"Le bateau en carton" est un film de José Viera, tourné en 2010, pendant la vague d'expulsions de rroms pendant le coup de chaud du président pas normal. Le documentaire, proche d'un reportage, nous fait partager le ressenti des rroms avant, pendant et après les expulsions. De l'intérieur, le mépris du système politique, judiciaire et policier, est évidemment insupportable. Les spectateur-s ressentent pour la plus part une grande compassion. Poussé par les questions de l'animateur du débat, mon ami Antoine Girard, le réalisateur du film explique le tournage, les malheurs des rroms filmé-e-s et le contexte. Jean-Pierre Dacheux,
philosophe, auteur (avec Bernard Delemotte), de
"Roms de France, Roms en France : le peuple du voyage", nous informe sur la culture et l'histoire du peuple rrom et commente la situation politique et le scandale du retour rapide de la xénophobie d'état pendant le premier été du nouveau gouvernement de gauche: "Valls est pire que Guéant". Un plis serait pris dans la perception, et l'occultation de la violence de la répression xénophobe de l'état. Cependant, le fait que le débat soit mené autour des 'soutiens' des rroms, focalisés sur leurs souffrances, plutôt que qu'autour de rroms, s'exprimant eux/elles-mêmes, ne permet pas de comprendre également comment les personnes victimes, sont aussi des personnes qui offrent, partagent, et parfois malgré les difficultés traversent des moments heureux, en rêvant de jours meilleurs, comme tout un chacun.
mercredi 17 octobre 2012
samedi 13 octobre 2012
13 octobre 2012, Paris, Forum 'La démocratie à l'épreuve de la corruption'
"Vie politique le défi de l'intégrité", avec de gauche à droite: Alain Deneault, co-auteur de 'Noir Canada' et de 'Paradis Sous Terre' et Fabrice Tarrit, de Survie, qui a fait le point sur la Françafrique et les institutions, Jean-Pierre Guis, d'Anticor, qui a insisté, entre autres, sur le besoin d'arrêt du cumul des mandats (pétition), ou la fin du recyclage des élu-e-s corrompu-e-s.
"A quand la fin des entraves à la justice française?", avec de gauche à droite: Fabrice Rizzoli, du réseau FLARE (Freedom Legality And Rights in Europe), spécialiste des mafias, qui a proposé d'aller vers des confiscations, une utilisation des biens saisis pour l'intérêt général, de la collaboration avec la justice sur l'exemple de l'Italie, ou une réforme de la politique des drogues, Benjamin Moutsila, de la Fédération des Congolais de la Diaspora, qui a donné des exemples de blocages évidents de la justice liés à la Françafrique, l'affaire du Beach ou celle des Biens Mal Acquis, Eric Alt, Syndicat de la Magistrature, venu avec des propositions très concrètes, pour en finir avec l'absence d'indépendance du parquet, pour lutter contre les fraudes fiscales, ou pour la fin du secret défense.
"Les multinationales contre la démocratie?", avec de gauche à droite: Grégoire Niaudet, du Secours Catholique et de la Plateforme Publiez Ce Que Vous Payez, qui a fait le point sur la lutte pour la transparence dans les industries extractives, Mathilde Dupré, du CCFD et de la plateforme contre les Paradis Fiscaux et Judiciaire, qui a parlé de la mobilisation actuelle associant des citoyens, des syndicats, des élu-e-s, et (caché) Michel Capron, du Forum Citoyen pour la Responsabilité Sociale des Entreprises.
Le Forum 'La démocratie à l'épreuve de la corruption' a été organisé par l'association Survie, sous forme de 3 ateliers associant des points de vue sur les affaires en France et sur les questions de politique et de développement en Afrique. Les points de vue des différentes associations, qui, pour certaines, n'avaient jamais travaillé ensemble, se sont rapprochés, autour d'analyses et de propositions de réformes. Jean Merckaert de Sherpa a conclu la journée: même si beaucoup de choses avances, la démocratie est aussi confronté à des puissances financières de plus en plus fortes.
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vendredi 12 octobre 2012
12 octobre 2012, Paris, rencontre sur Congo K et Kivu
Il est assez rare que le milieu universitaire s'ouvre à un public plus large. Je remercie donc Saïd Abbas Ahamed pour tous ses efforts d'organisation en ce sens, particulièrement en ce qui concerne l'information sur la situation au Congo Kinshasa. Ce soir dans les locaux de la fac Paris I, au centre Malher, est présenté le film "Les creuseurs n'ont pas bonne mine" de Franck Mweze (http://3tamis.org/). Le documentaire présente un village du Kivu dans lequel les habitants exploitent par eux-mêmes la cassitérite. Le film donne la parole, aux creuseurs, adultes et adolescents, à l'instituteur, au chef du village. Ce point de vue est rarement exprimé dans des documents arrivants jusqu'ici, ce qui lui donne tout son intérêt. On peut aussi y voir la faiblesse structurelle ou l'inexistence de l'état congolais dans plusieurs domaines: santé, éducation, transport, économie. Un débat a ensuite lieu avec le réalisateur, Justine Brabant, et Saïd Abbas Ahamed.
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lundi 8 octobre 2012
8 octobre 2012, Aubervilliers, projection de 'Sur le globe d'argent'
Il y a des moments forts de la vie urbaine méconnus, et il y a des chefs-d’œuvre artistiques destinés à rester éternellement méconnus. 'Sur le globe d'argent' d'Andrzej Zulawski est un film maudit. Son tournage entre 1976 et 1977, a été interrompu par le ministre de la culture polonais, et, il n'a pu être monté qu'en 1987, avec 20% des scènes manquantes, sans que cela ne lui enlève de sa force et de sa beauté. Son ambition est démesurée esthétiquement, philosophiquement et insidieusement politiquement. Sa liberté de ton, digne de la meilleure époque du cinéma, dans les années 70, quand la finance n'avait pas mis le grappin sur la création, est impressionnante. Ce film, que j'ai présenté, a été projeté dans le cadre d'Illégal Cinéma aux Laboratoires d'Aubervilliers. Il faut voir ce film ! Un débat avec quelques personnes a suivi, pour compléter l'expérience.
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8 octobre 2012, Paris, rassemblement contre le dictateur tchadien
Ce lundi, un rassemblement a lieu à l’appel du Conseil National pour le Changement et la Démocratie (CNCD-Tchad), contre la venue du dictateur tchadien Idriss Déby à Paris, près de l’Assemblée Nationale. La visite, semble-t-il, prévue ce 8 octobre, serait reportée en novembre. François Hollande avait dit « je veux que le 6 mai soit une bonne nouvelle pour les démocrates et une terrible nouvelle pour les dictateurs ». Mais, il semble se focaliser sur ce qu'il soit faire en priorité, s'occuper du conflit malien, et, pour se faire, il semble déjà abandonner tout effort pour soutenir la démocratie et les droits humains en Afrique, en invitants des dictateurs sans précautions suffisantes, sans dénonciation correcte des dictatures. Pour le Mali, François Hollande et son gouvernement seraient-ils prêt à sacrifier la population tchadienne ? Alors perdurerait la Françafrique. Les député-e-s français-e-s ont-ils/elles pris la mesure de l'enjeu? Pourtant la dictature tchadienne est la pire de l'Afrique francophone: le régime tchadien est classé en Afrique 52e sur 53 juste avant Somalie à l’Indice de ‘gouvernance’ Mo Ibrahim 2011.
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dimanche 7 octobre 2012
7 octobre 2012, Cabaret Contemporain au festival MAAD in 93
Merci à Alice pour l'invitation ! Le festival MAAD in 93 se termine au 6B à Saint-Denis, avec le Cabaret Contemporain et DJ Junkaz Lou: 2 contrebasses, un clavier, une guitare, une batterie, et des platines, pour un spectacle 'jouissif', une musique très originale, cérébrale et dansante ... pour finir mes 4 jours étranges, et en attendant la suite dès demain.
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7 octobre 2012, Paris, les gitan-e-s soutiennent les rroms
Le rassemblement européen ‘Roma Pride’ – Marche pour la dignité du monde du voyage', place du Panthéon, a été coordonné au niveau européen par EGAM et a été organisé sur Paris par l' Union Française des Associations Tsiganes (UFAT), pour lutter contre la discrimination des populations tsiganes, gitanes, manouches, rroms, contre les actes racistes contre les Rroms, pour la fin des expulsions sans relogement, pour la suppression « mesures transitoires », pour une radicale révision de la Stratégie nationale d’insertion des Rroms, pour la suppression de la loi de 1969 (titres de circulation, privations de droit de vote, quota maximum de 3% par commune qui implique un fichier des tsiganes/rroms!). Des artistes et des soutiens associatifs ou politiques défilent, avec parmi eux-elles, Eva Joly, dont j'apprécie une nouvelle fois le ton très sincère. Les intervenant-e-s dénoncent vivement la politique d'expulsion des campements du gouvernement, et insistent sur leur soutien aux rroms. Les Jeunes Socialistes sont là aussi pour condamner les expulsions.
Alain Weber explique l'importance de la culture rroms dans l'histoire européenne. Pour lui, ils et elles sont très "intégrés-es" parce qu'ils et elles savent "intégrer" dans leur musique les musiques des pays qu'ils traversent.
L'ambiance est plutôt gitane. Je me demande s'il n'existe pas des réseaux de lutte différents qui correspondent chacun aux époques de migrations. Malheureusement, les Rroms venus de l'Est depuis la chute du mur de Berlin ne semblent pas présent-e-s parmi les 500 personnes du public. Au delà des différences culturelles, linguistiques, les revendications ne sont peut-être pas les mêmes.
Un responsable associatif explique qu'il n'a pas pu se rendre au Conseil Constitutionnel parce qu'il a été convoqué au commissariat pour viser son carnet de circulation. Il brule légèrement la page en cause. Le Conseil Constitutionnel vient d'abroger partiellement la loi du 3 janvier 1969 régissant la vie des "gens du voyage": l'obligation de résidence sur une commune en vue de s’inscrire sur les listes électorales a été ramenée de 3 ans à 6 mois, le carnet de circulation, avec l'obligation de passer au commissariat tous les 3 mois, a été supprimé mais reste le livret qui maintient un statut spécial pour les gens du voyage. Le combat continue et peut-être devant la Cour européenne des droits de l'Homme, ou plus simplement devant le parlement français, dès cette semaine.
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6 octobre 2012, A la nuit noire, la mariée était en blanc
Ce samedi au LMP (Lavoir Moderne Parisien), à la Goutte d'Or, se déroule la Nuit Noire. Suite à de grosses difficultés financières, et à un soutien insuffisant de la Ville de Paris, puis à une procédure d'expulsion du propriétaire, la salle de théâtre est menacée de disparition rapide. Des artistes sont là pour soutenir le lieu par leurs spectacles. Marie-Do Fréval et Nadège Prugnard jouent 'Ma mort n'est la faute de personne' (texte de Nadège Prugnard), que j'avais déjà vu dans un parc cet été, et dans laquelle j'avais remarqué cette phrase 'Les hommes n'aiment pas les femmes qui réfléchissent' (et l'inverse ?). Je l'apprécie plus encore dans le décor du LMP. Je comprends mieux le texte qui a été écrit après un voyage au Mexique, et je repense au suicide de mon frère il y a 22 ans d'une façon différente. Je me retrouve un moment dans le même bateau que Marie-Do à lire un texte qui parle de Tchernobyl et ressemblerait presque à un édito de TOhu-BOhu. Voilà aussi l'émotion du souvenir de la pièce M.A.M.A.E. ('avec la langue') qui s'efface...
Un débat 'les lieux de l'utopie' est animé par Hervé Breuil du LMP: il semble que nous revoilà, à Paris, presque qu'au même point qu'il y a dix ans, quand la droite dirigeait la mairie: cette semaine un procès a décidé de la fermeture de 4 squats: la Miroiterie, le Stendhal, chez Martine, 260 rue des Pyrénées. A la Goutte d'Or, l'Olympic Café a fermé avant l'été (en même temps que le Saraaba). D'autres lieux sont très menacés comme la Forge à Belleville, qui regroupent de nombreux-ses artistes. La politique culturelle de la ville de Paris est mise en cause parce qu'elle est focalisée sur une dimension internationale, quasi-touristique, mais ne soutient plus suffisamment une culture populaire ou de quartier. Le journaliste David Langlois Mallet nous éclaire aussi sur le sujet. Une représente des Femen est là aussi (le débat a lieu juste en même temps que le concert Free Pussy Riot à Montreuil). Le monde du spectacle et de la culture est tout de même très 'sous domination masculine'. Il est plus question de lieux, d'arts et de culture, et à la fin j'évoque la censure politique: un quartier comme la goutte d'or aurait besoin de lieux d'échanges hors de toute censure et la politique socialiste sur l'Afrique est encore plus décevante, doux euphémisme, que la politique culturelle de la Ville de Paris.
Ensuite, c'est le 'conte' 'Le Ciel rouge n'a plus soif' de Nadège Prugnard et Géraud Bastar. Il y une douzaine d'année, j'avais décidé de ne jamais faire de photos de théâtre, parce que ce n'est ni très créatif, ni très sain. Alors, là, j'hésite... Est-ce un concert ou du théâtre ? Je vois et j'entends plutôt du théâtre et je range l'appareil. Il y a déjà 2 photos floues... et je finis la soirée l'esprit dans le flou après le ciné concert 'Les amours de la pieuvre'. Mais le lendemain matin en me réveillant, je pense au 'moi-peau' (1, 2) de Didier Anzieu à cause du 'moi-peau poulpe'.
samedi 6 octobre 2012
6 octobre 2012, St-Denis, Chavé Sumnakuné à la fête des associations
En début d'après-midi, la troupe Chavé Sumnakuné (les enfants en or), que j'ai déjà beaucoup photographiée, se présente au public de la fête des associations de Saint-Denis, invité-e-s par le MRAP, juste après le discours d'introduction du Maire.
Ce spectacle est symboliquement important juste après les scandaleuses expulsions de campement dans la Seine-St-Denis surtout. Le MRAP distribue quelques tracts pour dénoncer les expulsions.
Les familles se sont déplacées du terrain 'Voltaire', pour voir le spectacle de la troupe de Misa.
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jeudi 4 octobre 2012
4 octobre 2012, Paris, The Raiders en concert à la Féline
Il y a des moments où les images ne disent rien, ou si peu par rapport à l'essentiel, ce qui s'entend ou même se voit. Je conseille simplement d'aller écouter The Raiders, groupe de rock brestois. Et j'aimerais aussi signaler ce groupe aux salles pour qu'elles le programme.
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lundi 1 octobre 2012
1er octobre 2012, la xénophobie d'état est déjà de retour
Le campement de la rue Moulin Fayvon à la Courneuve, vide, abandonné cette nuit, est gardé par un fourgon de police. Je croise des habitant-e-s expulsé-e-s qui errent à côté. Le terrain appartient au département de Seine-saint-Denis, et le département a donc une responsabilité dans la mise à la rue d'habitants d'un terrain stable, dans lequel les enfants étaient scolarisés depuis un an - 30 mineurs vivaient sur ce terrain -, dans lequel une partie des rroms avaient des titres de séjours. Hollande n'avait rien dit sur les rroms pendant sa campagne, et, aujourd'hui, Valls et Hollande sont incapables de sortir de la politique xénophobe de Sarkozy-Guéant-Hortefeux. Les expulsions de rroms ont repris de plus belle et en particulier en Seine-Saint-Denis. A l'été 2010, c'était l'église catholique qui avait demandé à Sarkozy de se calmer, sous-entendu, s'il ne voulait pas trop perdre une frange chrétienne conservatrice de son électorat. Quand la politique de Sarkozy laissait s'échapper un maximum de relents nauséabonds rappelant le fascisme, un rempart citoyen avait senti la démocratie menacée et s'était mobilisée. Hollande en a profité pour arriver au pouvoir sur l'idée du rejet du sarkozysme, sans grande confiance dans le parti socialiste. Si Hollande et Valls continuent leur jeu dangereux, il risque de le payer très cher en terme de soutien de la société civile, la société active peu nombreuse mais qui irrigue la société de ses idées. Déjà la Cimade protestante proteste : "Politique d’immigration, les promesses doivent être tenues !". Ce jour-même, le réseau de soutien des sans-papiers RESF, pourtant assez proche du PS entre 2007 et mi-2012 signe un communiqué intitulé "Sous Hollande aussi on enferme les enfants!" Hollande sait-il ce qu'il fait avec les rroms, avec l'Afrique, les sujets qu'il ne connait pas. Le voilà aussi obligé de reporter une entrevue prévue le 8 octobre à Paris avec Idriss Déby, le pire dictateur de l'Afrique francophone. Mais comment-peut-il croire qu'il peut agir ainsi sans avoir à en payer ensuite les pots cassés ?
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dimanche 30 septembre 2012
30 septembre, Paris, la miroiterie bientôt fermée
Sa fermeture avait déjà été maintes fois annoncée, mais, après le procès, il semblerait que cette fois-ci ce soit la bonne. La miroiterie devrait fermer bientôt, peut-être à la mi-octobre. Ce squat, l'un des plus vieux de Paris, a permis d'organiser beaucoup de choses, dans sa petite salle, des centaines de concerts, des événements tels que ceux du Festival des Résistances et des Alternatives de Paris qui y allait surtout à ses débuts. Ce soir, j'y passe par hasard et je tombe sur l'excellent groupe Jean-Louis, dans une des soirées de concert et boeuf, rock-jazz, qui ont lieu tous les dimanches soir.
samedi 29 septembre 2012
30 septembre 2012, la Cie Méliadès à Aubervilliers
Ce samedi, à Aubervilliers, au parc de Stalingrad, invitée par le théâtre de la Commune, la Compagnie Méliadès présente son spectacle "La ville éphémère". Pour moi, le spectacle est autant chez les spectateur-trice-s en face de la scène. C'est un spectacle sans parole pour pour les adultes comme les très petits. Devant nous, une ville se construit et s'effondre, ...
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dimanche 23 septembre 2012
23 septembre 2012, Paris, Festiv' Aligre
Cette
année, le Festiv'Aligre, avec beaucoup plus de choses dans la rue, a pris la place du festival de films, et c'est
très réussi, pour le lien avec le quartier, pour la récupération de
l'espace public. Le vendredi soir, j'assiste à la projection du film "Touche pas à la femme blanche !" de Marco Ferreri, une parodie de western dans Paris, que j'aime beaucoup. Après le film, une petite ballade nous fait découvrir quelques nouveaux panneaux de la ville de Paris. Il y a aussi des portes sur les trottoirs.
Le dimanche, il y a plein de jeux sur la place, c'est tout simple, et ça marche très bien. Cela me rappelle la fête de la rue Pasteur à Saint-Ouen, ou la fête des Thermopyles dans le 14e. Aux thermopyles, je prenais déjà il y a une dizaine d'année des photos du genre de celle du maquillage des enfants.
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22 septembre 2012, Montreuil, pour la paix au Mali
J'arrive au Palais des Congrès de Montreuil, au "grand rassemblement pour la paix au Mali, concert de solidarité" attiré par l'affiche musicale, Check Tidiane Seck et ses invités : Manu Dibango, Amadou et
Mariam, une quarantaine de groupes ou artistes, sans vraiment savoir de quel type d'événement il s'agit. L'après-midi est consacré aux débats qui, commençaient selon l'affiche à 14h, et qui ont duré en réalité jusqu'à 22h. De nombreux intervenant-e-s se succèdent. J'apprends que le Parti Socialiste a aidé à l'organisation, en particulier le député de Montreuil. La salle se remplit de 2 à 3 000 personnes, la plupart assises, la plupart d'origine malienne. Toutes les personnes assises ne bougeront quasiment pas de leur chaise jusqu'à la fin ! C'est ainsi que je comprends la détermination du public.
Parmi les intervenants, je remarque particulièrement le Secrétaire National du PS, Pouria Amirshahi, pour sa capacité à ne rien dire. Il faut dire que j'ai perdu l'habitude d'écouter les politiciens. Pour lui, la nouvelle politique à définir, - ainsi, il admet que le PS n'a pas encore défini de politique africaine, mais, je m'en doutais - passe par une nouvelle relation avec le "Sud de la Méditerranée". Est-ce un lapsus? ou juste une confusion avec le meeting des tunisiens dans cette même salle le 14 janvier ?
Mais, le secrétaire national est rapidement battu sur son terrain par Elisabeth Guigou, la présidente de la Commission des Affaires Etrangères, qui réussit brillamment à ne rien dire du tout au public malien enthousiaste de Montreuil. C'est bien difficile de s'exprimer en étant tenu-e au secret défense, chacun l'aura compris. La télé malienne est là pour filmer, et je devine que l'essentiel est le message que la diaspora malienne est sensé transmettre à la population malienne via la télévision, avec un message de soutien de l'état français en prime.
Après l'ambassadeur du Mali en France, le ministre des Affaires Etrangères malien, Tiéman Coulibaly, prend la parole, et éclaire finalement l'assistance. Il entre dans le vif du sujet, cette fois. Il parle de "guerre de civilisation" "contre l'obscurantisme". Cette expression de lutte contre "l'obscurantisme" sera ensuite reprise régulièrement par l'animateur du concert.
Le député de Montreuil, Razzy Hammadi, est satisfait de la réussite de l'événement. Pour les élu-e-s locaux, le député et madame la maire, Dominique Voynet, c'est en effet un grand succès.
La présence de musiciens touaregs est mise en avant, pour symboliser l'unité du pays à retrouver.
Soudain, le rappeur Rocking Squat, vient casser l'ambiance consensuelle, en venant parler de Françafrique alors qu'on lui a demandé de ne pas le faire. Il n'est pas très précis dans ses accusations, mais çà fait du bien d'entendre une voix discordante.
Le guitariste Baba Salah, virtuose, représente "l'avenir de la musique malienne". Un chanteur très sympathique, relativement efféminé, et originaire du Nord du Mali vient avec lui ambiancer le palais du congrès: il doit y avoir un message sous-entendu, et, il est très applaudi.
Dans cette journée, la place des femmes est aussi mise en évidence. Suivant la consigne, le public ne danse pas, et quelques personnes viennent donner des billets aux artistes. Fatigué, je quitte vers 2h30 du matin, alors que les milliers de personnes ne bougent toujours pas et semblent prévoir de tenir jusqu'au bout de la nuit. Tout cela est assez extraordinaire !
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samedi 22 septembre 2012
22 septembre 2012, Montreuil, Valls comme Guéant
Ce campement est tout récent, il s'agit sans doute de rroms expulsé-e-s sous l'ordre du Ministre de l'intérieur. Revoilà la médiocrité socialiste dans toute sa splendeur. Le scandale continue. "La posture paranoïaque induite par la politique des dernières années est mentalement intégrée, et les dégâts sont considérés comme ‘presque normaux’. La justice est évoquée comme excuse pour ne pas annuler les actions de destruction des campements et d’expulsions, comme raison du maintien de méthodes pourtant xénophobes et discriminatoires, là où cette justice cautionne l’injustice. La répression policière est gérée selon un équilibre à établir et maintenir, pour assurer, sans causer de déshonneur, la continuité des institutions." (TOhu BOhu, septembre 2012)
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jeudi 20 septembre 2012
20 septembre 2012, Aubervilliers, conférence sur le Mali
Pierre, Boilley, le directeur du CEMAF, Centre d'Etudes des Mondes Africains, professeur d'histoire de l'Afrique à Paris I - Panthéon Sorbonne, s'est déplacé à la librairie les Mots Passants à Aubervilliers, pour parler du Mali. Les derniers mois, j'ai plusieurs fois entendu des maliens de la société civile ou des partis politiques, le regard de l'historien est plus neutre, le discours, plus didactique, on comprend mieux les spécificités culturelles, sociologiques, qui interfèrent avec la dimension militaire des événements. Il termine sur quelques hypothèses pour la suite, mais l'incertitude domine, et il y a peu de préconisations définissables, si ce n'est peut-être, celle d'une exigence d'un arrêt du soutien du Qatar aux différentes forces armées qui tiennent le Nord-Mali.
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dimanche 16 septembre 2012
14, 15, 16 septembre, l'Afrique à la Fête de l'Huma
Je calcule cette année, qu'il s'agit de la septième année que je suis à la fête de l'Humanité à suivre les débats sur l'Afrique, avec Survie, en particulier. Sur le stand de cette association et du CADTM ont lieu des débats sur la dette, la situation au Gabon, au Mali.
Le samedi, a lieu le débat "Gabon : un pays d’Afrique centrale peut-il sortir de la dictature ?", avec Marc Ona et Georges Mpaga du Collectif Cà suffit comme cà !. La discussion est très stimulante, une grande bouffée d'optimisme. Il y a 1 an, Marc Ona nous disait "La peur a changé de camp", c'était 2 ans après l'inversion des résultats de la présidentielle au profit d'Ali Bongo. Alors que le pays traverse une crise aux multiples aspects, aujourd'hui, les 2 leaders de la société civile gabonaise expliquent leur exigence d'une Conférence Nationale Souveraine dans les prochains mois, allant vers une Assemblée Constituante, et une commission type "Vérité Justice et Réconciliation" chargé de veiller, entre autres, à la restitution des Biens Mal Acquis. Il est aussi beaucoup question du lien entre les états français et gabonais et de la politique française qui devrait maintenant soutenir la démocratisation en Afrique, thème qui sera rediscuté le lendemain au débat "Quelle opportunité de changement de la politique française en Afrique ?".
Le samedi, a lieu le débat "Gabon : un pays d’Afrique centrale peut-il sortir de la dictature ?", avec Marc Ona et Georges Mpaga du Collectif Cà suffit comme cà !. La discussion est très stimulante, une grande bouffée d'optimisme. Il y a 1 an, Marc Ona nous disait "La peur a changé de camp", c'était 2 ans après l'inversion des résultats de la présidentielle au profit d'Ali Bongo. Alors que le pays traverse une crise aux multiples aspects, aujourd'hui, les 2 leaders de la société civile gabonaise expliquent leur exigence d'une Conférence Nationale Souveraine dans les prochains mois, allant vers une Assemblée Constituante, et une commission type "Vérité Justice et Réconciliation" chargé de veiller, entre autres, à la restitution des Biens Mal Acquis. Il est aussi beaucoup question du lien entre les états français et gabonais et de la politique française qui devrait maintenant soutenir la démocratisation en Afrique, thème qui sera rediscuté le lendemain au débat "Quelle opportunité de changement de la politique française en Afrique ?".
Le débat du Village du Monde, le dimanche midi, sur l'Afrique et les politiques libérales, me permet d'écouter Mansour Sy Jamil, du mouvement Citoyen sénégalais "Bes du Niak", vice-président de la nouvelle Assemblée Nationale en 2012, qui a dénoncé les codes miniers en Afrique trop favorable aux sociétés minières, et ainsi insisté sur les possibilités d'avancer grâce à la démocratie.
Le responsable international du PCF, Jacques Fath a invité les responsables de nombreuses organisations africaines et quelques membres d'associations françaises à une rencontre informelle, pendant laquelle il a indiqué les directions sur lesquelles travaille le PCF concernant l'Afrique. Des députés ont déjà déposé cet été des demandes de commission d'enquête parlementaire sur la force Licorne en 2011, et sur la coopération militaire et policière avec la dictature au Cameroun. Une 3e devrait suivre, portée par le Front de Gauche et Europe Ecologie les Verts, sur l'assassinat de Thoma Sankara. Ce week-end, il est d'ailleurs beaucoup question du Burkina Faso puisque François Hollande recevra deux jours après Blaise Compaoré, ce qui augmente encore les inquiétudes sur la volonté du président français et de son ministre des affaires étrangères d'en finir avec la Françafrique, quelque soient les enjeux des rencontres diplomatiques concernant le Mali.
Enfin, le week-end se termine au stand de Survie, par un débat, qui attire un large public, sur le conflit et la crise au Mali, avec les interventions de Amadou Tieoulé Diarra, de la Ligue malienne pour la justice (LJDH),
Kethery Doumbia, du Front Nouveau Citoyen (FNC), et Pr. Issa Ndiaye,
Président du Forum Civique.
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jeudi 13 septembre 2012
13 septembre 2012, Paris, Publiez-ce-que-vous-payez
Quelques jours après l'adoption par le régulateur des marchés financiers américains, la Securities and
Exchange Commission (SEC), à Wall Street, des règles nécessaires à l’entrée en
vigueur de la Loi Dodd-Franck, une réunion se déroule au Secours Catholique avec plusieurs représentant-e-s du réseau Publiez-ce-que-vous-payez, le gabonais Marc Ona (sur la photo) (pétrole), Aminita Touré Barry (Mali, or), Ali Idrissa (Niger, uranium), Brice Mackosso et Christian Mounzéo (Congo-B, pétrole), accompagnés des responsables des associations françaises, Oxfam, Félix Delhomme, et Secours Catholique, Grégoire-Niaudet. Brice Mackosso explique que la transparence progresse au Congo-Brazzaville, avec 75 à 80% des revenus du pétrole maîtrisés, par contre, le dictateur gabonais, Ali Bongo, a, lui, bloqué tous les travaux de l'Initiative pour la Transparence des Industries Extractives. Marc Ona, qui milite également pour la fin de la dictature au Gabon, rappelle donc l'importance de la 'bonne gouvernance'. Il est également question du vote par le parlement européen, dans les jours qui viennent de la directive pour la transparence des industries extractives (signer la pétition à ce sujet). Le réseau Publiez-ce-que-vous-payez se réunit simultanément au vote du parlement européen à Amsterdam. Il a réussi ces dernières années à faire avancer la transparence sur les revenus, et commence à se concentrer sur la transparence des contrats, nécessaire pour aller au-delà. Brice Mackosso insiste également sur le 'juste prix' et sur l'utilisation de l'argent du pétrole, qui devrait aller prioritairement vers les besoins des populations.
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mercredi 12 septembre 2012
12 septembre 2012, Paris, Kiala au WarmUp show
Hilaire Penda a contacté pour ce nouveau WarmUp Show, à l'Alimentation Générale, un programme exceptionnel avec le passage de Kiala, le 'King K'. Je ne peux pas m'empêcher de concentrer mon objectif sur ce chanteur guitariste, tellement sa musique me plaît. J'y entends quelque chose d'un style universel, qui a voyagé entre l'Afrique, l'Amérique, et l'Europe. Il est secondé par des musiciens de grande qualité, en particulier par un second guitariste, à la fois mélodique, et rythmique, et, j'aime vraiment au niveau rythmique ce concert-bœuf, et l'ambiance extraordinaire qui se dégage.
lundi 10 septembre 2012
Du 1er au 9 septembre, Paris, Festival Silhouette
Il y a de plus en plus de monde au festival Silhouette au parc des Buttes Chaumont. J'ai du mal à me concentrer sur les photos, là-bas. Je vois de très bons courts-métrage cette année, comme par exemple, "Boro in the box" de Bertrand Mandico, "La sole, entre l'eau et le sable" d'Angèle Chiodo, ou "Le garçon lumière" de Jérémy Van der Haegen, 3 films primés. Mais il y a aussi de petits films conceptuels rafraichissants comme "Cold Star" de Kai Stänicke ou "River Rites" de Ben Russel.mardi 21 août 2012
21 août 2012, presqu'île de Crozon, plage de Lost marc'h
Je n'y étais pas passé l'an dernier, mais là je retrouve les vagues que j'aime, bien grosses, et le couché de soleil fantastique face à l'océan, au bout de la terre, en fin de journée. Il paraît que c'est la canicule à Paris, ici, ça va, comme en 2003, quand j'étais là déjà. Je passe aussi le lendemain au festival de Douarnenez.
dimanche 19 août 2012
19 août 2012, Gouel Lok Maze, An Drenneg
Voilà le Gouel Lok Maze, organisé en famille, et ses bizarreries, ses jeux dans la prairie, le rugbi strobet, la bataille de polochons sur l'Aber Wrac'h, les quilles du Léon,... et moi je suis juste le photographe de service.
vendredi 17 août 2012
17 aout 2012, Plabenneg, merci Tanguy Malmanche
La pièce de théâtre que j'ai vu ce soir-là avec mes parents, à la Chapelle de Lokmaria, de Tanguy Malmanche (1875-1953), "Kou le corbeau", m'a fait vraiment plaisir. J'ai entendu parler pour la première d'un écrivain vivant près de mon village d'origine. Aucun professeur du collège ou du lycée n'avait jamais prononcé son nom. Et pourquoi ? N'était-il pas tout simplement un peu trop provocateur, contestataire dans un pays qui n'aime pas tant que cela les intellectuels? Le texte évoque avec humour la sexualité dans ce pays très religieux qu'est le Léon. La performance de l'acteur, Guy Moign, est impressionnante, car c'est un long monologue d'un seul souffle. Je croise aussi ce soir-là, Goulch'an Kervella, de la troupe Ar vro bagan.
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dimanche 12 août 2012
11 août 2012, St-Denis, Fabrique à Rêves au 6B
C'est très surréaliste, ce jour-là au 6B, parce qu'il y a 2 ambiances qui se mélangent, qui a priori n'ont rien à voir et qui pourtant vont très bien ensemble. D'un côté, il y a des maquis improvisés et on se retrouve à Ouaga, à manger des poisons grillés, des alokos, et des beignets bien huileux. De l'autre côté, il y a 3 scènes de musique électro, avec des centaines de jeunes tout sourire qui dansent et qui discutent. Au bord du canal, on peut reposer ses oreilles, en observant les rroms, comme à la télé, et eux-elles-aussi nous regardent. C'est bien sympa tout çà, çà me rappelle la Bretagne, à cause de la liberté, parce qu'il n'y a pas de surveillance. Depuis des années que je suis à Paris ou en banlieue, je n'ai jamais vu cela. On respire tout à coup.
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11 août 2012, St-Denis, les rroms près du canal
Il fait beau, chaud, cet après-midi-là. Je suis venu au 6B à St-Denis pour les concerts de la Fabrique à Rêves, et j'ai découvert, en face, ce nouveau campement. Avec le soleil et la chaleur, on dirait un camping de vacances idylliques. Quel contraste avec le campement des rroms du Hanul coincé entre une caserne et une autoroute. Ici, il y a des arbres, de la beauté du paysage, et les gens ont l'air, vu de loin, assez tranquilles. Dans un campement, il y a une dimension esthétique qui se regarde avec les aspects sociologiques, peut-être. Sur internet, je reçois ces jours-ci, les messages de la Voix des Rroms qui proteste contre la politique du ministre de l'intérieur qui poursuit certaines pratiques de la droite xénophobe. On reparle d'expulsions de rroms et de destructions de campement encore.
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