Affichage des articles dont le libellé est documentaire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est documentaire. Afficher tous les articles

mercredi 11 février 2026

11 février 2026, Aubervilliers : projection-débat de « Soudan, souviens-toi »

Ce mercredi 11 février, le cinéma Le Studio d’Aubervilliers accueille la réalisatrice Hind Meddeb pour son documentaire « Soudan, souviens toi ». Une classe de terminale option cinéma et leurs professeur-e-s sont là pour une ‘Master class’. L’association ACID est aussi présente, représentée par Philippe Fernandez. Celui-ci explique aux lycéen-ne-s la différence entre les documentaires télé et les documentaires financés comme des films de cinéma, sans contrainte et pressions sur le style et le contenu. Hind Meddeb a travaillé et filmé seule sans équipe, ce qui lui a permis de garder sa liberté.

Habitant Paris, Hind Meddeb observait entre 2016 et 2019 de jeunes Soudanais, Erythréens ou Somaliens, venus de pays en dictature ou en guerre, se faire violemment expulser de leurs campements. Elle réalise le documentaire ‘Paris Stalingrad’ et fait connaissances avec des soudanais. Quand El Beshir chute en 2019, elle se rend une première fois au Soudan. Elle fera ensuite quatre autres voyages pour réaliser son documentaire sur la révolution qui commence et ses suites.

Le documentaire donne quelques éléments sur le processus historique de la chute d’El Beshir jusqu’à la guerre qui se poursuit, faisant toujours plus de victimes, mais surtout donne envie d’en savoir plus. Il se concentre sur des jeunes, surtout des femmes, dans leurs activités de lutte, de résistance à la répression. Certain-e-s veulent être filmé-e-s dans des « adresses aux spectateur-trice-s ». Le film rend hommage à des personnes mortes dans les massacres à la fin de la période du sit-in puis après le semi-coup d’Etat de 2021. Il est beaucoup question de poésie.

Cet hommage aux morts et aux vivants n’ayant pas réussi à obtenir la démocratie est ce que je retiens le plus du film, parce que cela me semble très important de ne jamais oublier ceux et celles qui ont lutté pour une cause aussi essentielle que la démocratie. Qui se souvient qu’en Afrique, la première expérience à grande échelle de vote masculin complet et d’une forme de démocratie véritable sans les femmes, date de 1923, en Egypte ? Qui se souvient de l’Egyptien Saad Zaghloul et de son mouvement indépendantiste ‘Wafd’ (1958-1927) qui ont obtenu cette victoire historique pour l’Afrique ? Qui sait que la première commission électorale est apparue au Soudan en 1957 ?

Régis Marzin

11 février 2026

 

samedi 17 mars 2018

17 mars 2018, Paris : les 10 ans de Médiapart

En général, je me méfie des anniversaires. Par exemple, si une association fête un anniversaire, c’est mauvais signe, elle manque peut-être de dynamisme ou d’activités. Mais, je suis content de savoir que Médiapart ait dix ans. C’est un des rares pôles de journalisme d’investigation en France, donc, c’est très précieux. En Afrique, pas mal de pays n’ont qu’un journaliste d’investigation, et certains n’en ont aucun.
Cela se passe au 104 dans le XIXe. J’arrive à la fin, le samedi à 18h, juste pour le documentaire de Naruna Kaplan de Macedo, ‘Depuis Médiapart’. Le film a été tourné pendant la campagne des présidentielles de 2017 en France, dans les bureaux de la rédaction. On y voit le service politique méditer, discuter, tenir des conférences de rédactions, s’activer, enquêter, publier des articles. C’est aussi un joli film sur le journalisme.
Le concept du média associe analyses politiques et enquêtes, dont enquêtes d’investigation. Je crois comprendre que la nécessité de suivre l’actualité peut freiner une prise de recul plus distanciée dans les analyses. Il y a un équilibre à trouver sur le niveau de complexité, la fragmentation au niveau des faits, au niveau temporel, sur l’intégration de perspectives. Un-e journaliste salarié-e a un bureau avec des horaires. Les locaux sont petits. Le travail s’organise et se partage collectivement. On devine un modèle économique solide qui permet à plusieurs dizaines de personnes d’être salarié-e-s grâce à un media internet ‘pure player’. Ce modèle économique est basé sur la relation entre la rédaction et les abonné-e-s.  
Sans doute que le thème de l’élection présidentielle en France permet d’esquisser un début de contradiction. Les journalistes sont critiques mais dépendant-e-s des actualités et des acteurs principaux de ces actualités vue par le regard des abonné-e-s. Par exemple, si les abonné-e-s sont plus intéressé-e-s par la politique française que par la politique étrangère, est-ce que cela n’influe pas ? Début 2017, je m’étais naïvement demandé, en vain, si Médiapart accepterait de faire avancer le débat sur les programmes Afrique des candidats
Sans doute que les jeux électoraux l’emportent sur les questions de fond qui se discutent sur un temps plus long. Cela me rappelle le paradoxe que les écologistes semblent avoir été depuis dix ans les plus grands ‘contributeur-trice-s’ au niveau des idées politiques tout en perdant l’essentiel de leur positions électorales, tandis que la nécessité de conserver une structure politique stable, dans le paysage politique français qu’ont en face d’eux-elles les électeur-trice-s, favorisait d’autres partis, y compris un nouveau parti pragmatique absent de l’histoire des idées. 
Après le film, François Bonnet, Edwy Plenel et Naruna Kaplan de Macedo viennent parler avec le public et conclure l’anniversaire (sur la photo de gauche à droite, Edwy Plenel, la monteuse du film, Naruna Kaplan de Macedo, François Bonnet).
Le mardi suivant, - enfin ! - Nicolas Sarkozy est en garde à vue et Médiapart reçoit ainsi un magnifique cadeau d’anniversaire ! Félicitations à Edwy Plenel, François Bonnet, … et surtout à Fabrice Arfi et Karl Laske !
Régis Marzin, article écrit et publié le 20 mars 2018

dimanche 10 décembre 2017

8 et 10 décembre 2017, Bobigny et Aubervilliers : musique et film soudanais-e à Africolor

Après une première soirée sur des musiciens engagés de Kinshasa, le festival Africolor s’intéresse aux artistes soudanais sous deux angles, tous les deux politiques, en mettant à l’honneur des « artistes en exil, réfugiés, migrants » puis en présentant la musique en contexte de conflit armé.
Le vendredi 8 décembre, la soirée « Hospitalités » est organisée à la salle MC93 de Bobigny. La première partie « Refugees for Refugees » regroupe des musicien-ne-s de de diverses régions du monde.
Pendant, la seconde partie, l’orchestre Lamma Orchestra invite la chanteuse soudanaise Alsarah et six autres chanteurs et choristes. Le spectacle est une création du festival.
 Des liens entre artistes et festivalier-ère-s semblent s’être créés autour de cette soirée. Quand Alsarah arrive avec ses trois musiciens et une autre chanteuse, les « Nubatones », l’ambiance monte. C’est aussitôt chaleureux. Cela danse sur les côtés de cette très grande salle en gradin. Je n’étais pas à la Table ronde en amont des concerts sur le thème « Quel statut pour les artistes en exil ? », mais je me doute que quelque chose s’est passé qui a créé cette atmosphère.
Depuis quelques semaines, la question des migrants est dans toute les têtes. Les soudanais-e-s passent par la Libye pour arriver en Italie, en France, en Grande-Bretagne. L’Europe a bloqué les flux à l’été 2017, rationnalise la gestion migratoire et négocie avec les Etats africains ou l’Union africaine. Les décisions s’enchainent à un rythme effréné depuis novembre 2016. Les deux pays en Afrique où ces négociations posent un grave problème ou sont impossibles à mener sont le Soudan et l’Erythrée, des pays où les migrations sont essentiellement politiques et justifiées par les situations extrêmes de guerre et de répression. Il y a quelques semaines éclatait un scandale en Belgique qui a aussi touché la France : « Paris et Bruxelles auraient permis à des agents du renseignement soudanais d’identifier des migrants dissidents dans des centres de rétention en France et en Belgique ».
Dans cette soirée, ce sont les musicien-nes exilé-e-s « qui accueillent ». L’art n’a pas de frontières. On partage un instant et on se rencontre un peu. Demain, la rationalisation de la politique migratoire européenne continuera peut-être par des priorités géographiques plus marquées dans l’accueil des exilés politiques. Elle pourrait aussi continuer par une facilitation des voyages pour les étudiant-e-s, les chefs d’entreprises, les journalistes, les responsables associatifs, les sportifs et aussi les artistes. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas » (Blaise Pascal). Qu’est-ce que l’on comprend par la musique en concert de l’exil ou de la situation des pays d’où viennent les artistes ? Peut-être peu de choses, encore. La rationalisation de la politique migratoire européenne touche chaque personne individuellement, dans les sentiments qu’il ou elle éprouve, et remet parfois en cause certaines convictions.
Deux jours plus tard, au cinéma le Studio à Aubervilliers est projeté le film Beats of the Antonov’ du réalisateur soudanais Hajooj Kuka, un documentaire de 2014 tourné au Kordofan du Sud – région aussi appelée ‘Montagnes noubas’ - et le Nil Bleu, deux provinces soudanaises du Sud touchant la frontière du Sud Soudan. Au milieu des images de guerre assez exceptionnelles, combats à terre et bombardements, réapparait la chanteuse Alsarah. Avant de partir vivre aux USA, la chanteuse était chercheuse et étudiait la musique dans les villages des rebelles, en particulier les musiques de filles, des chansons populaires écrites par des filles et chantées au rythme de percussions rudimentaires.
Alsarah ne peut être là à Aubervilliers pour en dire plus parce qu’elle a repris un avion dès le samedi. Jérôme Tubiana, anthropologue et journaliste, spécialiste des deux Soudan intervient après le film. A l’aide de quelques diapositives, le chercheur nous présente les conflits au Darfour, au Sud du Soudan, au Soudan du Sud. Il clarifie quelques points du film : le camp de réfugiés est au Soudan du Sud dans une zone « en sécurité » et les combats entre le SPLM (Sudan People's Liberation Movement) et l’armée soudanaise se passe eux au Soudan. Le SPLM est issu du SPLA (Sudan People's Liberation Army) devenu ensuite l’armé du Soudan du Sud. Les civils sont proches des rebelles. Les Antonovs larguent des barils de méthane. Cela rappelle le Darfour où il y a eu des bombes incendiaires et des armes chimiques. Il explique que la guerre a repris en 2011 après les élections « truquées » de 2011 en particulier celles des gouverneurs. Les accords de paix ne sont pas respectés.
A partir de la musique, le film expose longuement une origine culturelle du conflit entre l’Etat soudanais et des minorités. Au monts Nouba, se croisent 80 ethnies. Pour Jérôme Tubiana, les chansons parlent de la guerre, libèrent la parole, et, la musique n’est pas spécialement pacifique. Il y a des chansons racistes des deux côtés, contre les « noirs » et contre les « arabes ».
En ce qui concerne les religions, il est question au sud de Soufisme, les combattants rebelles sont musulmans, chrétiens ou animistes. Le pouvoir à Khartoum est lié aux Frères musulmans. Jérôme Tubiana explique qu’à la capitale on voit cette guerre comme un « djihad ».
Cependant le chercheur, répondant à une dernière question de la salle, revient sur les causes de la guerre. Selon lui, « quand le Soudan est devenu indépendant, les anglais ont donné le pouvoir à des familles du centre, une une minorité arabe, une élite », ce qui a conduit à un conflit culturel implicite, quand le parti au pouvoir est devenu religieux et s’est associé aux Frères musulmans. « La guerre est faite pour empêcher une majorité démocratique de reprendre le pouvoir », alors que Khartoum n’est pas la partie la plus riche.
En tant que spécialiste des élections et de la démocratisation de l’Afrique, j’en déduis que la nature dictatoriale du régime est une autre cause de la guerre. Au Soudan du Sud, la guerre a repris en 2013. La guerre a sa propre logique, génère un engrenage dont il est difficile de sortir. Au Tchad, sur lequel Jérôme Tubiana sort cette semaine-même un brillant rapport cosigné par Marielle Debos, l’opposition à la dictature est maintenant pacifiste dans le pays, et, les rebellions sont contenues au Soudan et en Libye. Cet exemple éclaire à contrario sur le Soudan, sur le fait que la paix pourrait être un préalable à une démocratisation.
Aux monts Nouba et au Nil bleu, les conflits culturels et religieux, que le réalisateur du film, Hajooj Kuka a mis en exergue, forment une autre partie des causes mais pas toutes les causes. Le film est très bien réalisé, la thèse sur la culture et la guerre est alléchante, elle brise certains tabous, mais simplifie aussi la réalité du conflit.
Peu importe ! Grâce à la musique et au chant, du spectacle festif du vendredi aux réflexions sur la culture et l’art dans la guerre du dimanche, le festival Africolor a permis aux spectateur-trice-s de découvrir des aspects peu connus du Soudan et de réfléchir sur la place de la musique dans des circonstances historiques difficiles.
Régis Marzin
Article écrit et publié le 14 décembre 2017

mercredi 31 mai 2017

31 mai 2017, Aubervilliers, les balles du 14 juillet 1953

Daniel Kupferstein, également auteur de 2 documentaires sur le 17 octobre 1961 et sur le massacre de la station de métro Charonne le 8 février 1962, vient à Aubervilliers pour présenter son livre et son documentaire sur un massacre méconnu à Paris, celui du 14 juillet 1953 lors d’une manifestation du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, parti politique du leader algérien Messali Hadj. J’arrive après le débat à la librairie, pour voir le film « Les balles du 14 juillet 1953 » et je ne peux pas faire de photos.
Le 14 juillet 1953, la manifestation est organisée avec le soutien du PCF et de quelques associations comme le Mouvement de la paix. Les revendications concernent la guerre en Indochine, les arrestations de membres du PCF en France, et, pour l’Algérie, la libération de Messali Hadj, l’égalité entre français et algériens, les élections en Algérie. Elle rassemble essentiellement des algériens, des syndicalistes et des communistes. Quand la partie algérienne du cortège est arrivée Place de la Nation, les CRS ont ouvert le feu, avec des pistolets, faisant 7 mort et 50 blessés. Un des morts était un ouvrier de la CGT, Maurice Lurot, dont la famille s’est battue, en vain pour obtenir justice. Le documentaire présente longuement les 6 victimes algériennes.
Le préfet de police responsable est Jean Baylot, un ancien résistant, qui « a réintégré de nombreux policiers révoqués en 1945 » et a reconstitué la Brigade nord-africaine. Le Ministre de l'Intérieur des gouvernements Joseph Laniel, du 28 juin 1953 au 18 juin 1954, Léon Martinaud-Déplat, du Parti radical-socialiste, a défendu les CRS en parlant de légitime défense. Le reportage de Daniel Kupferstein rappelle les faits sans aucun rapport avec de la légitime défense. La justice mène ensuite une fausse investigation sur une prétendue « rébellion ». Un procès a lieu en 1957, reprenant uniquement la version policière.
Suite à ce massacre, les cortèges ouvriers seront interdits à Paris. Les manifestations du 1er mai ont disparu entre 1954 et 1968. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques en sortira affaibli et une partie supplémentaire des militants algériens pour l’indépendance se tournera vers la lutte armée. La désillusion sur l’obtention de l’indépendance par la voie pacifique avait commencé après les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en mai 1945, et s’accélérera alors en 1953. Le MTLD se scindera en deux fin 1953 et définitivement en août 1954.
Une banderole attire mon attention. Ce 14 juillet les manifestants avait écrit « Assez de trucages électoraux ». Le 11 avril 1948, ont eu lieu des élections pour le deuxième collège de l'Assemblée algérienne, 60 députés sur 120 élus par 1 300 000 citoyens « de statut musulman». Les fraudes électorales, des bourrages d’urnes surtout, et 8 personnes tuées par les forces de l’ordre ont fait scandale. Les partis algériens, le MTLD n’a eu que neuf députés et l'UDMA de Ferhat Abbas huit, alors que les « deux mouvements avaient obtenu un très grand nombre de voix aux élections municipales de 1947 ». L’assemblée en était ressortie dominée par les « béni-oui-oui ». Les fraudes continueront en 1954.
Ainsi l’expérimentation des fraudes électorales par les français en Afrique a commencé le 11 avril 1948 en Algérie. Daniel Kupferstein me précise que « la démocratie était intolérable pour les colons ». Le janvier 1948, en Inde mourrait Gandhi qui lui avait exigé à la fois l’indépendance et la démocratie, ce qu’il avait obtenu le 15 août 1947, mais cela n’a rien à voir…
Régis Marzin, 
écrit et publié le 6.6.17

lundi 27 février 2017

26 février 2017, Paris, Bobines Sociales, Alice Diop

Je passe dire bonjour aux ami-e-s à la fin du festival Bobines Sociales, à la Belleviloise à Ménilmontant. Lors de la dernière séance sont proposés les films d'Alice Diop, «Vers la tendresse» (2015, 39min), et «La Mort de Danton»
(2011, 64min).
Le premier, que j'ai vu déjà 2 fois en 2016, expose 4 récits de jeunes hommes, sur leur vie sentimentale, sexuelle ou amoureuse. Le second nous retrace l'expérience d'un homme en école de cinéma, originaire d'une cité, originaire d'où...?... peut-être un peu aussi du Cameroun, car un de ses amis intime l'appelle de bamiléké. Il est question un moment de l'hypothèse de voir jouer Danton par cet acteur de peau assez foncée, qui à l'écran est un tout petit peu jaune d'ailleurs ce soir, et des préjugés supposés des professeurs sur la question.
Alice Diop qui vient de recevoir un prix pour le premier des courts-métrages s'est décommandée au dernier moment. Patrick, l'une des 3 personnes filmées, est avec nous. Son point de vue est qu'Alice Diop présente une «universalité» au travers de quelques cas. Les expériences présentées n'ont pas été choisies pour représenter la banlieue et ne correspondent pas à un classement sociologique.
Le film a été projeté récemment à Saint-Denis, devant un public jeune qui a eu des difficultés à discuter d'homosexualité. Cela me rappelle une bande-dessinée que je viens de terminer, «Gouines à suivre», d'Alison Bechdel. J'ai lu ce livre avec un plaisir lié au fait que les histoires, extrêmement bien racontées, pourraient être vécues par des personnes de tous 'genres', la référence à une catégorie n'étant pas la seule chose intéressante. Patrick pense que les histoires racontées dans le court-métrage d'Alice Diop parlent de choses essentielles qui dépassent une quelconque catégorie.
La salle commence un peu à débattre de la question de la référence à ces «catégories». D'ailleurs, existe-t-elles toujours? Garçons de banlieue? Homosexuel-le-s et-ou bisexuel-le-s? «Noirs et arabes» ou de couleur foncée et originaires du Maghreb, d'origine kabyles, etc...? Une personne s'inquiète de l'«instrumentalisation» potentielle de «Vers la tendresse» dans un contexte de montée de l'extrême droite, et, une autre considère, à juste titre sans doute, que le film est suffisamment bien construit et pensé pour empêcher une mauvaise analyse. Il s'attaque aux préjugés.
Il aurait fallu pouvoir débattre un peu plus de la «La Mort de Danton» pour mélanger les réflexions sur plusieurs types de préjugés, de discriminations, de manière et de sentiments d'être, d'adaptations ou d'assimilations, d'histoires vécues... Débat à suivre... peut-être à Bobines Sociale 2018?
Régis Marzin,
article écrit et publié le 27 février 2017

vendredi 27 janvier 2017

27 janvier, Aubervilliers : Qu'est-ce qu'on attend ?

« Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? » dit la chanson. Le dernier film de Marie-Monique Robin, c'est « Qu'est-ce qu'on attend ?» pour ... être en transition, en transition comme le village d'Ungersheim. Les symptômes se déplacent dit le psy, et on a beau vouloir être heureux, il y a toujours quelque chose qui cloche quelque part. Mais en Alsace, il existe tout de même un village extraordinaire.  
Le collectif climat d'Aubervilliers organise cette projection-débat au cinéma le Studio à laquelle participe la réalisatrice. Selon Bernard, qui présente le film, « il y a souvent un réflexe d'aller vers l'Etat et les collectivités, alors qu'il est possible pour les gens et la société civile de se mobiliser pour interpeler et devenir une force de proposition.»
Le film présente la transition écologique, dans le bâtiment, l'énergie, les déchets, l'agriculture, l'alimentation, telle quelle a été mise en œuvre à Ungersheim, très inspiré par son maire, Jean-Claude Mensch. Celui-ci a patiemment réussi, pendant 20 ans, avec un groupe d'une cinquantaine de personnes motivées, à entraîner dans « un cercle vertueux » le reste du village de 2200 habitants. On sent une grande convivialité dans le village, avec un peu de fierté à participer à la construction d'un modèle.
Pendant le débat, Marie-Monique Robin propose de parler des « lanceurs d'avenir » comme on parle des lanceurs d'alerte. Elle évoque une « société post-croissance », le partage du travail, la décarbonation de l'alimentation, l'isolation thermique, l'exode urbain, et plus globalement de changement de paradigme face à une crise sociale, économique et écologique.
Elle observe la prise de conscience sur le climat, regrette que «la gauche soit encore très productiviste » et espère que les élections en France, puissent enfin faire avancer les choses, s'il y avait une alliance... Le documentaire tombe au bon moment pour parler des choses en sortant des simplifications liées à un ancien schéma de pensée basé sur une 'valeur travail obsessionnelle' et un mythe de croissance illimitée.
Régis Marzin, article écrit et publié le 1er mars 2017

dimanche 9 octobre 2016

8 octobre 2016, Plaine St-Denis, Iran : le chant des femmes contre l’obscurantisme

A la Belle Etoile à la Plaine Saint-Denis, dans le cadre du festival ‘Plaine cinéma’organisé par l’association Cinémanifeste, sur le thème de la peur, est projeté le documentaire ‘No land’s song’, d’Ayat Najafi, réalisé entre 2012 et 2014, sorti en mars 2016. Le film retrace l’organisation d’un concert de musique, surtout persane, à Téhéran en 2013. La compositrice iranienne Sara Najafi a l’idée de faire chanter en soliste deux artistes iraniennes, Parvin Namazi et Sayeh Sodeyfi, deux françaises, Lise Caron et Jeanne Cherhal, et une tunisienne, Emel Mathlouthi, avec des musiciens iraniens et français. Son frère l’accompagne comme documentariste. Le problème, c’est que les Mollahs ont interdit depuis 1979 le chant en solo de femme devant un public d’homme.
Un passage du film résume le problème de fond. Un vieux théologien nous explique la raison de cette loi. Les femmes sont très douces mais les hommes ne le sont pas. Une femme peut se permettre d’être excitée physiquement par un homme, elle saura se tenir, mais un homme lui peut faire des bêtises, et on ne pourra l’empêcher. Donc, il ne faut pas qu’il soit excitée par une femme, donc une femme ne peut pas chanter seule devant des hommes. Une des artistes, un moment en colère, propose qu’on débarrasse la terre des femmes.
Sur cette base, organiser ce concert ne pouvait être qu’une aventure pleine de rebondissements. Quelques compromis sont acceptés dès le départ, par exemple sur la présence d’un chanteur homme ou sur les tenues. La musicienne voyage entre Paris et Téhéran, se rend régulièrement au ‘Ministère de la culture et de la guidance islamique’ et est interrogée par des fonctionnaires mystérieux. Plusieurs fois, les artistes sont pris de doutes sur la possibilité d’y arriver.
La présidentielle d’août 2013, lors de la quelle Hassan Rohani remplace Mahmoud Ahmadinejad, semble un moment arranger les choses. Le concert est finalement autorisé et les visas accordés pour les français-es et la tunisienne, mais juste avant la date, une ultime menace est portée contre les artistes pour leur faire enlever toute portée symbolique à l’événement : un concert dans la salle de répétition au lieu de la salle de concert, un contrôle de l’identité du public, entre autres. Sara Najafi résiste et joue de la relation entre la France et l’Iran pour gagner son pari, puisque le pouvoir gère son image dans une période d’ouverture où interviennent des enjeux économiques.
Le concert a lieu dans une salle devant 300 personnes environ. Les paroles des chansons sont très fortes : la chanteuse Emel Mathlouthi très engagée fait référence à la révolte de 2011 en Tunisie. Une ancienne chanson persane écrite pour une femme, qui n’a plus été chanté que par des hommes depuis des décennies, est enfin rechantée par une femme.
Cela me rappelle Tiken Jah Fakoly qui a chanté « quitte le pouvoir » au Togo au milieu des militaires armés, et qui s’est fait expulsé de Kinshasa en 2015, Joseph Kabila ayant interdit son concert. En interview, je lui avais demandé s’il pouvait aller faire ses concerts dans les dictatures d’Afrique centrale, il m’avait répondu que cela devait être possible. C’était possible, mais ce n’était pas facile !
En Iran, qui a le plus peur ? Les tenants du système dictatorial ou la population victime des atteintes aux droits humains ? Il y a une peur réciproque et des efforts pour la vaincre réciproque. Au Gabon, l’activiste Marc Ona disait fréquemment « la peur a changé de camp », un slogan maintenant célèbre. Ayant moi-même longuement étudié les dictatures contemporaines en Afrique, je comprends qu’un système mis en place à une époque en fonction des données de cette époque perdure, s’use intérieurement mais ne tombe pas, même si le sens et l’équilibre de départ a disparu. Il faut une énergie très forte pour qu’un système illégitime, non démocratique disparaisse. En 2009, 4 millions de personnes étaient dans les rues de Téhéran espérant le respect de la vérité des urnes, en vain. Le résultat a été inversé. En 2013, un léger mieux a été obtenu, quand les mollahs ont accepté un début d’ouverture, mais les institutions de la ‘république’ reste soumises aux desiderata de l’institution religieuse.
Le film révèle une mise en abîme. Des artistes se battent pour leur liberté et réalisent ainsi un acte politique. Le film lui-même en témoignant cherche une nouvelle limite dans l’expression de la liberté. C’est ainsi un film sur la relation entre art et politique, à deux niveaux, limpide et éclairant.
Irène Ansari, la coordinatrice de la Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie (LFID) – sur la photo – intervient avant après le film, auprès d’Antonia Naim de Cinémanifeste. Elle replace l’histoire dans son contexte historique : la dictature du Shah, une modernité sans démocratie et sans partage des richesses, la ‘révolution’ de 1979, 8 ans de guerre contre l’Irak, pendant la quelle la cause des femmes était inaudible, l’élection au résultat inversée en 2009, la période moderne où les religieux se sont adaptés aux technologies modernes. Elle décrit l’état du pays et la situation des femmes. Celles-ci sont très bien formées, mais réduites à vivre dans des conditions sociales très dures. Irène Ansari se bat pour leur droit, « un droit universel ».

Régis Marzin, article écrit et publié le 9.10.16

vendredi 8 avril 2016

7 avril 2016, Saint-Denis, en souvenir des Penn Sardin

Je n’ai pas pris mon appareil photo ce soir. Ce n’est pas grave, ce qui compte c’est le film de Marc Rivière ‘Penn Sardin’. Celui-ci est projeté en version française, et donc pas en version bretonne, ce qui signifie que les paroles des pêcheurs et ouvrières sont traduites. C’est une fiction basée sur des faits réels, la grève des ouvrières à Douarnenez entre le 21 ou 27 novembre 1924 et le 7 janvier 1995, une grève de 7 semaines qui a eu un grand retentissement à l’époque. Je suis bien heureux de découvrir ces faits historiques. A la fin du film, Théo Bernard, qui a fait une thèse sur cette grève, nous explique la vraie histoire. Elle est assez différente du film.
La grève a démarré dans une usine de métallurgie et pas de conserves. Le syndicaliste Charles Tillon n’était même pas là, il sera connu plus tard pour d’autres choses à Douarnenez. Il y a eu d’autres grèves entre 1905 et 1924 au contraire de ce qui est dit dans le film. Les patrons, qui n’étaient pas si paternalistes et étaient parmi les plus exploiteurs de France, étaient prêts à céder sur les revendications au bout de 2 semaines. La grève elle-même était pendant une période d’arrêt de la pèche et d’arrêt de travail des poissonneries. Les pêcheurs ont continué à travailler 2 semaines avant de rejoindre les ouvrières et sont repartis travailler en accord avec le comité de grève et le syndicat CGTU. Les villes de banlieue parisienne n’était pas encore gagnée par le Parti communiste et n’ont pas pu acheter les poissons, la banlieue parisienne est devenue rouge 4 mois plus tard, ce qui n’a pas empêché le soutien à l’époque dans ces mêmes villes. La revendication du droit de vote des femmes n’y était pas, celle du salaire égal avec les hommes non plus, ce qui était normal puisque les hommes et les femmes ne faisaient pas les mêmes métiers.
C’est étrange de faire un film sur des faits historiques et de modifier tant de choses. J’ai aimé ce film mais cela me dérange que l’on corrige le récit d’une réalité. Comme journaliste, je suis constamment en train de me battre contre les mensonges qui peuvent empêcher de savoir ce qui s’est passé réellement.
La tentative d’assassinat du maire communiste est conforme, elle. L’historien nous précise qu’ensuite la préfecture a effacé les preuves du lien avec les patrons. Il y avait 23 usines à Douarnenez dont 18 de conserves.
Le patronat était francisé, un peu venue d’ailleurs, par exemple de Nantes. Les femmes parlaient plus le français que les hommes. 2000 personnes s’étaient mises en grève, dont 75% de femmes. Les réunions étaient des meetings ou la CGTU dirigeait, et pas des assemblées générales. La mairie fournissait les salles.
Encore des choses, qu’il y a 30 ans, nos professeurs d’histoire, gentils et un peu coincés, n’ont pas pris la peine de nous apprendre. Cette soirée m’intéressait pour des questions historiques. Le film correspondait bien au lieu, la Belle étoile. J’entends parler des ‘nuits debout’ à République, mais ce n’est pas la vraiment lutte ouvrière dans le Finistère, en ce qu’elle pourrait nous apprendre quelque chose sur le présent, qui m’intéresse. Nous aurions eu besoin que l’on ne nous cache pas cette histoire en Bretagne, et que l’on évite de nous faire croire que la Bretagne n’avait pas d’histoire, à toutes les époques, pour nous permettre ne nous confronter à la complexité de la réalité. Dommage ! Heureusement, il n'est jamais trop tard. 

dimanche 28 juin 2015

27 juin 2015, Aubervilliers, projection-débat sur l'Afrique du Sud

Qui connaît l'histoire de l'ANC avant Mandela ? L'universitaire et documentariste américano-malien Cherif Keita explique que Mandela lui-même connaissait mal l'histoire de la création de son organisation. Cherif Keita est venu à Aubervilliers, dans le théâtre des Frères Poussières, présenter son dernier film sur Nokutela Mdima Dube, 'Remenbering Nokutela'. Le film forme avec deux précédents, un documentaire sur le premier président de l'ANC en 1912, John Dube, et un autre sur le rôle de missionnaires américains, une trilogie. 
Nokutela Mdima Dube était la première femme de John Dube et a participé avec lui à la création d'une école professionnelle pour femme. Elle était enseignante et chanteuse de chorale. Le documentariste a employé une méthode originale pour un documentaire: après avoir fait des recherches, il s'est filmé discutant des recherche avec la famille, créant lui-même une nouvelle histoire, aboutissant à un hommage émouvant. 
Au-delà de son sujet de départ, le thème est sans doute aussi celui de la réappropriation d'une mémoire populaire entre personnages historiques, difficulté sociale et répression intellectuelle. A la domination de l'apartheid est venu s'ajouter l'exclusion sociale et une certaine domination sexiste patriarcale, sans doute secondaire mais néanmoins présente. Nokutela Mdima Dube aura été effacée des livres scolaires même dans les écoles pour filles noires, parce qu'elle était femme d'un leader, sans enfant, et elle-même victime de l'apartheid social, politique, et intellectuel. Cela m'évoque des censures sur le passé qui existent ailleurs en Afrique en raison des dictatures, en particulier au Cameroun.
Pendant le débat, auquel participe aussi Lazare Ki-Zerbo, le documentariste rappelle le rôle de quelques missionnaires américains protestants dans le début de la lutte de libération. Ces missionnaires ont parié sur l'éducation d'une élite noire et les ont aider à aller faire des études aux USA. Entre autres, c'est ainsi que John Dube a pu partir étudier aux USA, et que sa femme l'a suivi au USA pour récolter des fonds pour créer une école.
En discutant avant le film avec Cherif Keita, sur les liens entre Afrique du Sud et USA, je remarque qu'il y a une manière américaine de combattre le racisme avec l'idée de "races" existantes (en anglais et en français, deux mots avec deux signifiés différents), et un manière plus répandue en France de le combattre en soulignant l'inexistence de race. Je souligne que la conception américaine introduit un cercle-vicieux qui grandit dans le temps, et reflète cependant une réalité de perception des populations, en partie inconsciente. N'étant pas très au fait de la situation en Afrique du sud, je pensais surtout à cela en raison des débats délicats qui fleurissent en ce moment sur les manières de mener la lutte contre le racisme.

jeudi 28 mai 2015

28 mai 2015, une bande dessinée à lire: la machine à influencer

Je viens de lire cette excellente bande dessinée traduite de l'américain "La machine à influencer, une histoire des médias", de Brooke Gladstone, assistée du dessinateur Josh Neufeld, sortie en 2014. Elle raconte l'histoire des media depuis les Acta diurna de Jules César. L'auteur par un grand nombre d'exemple explique l'importance des media dans l'histoire. A lire !
Il y a un chapitre que je trouve particulièrement juste et intéressant, c'est celui sur les biais des journalistes. Brooke Gladstone a répertorié :
- le biais commercial, assez évident, l'information qui se vend bien, 
- le biais catastrophiste, la concentration des regards sur les grands drames, 
- le biais immobiliste, la préférence inconsciente pour le maintien du statu-quo,
- le biais de l'accès aux sources, parce que les portes sont souvent fermées,
- le biais visuel, l'obsession des images, et l'effacement des faits sans images,
- le biais narratif, dans la volonté de décrire des histoires avec des débuts et des fins,
- le biais d'impartialité, mais souvent l'apparence de la neutralité est totalement fausse, comme par exemple quand un journaliste parle d'une actualité dans une dictature sans faire la différence avec une démocratie, comme souvent à propos des élections "mascarade".
Elle insiste sur les guerres pendant lesquels les biais s'accumulent. Depuis, j'ai trouvé cinq autres biais:
- le biais nationaliste, entre autres, dans le filtrage de l'actualité internationale en fonction des thèmes prioritaires au niveau national, d'une manière récurrente, qui fait, par exemple, exagérer l'importance des acteurs de son pays,
- le biais du négatif permanent, le fait que le traitement plus fort de l'actualité négative empêche la prise en compte par les journalistes des actualités positives, en particulier, les progrès dans l'organisation internationale dans la prévention (est-ce que les media parlent assez des efforts internationaux contre les famines, contre les guerres? Il y a eu beaucoup de progrès depuis 15 ou 20 ans sans que cela ne se voit assez).
- le biais de l'accumulation des faits et des détails, quand la multiplication des détails cache l'absence d'analyse, 
- le biais littéraire, le fait de ne traiter les informations dans un style d'écriture agréable au lecteur en éliminant les données chiffrées, les calculs, les tableaux, les classifications et les listes, pour arriver à des textes littéraires, agréables à lire mais qui ne permettent pas la meilleure compréhension,
- le biais de la corruption, quand des journalistes reçoivent de l'argent pour mentir, par exemple pour dire du bien de dictatures, ou intervenir dans un processus historique à un moment clé avec un mensonge stratégique.
A compléter...

mercredi 8 avril 2015

8 avril 2015, Aubervilliers, Y'en a marre !

Ce mercredi, au Grand bouillon à Aubervilliers, dans le cadre du festival Banlieues Bleues 2015, le rappeur Fou Malade, qui était il y a quelques semaines retenu prisonnier par Joseph Kabila au Congo Kinshasa, est venu présenter le mouvement sénégalais Y'en a marre. Il est accompagné de la réalisatrice du documentaire "Quitte le pouvoir", Aida Grovestins.
Le documentaire projeté avant la discussion raconte le rôle de Y'en a marre pendant la crise électorale sénégalaise en 2012. A l'époque, le conflit dans une démocratie à peu près correcte en Afrique avait surpris tout le monde. Je n'avais fait attention qu'à la volonté de Wade de baisser de 50 à 25% le pourcentage de vote pour être élu. Si cela n'était pas là une attaque de la démocratie ! Je n'avais pas cru que cela puisse se réaliser, c'était trop énorme et cela n'existait nul par ailleurs. J'avais alors pensé que cela reflétait surtout la volonté de Wade de fixer un rapport de force favorable dans les affaires de corruption concernant son clan après une probable défaite.  
En regardant le film, je comprends que Wade avait en réalité réussi à imposer sa participation au vote pour un 3e mandat, en argumentant hypocritement que la limite était apparue après sa première élection en 2000. Ainsi, s'il n'avait pas réussi à imposer les 25% il avait tout de même réussi à bafouer la constitution sur la limitation du nombre de mandats présidentiels, précédents en cela, Blaise Compaoré, Joseph Kabila, Sassou Nguesso ou Pierre Nkurunziza.
Je remarque grâce au film que les sénégalais-es parlaient déjà de "coup d'Etat constitutionnel". Wade a réussi ce coup d'Etat constitutionnel en focalisant l'attention internationale sur l'histoire des 25%. Par la suite, obtenant 34% au premier tour, il n'avait pas dépassé ces 34% au second tour. Il n'y a pas de mot pour dire le contraire de démocratisation, cela pourrait être un néologisme comme "ditctatorisation". Au moins 34% des électeur-trices sénégalais-es acceptaient la "ditctatorisation". L'expression "coup d'Etat constitutionnel" est maintenant au centre de la communication de la campagne Tournons la page
Dans le film, on voit aussi Y'en a marre qui appelle à ne pas voter Wade. Un ami spectateur demande à Fou malade si, alors, Y'en a marre soutenait Macky Sall qui doit certainement avoir lui-même des défauts. Je confirme ici : le grand démocrate Macky Sall a, par exemple, expulsé le blogueur tchadien Makaila Nguebla sous pression du dictateur sanguinaire, grand ami de Jean-Yves Le Drian, Idriss Déby. Sale histoire ! Je prends la parole pour préciser que c'est la constitution sans laquelle il n'y a pas de démocratie que défendaient les activistes sénégalais, et non un politicien en particulier.
Fou malade raconte aussi le soutien apporté par Y'en a marre et Balai citoyen à Filimbi (coup de sifflet), mi-mars à Kinshasa, et explique les filimbistes sont encore emprisonnés. Entre autres, Fred Bauma de la Lucha et Filimbi, Sylvain Saluseke de Filimbi, l'informaticien Yves Makwambala, et depuis le 7 avril Francis Omekongo, le concepteur du logo de Filimbi, sont emprisonnés sans que leur avocat puisse les voir. Depuis des mois, Joseph Kabila est face à une contestation de sa dictature qui met en évidence la vrai nature de son régime. Dans les dictatures fortes comme dans les démocraties africaines fragilisées, la population est les jeunes en particulier s'organisent ou essayent de le faire malgré la répression, et Y'en a marre est disponible pour venir discuter sans "donner des leçons" et pour "apprendre" des autres. Fou malade conclut qu' "une nouvelle génération" veut "bouger pour une transformation globale de l'Afrique".
Article écrit et publié le 12 avril 2015.

dimanche 23 novembre 2014

22 novembre 2014, Saint-Denis, pendant l'élection tunisienne

Faire un blog de photographe, çà peut s'avérer compliqué certains jours, si, au retour, les photos ne correspondent pas aux sujets intéressants. Ce samedi, alors que les tunisien-ne-s votaient ici et là-bas, j'ai démarré à l'Embarcadère, la splendide salle d'Aubervilliers, pour la Semaine de Solidarité Internationale, et je suis ensuite parti assez vite à Saint-Denis au festival Bobines rebelles, organisé par les mêmes personnes que la Dyoniversité, pour voir le film 'Démocratie année Zéro' sur la Tunisie
Il y avait à Aubervilliers, organisés par les services de la mairie, des stands associatifs et un débat sur l'agriculture avec des associations d'Aubervilliers, tout cela facile à illustrer par des images classiques. Je m'intéresse à la Semaine de Solidarité Internationale depuis quelques années: au niveau national, elle aurait pu devenir autre chose, mais elle s'est essoufflée. Elle s'est répandue mais pas étendue, parce qu' "il faut savoir s'étendre sans se répandre" comme disait Gainsbourg, dans le naufrage de l'altermondialisme qui l'inspirait au départ, dans une vague d'activités locales qui s’éloignaient de ses objectifs initiaux. Au niveau local, il y a de grandes idées mais elles ne s'additionnent pas, ne se renforcent pas mutuellement, faute de synthèse politique. En l'absence de travail de lien entre les idées et actions, ça se dépolitise très vite. Etait-il possible de faire mieux? Ce n'est pas sûr.
A la bourse du travail à Saint-Denis, la moitié des films étaient annulés à cause d'un problème dans la réservation des salles. Heureusement, le film sur la Tunisie était toujours programmé. Le réalisateur, Christophe Cotteret, était là, mais devait repartir pendant le film, et il ne pouvait pas y avoir de débat, et pas de débat photographiable. Je suis sorti enthousiaste de la jolie salle de projection. J'avais vu le seul et unique film qui traite des luttes sociales, d'une révolution, d'une transition démocratique, des élections, et ce film ne se trompait pas dans les analyses et le commentaire: un très bon film qui mérite d'être soutenu.
Alors, je me suis fait inviter à manger par les organisateurs du festival Bobines rebelles, dans leur local,  dans leur local qui sert aussi pour leur AMAP, merci... Devant nos assiettes de riz pour végétarien, je suis arrivé à parler de Franck Lepage avec mon voisin de table. Franck Lepage, très connu pour ses conférences gesticulées, est un artiste qui a beaucoup inspiré la Dyoniversité au départ. Dans son spectacle sur la culture, il explique qu'une municipalité finance plus facilement un atelier rap où les jeunes insultent la police qu'un atelier qui aide à l'analyse politique. Par défaut de réflexion, la solidarité internationale se confond assez souvent avec l'animation socio-culturelle. Pourquoi pas ? mais il faut en être conscient. Nous étions d'accord.

dimanche 9 février 2014

Du 2 au 9 février 2014, Paris, Festival Bobines Sociales

Le festival Bobines Sociales a lieu le week-end à l'Hermitage, à Ménilmontant. La soirée du samedi présente au travers de 3 documentaires, une suite de luttes politiques violentes. Le documentaire 'Ni travail, ni famille, ni patrie' de Mosco Boucault raconte les combats des résistants des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) à Toulouse pendant la seconde guerre mondiale. Ces résistants étrangers, par exemple juifs polonais, furent très actifs, secrètement en ville, d'une manière très différente de la résistance dans le maquis. Le film se termine en expliquant comment cette résistance des étrangers a ensuite été occultée.
Le 2e documentaire 'GARI!' de Nicolas Réglat (sur la photo entre 2 organisateurs-trices), raconte la lutte armée anti-franquiste en 1974, des GARI (Groupes d'action révolutionnaire internationalistes), basés à Toulouse aussi, et raconte précisément l'enlèvement du banquier Angel Baltasar Suarez. L'étrangeté du film vient du fait qu'en 1981, les membres du commando arrêtés pour cet enlèvement ont été acquittés par la justice. 33 ans plus tard, le décalage historique au niveau enquête de police et justice est bien visible. Le point de vue est loin d'être neutre, sur une organisation également liée à Jean-Marc Rouillan, il montre la piètre organisation et positive globalement le point de vue des acteurs-trices. Si le documentaire est bien réalisé, il sort la lutte d'un contexte plus large: quelques temps avant la démocratisation de l'Espagne, la méthode utilisée en France par les GARI avait-elle un sens dans le contexte espagnol? J'en doute. En plus de mon refus de principe de toute violence, cela m'évoque en contrepoint surtout la désorganisation que provoque la violence dans les mouvements non-violents qui sont plus efficaces. Cela pose aussi la question de la forme des documentaires si des propos ont une cohérence interne et seulement interne qui les rend lisibles, alors qu'ils sont éloignés de la légalité et de tout ce qui y affère, comme s'il s'agissait d'une fiction. Ou alors se pose la question de la relation entre histoire et justice ?
Le 3e documentaire 'Les insurgés de la terre' de Philippe Borrel explique la répression aux USA des soi-disant 'eco-terrorristes'. On y entend un activiste condamné à 23 ans de prisons pour un incendie, en raison du Patriot act ! Comme le FBI ne trouvait pas de terroristes musulmans aux USA après le 11 septembre, la logique politicienne a tenté de se justifier en inventant des dangers, en les exagérant. Le film lui-même ne s'éloigne pas assez pas des simplifications des témoins propres à une culture de la communication américaine.
Globalement, les 3 films proposent un aperçu de variations de perception de la violence au travers de quelques histoires particulières, sans pouvoir à être cohérent, le sujet étant trop vaste. Sans considérer des qualités de réalisation, le documentaire 'Ni travail, ni famille, ni patrie' de Mosco Boucault me paraît sur le fond être le seul à posséder une maturité tenant compte d'un contexte politique et historique, le recul aidant sans doute.
Le lendemain, deux documentaires parlent d'agriculture, 'La panification des moeurs' de Gwladys Déprez, et 'Planète à vendre' d'Alexis Marant. J'ai une discussion avec une amie sur le film d'Alexis Marant: je défends ce film qui dénonce des investissements des financiers dans l'agriculture au niveau planétaire, malgré ses défauts d'analyse (il oublie par exemple de parle de la responsabilité de l'OMC comme le précise l'intervenante d'AGTER) et de commentaire, parce qu'il apporte des éléments d'enquête intéressants, et parce que les film qui défendent les intérêts des sans-voix sont si rares.
Le débat avec Gwladys Déprez (à droite) à et l'intervenante d'AGTER  (à gauche) s'embourbe dans la question de la démocratie et de la dictature faute de compétences dans la salle. 'Planète à vendre' a choisi des exemples en Ethiopie et en Uruguay. Le débat n'arrive pas à expliquer en quoi la démocratisation est nécessaire pour garantir les intérêts de la population et en quoi elle n'est pas suffisante, parce qu'est également nécessaire un Etat de droit basé sur des institutions difficile à construire.

mercredi 18 septembre 2013

17 septembre 2013, Paris, la "spirale" du Chili

A la Maison de l'Amérique Latine, est projeté le film "La Spirale" sur la présidence d'Allende jusqu'au coup d'état, plus exactement sur la stratégie de l'aristocratie et de l'armée chiliennes alliés aux USA pour déstabiliser puis détruire violemment la gauche chilienne, l'alliance des socialistes (révolutionnaires) et des communistes. La projection est organisée par Le Monde diplomatique et Galatée films, en présence d'Armand Mattelard, l'un des 3 réalisateur-trice-s, avec Jacqueline Meppiel, et Valérie Mayoux, et de Jacques Perrin, le producteur. Le film de 1975 et de 2h19 est construit avec des archives, et le commentaire pousse l'analyse dans les détails, avec une grande exigence. Je suis au départ un peu gêné par l'analyse de classe marxiste, mais le film finit par me convaincre complètement. Un jeu de rôle avec des statuettes illustre les étapes en distinguant les classes ou groupes socio-politiques. En pleine guerre froide, les USA et l'aristocratie ont poussé une petite bourgeoisie à s'organiser selon les méthodes des prolétaires, avec des grèves, comme la grève des transports, grève des petits patrons camionneurs, financée par les USA. La démocratie chrétienne est devenue un arbitre fusible. Les législatives de mars 73, gagnés par la démocratie chrétienne malgré les 43% de voix pour la Parti Unifié (PS+PC) ont figé le jeu dans des contradictions indépassables. L'armée poussée par les USA a réalisé son coup d'état le 11 septembre 1973 plongeant le pays dans la dictature sanguinaire pour 17 ans, jusqu'à la fin de la guerre froide. L'aristocratie et l'armée sont sorties vainqueurs et purent continuer de vivre en imitant la bourgeoisie européenne, tandis que les syndicats corporatistes n'avaient qu'à se mordre les doigts d'avoir été manipulés. Des généraux stupides genre gendarmes des guignols étaient maintenant là pour éliminer tout débat. Armand Mattelard, sur la photo, répond ensuite à nos questions sur l'histoire du Chili et sur le film. 

jeudi 4 juillet 2013

4 juillet 2013, Pantin, Projection-débat "Pierre Rahbi"

Ce soir était projeté au Ciné 104 à Pantin, le documentaire 'Pierre Rahbi, au nom de la terre' de Marie-Dominique Dhelsing (2013, 1h34). Le film est un portait qui revient sur la vie du paysan-écrivain et sur les idées principales de ce défenseur de l'agroécologie. Il se dégage une contestation philosophique d'une société capitaliste qui se concentre sur le respect de la nature sans insister sur l'ordre humain et financier, pour agir par l'exemple. Il permet de découvrir plusieurs lieux novateurs socialement et écologiquement, qui ont été influencés par son expérience et ses formations. Je suis heureux de découvrir aussi une école dans une communauté, montrant le lien entre générations par la terre et l'agriculture. Le travail le plus important est sans doute celui effectué à Gorom Gorom au Burkina Faso, où Pierre Rahbi a œuvré pendant les années 80. J'espérais que l'expérience africaine soit plus développée, parce que je cherche des films sur l'écologie en Afrique pour les projeter, mais le film est revenu très vite sur la France. Le paysan a rencontré Sankara quelques semaines avant son assassinat par les hommes de Blaise Compaoré, et le président burkinabé lui aurait proposé un poste de ministre pour développer l'agroécologie. De jeunes jardinier-ère-s participaient également au débat aux côtés de la réalisatrice. C'était ainsi aussi l'occasion de reparler des jardins partagées en ville, et des actions autour des 'villes en transition' qui démarrent à Montreuil ou à Pantin, très souvent autour de l'alimentation.

lundi 25 mars 2013

24 mars 2013, Ile-St-Denis, Effet de CER

A force d'attendre la fin de l'hiver, on finit par avoir envie de nature, de soleil, et d'écologie. Je rejoins donc l'Ile-Saint-Denis, pour assister à la fin du festival 'Effet de CER'. J'arrive pour le débat 'Nourrir la ville en circuit court', avec Evelyne Gatineau d'Ecobox, Frédérique Basset de Graine de Jardin, l'animateur Jérôme Gleize, Nicolas Bel d'Agro Paris Tech, Fabienne Giboudeaux adjointe au Maire de Paris chargée des espaces verts. La discussion revient beaucoup sur les jardins dans les villes, et en particulier sur les toits. J'apprends que l'essentiel de la pollution transmise par la nourriture provient de la terre et pas de l'air, l'air très pollué étant dangereux à respirer, et que les jardins en villes ne posent pas de problème lié à la pollution de l'environnement si la terre est propre. Les différents types de jardins sont décrits. Dans le débat suivant, un architecte précisera qu'il  est possible de construire des immeubles avec une serre au dernier étage. Un adjoint écologiste du 18e arrondissement à Paris, se bat pour un immense jardin de 5000m2 sur le toit d'une société. Les toits doivent supporter un certain nombre de kilo au m2 par exemple 700kilos au m2 pour celui-là. Il y a beaucoup de résistances culturo-administratives qui freinent les projets. D'autres initiatives sont évoqués autour des arbres fruitiers, de bacs déposés un peu partout, comme en ce moment dans les Yvelines. Un jardin en ville, c'est aussi des activités collectives et la vie de quartier qui décolle. De manière plus globale, les terres agricoles sont à défendre en Ile-de-France. Après ce débat, le film sur les villes en transition, 'In transition 2.0', est très décevant, alors que le thème est important et que beaucoup de sujets abordés sont essentiels, en particulier la transition énergétique et la réflexion entre local et global, entre vie sociale et vie économique au travers de la réflexion et de l'action sur l'environnement. L'alimentation revient toujours comme sujet qui mobilise le plus.

dimanche 24 février 2013

24 février 2013, Paris, Festival du film d'environnement

Je suis si fatigué que je dis à une amie de choisir les films pour moi, ce dimanche, au Festival Internationl du Film d'Environnement. J'arrive ainsi à une séance sur le travail des femmes, avec 2 courts-métrages: "Yvette" de Marie Bassolé et Ferdinand Bassono, au Burkina Faso, et, "Madame Servante / Kaniz Khanum" d'Afsaneh Salari, en Iran. Cela me rappelle 'Who's counting', film féministe sur la non considération dans les normes internationales comptables servant à définir les PIB, du travail familial, ce qui impacte énormément la prise en compte du travail des femmes dans le monde. Finalement, cela donne une photo sympathique au milieu d'un beau décor.

dimanche 27 janvier 2013

27 janvier 2013, Paris, festival Bobines Sociales

Les années passent depuis ma dernière participation à la programmation de Bobines Sociales, et maintenant, je ne fais plus que rendre quelques coups de mains. J'arrive fatigué en raison de mes activités sur l'Afrique. Je suis aussi moins présent pour faire des photos au festival. J'apprécie beaucoup le film ‘Le Thé ou l'électricité’ de Jérôme le Maire (2012) qui raconte l’arrivée de l’électricité dans un village du Haut Atlas marocain. Je prends aussi quelques images du débat après les films ‘Territoire Perdu’de Pierre-Yves Vandeweerd sur le Sahara occidental, territoire colonisé par le Maroc, et Ceuta douce prison’ de Jonathan Millet et Loïc H. Rechi sur le trajet de 5 migrants vers l’Europe. Le débat sur le Sahara Occidental permet d'informer sur la vie des populations sahariennes abandonnées de tous les regards, alors que l'état français, qui a toujours ses propres colonies, dont l'île de Maoré/Mayotte, ne dénonce pas la colonisation marocaine.

mercredi 19 décembre 2012

19 décembre 2012, St-Ouen, Islande Année 0*

Je suis curieux de savoir ce qui s'est passé en Islande depuis la crise financière de 2008. Le film de de Sigurdur Magnusson,  et,  je suppose, Armande Chollat-Namyh, s'intitule "Islande, année zéro" et la projection-débat est organisée par Cinéma 93. C'est un très beau film, au niveau photographie, d'une grande sensibilité dans les interviews des islandais-es. Iles elles sont désemparée-s devant des changements économiques qu'ils et elles ne maîtrisent pas et qui les accablent. Au-delà des difficultés, face au chômage, aux économies évanouies, n'est-ce pas, plus que la culpabilité, une blessure narcissique qui touche un peuple toujours un peu viking dans l'âme ? Je profite du film et du pot qui suit pour découvrir un nouveau lieu, Commune Image, à Saint-Ouen, lieu, qui, comme le Comptoir Général, appartient à Olivier Laffon.

mercredi 31 octobre 2012

31 octobre 2012, "Profession Journaliste" de Julien Desprès

Voilà une nouvelle occasion de me rendre au cinéma la Clef dans le 5e. Ce soir, la Mare aux Canards et l'auteur, Julien Desprès, présentent le documentaire 'Profession Journaliste'. Le film aborde le lien entre les journalistes et les milieux d'affaires, le mélange malsain avec les activités de relations publiques, la précarisation, la déclassification, la perte d'autonomie vis à vis des employeurs et des financeurs. Le passage sur Bolloré qui invite dans le Finistère des journalistes tous frais payés est très savoureux. Le film est suivi d'un débat avec le réalisateur, et les spectateur-trice-s sont invités à le faire connaître et à organiser des projections.