Alors qu’en Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump dit vouloir son « démantèlement », ce mercredi 23 septembre, entre 10h et 12h30, a lieu à l’Assemblée nationale un « événement » en soutien à la Cour pénale internationale. Il est organisé par le député Pouria Amirshahi et la députée européenne Chloé Ridel, très engagée en faveur de la CPI à Strasbourg. L’objectif est surtout de lancer un appel vers l’Union européenne pour la pousser à agir en soutien à la CPI. La principale invitée est la juge et vice-présidente de la CPI, Reine Alapini-Gansou. Interviennent, de gauche à droite, l’avocat Mourad Battikh, Pouria Amirshahi, Reine Alapini-Gansou, la présidente d’Amnesty internationale France, Anne Savinel Barras, Chloé Ridel et la chargée de plaidoyer de la Coalition pour la CPI (CICC), Zoé Paris.
Pouria Amirshahi annonce vouloir proposer le vote d’un texte à l’Assemblée nationale. Chloé Ridel rappelle comment Donald Trump a dès le début de son mandat en février 2025 décrété les premières sanctions, en raison de l’enquête de la CPI sur Gaza. Le Parlement européen a fini par voter une demande à la Commission européenne de mettre en œuvre le « règlement de blocage » et depuis la commission et le Conseil européen, divisé, n’ont pas bougé. Elle pense nécessaire une mobilisation citoyenne.
Reine Alapini-Gansou est l'une des 9 juges de la CPI sanctionnée par les États-Unis. Elle a été aussi condamnée par la Russie. Les sanctions dérangent dans l’utilisation des banques et cartes de crédit, mais « le moral est, selon elle, au beau fixe ». Elle voit l’attaque comme « un test de maturité » pour la CPI. Elle indique que l’enjeu va au-delà de la CPI sur le droit pénal international. Elle appelle à na jamais oublier les victimes.
Anne Savinel Barras condamne « la loi du plus fort et du plus riche ». Elle regrette que les diplomates européens aient privilégié un « dialogue diplomatique avec les USA » qui n’a pas réussi. Mourad Battikh rappelle l’acquis du Procès de Nuremberg. Il se scandalise que les juges de la CPI soient maintenant sur des listes avec des terroristes. Zoé Paris évoque le rapport de sa coalition pour la CPI sur les sanctions. Elle revient sur les attaques dramatiques contre les trois ONG palestinienne alimentant la CPI. Des Américains se sont vu menacés de 20 ans de prison en cas de travail pour ces ONG. Elle explique que les banques européennes craignent d’être elles-aussi sanctionnées. Elle insiste sur la nécessité de « l’activation du statut de blocage » européen.
Pendant le débat, les sanctions contre la Cour suprême brésilienne sont évoquées. Une association propose d’agir pour que la CPI obtienne le prix Nobel de la paix. Les menaces contre les enquêtes au Soudan sont signalées : il se devine qu’un plus des actions frontales contre la CPI, de plus nombreuses actions diffuses pourraient paralyser l’action de la cour. Quelques précisions sont apportées sur un éventuel blocage européen : des entreprises et en particulier des banques demanderaient de l’aide européenne contre des sanctions et la question serait aussi budgétaire. L’autonomie numérique européenne est envisagée.
Chistine Taubira arrive de l’aéroport pour l’événement. Elle prend la parole entre le débat et la conclusion. Tout à coup, le niveau du débat s’élève. Elle replace immédiatement la menace contre la justice internationale dans un cadre d’un conflit entre autoritarisme et démocratie, à l’échelle mondial. Selon elle, des « autoritarismes sont installés par des élections » et cela « questionne sur l’état du monde ». Elle juge que le fonctionnement de l’ONU, en raison du Conseil de sécurité et de son droit de véto depuis 1945, n’est pas démocratique. Pour elle, l’UE, après une perte de cohésion, « commence à avoir du mal sur sa légitimité », « la question existentielle est posée ». Elle espère que le gouvernement ne sera plus attribué à des « immatures » ou à des « enragés ». Elle appelle l’UE à un « sursaut » pour pouvoir « regarder les générations suivantes dans les yeux ».
En conclusion, Chloé Ridel envisage des manifestations si Trump sanctionne directement la CPI et pas seulement les personnes y travaillant. Elle espère que le prix Sakharov pour les droits humains du parlement européen ira à la CPI.
Régis Marzin
Paris, 23 septembre 2026
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