Trois jours après leur première manifestation devant la mairie d'Aubervilliers, les expulsés du 22 rue colonel Fabien sont de nouveau dans la rue pour réclamer un relogement. Les hommes du propriétaires sont toujours là, au deuxième étage de l'immeuble, celui sur cette photo. Il n'y a rien de nouveau sur l'agression des nervis. La police municipale est très présente pour assurer l'encadrement de la manifestation, et les responsables de la police nationale suivent en voiture. Des tracts sont distribués aux habitants du quartier, certaines personnes réagissent un peu mais beaucoup d'autres restent impassibles. Je ne peux pas rester très longtemps, étant en ce moment trop occupé par l'actualité politique africaine.
vendredi 13 septembre 2013
lundi 9 septembre 2013
9 septembre 2013, Aubervilliers, expulsion rocambolesque !
La mairie et le commissariat d'Aubervilliers auront sans doute du mal à expliquer ce qui s'est passé depuis une semaine au 22 rue du colonel Fabien à Aubervilliers. A quelques mètres de l'immeuble au numéro 12 où le colonel Fabien avait fixé son poste de commandement clandestin en 1943-1944, la résistance s'organise contre les expulsions. Tout a commencé par une expulsion progressive de l'immeuble en assez mauvais état. Depuis que le 6 juin dernier, un nouveau préfet, M Galli, est arrivé en Seine-Saint-Denis, les expulsions se multiplient dans le département, avec par exemple le 50 et 103 rue Gabriel Péri à St-Denis. C'est au tour d'Aubervilliers. Cette expulsion menée par la préfecture au lieu de se faire d'un bloc, sur un immeuble entier, s'est faite progressivement depuis le 28 août. Les expulsés ont commencés à camper dans la rue et dans la cour, soutenus par Droit au Logement. Le 4 septembre une dizaine d'hommes sont arrivés, selon les habitants, envoyés par le propriétaire, ont occupé certains logements, et une partie d'entre eux sont sortis "armés de machettes, bâtons à clous et couteaux", frappant l'un des expulsés. La police arrivée sur place, un des nervis armés d'une machette a "chargé" un des délégués devant le police, et a été arrêté. Une partie des hommes armés vus par la police se sont enfuis, mais une autre partie des nervis sont toujours dans certains appartements. Ce mélange constitue une situation inédite que même le DAL n'a jamais croisée. La mairie et commissariat semble pour l'instant jouer la discrétion, et le DAL a mis l'accent aujourd'hui sur la gravité de l'agression de mercredi dernier. Une plainte a été déposée détaillant les faits. La mobilisation commence à se mettre en place pour faire un maximum de bruit sur ce scénario qu'on croirait sorti d'un recueil de nouvelles de Didier Daenincks. Les expulsés seront présents à la manifestation sur les retraites mardi, à celle sur le logement mercredi. Une première manifestation a eu lieu ce lundi devant la mairie, qui pour l'instant ne propose pas de relogement. Une seconde manifestation aura lieu jeudi vers 18h (horaire à confirmer), autour du 22 colonel Fabien, a priori rendez-vous 17h30 devant l'immeuble situé à 500m de la mairie vers le canal Saint-Denis.
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dimanche 8 septembre 2013
... 7, 8 septembre 2013, Paris, 19e, festival Silhouettes
Abou Diarra est un musicien malien et il joue ce samedi au festival Silhouettes, festival de courts-métrages, qui a lieu cette année au parc de la butte du chapeau rouge. C'est agréable de venir ici grâce au tramway juste à côté. Le public semble plus jeune, plus étudiant, que lors des précédentes éditions au parc des buttes Chaumont. Une nouvelle fois, c'est l'occasion de voir de très bons courts-métrage. Je retiens 'Agit Pop' de Nicolas Pariser, 'L'albatros' d'Emmanuel Bonnat, qui évoque le sujet du suicide, 'Unser Lied' de Catalina Molina, 'Il est des nôtres', de Jean-Cristophe Meurisse, se voulant philosophiquement provoquant et néanmoins burlesque, 'Artémis coeur d'artichaud' d'Hubert Viel, petit bijou de sensibilité parfaitement réalisé sous son apparence amateur, pour les sélections internationales. Le samedi a lieu une soirée hors compétition sur les thème 'première fois' avec, entre autres, 'Monsieur l'abbé' de Blandine Lenoir, le film le plus profond sur le magnifique héritage culturel catholique, ou 'Sunstroke' de Lili Horvath.
Dimanche soir, Hubert Viel reçoit le prix du festival pour 'Artémis coeur d'artichaud', ...
... et Marie-Charlotte dit au revoir. Mais que deviendra le festival sans elle ?
Dimanche soir, Hubert Viel reçoit le prix du festival pour 'Artémis coeur d'artichaud', ...
... et Marie-Charlotte dit au revoir. Mais que deviendra le festival sans elle ?
dimanche 25 août 2013
25 août 2013, Paris, Bolliwood Masala Orchestra
Deux formations indiennes se sont jointes pour former le Bolliwood Masala Orchestra, une fanfare de musique festive comme l'on entend dans les films du Bolliwood et une formation de musique traditionnelle du Rajasthan, avec cithare, percussions, et harmonium a soufflet. Trois danseuses, dont Chanda Sapera, et un fakir cracheur de feu sont également du spectacle. Il y en a pour les yeux autant que pour les oreilles. La troupe fait participer le public qui rapidement se croit être en Inde, du moins en ce qui me concerne...
samedi 24 août 2013
24 août 2013, Paris, Vilette, danse indienne
La danseuse Chanda Saperan, de la troupe Dhoad, donne un cours ouvert de danse traditionnelle du Rajasthan, devant les Halles de la Villette. A la fin, elle danse pour de bon. Elle se courbera assez pour prendre le billet de 100 euros dans sa bouche sans faire bouger sa bague sur le billet. Cet atelier est comme un truc de touristes et en même temps un temps de partage dans un monde devenu petit. Comme il s'agit d'imiter une femme, la plupart des hommes qui essayent abandonnent et les femmes dansent entre elles. Les codes proposés, dont certains sont expliqués par l'animateur, sont liés au corps féminin ou à des attributs culturels féminins. Par exemple, un geste de la main près du front correspond à la manipulation de bijoux ou d'un miroir. Il y a un plaisir à savoir imiter plutôt que créer, et si les gestes transmettent des valeurs, celles-ci semblent sans importance.
dimanche 18 août 2013
18 août 2013, Dreneg, Gouel Lok Maze
Comme presque tous les ans, je retrouve ma famille à Lok Maze, pour la fête organisée autour de la chapelle. Je viens l'après-midi pour le repas et les jeux, sur la prairie.
Le tournoi de polochons sur la rivière est le meilleur que j'ai pu voir depuis des années.
Cette année, le tournoi de rugbi strobet est super intéressant. Pas de blessée comme en 2011, pas de pluie comme en 2012. Il n'y a que 3 équipes, surtout des drennecois-es, qui se connaissent tous-tes, il manque les plabennecois-es, alors que le Festival de ta Life plie bagage 1 km plus loin. Ca joue vite, les photos de sport ne sont pas facile à faire, mais je crois que je progresse un peu. Franchement, le rugbi strobet, c'est fantastique ! A voir la tête des finalistes, le bonheur sur les visages pleins de boue !
17 août 2013, Plabenneg, Festival 2 ta Life
Cette photo n'est pas réussie, d'accord, mais il n'y a presque pas de lumière, et il crachinne dru. C'est pendant un groupe de reprises rock déchainé. Le Festival de ta Life est un micro-woodstock. Quand on y passe en bottes, on y passe inaperçu-e. Il a lieu dans le champ d'Henri, agriculteur bio. Il est organisé par des jeunes, et surtout pour des jeunes. Autant dire que ça ne me rajeunit pas. Une génération bouge enfin à Plabenneg alors que c'était trop calme depuis 20 ans. Je commence à comprendre que ce n'est pas simple parce que le Léon est de tradition assez conservatrice, et que cela évolue doucement. Le traumatisme de la disparition de la langue bretonne dans les années 50, 60, 70, 80, a sans doute rendu l'ambiance plus passive, rongée par des désirs contradictoires. J'ai découvert le festival en 2011, quand il s'était déroulé sur la prairie de Lok Mazé, et j'y avais découvert les Raiders. On vient me parler en breton, et je suis un peu déboussolé parce que ce sont des jeunes qui me parle et qui sont déçu-e-s que je sois incapable de répondre. Des anciens élèves de Diwan tiennent le bar. La pétition photo pour Notre Dame des Landes a du succès. Cette année, il pleut un peu trop quand même, pas de chance, c'était pourtant au milieu d'un été magnifique. Peut-être que ça ne dérange pas grand monde ?
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vendredi 16 août 2013
16 août 2013, au bout du monde
Je continue à essayer de faire des cartes postales d'été. Ici, je me balade à partir de la plage de Lostmarc'h au bout de la presqu'île de Crozon, je découvre des plages assez sauvages.
Je profite de la phase entre la fatigue qui oblige au repos et le retour de l'ennui. Cette année je suis vraiment crevé, alors ça va, ça dure !
Là, c'est en arrivant au port de Brest par la navette. Enfin, il ne fait plus beau ! Sinon, ça ne serait pas drôle.
dimanche 4 août 2013
3 et 4 août 2013, Notre Dame des Landes
Pour la première fois, enfin!, je suis à Notre Dame des Landes pour soutenir la lutte contre le projet d'aéroport. J'y viens pour les 2 jours de débats et de concerts. Il y a une énorme programmation musicale, surtout le dimanche. Un grand champ a été libéré pour la grande scène. Le samedi, j'ai le bonheur d'entendre une chanson des Béruriers Noirs 'When the kids are united, they will never be divided" par les Ramoneurs de Menhir: grandiose!
Une grande partie du public est là pour les conférences et les débats, même s'il n'y a pas autant de monde que prévu, environ 7000 le samedi, et 10 000 le dimanche, c'est un succès pour les débats sur la lutte et l'écologie. Les thèmes des débats et conférences sont en effets très pertinents et les chapiteaux sont pleins.
On ressent pleinement l'obsolescence de l'objectif d'un second aéroport à Nantes. S'il s'agit de croissance et d'emplois, il s'agit aussi d'un projet dans le cadre d'une économie ancien style, qui ne durera pas, car il faudra payer pour la destruction de l'environnement et des relations sociales à une échelle locale. L'agriculture biologique et non productiviste devrait redevenir aussi un enjeu pour l'emploi dans les années à venir.
Je croise aussi le groupe de soutien a Notre de Dame des Landes de Brest, et sa pétition photo: l'idée est excellente pour la lutte, en lien avec l'ACIPA, et artistiquement!
On ressent pleinement l'obsolescence de l'objectif d'un second aéroport à Nantes. S'il s'agit de croissance et d'emplois, il s'agit aussi d'un projet dans le cadre d'une économie ancien style, qui ne durera pas, car il faudra payer pour la destruction de l'environnement et des relations sociales à une échelle locale. L'agriculture biologique et non productiviste devrait redevenir aussi un enjeu pour l'emploi dans les années à venir.
Je croise aussi le groupe de soutien a Notre de Dame des Landes de Brest, et sa pétition photo: l'idée est excellente pour la lutte, en lien avec l'ACIPA, et artistiquement!
A 2kms du rassemblement 'institutionnel' se trouve un 2e rassemblement plus petit: "Initiative anticapitaliste et antiautoritaire". J'y passe en coup de vent. La route entre les 2 lieux, évoque un mélange 'entre Mad Max et le palais de Tokyo' selon un ami. On y trouve des restes de barricades, qui datent de l'hiver et du printemps, où la confrontation avec l'Etat a été violente, et des constructions originales, comme une voiture brûlée transformée en jardin.
Je sors de ces 2 journées plus que jamais convaincu que la lutte contre l'aéroport ne se perdra pas. Elle symbolise à elle seule la confrontation entre 2 logiques: une logique économique dominante mais en décalage avec les réalités futures, et une logique d'adaptation à long terme supportée par une minorité conscientisée, qui préconise un inévitable retour au respect de la nature et des changements de mode de vie, et qui apparaîtra au fil du temps comme incontournable. Les visions à court terme des politiques et de leurs électeur-trice-s empêchent une évolution plus rapide, mais le rapport de force ne peut que progresser vers une prise de conscience. Chaque débat ou actualité permet d'avancer, et la lutte contre l'aéroport est maintenant suffisamment forte: la faire reculer ne ferait maintenant que dévoiler encore plus l'absurdité du projet qui ne pouvait se faire que dans l'ignorance et le manque de transparence.
Et sur scène, c'est Lojo que je préfère, même si je n'ai pas vu tous les groupes.
Je sors de ces 2 journées plus que jamais convaincu que la lutte contre l'aéroport ne se perdra pas. Elle symbolise à elle seule la confrontation entre 2 logiques: une logique économique dominante mais en décalage avec les réalités futures, et une logique d'adaptation à long terme supportée par une minorité conscientisée, qui préconise un inévitable retour au respect de la nature et des changements de mode de vie, et qui apparaîtra au fil du temps comme incontournable. Les visions à court terme des politiques et de leurs électeur-trice-s empêchent une évolution plus rapide, mais le rapport de force ne peut que progresser vers une prise de conscience. Chaque débat ou actualité permet d'avancer, et la lutte contre l'aéroport est maintenant suffisamment forte: la faire reculer ne ferait maintenant que dévoiler encore plus l'absurdité du projet qui ne pouvait se faire que dans l'ignorance et le manque de transparence.
vendredi 2 août 2013
2 août 2013, ballade à île d'Yeu
Ce n'est pas évident de faire des photos très classiques, de touriste, genre carte postale, puisque tout a déjà été vu et revu,
mais j'essaye, en me reposant le corps et l'esprit.
lundi 29 juillet 2013
28 juillet 2013, Paris, paysage lunaire
C'est le jour des élections à Bamako, c'est trois jours après une mascarade électorale au Togo. C'est après que je sois allé jeter des bombes de fleurs dans Aubervilliers. C'est quelques temps après que j'ai observé dans le métro un homme habillé et coiffé en femme parce que sa peau était noire, et ressenti sa solitude. C'est après une rencontre dans la foule avec mon ami Alain. C'est pendant le concert de Milk Coffee and Sugar. C'est le paysage que Gaël et Edgar voient de la scène. C'est avant l'orage qui fera annuler la projection du film comme la veille. A la Villette, ce 28 juillet 2013. J'hésite encore, j'oscille encore dans mes sentiments pour les inconnu-e-s devant moi. C'est la lumière qui commande, qui dit d'aimer, et je voudrais entendre de la rage encore!
dimanche 28 juillet 2013
28 juillet 2013, Aubervilliers, la chose a 30 000
En se arpentant les cités avec quelques amies entomologistes averties, la discussion s'anime alors que nous approchons d'une chose étrange. Enfin je découvre la chose et je comprends. On me dit que la chose devant moi a coûté 30 000 ... 30 000 Francs CFA ? non, on est pas en Françafrique ici. 30 000 de la monnaie locale qui n'existe pas encore ? 30 000 secondes? si le temps c'est de l'argent. 30 000 pour une oeuvre d'art ? Euh non ... 30 000 ... 30 000 quoi! 30 000 des impôts locaux de la ville à 39% de ménages en dessous du seuil de pauvreté. La grille est vachement bien, un peu basse quand même, si jamais un loup voulait la sauter pour manger un mouton. Il manque aussi des parasols au dessus des bacs, parce qu'avec le soleil qui fait c'est vraiment trop dur pour les vers de terre. Pour les humains, quand l'herbe aura poussé, un bébé pourra bronzer dans un bac s'il est posé en diagonale. Le gazon est garanti sans merde de chien, garantie valable 10 ans. Pour pas dépasser le budget, pour la communication entre les bacs, il est prévu un truc pas trop cher fabriqué par les enfants: un système de fil avec des pots de yaourts de grand-mère. Le truc fonctionnerait pour les vers de terre, les coccinelles, les cloportes, les bousiers, les rats musqués, les hérissons et même les grenouilles, et les crapauds bien sûr !, et permettrait d'organiser rapidement une nouvelle Zone d'Autonomie à Défendre, un peu moins boueuse que Notre-Dame des Landes! Ingénieux !
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lundi 22 juillet 2013
21 juillet 2013, Aubervilliers, Auber'Jazz'Day
Une dizaine de groupes se retrouve à Aubervilliers ce dimanche, pour un
festival aux couleurs locales, sous le soleil plombant, à l'ombre de la
mairie. Il y a assez peu de monde: est-ce encore le micro-climat antipub
qui a frappé? Dans la rue de la commune, la chaleur est moins forte,
sous les arbres, sous les tentes des associations, comme Circul'livres. Auberfabrik et le collectif des Alternativillariens propose de préparer des bombes de graines,
destinées à quelques obscures actions de guérilla jardinière. J'avais
noté au programme Beltuner, et je n'ai pas le bonheur d'être surpris
par la programmation, je n'entends pas d'autres groupes aussi bons.
C'est Auber, ce n'est pas la place d'un village dans le sud de la France, où des musiciens seraient venus piquer la place des boulistes pour les forcer à entendre devant leurs pastis. J'ai beau prévenir qu'il y a un bon groupe, personne ne vient. Soit on manque de culture musicale, soit on crève de chaud et on a soif, soit on profite pour se faire enfin des ami-e-s, soit l'esprit 'animation musicale' l'emporte sur les artistes, soit les enfants commandent, soit la morne plaine fait son effet: il n'y a plus d'espoir, quel bon groupe viendrait nous rendre visite, dans ce désert culturel ? Ce n'est même plus imaginable, et en plus gratuitement, il ne faut pas rêver: de vrais artistes inspirés ici, pour nous, c'est impossible. Un vieil homme, qui m'as dit être de Saint-Ouen, savoure avec moi, en souriant, les reprises de Bashung ou d'Eric Sati, les compositions de Johann Riche et de ses amis de Beltuner. Je pense aux influences des 4 coins de l'Europe. C'est merveilleux, et soudain, la dernière note est coupée par l'animatrice inculte! C'est un scandale jamais entendu nul part après plusieurs centaines de concerts. La dernière note ! Le doigt appuyant sur le clavier de l'accordéon y avait mis tellement de choses essentielles. Elle ne s'est même pas rendu compte. Mais, revenons sur terre...ce n'est pas grave.
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vendredi 12 juillet 2013
12 juillet 2013, Bobigny, tournage des Engraineurs
Je viens ce vendredi faire un peu de figuration sur un tournage de l'association des Engraineurs, basée à Pantin. C'est un tout petit budget avec surtout des bénévoles. Je découvre que le découpage par scènes de quelques secondes ou dizaines de secondes fait que l'on ne peut pas relier une simple scène au scénario. Ce qui m'intéresse plus, c'est de capter quelques points de technique, au niveau image ou son, et de mise en scène, et de sentir un peu l'ambiance. C'est idéal pour prendre des photos, car il y a de lumière assez forte, et parce que tout le monde est préparé à être pris en photos. Il faut attendre et je m'occupe ainsi.
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dimanche 7 juillet 2013
7 juillet 2013, Paris, festival Rhizomes
Tous les ans, plusieurs festivals permettent d'entrer dans l'été. Le festival Rhizomes est l'un d'entre eux, même si cette année il ne fait plus le trait d'union entre le 18e et Aubervilliers. Cette fois, ce n'est pas trop tôt: enfin du soleil et de la bonne musique. A la bonne heure du bronzage. Le soleil se lit dans le visage des gens qui s'éveille et il efface les cernes d'un trop long hiver. C'est aux Arênes de Montmartre, petite scène naturelle, qui crée une intimité chaleureuse entre la pierre de l'estrade et les arbres. Les 2 groupes, Ny Malagasy Orkestra, de Madagascar, et Titi
Robin Trio, semblent apprécier de voir ce public en hauteur, serré et rangé, soudain plus proche. Le soleil n'éclaire pas les musiciens sous leur tente, elle éclaire le
public. Les musiciens le voient magistralement tout en couleur, et, ils peuvent lire les réactions sur les visages. Le dispositif par rapport à une salle sombre où la scène est éclairée est inversé. Pour le photographe aussi, de ce côté, c'est bien plus passionnant que les hommes avec leurs instruments. Il s'y passe plein de choses, comme juste à la fin du concert de Titi Robin, ces deux enfants vers 4 et 5 ans qui se disputent: le petit garçon veut prendre la casquette de sa sœur qui résiste, et, elle prend un chapeau, lui laisse la casquette, mais il pleure quand même. La grosse larme est triste, sous les lunettes; c'est mignon pourtant, les sentiments contraires, entre jalousie, protection, tendresse, et, juste, la musique s'arrête là.
vendredi 5 juillet 2013
5 juillet 2013, Aubervilliers, jardin d'Auberfabrik
Sylvie m'a invité à passer pendant que des enfants des écoles seraient en atelier au jardin d'Auberfabrik. C'est le dernier jour d'école ! Les enfants viennent de pic-niquer, font une sieste, puis dessinent les légumes, les plantes, les fleurs, pendant 1 heure. Ça se passe super bien, il y a un bon encadrement mais, ça vaque aussi dans le jardin et ça se débrouille. Le jardin est dans la cité. A la fin quand les enfants sont parti-e-s, je remarque les scooters qui tournent autour, en roulant sur les roues arrières. Comme je viens de lire des articles dans le journal des psychologues sur la virilité en crise, je crois percevoir une opposition symbolique symptomatique d'une situation psycho-sociale. Je repense aussi à la conférence du philosophe Bernard Stiegler qui parle de tiers témoin, tiers éducatif, tiers autoritaire, tiers thérapeutique, du tiers en général, par exemple des professeurs qui sont 'tiers' dans une relation parents-enfant. Je repense au 'tiers structurant' que pourrait, selon certains, être l'Europe pour l'Afrique. A qui appartient l'espace entre les bâtiments d'une ville ? A personne. Qui tente de remplir l'espace symbolique ? Que représente le respect de la nature dans un espace symbolique plus large ? concernant le respect des êtres en général ? En cas de vide symbolique, quand la norme est dans le retrait, la difficulté d'être et de se montrer, est-ce que la place n'est pas prise par le symbole du symptôme de l'absence de système sociaux harmonieux associant l'individu au collectif? Quelle suggestion? Quelle réaction? Est-ce que la vie ne s'agglutine pas autour de ce qui fait symptôme? Qui regarde ? Qui montre ? Qui voit? Qui est vu-e(*) ? Où est la frontière ? Qu'est-ce que la frontière ? Comment se partage un espace vide ? qui est aussi potentiel de rencontre. Comment s'organise cet espace ? Quel lien entre les générations ? Qui lutte d'une lutte symbolique? Qui se libèrent? les plantes ?
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jeudi 4 juillet 2013
4 juillet 2013, Pantin, Projection-débat "Pierre Rahbi"
Ce soir était projeté au Ciné 104 à Pantin, le documentaire 'Pierre Rahbi, au nom de la terre' de Marie-Dominique Dhelsing (2013, 1h34). Le film est un portait qui revient sur la vie du paysan-écrivain et sur les idées principales de ce défenseur de l'agroécologie. Il se dégage une contestation philosophique d'une société capitaliste qui se concentre sur le respect de la nature sans insister sur l'ordre humain et financier, pour agir par l'exemple. Il permet de découvrir plusieurs lieux novateurs socialement et écologiquement, qui ont été influencés par son expérience et ses formations. Je suis heureux de découvrir aussi une école dans une communauté, montrant le lien entre générations par la terre et l'agriculture. Le travail le plus important est sans doute celui effectué à Gorom Gorom au Burkina Faso, où Pierre Rahbi a œuvré pendant les années 80. J'espérais que l'expérience africaine soit plus développée, parce que je cherche des films sur l'écologie en Afrique pour les projeter, mais le film est revenu très vite sur la France. Le paysan a rencontré Sankara quelques semaines avant son assassinat par les hommes de Blaise Compaoré, et le président burkinabé lui aurait proposé un poste de ministre pour développer l'agroécologie. De jeunes jardinier-ère-s participaient également au débat aux côtés de la réalisatrice. C'était ainsi aussi l'occasion de reparler des jardins partagées en ville, et des actions autour des 'villes en transition' qui démarrent à Montreuil ou à Pantin, très souvent autour de l'alimentation.
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dimanche 30 juin 2013
30 juin 2013, Aubervilliers, 1 an de la brèche
Après un début de journée de galère, une dent qui me stresse, un ami qui m'a posé un lapin et des concerts pas très bons à la Goutte d'or, j'arrive assez tard à la fête des 1 an de la Brèche. J'avais enfin reçu l'info pour venir découvrir le lieu artistique, ce qui n'est pas si facile à Aubervilliers, la ville naturellement antipub. Des ami-e-s sont là aussi. Et je découvre un lieu sympathique, et je traine un peu, jusqu'au gâteau, jusqu'au 'Harlem shake' qui rend un court instant plein de monde euphorique alors que je reste dubitatif et caché derrière l'objectif, et jusqu'au concert final, d'un chanteur dont je n'entends pas le nom, et qui restera pourtant dans ma mémoire. Il serait sans intérêt d'en dire plus, car le mystère des rencontres parfois ne peut pas se présenter par internet.
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samedi 29 juin 2013
28 juin 2013, Paris, débat sur Djibouti
Après plusieurs mois de lutte contre le hold-up électoral aux législatives à Djibouti, le comité de soutien à l'Union de Salut National organise un débat '36 ans d'indépendance - 36 ans de dictature', dans le local d'une association féministe dans le 20e. Celui-ci commence avec beaucoup de retard après un premier rendez-vous pour manifester au Trocadéro et quelques personnes ont du partir. Mais ensuite la salle est pleine avec 60 personnes, dont un tiers de femmes, que je vois pour la première fois mobilisées à Paris. C'est directement un débat sans interventions préalables entre les représentants politiques des partis qui représentent le comité de soutien à l'USN en France, ou l'USN, et le public qui a des questions importantes pendant cette période charnière. L'union très large contre la dictature est récent à Djibouti. Jusqu'à présent, le dictateur Guelleh avait réussi à diviser, ou l'histoire avait maintenu des divisions, mais actuellement une union assez complète rassemble les démocrates pour en finir avec 36 ans de dictature. La coalition des partis politiques créée pour les législatives semble assez solide pour établir un combat durable. Cela implique aussi de briser quelques tabous et d'évoquer des malentendus: sur les relations entre les espace linguistique et culturel des Afars, Somalis, Issars, sur les laïcs et les musulmans, sur la guerre des années 90, qui n'était pas une guerre 'tribale' mais une guerre contre la dictature qui touchait plus certaines parties du pays, ce qui n'avait pas été bien compris par tous-tes, sur des personnes maintenant actives avec l'opposition ayant auparavant collaboré avec le régime, sur les crimes du passé et la nécessité d'une justice indépendante dans le programme des démocrates. La nécessité de rester uni-e-s l'emporte quelques soient les divergences qui apparaissent sur ces questions. Il s'agit aussi de la question essentielle de l'identité nationale dans un pays créé par la colonisation, et qui n'a connu que la dictature depuis l'indépendance. Le dialogue est important pour que la mobilisation se fasse avec le plus grand nombre. Actuellement des pseudo-négociations sont annoncées avec le pouvoir djiboutien, et l'USN exige la libération des prisonniers politiques et la reconnaissance d'une Assemblée Nationale selon les vrais résultats du scrutin de février, sachant que le dictateur n'a encore jamais réalisé de vraie négociation en acceptant ensuite de suivre un accord.
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dimanche 23 juin 2013
23 juin 2013, Aubervilliers, Fête des associations
Attiré plus tôt que prévu par la musique à la fête des associations, je tombe aussitôt sur un spectacle de danse du Sri Lanka, par des jeunes de la ville.
Je trouve la fête de cette année beaucoup plus intéressante que les autres années, parce que les thèmes se sont énormément diversifiés. Il y a beaucoup plus d'associations autour de la culture, des jardins ou de l'écologie. Les précédentes années, il y avait surtout des associations de solidarité internationales de migrants, très intéressantes elles-aussi, ...
comme celle-ci liée à la Tunisie ... Quand j'avance dans les allées, avec mon appareil, me préservant l'opportunité de saisir une scène par surprise, je ne sais pas toujours où je vais tomber. J'ai parfois peu de temps pour saisir le contexte. Arrivant sur un stand, je découvre des slogans féministes, et je lève les yeux de la table, et là, 4 jeunes femmes me regardent, dont une avec un grand sourire. Entre les slogans, et le sourire, il y a contradiction peut-être et dans la 1/2 seconde à peine le temps de saisir la chose. Le réflexe du photographe, dans le doute, c'est de prendre la photo. Et après... s'il reste de la contradiction, mais que faire ? Peu importe... comment voulez-vous parler de féminisme après çà!
Et voici enfin le plus beau stand de la fête !
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lundi 17 juin 2013
17 juin 2013, Paris, Paix, femmes, Union Africaine
Thinking Africa organise ce lundi une conférence "Paix, femmes, Union Africaine" au centre Malher. La séance commence par une projection d'extraits du film « Pray the Devil Back to Hell », de Abigail
E. Disney et Gini Reticker (USA, 2008, 72 minutes) sur la luttes des femmes au Libéria pour arrêter la guerre. Ensuite, Hassatou Baldé,
docteur en Droit, consultante sur des questions de paix et de sécurité,
Jessica Ranohefy, juriste, spécialiste en gestion des conflits, interviennent. Le débat est assez animé. Il se crée un début de confrontation hommes-femmes un peu artificielle, surjoué dans la quête d'identité de genre.
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dimanche 16 juin 2013
14 au 17 juin, Montreuil, Festival Ta Parole
Cette année encore, le Festival Ta parole est l'occasion d'entendre de très bons groupes dans une ambiance sympathique, à la Parole errante à Montreuil. J'y prends beaucoup de photos.
Nicolas Joseph, l'organisateur du festival devant son public.
Jur, la chanteuse acrobate qui résiste à tous les chocs.
Cette année, le concept c'est 'finir en douceur': chaque concert, et le festival lui-même. Nilda Fernandez termine avec 2 chanteuses de son public. C'est intime, doux, beau, et sincère, une surprise et un vrai bonheur.
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dimanche 2 juin 2013
2 juin 2013, Aubervilliers, réchauffement ou changement climatique ?
Est-ce qu'il fait beau ce dimanche ? On essaye de s'en persuader mais j'ai des doutes, surtout avec le rhume que je viens d'attraper comme si nous étions en mars. Est-ce que l'on est face à un réchauffement ou un dérèglement climatique ? Un débat, organisé par le collectif des “Alternativillariens” a lieu à la Maison des Jeunes Emile
Dubois à la cité de la Maladrerie, à Aubervilliers. Michael Evrard, de l’Agence locale de l’Energie et du Climat (ALEC) de Plaine Commune, nous rappelle que ce qui se prépare est bien sûr le réchauffement global à long terme. En mai 2013, un seuil de CO2 dans l’atmosphère vient d'être atteint avec 400 particules par millions. L'effet de serre va continuer de s'aggraver dans les décennies à venir. La température moyenne mondiale selon les scenarii des chercheurs devrait grimper de 2 à 6 degrés. Les estimations sont de plus en plus hautes. Pour l'instant depuis 150 ans, la température moyenne a augmenté de 1 degré. Une augmentation de 5 degré en moyenne mondiale pourrait signifier beaucoup plus l'été, et beaucoup plus à midi, jusqu'à 15 degrés de plus à midi en août à Paris. On devrait aussi aller vers de moins en moins de printemps et d'automne. Les espèces animales et végétales vont se déplacer. Beaucoup d'espèces animales vont mourir. Un équilibre serait quitté pour aller vers un autre équilibre du système avec au passage énormément de modifications. Que faire à l'échelle locale? Il s'agit de modifier sa consommation d'énergie, de limiter ses émissions de CO2. Pour le transport, en plus de prendre les transports en commun, l'avion est à éviter au maximum: par kilomètre, l'avion émet 30 fois plus de CO2 que la voiture. Pour le logement, l'isolation thermique peut être avantageux. Au niveau alimentation, les circuits courts sont à privilégier, et le collectif prévoit de créer une AMAP à Auber. Le débat est l'occasion de parler aussi de transition énergétique, de villes en transitions, de vie locale pour pouvoir aborder tous ses sujets qui demandent de penser autrement beaucoup de choses.
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dimanche 26 mai 2013
26 mai 2013, Paris, colloque sur le génocide des Tutsi du Rwanda
Le colloque 'Le génocide des tutsi au Rwanda : 1993: Que savait-on un an avant le génocide?' est organisé par Ibuka au Mémorial de la Shoah, dans le 4e à Paris. C'est la première fois que j'entre dans ce lieu qui donne une grande solennité au colloque. La salle est pleine avec plus de 100 personnes, dont beaucoup de spécialistes. J'arrive intrigué par la présence de Bernard Kouchner au milieu de certain-e-s expert-e-s qui dénoncent fortement la complicité française dans le génocide. L'ancien ministre est 'président de séance' et pas intervenant lui-même. Il est animateur et chargé de modérer les questions aux 2 intervenants, Eric Gillet, avocat à la FIDH et Ndoba Gasana, universitaire rwandais. Cela lui permet d'échapper sans heurt à l'obligation de réponse au public. Je le sens un peu stressé au moment de clôturer, pour des raisons d'horaire alors que des questions essentielles restent en suspens: quels était les intérêts de la France à soutenir le régime? Quelle conclusion tirer sur le fonctionnement de la démocratie en France ? Est-ce le secret défense pourrait être levé sur tous les documents qui peuvent servir de preuve ? Il garde une parfaite maîtrise de lui-même mais, quelques secondes avant la fin de la plénière, son regard évoque peut-être un court instant le poids des secrets.
La seconde plénière à laquelle j'assiste est consacrée aux médias belges et français avant le génocide. Jean-François Dupaquier anime et n'intervient pas vraiment, ce qui est frustrant quand on sait sa maîtrise du dossier. Colette Braeckman (lire son compte-rendu du colloque) présente le point sur la Belgique et Maria Malagardis sur la France. Un journaliste rwandais devait être là, mais il n'a pas eu de visa. Certaines anecdotes sont révélatrices: Colette Braeckman témoigne avoir compris beaucoup de choses en découvrant cette phrase écrite par un envoyé du gouvernement rwandais sur un tableau lors d'une conférence à Bruxelles : "Arrêtez la guerre, nous arrêterons les massacres." Elle évoque aussi un journaliste qui lui a dit quelques jours avant le déclenchement du génocide qu'il serait mort dans quelques jours parce qu'il était sur une liste de personne à tuer, ce qui fût le cas dès le 7 avril. Maria Malagardis, après avoir parlé du rôle de Jean Carbonare pour l'alerter, raconte qu'un fonctionnaire proche de Mitterrand lui a fait un court sur l'influence anglo-saxonne dans la région, énervé au point d'être en sueur, elle découvrit alors 'le degré d'idéologisation et de fanatisme'.
La dernière plénière, consacrée au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) est la plus intéressante sur le fond. Elle est animée par Stéphane Audouin Rouzeau, d'EHESS. Le président d'Ibuka France, Marcel Kabanda, introduit le débat sur la question principale concernant le TPIR: en ne traitant que de 1994 à partir du 1er janvier, la vérité a été cachée sur la planification du génocide. Hélène Dumas, d'EHESS, intervient sur les Gacacas, ce qui permet de réfléchir au génocide au niveau des villages, des voisins, des familles. Raphaëlle Maison nous explique la controverse de la compétence temporelle. Cela s'est décidé avec la résolution de l'ONU 955 du 8 novembre 1994. Elle explique que c'est bien la France qui a fait pression pour empêcher que le TPIR ne traite de la période avant 1994. Le nouveau gouvernement du Rwanda voulait lui que le tribunal travaille aussi sur 1990-1993. Le représentant français à l'ONU a créé la confusion en faisant comme si le tribunal pourrait traiter de crimes du nouveau gouvernement et de la questions des camps de réfugiés en RDC. Ensuite, les juges auraient pu choisir une interprétation large pour enquêter sur l'entente en vue préparer le génocide. Cela n'a pas été le cas. En 2007, à 3 contre 2 juges ils-elles ont décidés d'en rester à des responsabilités individuelles sur 1994, comme le voulait l'Etat Français. Le travail de la justice sur les causes n'a pas été fait. Le travail des universitaires et des historiens est nécessaire pour compléter le travail de la justice incomplet, surtout si la justice se contente des responsabilités individuelles. Le débat avec la salle revient sur les responsabilités françaises pour éviter que la justice ne viennent enquêter sur les complicités françaises dans le génocide. Raphaëlle Maison évoque aussi la collaboration active anti-FPR entre la juge du TPIR, Carla del Ponte, et le juge Bruguière, dont l'enquête sur l'attentat de l'avion est totalement remise en cause aujourd'hui. Une histoire du TPIR serait à écrire, une enquête sur le rôle du Conseil de Sécurité serait à poursuivre.
L'ambassadeur du Rwanda en France, Jacques Kabale, a droit à la conclusion. Le ton était un peu trop diplomatique depuis plusieurs heures. Il est bien plus direct quand il dit que les diplomates et l'ONU savaient très bien ce qui se préparait au Rwanda les années précédent le génocide, et que les amis du gouvernement d'Habyarimana au Conseil de Sécurité de l'ONU l'ont soutenu, ce qui a empêcher d'arrêter le génocide. Le mot de la fin revient à Ibuka qui demande à François Hollande d'ouvrir pour les 20 ans en 2014 un lieu de mémoire du génocide rwandais à Paris(pétition).
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samedi 25 mai 2013
25 mai 2013, manifestion pour les Rroms

C'est plutôt une manifestation contre une politique, très en colère. Personne n'attendait de miracle avec Hollande, Valls et le PS, mais maintenant la déception est à son comble concernant la politique du gouvernement sur les Rroms. Il n'y a aucun changement : expulsions vers la Roumanie, expulsion des campements, absence de respect de la circulaire d'août 2012, discriminations, et propos xénophobes. Hollande, Ayrault et Valls semblent reprendre le jeu dangereux de la xénophobie que l'on entretient pour des raisons électorales. Saimir Mile de la voix des rroms rappelle qu'il n'y a pas plus européens que les Rroms, que le sort des rroms est un critère de la qualité de la construction européenne, qu'il n'y a pas de problème rrom, mais un problème avec ceux-celles qui pensent et disent qu'il y a un problème rrom.
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vendredi 24 mai 2013
24 mai 2013, Aubercail, Malicorne et Lojo
Je me retrouve presque par hasard au concert de Malicorne et Lojo à Aubercail ce vendredi grâce à mes ami-e-s de Ta Parole. Çà sera un très bon concert. Je découvre complètement Malicorne, groupe des années 70-80 qui s'est récemment reformé. La salle semble pleine de leur fans, cinquantenaires arrivant souvent en couple, plein d'hommes aux cheveux longs grisonnants. Çà me plait beaucoup.
Ensuite, c'est au tour de Lojo,
que j'avais vu à Morlaix il y a longtemps. J'aime beaucoup. A certains
moment les percussions décollent et la musique me transporte ailleurs,
comme si j'étais au cinéma ou en voyage, aux Antilles, au Brésil, en
Afrique... Mon appareil photo est dépassé, visuellement c'est beau aussi
sans que je puisse suivre. Çà va trop vite. Çà joue bien, très bien.
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lundi 13 mai 2013
13 mai 2013, Aubervilliers, conférence Campus Condorcet
Le Campus Condorcet arrive doucement. Ce soir au lycée Le Corbusier, Jean-Marie Pradier, ethnoscénologue fait une conférence : 'La vue sous influence, entre vision(s) et regard'. C'est sans doute un mélange de neurologie, d'esthétisme, de philosophie, d'histoire, de sémantique, d'anthropologie, d'anecdotes et d'humour. Comme photographe, je pensais être très concerné, mais je m'y retrouve à peine. D'autres personnes, elles, se sentent à l'aise et posent de très bonnes questions à la fin, comme par exemple : est-ce que nous ne voyons pas tous différemment des scènes identiques ? Certes! C'est le style passionnée de la réponse qui importe.
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13 mai 2013, Aubervilliers, urgence sociale !
J'arrive pour la dernière heure du colloque 'Collectivités publiques et traitement de l’urgence sociale' à l'Espace Fraternité d'Aubervilliers. J'écoute d'abord l'adjoint au maire de la ville de Grenoble, Olivier Noblecourt, et le vice-président du conseil général de la Seine-Saint-Denis, Jean-François Baillon. Ce dernier donne les chiffres du RSA dans le 93: 2004: 40 000, 2011: 70 000, début 2013: 85 000. A Grenoble, il y a de bonnes idées et pratiques en terme de redistribution. Dans le 93, revient le fait que l'argent manque, qu'il y a un effet de masse, et que la situation est 'sinistrée'. Le PIB du 93 est celui du Portugal mais le 93 ne bénéficie pas d'autant de solidarité européenne. A Aubervilliers, 16% des ménages consultent les services sociaux. Il est aussi question du plan national de lutte contre la pauvreté. Il y aurait des lois à corriger, comme par exemple d'attribuer la priorité des places en crèche au plus pauvres. L'adjoint au maire de Grenoble souhaiterait enlever le quotient familial des impôts qui est une immense niche fiscal pour les 10% les plus riches. Jean-Claude Waquet, le président de Campus Condorcet, témoin du colloque, conclut par un synthèse brillante applaudie 2 fois. Je note quelques idées: 'l'enkystement de la pauvreté devenue structurelle', la tension entre l'expérience, les pratiques et la réflexion théorique qui voit l'urgence sociale plus exceptionnelle, la divergence pour distinguer ce qui est urgent, les 'conflits en actions et principes et entre sollicitations et droits', 'le droit qui pose la question de l'accès au droit', la recherche 'd'équilibre entre urgence et durable', et la question du 'territoire' pour agir. Cette synthèse ouvre le débat par de nouvelles questions? Alors ... à suivre...
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