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dimanche 8 septembre 2024

7 septembre 2024, Paris, Festival Silhouette 2024

Après 4 ans d’absence à cause de la Covid et du festival placé trop tôt en août, le festival Silhouette étant revenu cette année début septembre, me voilà de retour dans le public, pour les derniers jours du festival. C’est d’autant plus important pour moi que le cinéma en plein air de la Villette a été annulé à cause des Jeux Olympiques. Je ne suis pas encore assez chaud pour me remettre à prendre des photos et je vois qu’il y a plusieurs photographes très motivé-e-s qui font cela beaucoup mieux.

L’ambiance a changé. Un jeune homme avec un tatouage ‘femme fatale’ sur le bras symbolise peut-être l’évolution du public. Surtout, je découvre Vega TrashX, la drag queen maîtresse de cérémonie qui est là depuis 2021. Avec ou sans perruque, elle s’adresse au public en le voyant au féminin. Les réalisatrices sont très présentes.

Je suis très content des films que je vois pendant la semaine. J’ai l’impression qu’en mon absence le niveau a monté. Beaucoup de films sont joués par des adolescents et des enfants et très bien joués. Par exemple, j’apprécie beaucoup ‘1996 ou les malheurs de Solveig’ de Lucie Borleteau, une fiction de 31 minutes tournée en 2024 avec des lycéen-ne-s. Parmi les films primés que je découvre samedi soir, puisqu’il avait tous été projetés en début de semaine, je remarque la finesse de ‘Queen size’ d’Avril Besson, qui raconte la rencontre amoureuse entre deux femmes, l’une étant transsexuelle. C’est l’ovation pour ‘A mort le bikini !’ de Justine Gauthier (visible en entier ici), l’histoire d’une fille de 10 ans au Québec, qui ne veut pas de maillot une pièce et à qui sa mère achète un haut de maillot très cher pour qu’elle aille au parc aquatique avec ses copains, une comédie énergique qui commence par une référence à l’album Nevermind de Nirvana, comme un contrepoint et un antidote à ‘Smells like teen spirit’. Ou peut-être qu’est en route un vaste changement, entre raison et révolte, dans l’humour et la bonne humeur, arrivant par la jeunesse et un changement de génération ?

Régis Marzin

8 septembre 2024

 

dimanche 23 avril 2023

23 avril 2023, à propos du film ‘Last words’ de Jonathan Nossiter

 

Un mois après le drame de Sainte-Soline, après avoir compris que, maintenant, des gens se demandent s’il ne faut pas accepter d’être blessé-e-s pour la défense du climat et des terres agricoles, je regarde le film, ‘Last Words’ de Jonathan Nossiter, et je me dis qu’il faut en parler. Je me dis que je croise un nouveau grand cinéaste, peut-être. Ce film est sorti en 2020. Il était sélectionné au festival de Cannes mais le festival a été annulé. Comme beaucoup de choses, il a été sans doute négligé puis oublié parce qu’il est sorti au pire moment. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un film qui a est complètement dans l’air du temps, qui me semble sentir l’évolution actuelle et sans doute future.

C’est un film post-apocalypse comme il y en a beaucoup et c’est beaucoup plus que cela, c’est un film sur le cinéma, mais surtout sur le cinéma et l’écologie, l’écologie dans ce qu’elle a de plus pessimiste, la collapsologie. Le scénario est tiré du roman presque éponyme de 2015 de Santiago Amigorena, ‘Mes derniers mots’. Le film est tellement écologiste dans sa conception, que les acteurs et les techniciens ont été payé de manières égales, sans salaires plus élevés pour les acteur-trice-s célèbres. Jonathan Nossiter se présente comme un cinéaste-paysan. Il est paysan depuis quelques années, associé à un spécialiste de permaculture.

Dans le bonus du DVD, Jonathan Nossiter explique son rejet de l’happy-end à la manière d’Hollywood. Il considère que l’angoisse refoulée à la fin du film rejaillit ensuite plus durement à contretemps. Il a réfléchit pendant six ans au film et a voulu faire l’inverse d’une fin heureuse. Il est question de climat et d’épidémies. Le film sort il y a trois ans en plein confinement du Covid, les angoisses contenues dans le scénario, l’esprit du réalisateur et celles liés à l’actualité sanitaire mondiale à sa sortie, sont définitivement, inextricablement mêlées. Du coup, ce film pourrait rester dans l’histoire comme le film le plus lié à la période épidémique, par le hasard des choses.

Que deviendrait le cinéma dans un monde menacé puis qui s’effondrerait ? Dans cette histoire, il y a des projections faites par les personnages dans des conditions rudimentaires. Les images du film elles-mêmes sont faites pour être vues sur grand écran. On y voit le ‘vert’, plus que jamais dans l’image au cinéma ! On ne peut que penser à l’économie du cinéma, mais aussi aux conditions de vision des films, par exemple, solitairement ou en groupe, avec des gens connus ou pas. L’idéal serait de voir ce film avec des gens inconnu-e-s, grâce à un projecteur et un drap posé sur un mur en ruine, avec des couvertures, dans une friche près d’un feu, au milieu d’autres films

Régis Marzin

23 avril 2023

vendredi 24 juin 2016

24 juin 2016, Paris, les fruits du Paradis, nous mangeons

Paris, auditorium du Louvres, vendredi 24 juin, 20h. Je suis ému d'entrer dans le Louvres, pour aller voir un film et écouter un concert. Le responsable de la salle nous explique que les musicien-ne-s arrivent juste maintenant 20 minutes en retard parce que leur train a été bloqué tout l'après-midi. Avec mon voisin, on décode que le train venait de Londres en pleine la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne. . 
Le film, c'est "Les fruits du paradis (nous mangeons)" de Vera Chytilova, film tchèque de 1970, sans le son. La musique sur scène, c'est le groupe de Thurston Moore, avec James Sedwards en seconde guitare, Ich Newman à la batterie (et pas Steve Shelley comme je croyais), Debbie Googe à la basse. Thurston Moore a choisi le film, comme il a choisi deux autres films pour deux soirées précédentes
Je suis au troisième rang, au centre, j'ai le son des trois amplis dans les oreilles, assez fort, des amplis massifs avec un son comme j'entends rarement. Ce que je vois et j'entends, c'est ni le film ni le groupe, c'est une œuvre originale, un mélange de 2 choses.
Le film commence par une peinture du paradis des couples, en images superposées, magnifiques, et les musiciens démarrent avec la même intensité. Cela dure 1h40 et un morceau de plus. Je sens le guitariste de Sonic Youth inspiré, peut-être lié à l'histoire par sa propre histoire. C'est impossible à décrire, parce que cela va au delà de la compréhension du scénario du film, des impressions visuelles, du plaisir à écouter une musique. Il y a un effet inédit, multiplicateur du plaisir. Film et musique sont parfois en décalage émotionnel rythmique, mais peu importe. Le mélange des images et de la musique décalées seraient comme la manière de raconter un rêve qui s'éloigne du rêve pour dire autre chose. Il est question d'amour, de couple, de désamour, de connaissance, de flirts, de désir, de mort, et surtout pas de dieu. Les images et les situations à l'écran, sont elles-mêmes très poétiques, symboliques, rêveuses. Elles ne se comprennent pas rationnellement. La musique enfonce dans une perception plus inconsciente encore.
Alors, il n'y a rien à en dire. Chaque spectateur-trice sort avec un changement indescriptible en lui et, sans doute, attendra la nuit, seul-e ou accompagné-e, pour voir si demain matin un rêve lui révélera quelque chose de nouveau.
Merci à Thutston Moore et à son groupe.
Régis Marzin, 24 juin, minuit 55

vendredi 8 avril 2016

7 avril 2016, Saint-Denis, en souvenir des Penn Sardin

Je n’ai pas pris mon appareil photo ce soir. Ce n’est pas grave, ce qui compte c’est le film de Marc Rivière ‘Penn Sardin’. Celui-ci est projeté en version française, et donc pas en version bretonne, ce qui signifie que les paroles des pêcheurs et ouvrières sont traduites. C’est une fiction basée sur des faits réels, la grève des ouvrières à Douarnenez entre le 21 ou 27 novembre 1924 et le 7 janvier 1995, une grève de 7 semaines qui a eu un grand retentissement à l’époque. Je suis bien heureux de découvrir ces faits historiques. A la fin du film, Théo Bernard, qui a fait une thèse sur cette grève, nous explique la vraie histoire. Elle est assez différente du film.
La grève a démarré dans une usine de métallurgie et pas de conserves. Le syndicaliste Charles Tillon n’était même pas là, il sera connu plus tard pour d’autres choses à Douarnenez. Il y a eu d’autres grèves entre 1905 et 1924 au contraire de ce qui est dit dans le film. Les patrons, qui n’étaient pas si paternalistes et étaient parmi les plus exploiteurs de France, étaient prêts à céder sur les revendications au bout de 2 semaines. La grève elle-même était pendant une période d’arrêt de la pèche et d’arrêt de travail des poissonneries. Les pêcheurs ont continué à travailler 2 semaines avant de rejoindre les ouvrières et sont repartis travailler en accord avec le comité de grève et le syndicat CGTU. Les villes de banlieue parisienne n’était pas encore gagnée par le Parti communiste et n’ont pas pu acheter les poissons, la banlieue parisienne est devenue rouge 4 mois plus tard, ce qui n’a pas empêché le soutien à l’époque dans ces mêmes villes. La revendication du droit de vote des femmes n’y était pas, celle du salaire égal avec les hommes non plus, ce qui était normal puisque les hommes et les femmes ne faisaient pas les mêmes métiers.
C’est étrange de faire un film sur des faits historiques et de modifier tant de choses. J’ai aimé ce film mais cela me dérange que l’on corrige le récit d’une réalité. Comme journaliste, je suis constamment en train de me battre contre les mensonges qui peuvent empêcher de savoir ce qui s’est passé réellement.
La tentative d’assassinat du maire communiste est conforme, elle. L’historien nous précise qu’ensuite la préfecture a effacé les preuves du lien avec les patrons. Il y avait 23 usines à Douarnenez dont 18 de conserves.
Le patronat était francisé, un peu venue d’ailleurs, par exemple de Nantes. Les femmes parlaient plus le français que les hommes. 2000 personnes s’étaient mises en grève, dont 75% de femmes. Les réunions étaient des meetings ou la CGTU dirigeait, et pas des assemblées générales. La mairie fournissait les salles.
Encore des choses, qu’il y a 30 ans, nos professeurs d’histoire, gentils et un peu coincés, n’ont pas pris la peine de nous apprendre. Cette soirée m’intéressait pour des questions historiques. Le film correspondait bien au lieu, la Belle étoile. J’entends parler des ‘nuits debout’ à République, mais ce n’est pas la vraiment lutte ouvrière dans le Finistère, en ce qu’elle pourrait nous apprendre quelque chose sur le présent, qui m’intéresse. Nous aurions eu besoin que l’on ne nous cache pas cette histoire en Bretagne, et que l’on évite de nous faire croire que la Bretagne n’avait pas d’histoire, à toutes les époques, pour nous permettre ne nous confronter à la complexité de la réalité. Dommage ! Heureusement, il n'est jamais trop tard. 

samedi 6 février 2016

6 février 2016, Saint-Denis, à la lisière du festival 'Censures'

16e journées cinématographiques dionysiennes: festival 'Censures'. 10 affiches non sélectionnées par l'artiste Henri Bokilo sont exposées au Café du marché. BALàFOND est en concert au vernissage. Et moi je passe par là... (publié le 11.4.16)

dimanche 18 octobre 2015

17 octobre 2015, La Courneuve, première de 'Merci les Jeunes'

En juillet 2013, je faisais mes débuts dans le cinéma... par une figuration dans un film tourné par un ami, à Pantin, avec un très petit budget de manière surtout bénévole, et, en cette journée d'anniversaire du massacre des algériens par De Gaule et Papon, je me rends à pied jusqu'au cinéma où a lieu "l'avant-première mondiale", à la Courneuve, au Cinéma l'Etoile. En arrivant, je croise le campement des Rroms du Samaritain expulsé-e-s fin août, dans le parc qui jouxte la mairie, pendant un rassemblement de soutien. Comme je me sens proche du film, à cause de ma proximité amicale et géographique, je doute bêtement du résultat et je me demande si je ne vais pas manquer de recul.
Le film de Jerôme Polidor, projeté pendant le  Festival les Pépites du cinéma, s'appelle maintenant "Merci les jeunes". Il raconte l'histoire d'une association de quartier, en banlieue parisienne - sans doute -, qui réalise des émissions de télé. L'équipe se divise en raison de la censure des élus qui subventionnent. Certains veulent en vivre et accepte de se plier à ces exigences pour faire du spectacle racoleur, d'autres penchent vers un journalisme sans tabou.
Le peu de moyen de la production ne se sent absolument  pas au niveau technique, bravo. Le scénario est original et riche : l'idée d'avoir des films dans le film permet de faire des allers-retours entre une réalité et la vision médiatisée de cette réalité. Quelques clichés sur la banlieue sont ainsi abordés de manière habile, avec un peu de recul et d'humour: une peur des musulmans, le travail et le chômage, la police,... Le scénario, parti de l'idée du réalisateur a été enrichi par un an d'atelier avec des 'jeunes' organisé par l'association 'Les engraineurs'. Le ton est juste, entre obsessions adolescentes fleuries et impressions de références discrètes à Guy Debord ou à Jean-Luc Godard. Le récit part des émeutes de 2005 et montre des politiciens et des collectivités publiques qui cherchent à maîtriser la situation en contrôlant l'information.
Pendant le débat, la salle est enthousiaste; toutes les réactions sont positives. Les questions reviennent sur le cinéma et les associations. Jerôme Polidor reconnaît qu'il y a souvent une autocensure pour entrer dans les cases des appels d'offres. Lui voulait faire un film qui ne parlent pas des voyous et des stars mais parlent de tous les autres. Une jeune femme dénonce alors "l'instrumentalisation des jeunes" qui servent à des "projets d'adultes" dans le sport ou la culture, avec l'idée aussi de les "faire taire". Le réalisateur du documentaire Noir Coton signale aussi la "bonne conscience" qui s'obtient facilement dans l'arrosage culturel et financier.
'Merci les jeunes' sort le 4 novembre dans quelques rares salles, entre 5 et 10, grâce à une distribution "pas indépendante mais autonome des indépendants". Espérons que l'engagement de certains programmateur-trice-s et le bouche à oreille lui permettront d'obtenir le succès qu'il mérite. Une seconde avant-première, aura lieu le mardi 3 novembre à 20h, au Cinéma La Clef, 34 Rue Daubenton à Paris.

vendredi 2 octobre 2015

2 octobre 2015, Paris, Un homme est mort à Brest en 1950

Un homme est mort à Brest en 1950 et on en parle encore. Un homme est mort le 4 janvier 2015 et le film qui était projeté à Paris, ce 2 octobre, devant une cinquantaine de personne, était un hommage en sa mémoire. 
Le 17 avril 1950, les gendarmes tiraient sur les ouvriers de l'arsenal et du bâtiment qui reconstruisaient Brest après la guerre. Le militant CGT, Edouard Mazé, était tué et un autre ouvrier, Pierre Cauzien, se retrouvait amputé d'une jambe.
René Vautier, arrivé rapidement sur place, en a fait un film en 16mn. Il a été projeté dans les semaines suivantes à Brest et autour de Brest pour témoigner du crime. Le cinéaste voulait faire du documentaire d'intervention sociale, qui agissait dans la réalité, interférait, mobilisait. Le film s'est autodétruit après un trop grand nombre de projections. Il avait bien vécu.
La justice a enterré l'affaire, l'administration a couvert le commissaire. L'Etat a bidonné avec des histoires inventées. Aucun avocat sérieux ne s'est lancé pour aider les ouvriers.
Je me dis aussi  que Brest était isolé dans une campagne conservatrice, que, comme me le disait mon père, la campagne n'aimait pas beaucoup les brestois et encore moins les communistes. Je me dis surtout que la guerre d'Algérie, quelques années plus tard, effacerait de la mémoire collective ce drame moins prégnant que ce que verrait les appelés: bientôt arriverait des traumatismes bien plus violents, une censure et une autocensure bien plus terrifiante.
En 2006, Kris, scénariste, et Etienne Davodeau, dessinateur, ont fait de cette histoire de crime d'Etat et de film, une bande dessinée. Gallimard, éditeur peu courageux, a réussi à censurer une planche: il ne fallait pas d'images des gendarmes qui tirent sur les ouvriers. L'homme le plus censuré de France avait encore le droit a un peu de piment.
En 2010, après 60 ans, les archives du dossier sont devenus accessibles, sauf le dossier du juge interdit pour 75 ans. La vérité était accessible et discutable publiquement sans censure : le commissaire aurait fait tirer en l'air dans un moment de panique, version des comptes-rendus administratifs.
"Histoires d'images, Image d'histoire" projeté au Ciné-Léon, à la MJC Mercoeur près du métro Charonne, est un documentaire de Moïra Chappedelaine-Vautier sur l'histoire du film de de son père, terminé quelques semaines avant sa mort. Le film nous parle de Brest, des ouvriers, des syndicats, du cinéma documentaire, et de René Vautier.
Dans ma jeunesse, en Bretagne, je voyais peu de contestation radicale, au-delà de la forte solidarité collective. René Vautier, parce qu'il s'était engagé toute sa vie dans des luttes sociales et politiques, sans réserves, ressortait de manière contrastée. Il était très impressionnant et donnait envie d'agir. Un jour, au début des années 2000, je l'avais croisé par hasard à la Fête de l'Humanité. En ce début d'année 2015, son décès était une triste nouvelle.
Aujourd'hui, je viens d'apprendre qu'un autre homme est mort, à Ougadougou, au Burkina Faso, Issaka Traoré, un ami engagé dans le mouvement sankariste et dans sa révolution, qui continue, maintenant sans lui... La vie continue...
Régis Marzin, article Rédigé le 4 octobre

dimanche 30 août 2015

28 août 2015, Paris 19, Silhouette, c'est reparti !

Le festival Silhouette du 28 août au 5 septembre 2015 au Parc de la Butte du Chapeau Rouge, c'est reparti! D'abord avec le vendredi le groupe Baben Sissoko...
... puis les courts-métrages présentés par l'équipe du festival. Ce soir, j'ai aimé tous les films, les 7! J'ai préféré le premier, 'WHAT WE DID BEFORE WE DRANK COCOA TOGETHER' film tchèque d'Aramisova.
Le lendemain, 4 réalisatrices sont présentes Diana Munteanu (à gauche) auteure de 'DEUX RIVAGES', un conte métaphorique sur une migrationCéline Devaux (2e à gauche) auteure du 'REPAS DOMINICAL', un film qui parle d'homosexualité dans un contexte familiale très 'normal', sans doute mon film préféré parmi les 14 des deux premiers jours, Inès Loizillon (3e) auteure de 'KISS ME NOT', un très beau court tourné avec des ados, et Mélanie Tourneur (à moins que ce soit Eve Deroeck) (à droite) une des 2 auteures de 'LOOPER'.

mercredi 25 juin 2014

25 juin 2014, Paris 18e, Rwanda : Dieu en voyage

J'avais vu le film « Le jour où Dieu est parti en voyage » à sa sortie au cinéma, et je me précipite pour le revoir au centre Barbara, à la Goutte-d'or, accompagné d'une musique jouée en direct par les élèves de l'école Atla. Les jeunes musicien-ne-s jouent 2 fois et un débat est organisé entre les 2 projections-concerts, avec l'actrice du film, Shanel (Ruth Nirere), un historien de l'art, Nathan Rera, et le réalisateur, Philippe Van Leeuw. Je croise Jeanne, une rescapée, dont l'histoire personnelle rappelle celle du film. Shanel termine le film sur un chant a capela magnifique. En plus d'être l'actrice du film, elle fait partie des musicien-ne-s. Après la fin tragique du film et ce chant, l'émotion est très forte. A ce moment, la lumière est belle, aussi, mais ce n'est sans doute pas le moment de risquer de déranger avec l'appareil photo.
Elle est sortie de derrière l'écran, comme si elle sortait de l'écran. Ce soir, la fiction et le réel se sont rejoint. Elle a chanté ce qui pouvait être dans son esprit quand la caméra fixait son regard, ou plutôt, non, peut-être un contraire, une inversion du désespoir, ou la suite disant la distance et le travail du temps. C'est peut-être parce qu'il y a eu le cheminement d'image en image qu'est arrivée la chanson chantée de cette manière-là, maintenant, dans cette salle de la goutte-d'or.
Le vécu des rescapé-e-s du génocide est sans doute hors de portée de ma compréhension, je perçois juste une capacité à dépasser un deuil dans une expression artistique, qui reste encore mystérieux. Ma raison me renvoie en vain aux responsabilités politiques, parce que penser les violences extrêmes des foules ou le dépassement des traumatismes personnels est difficile.

mardi 18 mars 2014

18 mars 2014, Paris, Cameroun : Une feuille dans le vent

Je suis très heureux de savoir que Jean-Marie Téno, le réalisateur de 'Chef' ou d' 'Afrique je te plumerai' sort un nouveau documentaire. Le film "Une feuille dans le vent", qui est en avant-première, devant une salle comble, au Louxor à Barbès, revient sur la guerre d'indépendance du Cameroun entre 1955 et 1971, et l'un des leaders, Ernest Ouandié, au travers du regard de sa fille Ernestine. Pendant le débat, l'auteur explique que 'l'histoire d'Ernestine est une métaphore de l'histoire du Cameroun". Elle a un père mort et une mère qui ne l'aime pas. Depuis la guerre, en raison de la répression de la dictature militaire très forte, l'histoire du Cameroun est occultée par les générations les plus anciennes, et les jeunes ne savent pas ce qui s'est passé. Un camerounais dans la salle propose la comparaison entre Biya et Pétain : que serait devenue la France si Pétain était resté au pouvoir pendant 30 ans ? Le film rapporte aussi le témoignage d'Ernestine Ouandié, qui, enfant et adolescente, en tant que fille et fille d'Ernest Ouandié, a connu une maltraitances psychologique et des violences très dures. Elle s'est suicidée en 2009, à 48 ans. Jean-Marie Téno l'avait interviewé en 2005. Aussi, les images de l'interview portent une grande émotion. Le réalisateur a en projet un film plus complet et ambitieux sur la guerre de 1955-1971 au Cameroun. 

mardi 24 septembre 2013

23 septembre 2013, Paris, 'Omar' de Hany Abu-Assad

Hany Abu-Assad, réalisateur du film 'Omar', lors de la projection en avant-première à l'Institut du Monde Arabe, le 23 septembre 2013. Le film, prix du jury 'Un certain regard' à Cannes en 2013, sortira en salle le 16 octobre. Il raconte le drame en Cisjordanie d'un homme piégé de toute part, entre violence, manipulation, amitié, amour, convictions. Au départ, trois jeunes palestiniens tuent un soldat israélien. Seul Omar est arrêté, torturé, immédiatement psychologiquement perturbé par un agent secret, puis libéré... Il s'enfonce progressivement dans un abîme de complots et de doutes. La surveillance policière est en arrière-plan. Toute confiance devient impossible, la paranoïa pourrait se généraliser, mais, ce sont surtout des calculs individuels qui se confrontent. Engagés dans des luttes politiques, les destins sont brisés par une structure historique qui les dépasse et les aliène jusqu'au fatalisme et au désespoir. Le choix de la violence, à l'origine du drame, dans une lutte de libération, est au final profondément questionné, sans illusion et sans simplification. Le cinéma transforme un récit autour d'une situation inextricable et insoluble en réflexion pour essayer de sortir d'un cercle vicieux.

dimanche 15 septembre 2013

15 septembre 2013, Pierre Paolo Pasolini à l'Huma

Après avoir découvert le village associatif, ou j'ai discuté un peu au stand d'Attac, je tombe sur l'exposition sur Pasolini mise en place par la cinémathèque française. La fête de l'Humanité est une foire incohérente, où le meilleur et le pire se côtoie. Pour s'informer et réfléchir au calme, ce n'est pas si facile. Cette exposition soudain aide à prendre un peu de recul par rapport au bruit ambiant. 

dimanche 8 septembre 2013

... 7, 8 septembre 2013, Paris, 19e, festival Silhouettes

Abou Diarra est un musicien malien et il joue ce samedi au festival Silhouettes, festival de courts-métrages, qui a lieu cette année au parc de la butte du chapeau rouge. C'est agréable de venir ici grâce au tramway  juste à côté. Le public semble plus jeune, plus étudiant, que lors des précédentes éditions au parc des buttes Chaumont. Une nouvelle fois, c'est l'occasion de voir de très bons courts-métrage. Je retiens 'Agit Pop' de Nicolas Pariser, 'L'albatros' d'Emmanuel Bonnat, qui évoque le sujet du suicide, 'Unser Lied' de Catalina Molina, 'Il est des nôtres', de Jean-Cristophe Meurisse, se voulant philosophiquement provoquant et néanmoins burlesque, 'Artémis coeur d'artichaud' d'Hubert Viel, petit bijou de sensibilité parfaitement réalisé sous son apparence amateur, pour les sélections internationales. Le samedi a lieu une soirée hors compétition sur les thème 'première fois' avec, entre autres, 'Monsieur l'abbé' de Blandine Lenoir, le film le plus profond sur le magnifique héritage culturel catholique, ou 'Sunstroke' de Lili Horvath.
Dimanche soir, Hubert Viel reçoit le prix du festival pour 'Artémis coeur d'artichaud', ...
... et Marie-Charlotte dit au revoir. Mais que deviendra le festival sans elle ?

vendredi 12 juillet 2013

12 juillet 2013, Bobigny, tournage des Engraineurs

Je viens ce vendredi faire un peu de figuration sur un tournage de l'association des Engraineurs, basée à Pantin. C'est un tout petit budget avec surtout des bénévoles. Je découvre que le découpage par scènes de quelques secondes ou dizaines de secondes fait que l'on ne peut pas relier une simple scène au scénario. Ce qui m'intéresse plus, c'est de capter quelques points de technique, au niveau image ou son, et de mise en scène, et de sentir un peu l'ambiance. C'est idéal pour prendre des photos, car il y a de lumière assez forte, et parce que tout le monde est préparé à être pris en photos. Il faut attendre et je m'occupe ainsi.

lundi 17 décembre 2012

17 décembre 2012, Aubervilliers, concept et expérience


Je viens dire au revoir à Luca pour sa dernière d'Illegal Cinéma, aux Laboratoires. Il passe ce soir du statut d'animateur à celui de 'programmeur' bénévole et a choisi 4 courts-métrage autour du thème de la conversation. L'expérience autour du concept connaît ainsi un nouvel essai, et dans cette itération, un acteur structurant de l'expérience a bougé. Comme chaque fois, le débat est un peu "sur le fil", et encore un peu plus ce soir, car, le thème de la conversation pourrait permettre une mise en abime du concept de ce rendez-vous régulier. Que cherchons nous en venant voir ces films et en nous mettant en cercle pour discuter ensuite ? sommes-nous en recherche du thème qui réunit les films ? ou qui nous réunit? de la raison qui fonde le thème? de la justification d'être là ? ou sommes-nous là juste pour être là ? et converser ? quelle règles de conversation appliquons-nous? quelle légitimité a la parole de l'individu dans le groupe? qu'est-ce qui relie l'espace et le temps dans cette expérience ? et en général? Le débat en reste aux films, sans méta-discours. Moi-même, je me tais jusqu'au bout, et j'observe. La lumière blanche des projecteurs de la salle de spectacle, se pose sur les vêtements, les peaux, les cheveux, et fait ressortir les individualités apparentes. Bonne nouvelle! l'expérience continuera en 2013 avec quelques modifications dans les règles, une fois tous les 15 jours au lieu d'une fois par semaine, et pour le lieu, en alternance entre la salle aux rideaux noirs et d'autres lieux.

dimanche 25 novembre 2012

25 novembre 2012, Bobigny, Yves Boisset

J'ai beau m'intéresser au cinéma, surtout engagé, je ne connaissais pas encore Yves Boisset. La magie du cinéma, c'est aussi la possibilité de faire toujours de nouvelles découvertes. Son film "Le juge Fayard dit le Shériff" est inspiré de faits réels et de l'assassinat du juge Renaud en 1975. Patrick Dewaere y est fantastique, comment ne pas confondre l'acteur et son personnage, quand lui-même se/le confond. L'événement prend place dans les Rencontres cinématographiques de la Seine-Saint-Denis (entretien avec Yves Boisset), au Magique Cinéma de Bobigny. Je suis heureux d'apprendre qu'Yves Boisset souhaite faire une fiction sur la Françafrique. Dans les années 80, déjà, il avait essayé de tourner un film sur la Centrafrique, le Tchad, et l'état français dirigé par Mitterrand l'en a correctement empêché en le harcelant longtemps et en lui mettant toutes sortes de bâtons dans les roues. Avec l'affaire du juge Renaud, il s'était attaqué à des secrets d'état, ce qui lui avait valu de devoir jouer avec la censure politique. L'anecdote sur le SAC, le Service d'action civique, la milice patronale anti-gréviste, dont les relations avec la pègre sont dénoncées dans le film, est croustillante. Il a fallu sur les bobines enlever toutes références au SAC dans le son et l'image. Ca faisait "bip" à la place et les gens dans les salles de cinéma hurlaient contre le SAC à chaque "bip".

samedi 24 novembre 2012

24 novembre 2012, Paris, les dessous de la corruption en Afrique ?

Je viens pour la première fois au Musée Dapper dans le 16e à Paris pour voir le film de Sylvestre Amoussou, "Un pas en avant, les dessous de la corruption" (2011). Je trouve ce film très bon, j'apprécie de voir une présentation très actuelle du Bénin, avec une mise en cause radicale des dirigeants. Le scénario, la mise en scène, le jeu des acteur-trice-s sont excellent-e-s. Le réalisateur béninois, acteur principal, est là pour débattre, après le film. Comme il parle de la corruption en Afrique sans distinction de pays, je lui demande, sans me présenter comme journaliste spécialiste de la démocratisation en Afrique, assez bien informé de la situation au Bénin, s'il fait une différence entre la corruption dans les dictatures et la corruption dans les démocraties. Le Bénin, pays où a été tourné le film, sans que cela ne soit affiché, est l'un des seuls pays francophones où la démocratie fonctionne à peu près en Afrique de l'Ouest, avec le Sénégal, cependant, la démocratie s'y dégrade actuellement comme le montre, entre autres, la récente affaire du soit-disant empoisonnement du président. A ma grande surprise, il me répond que la corruption est partout pareille et ne dit rien de plus, voulant clore au plus vite sur ce sujet. Pourtant, je viens de voir un film qui ne parle pas que de la corruption, mais qui parle aussi de l'état de droit et de la justice, et indirectement de qualité des institutions et de démocratie. Le film insiste sur l'importance de voter en plus. Après tout, c'est du cinéma, plein de coups de feux, de sang, d'exagérations par rapport à ce qui pourrait se passer dans la réalité, heureusement ! Mais, je suis très étonné que le réalisateur soit en retrait par rapport à son scénario. Cela me rappelle la réalisatrice du documentaire "Une affaire de nègres", Oswalde Lewat, qui rechignait à dénoncer clairement la dictature camerounaise, alors que c'était tout l'objet de son excellent film. A ma plus grande surprise encore, il y a des applaudissements dans la salle suite à la réponse simplificatrice de la corruption qui serait partout pareille. Un peu perturbé, je me rassure en me disant que ce doit encore être, en ce qui concerne le public, des relents d'inconscient colonial et raciste, la fameuse croyance, que l' "Afrique n'est pas mûre pour la démocratie" (Chirac, 1990), et qu'il ne faut pas en parler... Mais certainement, je me trompe, victime de mon propre ego. Ce qui me semble plus sûr, c'est que le public est, pour l'essentiel, comme presque toujours, un public qui vient pour s'amuser ou juste s'informer sans penser qu'il peut agir. Il ne faut pas, comme dirait Sankara se repentant dans son cercueil, demander de franchir trop d'étapes trop vite, d'abord commencer par sensibiliser, et, pour la suite, on verra plus tard.

jeudi 15 novembre 2012

15 novembre 2012, St-Ouen, ciné-concert 'Aujourd'hui'

Mon ami Apkass m'invite au ciné-concert qu'il organise sur le film "Aujourd'hui". La projection est une avant-première, en présence du réalisateur, Alain Gomis, et d'au moins 2 acteurs. Saul Williams, l'interprète principal du film, recrée la musique du film avec son ordinateur, un clavier, et, peut-être, une petite percussion discrète. C'est aussi l'ouverture des Rencontres Cinématographiques de Seine-St-Denis. C'est un événement très intéressant parce qu'il fait apparaître le lien entre musique et cinéma, dans cette ambiance tranquille de St-Ouen, qui permet sans doute des échanges plus aisés que de l'autre côté du périphérique.

lundi 8 octobre 2012

8 octobre 2012, Aubervilliers, projection de 'Sur le globe d'argent'

Il y a des moments forts de la vie urbaine méconnus, et il y a des chefs-d’œuvre artistiques destinés à rester éternellement méconnus. 'Sur le globe d'argent' d'Andrzej Zulawski est un film maudit. Son tournage entre 1976 et 1977, a été interrompu par le ministre de la culture polonais, et, il n'a pu être monté qu'en 1987, avec 20% des scènes manquantes, sans que cela ne lui enlève de sa force et de sa beauté. Son ambition est démesurée esthétiquement, philosophiquement et insidieusement politiquement. Sa liberté de ton, digne de la meilleure époque du cinéma, dans les années 70, quand la finance n'avait pas mis le grappin sur la création, est impressionnante. Ce film, que j'ai présenté, a été projeté dans le cadre d'Illégal Cinéma aux Laboratoires d'Aubervilliers. Il faut voir ce film ! Un débat avec quelques personnes a suivi, pour compléter l'expérience.

lundi 10 septembre 2012

Du 1er au 9 septembre, Paris, Festival Silhouette

Il y a de plus en plus de monde au festival Silhouette au parc des Buttes Chaumont. J'ai du mal à me concentrer sur les photos, là-bas. Je vois de très bons courts-métrage cette année, comme par exemple, "Boro in the box" de Bertrand Mandico, "La sole, entre l'eau et le sable" d'Angèle Chiodo, ou "Le garçon lumière" de Jérémy Van der Haegen, 3 films primés. Mais il y a aussi de petits films conceptuels rafraichissants comme "Cold Star" de Kai Stänicke ou "River Rites" de Ben Russel.