justifier en inventant des dangers, en les exagérant. Le film lui-même ne s'éloigne pas assez pas des simplifications des témoins propres à une culture de la communication américaine.
Globalement, les 3 films proposent un aperçu de variations de perception de la violence au travers de quelques histoires particulières, sans pouvoir à être cohérent, le sujet étant trop vaste. Sans considérer des qualités de réalisation, le documentaire 'Ni travail, ni famille, ni patrie' de Mosco Boucault me paraît sur le fond être le seul à posséder une maturité tenant compte d'un contexte politique et historique, le recul aidant sans doute.
Le lendemain, deux documentaires parlent d'agriculture, 'La panification des moeurs' de Gwladys Déprez, et 'Planète à vendre' d'Alexis Marant. J'ai une discussion avec une amie sur le film d'Alexis Marant: je défends ce film qui dénonce des investissements des financiers dans l'agriculture au niveau planétaire, malgré ses défauts d'analyse (il oublie par exemple de parle de la responsabilité de l'OMC comme le précise l'intervenante d'AGTER) et de commentaire, parce qu'il apporte des éléments d'enquête intéressants, et parce que les film qui défendent les intérêts des sans-voix sont si rares.
Le débat avec Gwladys Déprez (à droite) à et l'intervenante d'AGTER (à gauche) s'embourbe dans la question de la démocratie et de la dictature faute de compétences dans la salle. 'Planète à vendre' a choisi des exemples en Ethiopie et en Uruguay. Le débat n'arrive pas à expliquer en quoi la démocratisation est nécessaire pour garantir les intérêts de la population et en quoi elle n'est pas suffisante, parce qu'est également nécessaire un Etat de droit basé sur des institutions difficile à construire.
Le débat avec Gwladys Déprez (à droite) à et l'intervenante d'AGTER (à gauche) s'embourbe dans la question de la démocratie et de la dictature faute de compétences dans la salle. 'Planète à vendre' a choisi des exemples en Ethiopie et en Uruguay. Le débat n'arrive pas à expliquer en quoi la démocratisation est nécessaire pour garantir les intérêts de la population et en quoi elle n'est pas suffisante, parce qu'est également nécessaire un Etat de droit basé sur des institutions difficile à construire.
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jeudi 6 février 2014
6 février 2014, Aubervilliers, La violence des riches
Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, les sociologues de la bourgeoisie, présentent à la librairie 'Les mots passants' leur livre « La violence des riches, Chronique d'une immense casse sociale ». Je retiens quelques idées. Les très riches "constituent la dernière classe au sens de Marx en soi et pour soi". Les très riches transmettent l'idée de l'individualisme alors qu'ils et
elles sont très solidaires et s'entraident très collectivement. L'argent des
riches les unit alors que l'argent des classes moyennes désunit dans la concurrence. La conclusion sur quoi faire est moins convaincante. La connaissance et la colère ne suffisent pas.
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dimanche 26 janvier 2014
26 janvier 2014, Paris, génocide des Tutsi du Rwanda, 20 ans déjà
20 ans déjà que la justice piétine et les acteurs français complices du génocide des Tutsi du Rwanda ne sont toujours pas jugés. Les commémorations de 2014 commencent avec plusieurs événements organisés et parrainés par les rescapés d'Ibuka. Ce dimanche, des assises de la lutte contre le négationnisme "20 ans après : dire le génocide des Tutsi", composés de 4 panels a lieu toute la journée à l'ESG, un lieu surprenant pour ce thème, et je viens l'après-midi pour les 2 derniers panels. Ce genre de colloque demande, si l'on connait déjà le sujet, un bon sens de la diplomatie et de la dialectique, car il s'agit de se satisfaire des quelques éléments de progrès sur le dossier. Depuis 2008, cela avance, doucement, constamment, pas à pas, et en 2014 se pose surtout la question de la tenue des premiers procès. Ce n'est pas la peine de s'étendre sur le spectacle, la mise en scène qui permet à certains retardataires de prendre le train en marche avant qu'il ne soit trop tard, à quelques usurpateurs, non-cités dans cet article, de jouer leur rôle, et à Bernard Kouchner de venir se faire applaudir bruyamment pour son apport personnel au progrès de l'humanité, au niveau ingérence et devoir de protéger. Il y a 300 personnes dans la salles dont 250 étudiant-e-s, qui ont été poussé-e-s par leur école à rester jusqu'à la fin. Certes, il y a mise en scène, mais les paroles, c'est autre chose, plus important.
Le thème du négationnisme, alors que les négationnistes sont déjà à la dérive, est aussi une manière d'aborder l'implication des acteurs français sans ne faire que cela, et donc c'est aussi un compromis dans la communication. Une manière plus franche aurait été d'évoquer aussi plus longtemps des acteurs impliqués dans l'obstruction de la justice, le négationnisme ayant surtout permis de cacher cette obstruction et de la justifier a posteriori.
Heureusement, Patrick de Saint-Exupéry, dernier à gauche, et Jean-François Dupaquier, dernier à droite, sont là pour aller à l'essentiel. Patrick de Saint Exupéry indique que la thèse du double génocide a été lancée par François Mitterrand lui-même. Il évoque les 30 procédures contre son livre 'Complice de l'inavouable, la France au Rwanda' annonce qu'un juge a prononcé en même temps un 'attendu' qui sera publié prochainement et aborde l'implication des acteurs en cause. C'est une première, et l'information devrait sortir prochainement. Il précise aussi que tous les plaignants officiers de l'armée française ont eu leurs frais de justice payés par le ministre de la défense sans limite. Ils ont perdu quand même. Il ne faudra pas oublier de leur demander de rembourser cet argent aux contribuables si jamais la justice s'intéresse un jour pour de bon à leur cas.
Jean-François Dupaquier rapporte les propos de M Paul Dijoud directeur Afrique au Quai d'Orsay en 1991-1992 lors d'une rencontre avec le FPR: "Si vous ne déposez pas les armes, vous trouverez tous les vôtres déjà exterminés à votre arrivée à Kigali", ce qui constitue pour Jean-François Dupaquier un "consentement préalable à un génocide éventuel". Il résume aussi l'enfumage du juge Bruguière auquel ont collaboré des universitaires comme André Guichaoua ou Claudine Vidal (en plus de Charles Onana).
Le thème du négationnisme, alors que les négationnistes sont déjà à la dérive, est aussi une manière d'aborder l'implication des acteurs français sans ne faire que cela, et donc c'est aussi un compromis dans la communication. Une manière plus franche aurait été d'évoquer aussi plus longtemps des acteurs impliqués dans l'obstruction de la justice, le négationnisme ayant surtout permis de cacher cette obstruction et de la justifier a posteriori.
Heureusement, Patrick de Saint-Exupéry, dernier à gauche, et Jean-François Dupaquier, dernier à droite, sont là pour aller à l'essentiel. Patrick de Saint Exupéry indique que la thèse du double génocide a été lancée par François Mitterrand lui-même. Il évoque les 30 procédures contre son livre 'Complice de l'inavouable, la France au Rwanda' annonce qu'un juge a prononcé en même temps un 'attendu' qui sera publié prochainement et aborde l'implication des acteurs en cause. C'est une première, et l'information devrait sortir prochainement. Il précise aussi que tous les plaignants officiers de l'armée française ont eu leurs frais de justice payés par le ministre de la défense sans limite. Ils ont perdu quand même. Il ne faudra pas oublier de leur demander de rembourser cet argent aux contribuables si jamais la justice s'intéresse un jour pour de bon à leur cas.
Jean-François Dupaquier rapporte les propos de M Paul Dijoud directeur Afrique au Quai d'Orsay en 1991-1992 lors d'une rencontre avec le FPR: "Si vous ne déposez pas les armes, vous trouverez tous les vôtres déjà exterminés à votre arrivée à Kigali", ce qui constitue pour Jean-François Dupaquier un "consentement préalable à un génocide éventuel". Il résume aussi l'enfumage du juge Bruguière auquel ont collaboré des universitaires comme André Guichaoua ou Claudine Vidal (en plus de Charles Onana).
Dans la dernière partie du colloque, Hélène Dumas aborde les tribunaux Gacaca, Stéphane Audoin-Rouzeau explique comment les sciences sociales doivent s'impliquer, corriger des erreurs, et que, lui, dirige une équipe de thésard sur le génocide.
Alain Gauthier du Collectif des Parties civiles rwandaises (CPCR) fait le point sur les 20 procédures contre les présumés génocidaires en France. Le procès de Pascal Simbikangwa, premier procès, enfin!, est imminent, il commence le 4 février. Il explique que le CPCR a fait depuis dix ans le travail d'enquête et de plainte à la place du Parquet, et comment la justice a freiné le plus souvent toutes les actions. 3 présumés génocidaires seulement ont été mis en détention préventive. Agathe Habyarimana, personnellement impliquée dans l'organisation du génocide, a été protégée. Cela avance enfin depuis 2012, grâce à la création du Pôle génocide et crime contre l'humanité au TGI de Paris.
Alain Gauthier du Collectif des Parties civiles rwandaises (CPCR) fait le point sur les 20 procédures contre les présumés génocidaires en France. Le procès de Pascal Simbikangwa, premier procès, enfin!, est imminent, il commence le 4 février. Il explique que le CPCR a fait depuis dix ans le travail d'enquête et de plainte à la place du Parquet, et comment la justice a freiné le plus souvent toutes les actions. 3 présumés génocidaires seulement ont été mis en détention préventive. Agathe Habyarimana, personnellement impliquée dans l'organisation du génocide, a été protégée. Cela avance enfin depuis 2012, grâce à la création du Pôle génocide et crime contre l'humanité au TGI de Paris.
A la fin du colloque, arrive enfin Bernard Kouchner, qui a écouté aussi une grande partie des interventions. Dialectique aidant, il y a un peu de suspens. A quel niveau va-t-il placer le curseur? Le 26 mai 2013, il s'était montré très réservé. Lui qui en sait tellement, va-t-il parler un peu? Mais une analyse purement subjective et morale ne permettrait pas de se placer au niveau du style diplomatique internationalement historique. Non, ce n'est pas cela...
Bernard Kouchner parle de la Centrafrique, et de la nécessité d'intervenir en amont, assez tôt. Il dit que les Etats n'interviennent pas que pour des raisons égoïstes. Il demande que l'Union Européenne adopte des "mécanismes d'intervention" comme ceux de l'ONU, "Early Warning System". Il regrette le désintérêt actuel en occident, celui des électeur-trice-s, pour la protection des populations en danger.
Il dit quelque chose de personnel, que pendant 8 ans, il était incapable de parler du génocide des Tutsi, que l'opacité était telle que cela désespérait. Il raconte comment il avait essayé pendant le génocide d'alerter Mandéla qui n'avait réagi que 3 mois plus tard. Il explique que l'opinion était influencée par les politiques, alors que "des erreurs politiques massives avaient précédées". Il dit qu'il faudrait reconnaître cette erreur politique. Il dit qu'il n'a même pas été interrogé par la Mission d'information parlementaire de Quilès en 1998. Il dit une phrase, vite, que je n'ai pas comprise, sur la participation française et les génocidaires. Il critique les auteurs de livres qui ne sont jamais allés au Rwanda. Il dit qu'il n'a pas lu Péan, et que sinon, il aurait eu un infarctus. Il reparle d'erreur politique. Il dit "l'armée française n'a fait que suivre les ordres". Il explique, que dans un contexte de Françafrique, il s'agissait de prendre la place des belges, au Rwanda et en RDC, de s'opposer à l'influence des anglophones, et de l'Ouganda en particulier. Il raconte qu'il a beaucoup parlé à Alain Juppé, qui avait fait accepter Turquoise à Balladur. Il dédouane Turquoise en acceptant qu'on ait reproché à Turquoise d'avoir laissé fuir le gouvernement génocidaire. Il dit "J'ai parlé à Mitterrand", et je n'ai eu que de "l'incompréhension". Il dit que Mitterrand a dit "C'était des africains, c'est pas votre affaire!". Répondant à une question du public, il dit, qu'une Commission d'enquête parlementaire, ce n'est ce qu'il faut parce que les députés ne sont ni objectifs, ni compétents, ni intéressés. Il dit qu'il faut des personnes"plus spécialistes" que les députés. Il dit "oui, il faut ré-ouvrir le dossier", que nous en savons plus maintenant, par exemple, sur l'entourage de Mitterrand. Il dit que la vérité arrive petit à petit. Il dit "Oui oui oui, l'armée française a joué un rôle politique", mais que ce n'est pas Turquoise qui est en cause. Il dit que la fin de la procédure du juge Bruguière est importante et qu'il faut ré-ouvrir le dossier.
J'espère ne pas m'être trompé dans mes notes, une vidéo a enregistré sa parole. A-t-il dit quelque chose d'important ? Sans doute, oui parce qu'il s'agit d'un responsable politique qui a été ensuite ministre des affaires étrangères et a fait bougé la relation entre les Etats français et rwandais. Les paroles ne se comprennent et ne se comprendront que par rapport aux faits et aux actes, qui précédent, et qui suivront.
Il dit quelque chose de personnel, que pendant 8 ans, il était incapable de parler du génocide des Tutsi, que l'opacité était telle que cela désespérait. Il raconte comment il avait essayé pendant le génocide d'alerter Mandéla qui n'avait réagi que 3 mois plus tard. Il explique que l'opinion était influencée par les politiques, alors que "des erreurs politiques massives avaient précédées". Il dit qu'il faudrait reconnaître cette erreur politique. Il dit qu'il n'a même pas été interrogé par la Mission d'information parlementaire de Quilès en 1998. Il dit une phrase, vite, que je n'ai pas comprise, sur la participation française et les génocidaires. Il critique les auteurs de livres qui ne sont jamais allés au Rwanda. Il dit qu'il n'a pas lu Péan, et que sinon, il aurait eu un infarctus. Il reparle d'erreur politique. Il dit "l'armée française n'a fait que suivre les ordres". Il explique, que dans un contexte de Françafrique, il s'agissait de prendre la place des belges, au Rwanda et en RDC, de s'opposer à l'influence des anglophones, et de l'Ouganda en particulier. Il raconte qu'il a beaucoup parlé à Alain Juppé, qui avait fait accepter Turquoise à Balladur. Il dédouane Turquoise en acceptant qu'on ait reproché à Turquoise d'avoir laissé fuir le gouvernement génocidaire. Il dit "J'ai parlé à Mitterrand", et je n'ai eu que de "l'incompréhension". Il dit que Mitterrand a dit "C'était des africains, c'est pas votre affaire!". Répondant à une question du public, il dit, qu'une Commission d'enquête parlementaire, ce n'est ce qu'il faut parce que les députés ne sont ni objectifs, ni compétents, ni intéressés. Il dit qu'il faut des personnes"plus spécialistes" que les députés. Il dit "oui, il faut ré-ouvrir le dossier", que nous en savons plus maintenant, par exemple, sur l'entourage de Mitterrand. Il dit que la vérité arrive petit à petit. Il dit "Oui oui oui, l'armée française a joué un rôle politique", mais que ce n'est pas Turquoise qui est en cause. Il dit que la fin de la procédure du juge Bruguière est importante et qu'il faut ré-ouvrir le dossier.
J'espère ne pas m'être trompé dans mes notes, une vidéo a enregistré sa parole. A-t-il dit quelque chose d'important ? Sans doute, oui parce qu'il s'agit d'un responsable politique qui a été ensuite ministre des affaires étrangères et a fait bougé la relation entre les Etats français et rwandais. Les paroles ne se comprennent et ne se comprendront que par rapport aux faits et aux actes, qui précédent, et qui suivront.
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samedi 11 janvier 2014
11 janvier 2014, Paris, Centrafrique : "Urgence d’agir !
Ce samedi, la Maison de l'Afrique et et l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) organise un colloque sur la Centrafrique intitulé "Urgence d'agir!". La première table ronde est assez diplomatique: faut-il parler des deux généraux français en retraite ? Ils était sans doute là pour s'informer car ils ont fait le classique remplissage des conseillés: faire semblant d'être originaux en répétant le discours officiel avec une goutte de critique. Globalement les militaires français cherchent à rester influents et présents en Afrique en formant les armées africaines sur la paix et la sécurité sans se mêler de politique, et donc, sans que l'on touche aux dictateurs (La question de la démocratie ne concerne pas les militaires français tant les dirigeants politiques français ne leurs ont pas dit de s'en préoccuper). Les intervenants centrafricains, Vincent Mambachaka (au chapeau) et Serge Singha (au micro), ont été plus pertinents et percutants pour évoquer l'analyse de la situation, le rôle de certains acteurs, les élections potentielles, l'impunité actuelle. Le rôle de Déby revient constamment dans le débat sans que l'historique ne soit explicité. La dictature tchadienne semble suffisamment solide pour que plus personne ne songe à penser à sa disparition. Si un jour la démocratie devait arriver en Centrafrique ne devrait-elle pas arriver aussi au Tchad ? Serge Singha pense que "le Tchad fait partie du problème": que vient faire l'armée tchadienne dans la MISCA ? Imagine-t-on l'armée rwandaise dans une force d'interposition au Congo Kinshasa?
Dans la deuxième partie, les discussions ont précisé de nombreux points. Suite au départ de Djotodia, qui devrait partir en exil au Bénin, que fera le Conseil National de Transition pour choisir un nouveau président de transition ? Le CNT est très contesté, parce que sur 135 membres, 18 sont des membres de la Séléka maintenant dissoute, et parce que sa légitimité est minimale comme il a été mis en place sous pression de Déby, et parce que les accords de Libreville, correspondant à un cessez-le-feu, ne sont plus valables. Tous les intervenants ne sont pas d'accords, mais il y a des tendances assez fortes. Les conclusions du sommet de Ndjaména ne sont pas acceptables parce que les chefs d'Etat de la région n'ont pas de légitimité pour décider à la place des centrafricains. Surtout Idriss Déby ne doit pas imposer son candidat. Une conférence nationale souveraine, qui pourrait s'appeler d'un autre nom comme 'assises nationales', est proposée par Marie-Reine Hassen, pour rétablir le dialogue en
Centrafrique. Certains intervenants et personnes du public pensent que
la dissolution du Conseil National de Transition est indispensable,
alors que d'autres, minoritaires à ce qu'il m'a semblé, voit le CNT
comme un dernier pôle de stabilité à conserver. Le désarmement est la priorité. Les crimes ne peuvent pas rester impunis, et la CPI, un tribunal spécialisé, ou la justice centrafricaines sont envisagés. Les élections ne pourront pas avoir lieu en 2014, et beaucoup de choses devraient être faites avant ces élections, surtout renforcer l'Etat, remettre en place les services nécessaires à la population. La démocratie et l'Etat de droit qui n'ont jamais existé en RCA pourrait se construire à partir de maintenant. Certains pensent aussi qu'il faudrait redonner une place aux Forces Armées centrafricaines (FACA), actuellement hors-jeu.
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mercredi 4 décembre 2013
4 décembre 2013, Paris, Procès de l'armée française en Afrique
C'est encore un grand événement organisé par l'association Survie: le tribunal citoyen de la Françafrique, pendant le sommet de l'Elysée sur la Paix et la sécurité. Hollande et ses 2 ministres de la Défense Fabius et Le Drian veulent nous faire croire que les dictateurs n'existent plus parce la Françafrique c'est pas bien, et parce qu'à l'Union africaine on parle parfois de démocratie. 27 présidents africains, dont la dizaine d'irréductibles dictateurs patentés des anciennes colonies françaises, viennent montrer à l'Union européenne que la France est toujours une grande puissance avant le Conseil européen sur la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) les 19 et 20 décembre. La politique française en Afrique est en 2013 définie par les conseillés militaires, qui profitent de l'incompétence notoire des socialistes pour leur vendre des stratégies qui garantissent les impunités réciproques. Ce qui se profile après un demi-mandat socialiste sous influence du lobby militaro-industriel, c'est la soumission aux impératifs économiques, autrement dit à l'intérêt des multinationales. Sous couvert de propagande, Hollande fait pire avec Déby au Tchad que Sarkozy avec Khadafi, parce que l'armée française a observé tant que faire se peut les crimes de ce tyran au pouvoir depuis 23 ans, qui a échappé de justesse à la CPI vers 2008-2009, et vient d'être réhabilité à moindre coût dans les sables maliens. Déby vient de déstabiliser la Centrafrique sous l’œil complaisant des observateurs militaires français à Ndjaména et à Bangui, et maintenant l'élève sahélien de Machiavel permet encore à l'armée française de redorer son blason en jouant la pacificatrice. Les journalistes endormis semblent encore croire que Sarkozy était pire que Hollande parce qu'il était méchant avec les sans-papiers et était allergique aux intellectuels. Mais la politique africaine sous influence militaire des socialistes ne peut être que la plus néocoloniale et la plus inspirée de relents racistes.
Pendant la soirée, une quinzaine d'intervenant-e-s se succèdent devant la présidente du tribunal, le procureur et les 2 avocats du parquet qui défendent brillamment l'Etat français. Le procès est une mise en scène équilibrée qui associe humour et regard critique sévère. Quand arrive la témoin de la Centrafrique, Denise Yakazangba, l'émotion est forte. Le drame que vit son pays est effroyable et l'ironie des avocats s'arrête juste là où il faut. Elle insiste sur la responsabilité du dictateur tchadien extrêmement dangereux, à jouer les pompiers-pyromanes avec le feu orange de Hollande. Le président français se prend pour de Gaulle, quand il ressemble à Mitterrand conseillé par Védrine à quelques pas du génocide rwandais.
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mardi 12 novembre 2013
11 novembre 2013, Paris, l'Unesco accueille un "terroriste" tchadien
La réhabilitation de Déby, c'est la réhabilitation de tous les dictateurs de la Françafrique. L'amnistie des crimes de Déby, c'est l'amnistie des crimes des dictateurs de la Françafrique. La réhabilitation de Déby favorise une relance de la Françafrique sous l'influence de l'armée française.
Ce 11 novembre, le dictateur tchadien Idriss Déby est à l'Unesco en grandes pompes, pour un obscur prétexte culturel. Il vient se faire admirer et goûter aux joies de la société du spectacle après les services rendus au Mali. Une centaine de manifestants en colère ont été repoussés un peu plus loin, hors des regards. La police française protège le criminel et ses acolytes. C'est normal: ce sont les dirigeants français qui décide de la liste des criminels avec qui collaborer. On dira certainement plus tard qu'Hollande avec Déby ne vaut pas mieux que Sarkozy avec Khadafi. Dommage!
Qui décide de la politique étrangère française ? Un breton de Lorient têtu qui veut préserver les emplois dans sa ville? un ancien premier ministre qui a trop connu la bonne vieille Françafrique à la sauce Sassou et Bongo ? l'Etat-major d'une armée qui n'existe que grâce à l'Afrique ? ou le général Puga si admiré depuis l'intervention au Mali ? Par certains aspects, le gouvernement et dans une moindre mesure le Parti Socialiste actuel rappelle les gouvernement et Parti
socialiste mitterrandiens avant le génocide du Rwanda en 1994. Les politiciens se sentent obligés de camoufler le fait que l'armée française a été témoin des crimes au Tchad comme au Rwanda. La question du niveau de complicité se pose dans les deux pays.
En 2013, la communauté internationale, à l'ONU, puis au travers de l'Union européenne, a suivi le gouvernement français dans sa réhabilitation du tyran tchadien. Il a suffit d'un peu plus de 2200 soldats envoyés en première ligne et dont sans doute 300 ne sont pas revenus pour que l'affaire soit entendue. La justice internationale se met en place à partir des années 2000: qui jugera les crimes avant la Cour pénale internationale, ceux des années 90 ? Un dictateur fidèle aux intérêts d'une grande puissance occidentale est-il amnistié d'office ? L'armée française a mis au pouvoir Déby en 1990, et l'a sauvé en 2006 et 2008. C'est un rebelle qui a réussi, à l'époque du démarrage de l'exploitation du pétrole.
Cependant, la situation du Tchad est très complexe. Le pays est entouré de pays instables, et fait partie de la zone sahélienne où se développe du terrorisme. Les 30 dernières années ont été ponctués de guerres civiles, et la culture démocratique est encore très faible. La diaspora tchadienne en France est très marquée par d'anciens rebelles qui se sont exilés. La question du développement d'une culture démocratique non-violente se pose au Tchad comme en France, pour les opposants aussi. Planqués derrières une rangée de CRS et les vitres teintés de l'ubuesque Unesco, les ministres et cousins de Déby ricanaient en voyant la manifestation. La diaspora tchadienne mettra sans doute de nombreuses années pour s'organiser en fonction d'une nouvelle donne géopolitique, et pour gérer la présence des 'politico-militaires' en France. Des images de chefs rebelles tués pendant des guerres se sont glissés sur une grande partie de mes photographies du rassemblement. C'est gênant. Les deux photos de banderoles ci-dessus ne reflète donc pas la réalité.
Qui est responsable de l'état du Tchad et de l'impossibilité d'une alternance démocratique ? Est-ce Déby et son clan ? Hollande, Fabius et Le Drian ? Le chef d’Etat-major des armées françaises, l’amiral Edouard Guillaud habitué des salons de la présidence tchadienne, le général Puga, et leurs prédécesseurs ? Mitterrand, Chirac et Sarkozy ? Puisqu'en 2013, le soutien français à Déby a relancé la Françafrique, tous les dictateurs des ex-colonies françaises se régalent et tentent d'en tirer profit. Les Vert-e-s quitteront-ils-elles le gouvernement avant le naufrage du navire ? Fabius doit-il démissionner ou prendre sa retraite? Hollande est-il sous influence, déjà épuisé, déjà empêtré dans les chantages de la Françafrique, ou juste dépassé? Pendant que le suspens continu dans les antichambres du pouvoir parisien, la population tchadienne croupit dans la misère sous les coups des brutes gardant les robinets de pétrole.
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jeudi 7 novembre 2013
7 novembre 2013, Aubervilliers, Idir
Pour le concert d'Idir, le Festival des Villes des Musiques du Monde est à l'Embarcadère, la nouvelle salle d'Aubervilliers, cette fois en configuration 'tribune' (la tribune peut se retirer). Le public connait les chansons par cœur, les youyous jaillissent tout le temps. Çà danse dans les couloirs de la tribune, puis une partie du public descend, et enfin c'est la liesse. La lumière éclaire aussi les premiers rangs. Il se passe quelque chose d'original, qui arrive progressivement, et la cellule de mon appareil capte aussi des lumières originales (Je ne retravaille pas du tout les photos pour le blog). Idir chante avec sa fille. Un moment il évoque sa mère et les femmes kabyles, pour qui ce n'était pas facile d'être femme dans une société marqué par des traditions. La salle applaudit très fort son poème féministe.
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jeudi 31 octobre 2013
31 octobre 2013, Aubervilliers, Al Atlal au Festival des Villes des Musiques du Monde
Fatigué de trop de travail sur la politique africaine, je me rends aujourd'hui au Théâtre de la Commune pour le Festival des Villes des Musiques du Monde. En première partie, c'est Dgiz et un atelier de rap et d'écriture ...
... puis Al Atlal (les ruines), spectacle de l'acteur Sharif Andoura et du musicien Camel Zekri, à partir d'une chanson Oum Kalsoum, et avec des textes, en français ou en arabe, d’Ibrahim Naji et Mahmoud Darwich. C'est un univers très nouveau pour moi, je découvre trop la poésie arabe pour bien comprendre.
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mardi 22 octobre 2013
22 octobre 2013, Aubervilliers, inondation près de l'église
Voici ce qu'a vu le prêtre de la paroisse d'Aubervilliers quand il est sorti par la porte latérale: la rue du Moutier transformée en torrent ! Bonté divine ! Le déluge a duré de 17h à 19h30 quand enfin Véolia a réussi à couper la fuite de l'eau à 6 bars sortant d'une canalisation de 20cm de diamètre. L'eau sous pression a suivi la canalisation sous la rue, dans les premières minutes s'est frayée son chemin, défonçant la rue pavée sur 30m, soulevant aussi le trottoir et ses dalles de 5 cm, en entraînant la terre la plus sablonneuse en-dessous. Les caves ont été inondées, l'électricité, le gaz, et bien sûr l'eau coupé-e-s. Les pompiers ont travaillé toute la soirée, surtout pour pomper les caves, avec ERDF et GRDF et Veolia, qui travaillera sans doute toute la nuit à essayer de remettre l'eau. Heureusement, il faisait très beau, ce soir !
Véolia a donc travaillé tout la nuit pour rétablir l'eau au petit matin. Bravo aux ouvriers et aux deux chefs!
La canalisation avait lâché près de la porte de l'église.Voici sans doute le coupable, ou un bout pas très loin.
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dimanche 13 octobre 2013
13 octobre 2013, Paris, Rwanda 1994, Bisesero
Bisesero au Rwanda est maintenant de plus en plus connu comme lieu symbole de l'implication française au Rwanda. Sur ces collines, 50 000 Tutsi furent massacrés en 3 mois. Il en restait 2000 (selon le texte de la pièce, beaucoup plus selon des témoignages) à l'arrivée d'un groupe de militaire français. Pendant le récit mis en musique dans la cantate, "Rwanda 94 – La Cantate de Bisesero" de Groupov / Garett List / Jacques Delcuvellerie / Mathias Simons, deux questions sont posées: pourquoi les soldats français n'ont-ils pas alors laissé une partie d'entre eux pour protéger les 2000? Pourquoi ont-ils mis 3 jours à revenir? Au bout de 3 jours, il ne restait que 1000 rescapés (selon le texte de la pièce). Cet épisode tragique symbolise l'opération Turquoise et l'enquête sur Bisesero se poursuit en 2013 (vidéo de Jacques Morel, résumé de Jacques Morel, article Survie 2013, résumé Survie 67, Silence Turquoise de Laure de Vulpian). Une partie des plaintes de rescapés contre des militaires français en 2006 (Survie, FIDH, LDH) concerne Bisesero. La complicité des militaires et politiciens français (cf plus globalement Survie, exCEC, Jacques Morel) avec les auteurs du génocide s'étend de 1990 à 1994. La pièce, elle raconte les 3 mois d'horreur indicible. Accompagné par la musique de l'orchestre, le chant, et le texte des acteur-trice-s, le-la spectateur-trice partage une partie des impressions terrifiantes, tout en restant à distance. Très peu de choses sont expliquées, le point de vue est celui des rescapé-e-s qui témoignent, disent juste le peu qu'ils-elles pouvaient comprendre,
par exemple, que les miliciens recevaient de l'argent pour
'travailler', pour chaque jour ôter des vies. C'était ce dimanche aux métallos, à Paris.
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vendredi 11 octobre 2013
11 octobre 2013, Paris, colloque « terrorismes » en Afrique
A l'iReMMo, l'Association pour le Droit International humanitaire France organise un colloque 'Les «terrorismes» aujourd’hui, en Afrique et au Moyen Orient', et j'assiste uniquement à la 2e partie intitulée 'Adaptation
des institutions juridiques aux « terrorismes »' avec Géraud de la Pradelle, juriste, professeur émérite à l’université Paris X-Nanterre, Pierre Klein, professeur à l’U.L.B. et directeur-adjoint du Centre de droit international et de sociologie appliquée au droit international de cette Université, et, William Bourdon, avocat. Pierre Klein insiste sur le le rééquilibrage en cours entre le droit qui a été modifié assez vite pour la lutte antiterroriste, et le respect des droits fondamentaux, par exemple à propos des listes noires des personnes dont les comptes sont bloqués. Géraud de la Pradelle précise que "le droit est politique" et qu'il a été adapté en fonction d'une obsession de prévenir les actes terroristes en prenant des libertés avec le droit pénal classique. William Bourdon après avoir évoqué les gardes à vue de 72 heures, et les arrestations préventives abusives en banlieue, met l'accent sur un "état d'exception pervers et sournois dans la pratique des juges et des policiers", même de bonne foi. Le débat revient sur les problématiques du sahel et du moyen-orient. Je demande si le droit pénal classique sur les crimes contre l'humanité et le droit sur le terrorisme sont en concurrence dans leurs constructions au niveau international. Je précise ma question par l'exemple du Tchad: Idriss Déby se fait valoir de participer à la lutte contre le terrorisme au Mali, alors que son bilan surtout dans les années 90, comme responsable de nombreux massacres est effrayant. Comment est-ce possible ? Il s'agit évidemment du fameux '2 poids 2 mesures' mais surtout, selon William Bourdon, d'un "bouleversement des valeurs dans la hiérarchie des victimes et dans la photographie de l'indignation mondiale". Ce qui est sûr en tout cas, c'est que la force qui est présente à la fois au Tchad dans les années 90, et au Mali en 1993, c'est l'armée française. Mais quel est donc le mystérieux lien entre l'armée française et le droit international ?
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dimanche 6 octobre 2013
6 octobre 2013, Aubervilliers, Jimmy à l'accordéon
Je reviens à l'Embarcadère vers 16h pour la suite de l'inauguration du Conservatoire (CRR 93) et de l'Embarcadère, la salle de concert, quand Beltuner commence à jouer. S'il faut se souvenir d'une chose dans ce week-end de lancement, c'est que Johann Riche a joué un morceau de Jimmy Hendrix à l'accordéon. Voilà ! il n'y a rien à rajouter, parce que l'art c'est çà!
... même si ça se passe dans le hall de çà. Bref, peu importe, maintenant qu'on a à Auber la plus grande salle de spectacle de la petite couronne, faut que çà assure, çà met la pression quand même. Que faire dans un si beau lieu, dans une ville pour l'instant pas si animée que cela, et assez défavorisée en équipements culturels, où l'on a peu l'habitude de sortir, où le budget manque pour le faire. Peut-être qu'il s'agira de mélanger les genres: les styles de musiques, la formation et les spectacles, les artistes inspiré-e-s et le divertissement, du professionnel et de l'amateur, du local et des événements de plus grandes envergures, de l'activité quotidienne toute l'année et de grandes dates, sans oublier de faire correctement la 'publicité', comme par ici, çà n'a jamais été dans les habitudes.
Et je vous mets une photo de plus, vraiment pour votre information, au cas où mon blog serait regardé, si jamais j'étais le seul blogueur du coin. De ce côté, c'est tout de même assez gris lunaire, bien bétonné. On sent bien que le machin a été conçu à une époque où le président de la république était parano: avec la froideur du bâtiment, il y a intérêt à être pote de la sécu pour avoir envie de traîner 30 secondes de plus. Hé! on est pas dans une MJC ! on est pas à la Ligne 13 !
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6 octobre 2013, St-Ouen, fête de la rue Pasteur
La fête de la rue Pasteur se savoure dans la durée. Comme à la dernière fête en 2011, le cirque de Galice est venu participer au côté de l'association Echanges, mais j'arrive trop tard pour le spectacle. Après la queimada, l'alcool brûlé, je me retrouve à installer le matériel de projection et à fabriquer un écran avec un drap, deux planches, deux clous et un marteau. Improvisation classique !
On ne sent pas le temps passer. Là c'est Moussa qui arrive vers 4 ou 5 heure du matin pour jouer du Luth.
Cette année, nous ne tenons pas jusqu'au levé du soleil. Il y a moins de monde. Un peu de fatigue sans doute. Je suis même obligé d'interrompre avant 6h la projection du film 'Queimada' de Gilles Pontocorvo. Dommage !
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samedi 5 octobre 2013
5 octobre 2013, Aubervilliers, l'embarcadère
700 places, c'est la jauge de la nouvelle salle de concert d'Aubervilliers, l'Embarcadère, qui partage un bâtiment tout neuf avec le Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR 93). La salle est magnifique, le plafond très haut, en raison des gradins rétractables sans doute. La ville d'Aubervilliers a mis 20 millions d'euros malgré sa dette (p16) pour ce lieu situé à côté du cinéma et du théâtre. Le conseil municipal vient de décider du prix normal des places: 25, 20 et 15 en réduit. Il est prévu que la ville dispose de la salle sur certaines dates, en dehors de la programmation normale. Verra-t-on dans la salle plus de parisien-ne-s ou d'albertivillarien-ne-s? Ce week-end, pour l'inauguration c'est évidemment gratuit. Il doit y avoir 400 personnes. Qu'est-ce qui compte? N''est-ce pas surtout l'enjeu culturel ? Le lien avec l'Afrique est souligné en démarrant avec Féfé ...
... puis Amadou et Mariam. Çà danse sur scène et dans la salle. Un bon début !
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jeudi 3 octobre 2013
3 octobre 2013, Aubervilliers, rythmes scolaires: çà coule !
Le bateau coule ! Beur FM a parlé d'Aubervilliers, et du coup, Vincent Peillon sur TF1 a parlé d'Aubervilliers, en reconnaissant que ça n'allait pas, en effet. Et revoilà la ville à 39% de ménages en dessous du seuil de pauvreté de nouveau sous les projecteurs de la société du spectacle. A coté des 500 manifestant-e-s devant l'entrée de la mairie, il y a 4 grosses voitures de télévision et radio... Toutes les écoles sont en grève ce matin à l'appel de Sud Educ, CGT Educ, SNUdi-FO, SNUipp-FSU, ou peut-être juste 17 sur 21, mais il y a aussi les centres de loisirs, comme la semaine dernière je suppose, et les parents en colère. Les parents parlent d'enfants en danger parce qu'il y a des flous de responsabilité dans la surveillance des enfants. Maintenant, il y a tellement de problèmes, qu'il n'y a plus qu'une seule revendication pour les enseignants et les parents: l'annulation de la réforme sur Aubervilliers. Difficile de citer toutes les difficultés: qualité parfois médiocre des activités, enfants fatigués et énervés, horaires de sortie différents pour des enfants d'une fratrie, incertitude sur les contrats des animateur-trice-s, conditions de travail 'lamentables', temps de travail des enseignant-e-s allongé, ménage impossible à faire, ... un désastre ! Le départ semble donc loupé et il y a certainement des problèmes insolubles comme celui du manque de locaux. Au bout d'une heure, une délégation ressort d'un entretien avec le maire, Jacques Salvator et c'est pire ! Parents et enseignant-e-s sortent encore plus remonté-e-s! "Le maire essaye de nous diviser, il accuse les enseignants de bloquer la mise en oeuvre des nouveaux rythmes scolaires, il voudrait discuter avec chaque école séparément, il refuse d'annuler la mise en place de la réforme". Une partie de la foule, des parents, crie pour décider de continuer la grève: pas d'enfants à l'école demain! Les enseignant-e-s appellent à manifester à 15h devant l'académie (DSDEN) à Bobigny. Une Assemblée générale parents et enseignant-e-s est prévue ce soir à 18h30 à l'école Robespierre (rue Adrien Huzard): il y sera question de la réponse à apporter au maire.
Un tract de Sud Education, demande l'annulation de la réforme au niveau national, parce qu'elle "met en péril l'indépendance des enseignants face aux collectivités locales" et parce qu'elle "creuse juste un peu plus les inégalités entre les enfants des zones favorisés et défavorisées". Cela semble évident à Aubervilliers. La réforme s'appuie aussi sur le tissus associatif existant mais celui-ci dépend de la sociologie économique. Il fallait y penser avant. A ce niveau, cela permet peut-être d'en parler et de progresser mais cela ne peut se faire avec tant d'improvisations et de dégâts.
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vendredi 27 septembre 2013
27 septembre 2013, Aubervilliers, rythmes scolaires, çà gronde !
En rentrant de la manifestation des sans-papiers, je croise une seconde manifestation, toute aussi énervée, et peut-être même plus. Il s'agit des parents et de salariés de la ville en colère contre la manière dont la réforme des rythmes scolaires du primaire est appliquée depuis la rentrée. A les entendre, ça devient la pagaille, et les élu-e-s ne les écouteraient pas assez. Le principal reproche, c'est le manque de locaux. Mais ils et elles soulignent aussi le manque de moyens humains, de dialogue entre certains acteurs, et d'organisation des rôles. C'est ce qu'indique un tract des animateurs et directeurs des centres de loisirs de la ville (CGT et UNSA) qui sont en grève depuis hier. Ce n'est pas le principe de la réforme qui est contesté mais la qualité de l'organisation, qui a été accélérée pour obtenir un avantage financier, ce qui se comprenait car la ville est pauvre et endettée. La responsabilité initiale de l'improvisation forcée qui retombe sur les enfants incombe donc au gouvernement. Celui-ci a fixé une règle qui s'applique très mal dans les villes qui manquent de moyens.
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27 septembre 2013, Aubervilliers, marche des sans-papiers
La Marche du Grand Paris des Sans papiers, du 7 septembre au 6 octobre 2013, passe par Aubervilliers ce vendredi. Une centaine de sans-papiers réalise une grande boucle dans le 93, Saint-Denis, Courneuve, Aubervilliers, Pantin, Bobigny, ... Montreuil avec un crochet dans le 92 à Nanterre, et par le 95 à Argenteuil. Après un passage éclair à la mairie, où le maire n'a pas pu les recevoir, les sans-papiers ont déjeuné au square Claude Goizlot, square portant le nom d'un soutien très actif des sans-papiers (1928-2012). Ils et elles ont ensuite traversée la ville en repassant pour la mairie, direction Pantin, par 4 Chemins. Anzouman Sissoko, du CSP 75, qui a organisé les marches sur Paris-Nice, vers Dakar et Tunis,
est là également. La marche est animée: le ministre Valls s'appelle maintenant Nicolas Valls. On me dit que le maire, Jacques Salvator, la veille, s'est exprimé sur Beur FM assez négativement à propos du ministre de l'intérieur, mais je ne trouve pas de trace sur le net. Demain soir, samedi 28, la marche repassera par Aubervilliers, dans la soirée, sans doute après 19h, au gymnase André Karman, près du stade, je suppose 15/19 rue Firmin Gémier. Il y aura peut-être une projection de film, et quelques musiciens, de manière un peu improvisée.
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mardi 24 septembre 2013
23 septembre 2013, Paris, 'Omar' de Hany Abu-Assad
Hany Abu-Assad, réalisateur du film 'Omar', lors de la projection en avant-première à l'Institut du Monde Arabe, le 23 septembre 2013. Le film, prix du jury 'Un certain regard' à Cannes en 2013, sortira en salle le 16 octobre. Il raconte le drame en Cisjordanie d'un homme piégé de toute part, entre violence, manipulation, amitié, amour, convictions. Au départ, trois jeunes palestiniens tuent un soldat israélien. Seul Omar est arrêté, torturé, immédiatement psychologiquement perturbé par un agent secret, puis libéré... Il s'enfonce progressivement dans un abîme de complots et de doutes. La surveillance policière est en arrière-plan. Toute confiance devient impossible, la paranoïa pourrait se généraliser, mais, ce sont surtout des calculs individuels qui se confrontent. Engagés dans des luttes politiques, les destins sont brisés par une structure historique qui les dépasse et les aliène jusqu'au fatalisme et au désespoir. Le choix de la violence, à l'origine du drame, dans une lutte de libération, est au final profondément questionné, sans illusion et sans simplification. Le cinéma transforme un récit autour d'une situation inextricable et insoluble en réflexion pour essayer de sortir d'un cercle vicieux.
mercredi 18 septembre 2013
17 septembre 2013, Paris, la "spirale" du Chili
A la Maison de l'Amérique Latine, est projeté le film "La Spirale" sur la présidence d'Allende jusqu'au coup d'état, plus exactement sur la stratégie de l'aristocratie et de l'armée chiliennes alliés aux USA pour déstabiliser puis détruire violemment la gauche chilienne, l'alliance des socialistes (révolutionnaires) et des communistes. La projection est organisée par Le Monde diplomatique et Galatée films, en
présence d'Armand Mattelard, l'un des 3 réalisateur-trice-s, avec Jacqueline Meppiel, et Valérie Mayoux, et de Jacques Perrin, le producteur. Le film de 1975 et de 2h19 est construit avec des archives, et le commentaire pousse l'analyse dans les détails, avec une grande exigence. Je suis au départ un peu gêné par l'analyse de classe marxiste, mais le film finit par me convaincre complètement. Un jeu de rôle avec des statuettes illustre les étapes en distinguant les classes ou groupes socio-politiques. En pleine guerre froide, les USA et l'aristocratie ont poussé une petite bourgeoisie à s'organiser selon les méthodes des prolétaires, avec des grèves, comme la grève des transports, grève des petits patrons camionneurs, financée par les USA. La démocratie chrétienne est devenue un arbitre fusible. Les législatives de mars 73, gagnés par la démocratie chrétienne malgré les 43% de voix pour la Parti Unifié (PS+PC) ont figé le jeu dans des contradictions indépassables. L'armée poussée par les USA a réalisé son coup d'état le 11 septembre 1973 plongeant le pays dans la dictature sanguinaire pour 17 ans, jusqu'à la fin de la guerre froide. L'aristocratie et l'armée sont sorties vainqueurs et purent continuer de vivre en imitant la bourgeoisie européenne, tandis que les syndicats corporatistes n'avaient qu'à se mordre les doigts d'avoir été manipulés. Des généraux stupides genre gendarmes des guignols étaient maintenant là pour éliminer tout débat. Armand Mattelard, sur la photo, répond ensuite à nos questions sur l'histoire du Chili et sur le film.
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dimanche 15 septembre 2013
15 septembre 2013, Aubervilliers, histoire de l'église
Je quitte la Fête de l'Humanité après la fin du concert de Didier Super, qui a chanté une chanson sur Dieu expliqué aux enfants, et j'arrive sur la place de la mairie d'Aubervilliers où je vois une image projetée sur l'église. Pour célébrer la réparation du cloché et la remise en route des cloches, est organisée la projection d'un film de 25 minutes fait par la ville racontant les quelques siècles d'histoire de l'église de Notre-Dame des Vertus. Si j'ai bien entendu, cette diapositive montre l'ouvrier libertaire qui aurait été accusé de l'incendie du 15-16 avril 1900: Léon Jouhaux, syndicaliste CGT, créateur de FO, qui finit ensuite Prix Nobel de la Paix ! Comme quoi tous les chemins mènent à Aubervilliers, ou plutôt en partent! Le film est très bien fait, l'histoire de cette église si belle raconte aussi l'histoire de la ville, et c'est passionnant.
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15 septembre 2013, Pierre Paolo Pasolini à l'Huma
Après avoir découvert le village associatif, ou j'ai discuté un peu au stand d'Attac, je tombe sur l'exposition sur Pasolini mise en place par la cinémathèque française. La fête de l'Humanité est une foire incohérente, où le meilleur et le pire se côtoie. Pour s'informer et réfléchir au calme, ce n'est pas si facile. Cette exposition soudain aide à prendre un peu de recul par rapport au bruit ambiant.
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samedi 14 septembre 2013
14 septembre 2013, Staff Benda Bilili à la fête de l'Humanité
Staff Benda Bilili est en concert sur la grande scène de la fête de l'Humanité en fin d'après-midi ce samedi. Ça danse sur les rythmes de Kinshasa, malgré la pluie. Des farandoles se dessinent dans la foule. comment ne pas se mettre à bouger ! J'oublie le débat houleux sur la Syrie juste avant à l'Espace débat du village du monde. Le Congo-Kinshasa a souffert de la guerre comme la Syrie, mais aujourd'hui c'est fête, avec les musiciens qui ont démarré dans la rue, dont 4 sont en chariot, devant des milliers de personnes sous leurs parapluies et leurs capuches.
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